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Interview   

Phil Anselmo : Down, des vibrations et « une bouffée d’air frais »


A l’image du Hellfest 2013 durant lequel on l’aura vu donner deux concerts et fouler les planches pendant les shows de Voivod et Accept, Phil Anselmo se fait ces derniers temps particulièrement omniprésent dans l’actualité. Un an après avoir taillé le bout de gras avec lui, alors qu’il préparait encore son album solo et que Down venait de sortir six mois auparavant un premier EP, le voilà de retour avec ce dernier pour nous parler du second EP dans la série de quatre prévue.

Une interview « flash » où l’essentiel a été abordé, à savoir les changements dans les rangs du groupe, l’état d’esprit de celui-ci au moment de concevoir la musique, le futur également de Down mais aussi de son projet solo avec The Illegals.

« Au moment où chaque chanson se dévoilait […] j’ai ressenti du Black Sabbath, à certains moments j’ai ressenti du Witchfinder General ou du vieux metal des années 80, et aussi parfois Saint Vitus. »

Radio Metal : Kirk Windstein a dû quitter le groupe pour se concentrer sur Crowbar. Qu’as-tu ressenti lorsqu’il a annoncé son départ ?

Phil Anselmo (chant) : Eh bien, pour moi, c’était évidemment décevant et triste mais nous aimons tous Kirk énormément et je pense que son bien-être est bien plus important que n’importe quel groupe qu’il ait jamais eu. Il est toujours très proche de nous, il est l’un de nos frères. Sa décision de se simplifier la vie et de se concentrer sur Crowbar mérite d’être respecté par nous tous. Encore une fois : nous l’aimons énormément et lui souhaitons de bonnes choses.

Kirk a été remplacé par Bobby Landgraf qui a été un proche du groupe ainsi que son manager de scène. Etait-ce essentiel d’avoir quelqu’un qui faisait déjà partie de la famille ?

Bobby a travaillé pour nous, comme tu l’as dit, pendant presque une décennie. Bobby a toujours été ce gars-là, si Kirk ou Pepper ou qui que ce soit était malade ou quelque chose dans le genre, Bobby était le gars qui prendrait leur place. Ça ne s’est jamais produit mais il était toujours ce gars. Donc, lorsque Kirk est parti, on n’a pas eu à se creuser la tête : Bobby était notre homme, il l’a toujours été. C’est un super guitariste et je dirais que, pour ce dernier EP, il est arrivé le premier jour et a commencé à contribuer. Très franchement, j’espérais pas mal… Le fait est que c’est une transition, une transition fluide, et j’en suis très heureux.

C’est le second changement de line-up pour Down, dans la mesure où Patrick Bruders a remplacé Rex Brown il y a tout juste trois ans. Penses-tu que ces nouvelles recrues on apporté des perspectives et idées fraiches à la musique de Down ?

Je le pense. Je trouve que c’est totalement incroyable. Le fait est que c’est le second album sur lequel Pat joue avec nous et il s’est révélé être un excellent contributeur sur ce dernier EP, mec. Et Bobby, comme je l’ai mentionné plus tôt, est arrivé et a contribué immédiatement. Donc, pour moi, et je pense que c’est le cas pour tout le monde, le fait d’avoir les nouveaux gars qui contribuent, lorsque les principaux contributeurs ont été à travers les années moi, Pepper et Jimmy et évidemment Kirk, ça a vraiment aidé, mec. Ça me fait l’effet d’une bouffée d’air frais ou d’une infusion d’un nouvel enthousiasme. C’était génial.

En conséquence, quel était l’état d’esprit global du groupe pour cet EP, d’un point de vue musical ?

Honnêtement, chaque album que je fais et que nous faisons est basé sur notre humeur du moment. Alors que chaque chanson se dévoilait, j’ai clairement reçu, franchement, beaucoup de vibrations qui sont depuis le départ une grande part de Down, lorsque nous avons débuté en 92. Bien sûr j’ai ressenti du Black Sabbath, à certains moments j’ai ressenti du Witchfinder General ou du vieux metal des années 80, et aussi parfois Saint Vitus. Donc, tant que j’attrapais ce type de vibrations en faisant ce dernier EP… Parce que, putain mec, s’il n’y avait pas eu ces groupes, ce putain de Down n’existerait pas de toute façon. Voilà donc le genre de vibration que j’ai eu, mec. C’est top.

Penses-tu qu’il a été bénéfique de faire cet album brutal avec ton groupe solo, The Illegals, avant de revenir à Down ? Penses-tu que ça t’a donné un nouveau regard sur la musique de Down ?

Non, pas vraiment. Down pour moi est Down, ce n’est pas sorcier et au bout du compte il faut que ça sonne comme Down. Ce doit être une sorte de Black Sabbath, vénérant Trouble et tous ces groupes. Mais pour moi, The Illegals, est un tout autre exutoire ; c’est une attaque ou une approche différente de la musique extrême avec, je dirais, des sensibilités hardcore, tout particulièrement venant de mon côté vocalement. Donc, The Illegals et Down sont totalement séparés. Pour moi, avec le groupe solo, avec The Illegals, c’est quelque chose qui peut évoluer et être différent à chaque nouvelle sortie. Nous traversons l’album et c’est le seul qui sonnera comme ça. Le vinyle que nous avons sorti après pour le festival de films d’horreur (ndlr : Housecore Horror Film Festival) sonne totalement différent et tout ce que nous composerons dans le futur sera très différent mais toujours extrême à sa manière.

Une chanson comme « Conjure » sonne beaucoup comme quelque chose Black Sabbath aurait pu faire, même les lignes de chants à certains moments rappellent un peu les lignes typiques d’Ozzy. Est-ce que le fait de voir Black Sabbath se réunir et sortir son nouvel album 13 vous a influencé d’une quelconque façon ?

Non, pas du tout. Je pense que Blach Sabbath a été une influence sur nous tous depuis notre jeunesse. Et, comme je l’ai mentionné, sans Black Sabbath, il n’y aurait pas eu de Down. Je pense que ça va ensemble main dans la main.

Quel est ton opinion au sujet du nouvel album de Black Sabbath d’ailleurs ?

Honnêtement, à part le fait qu’il me manque ce que Bill Ward a apporté à la musique avec sa batterie, après avoir entendu énormément de gens dire « oh, je l’aime pas, je l’aime pas », lorsque je l’ai entendu pour la première fois, et je ne l’ai entendu peut-être qu’une fois d’un bout à l’autre, je l’ai aimé. J’ai trouvé qu’il était bon ! J’ai trouvé qu’il était sombre et, pour ainsi dire, menaçant. Ouais, c’est cool pour moi !

Pepper Keenan a dit que la fin de la dernière chanson de l’album, intitulé « Bacchanalia », est un indice sur ce que le prochain EP pourrait donner. Peux-tu donc confirmer que ce sera un disque plus calme, atmosphérique, avec un feeling à la « Planet Caravan » ?

Eh bien, tu sais, je suis partagé à ce sujet, car, évidemment, chaque EP devrait avoir son propre style et ses propres vibrations. Et je ne contesterais pas ce que Pepper Keenan a dit à ce propos. Mais, il y a une part de moi qui dit : est-ce que ça serait vraiment juste pour les fans de Down de faire un album tout acoustique, ou quelque chose comme ça ? Donc, je ne suis pas sûr. Encore une fois, je pense que c’est l’humeur qui décidera, vraiment, l’humeur dans laquelle nous serons sur le moment. Maintenant, je dirais que je pense effectivement que ce sera un disque plus ambitieux. Mais, quand bien même, au bout du compte, il faudra que ça sonne comme Down. Je suppose qu’il va falloir attendre pour le découvrir.

« J’ai la volonté d’expérimenter car, en tant que musicien, je pense que c’est là tout le but de la musique : l’expérimentation et l’évolution. »

L’année dernière était une grande année pour toi, du fait que tu as sorti ton premier album solo. Qu’en penses-tu rétrospectivement ?

Je pense que c’est un point de départ. C’est un bon tremplin. Et je pense que, peut-être, son successeur sera mieux compris par les gens qui l’on critiqué et qui ne l’on pas compris d’emblée. Comme je l’ai dit, je pense que c’est un bon point de départ mais quand même il peut y avoir plus, si tu vois ce que je veux dire, et j’attends la suite avec impatience.

Comptes-tu continuer sur la même voie, avec les mêmes musiciens ou as-tu la volonté de changer et essayer d’autres choses ?

Oui, je pense que chaque album devrait être différent. Je pense que chacun d’eux devrait avoir sa propre personnalité et son propre feeling et si ça implique d’ajouter des musiciens ou éléments différents au son lui-même, alors qu’il en soit ainsi. Evidemment, j’ai la volonté d’expérimenter car, en tant que musicien, je pense que c’est là tout le but de la musique : l’expérimentation et l’évolution. Je vais essayer de couvrir un paquet de terrains différents.

Il y a cette nouvelle série de vidéos dénommée Cooking Hostile, avec une version cartoon de toi en train de cuisiner. Nous savons que tu l’apprécie beaucoup mais as-tu pensé à offrir ta propre voix pour le show ?

Oooooooooh ! Eh bien, qu’est-ce qui te dis que je n’ai pas déjà fait ça ?! Ça pourrait bien arriver… Ça pourrait bien arriver !

Le festival annuel Housecore Horror Film & Music Festival s’est tenu pour la première fois l’année dernière. Peux-tu nous dire comment ça s’est passé et comment tu en as eu l’idée ?

Je pense qu’à travers les années il a été bien documenté à quel point je suis un dingue de films d’horreur, et ma collection est imposante et vaste. L’année dernière, le putain de festival était excellent. C’était fun et je me suis éclaté. Honnêtement, j’étais un désastre nerveux avant qu’il ne se produise, mais une fois que j’étais sur place, que j’ai vu comment tout était organisé et à quel point tout se passait bien, pour moi, c’était l’éclate, le fait de rencontrer ces invités de marque et voir tous ces films, et les groupes étaient incroyables. Je trouve que c’était un putain de succès total !

As-tu jamais pensé à faire tes propres films d’horreur comme le fait Rob Zombie ?

Ah, pas vraiment mec. Je suis le genre de gars qui préfère s’assoir sur son gros cul et regarder les films d’horreur. Je pense que si je commence à faire ça, il se pourrait que je le ruine.

Mike Williams de Eyehategod nous a dit (dans une interview à venir) que vous deux aviez parlé de faire un nouvel album d’Arson Anthem, bien que l’année dernière tu as déclaré que « rien de neuf ne va se faire ». Est-ce le travail réalisé avec Mike pour le nouvel album d’Eyehategod qui a déclenché l’envie de collaborer à nouveau ?

Oh, mec, Mike et moi nous travaillons super bien ensemble. Il est l’un de mes meilleurs amis et c’est un plaisir de sortir le nouvel album d’Eyehategod sur mon label Housecore Records aux Etats-Unis. Tu sais, il ne faut jamais dire jamais aux choses. Pour moi, là tout de suite, vraiment, je vais uniquement me concentrer sur le fait de tourner avec Down et The Illegals, faire le mieux que l’on puisse faire avec Housecore. Donc, pour ce qui est d’Arson Anthem, disons simplement : il ne faut jamais dire jamais !

Interview réalisée par téléphone le 24 avril 2014 par Amphisbaena
Retranscription et traduction : Spaceman
Fiches de questions et introduction : Spaceman

Site internet officiel de Down : down-nola.com

Album Down IV, Part 2, sorti le 12 mai 2014 chez Roadrunner Records.



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  • Vous ne lui avez même pas demandé pourquoi il chantait faux du début à la fin de l’EP ?

    [Reply]

    Spaceman

    En fait si tu lis la précédente interview, il avait donné de lui même un élément de réponse à ta question :

    « Ce que je déteste vraiment, c’est chanter juste ! (Rires) Putain, ça craint ! »

    http://www.radiometal.com/article/philip-h-anselmo-la-philosophie-dun-fauve,98764

    😉

    Seb

    Ouep, maintenant que tu me le rappelles, je m’en souviens !
    Faut qu’il arrête le pépère, c’est plus possible.

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