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Chronique   

Phil Campbell And The Bastard Sons – We’re The Bastards


« Music is medicine, music is therapy » : voilà comment Neil Starr, frontman de Phil Campbell And The Bastard Sons, envisage sa profession. Un remède qui arriverait donc à point nommé en ces temps troubles, les vertus du rock en somme. C’est surtout et avant tout une affaire de famille. Si le décès de Lemmy a inévitablement mené à la conclusion de Motörhead, Mikkey Dee et Phil Campbell n’ont aucunement eu envie de s’arrêter. L’un a rejoint Scorpions, l’autre a décidé de continuer ce qu’il fait depuis un moment maintenant : jouer avec ses fils. Phil Campbell And The Bastard Sons est la communion musicale de Phil et de ses fils Todd à la guitare, Tyla à la basse et Dane à la batterie. Une entreprise familiale qui a eu le nez creux en accueillant Neil Starr au chant, ce qui a immédiatement transformé Phil Campbell And The Bastard Sons en référence du live. Le groupe a ouvert pour les Guns N’ Roses lors de sa tournée des stades en 2017 et a très vite remporté l’adhésion de ceux qui n’attendaient pourtant pas grand-chose d’autre que des reprises de Motörhead. The Age Of Absurdity (2018) a prouvé que Phil Campbell ne comptait pas réutiliser la formule éprouvée de sa formation culte (même si la patte du guitariste/compositeur fait forcément le lien). Il s’agit de proposer un rock n’roll énergique moins effréné, toujours simple d’accès, bourré d’accroches jusqu’à la moelle et taillé pour rallier les foules. Si le virus a stoppé net une ascension nourrie de nombreux concerts plébiscités, Phil Campbell And The Bastard Sons ont été catégoriques : We’re The Bastards sortira coûte que coûte et frappera encore plus fort que son prédécesseur. On ne change rien, on élève simplement les curseurs.

Le guitariste Todd Campbell s’est chargé d’enregistrer la grande majorité de l’album, assisté du vétéran Soren Anderson (The Answer, The Dead Daisies, Glenn Hugues). Sur le plan sonore, We’re The Bastards réussit amplement son pari : les guitares sont omniprésentes et massives, le tout sans effacer la basse ou ravager le timbre de Neil Starr. Phil Campbell And The Bastard Sons se situe à la frontière entre un rock old-school et un power rock plus proche de l’extravagance des eighties. Le phrasé d’introduction de « We’re The Bastards » donne très vite le ton : l’auditeur doit être installé dans le canapé le plus confortable et décapsuler sa bière en toute confiance. « We’re The Bastards » a ce cachet d’hymne live, écrit pour inciter les gens à s’égosiller. Phil Campbell And The Bastard Sons maintient ce goût pour des tempos relevés et des phrasés incisifs, à l’instar d’« Animals » et de sa parenté frappante avec Motörhead (le seul véritable exemple du genre), de « Son Of A Gun » ou du plus explicite « Destroyed » aux racines punk évidentes avec ses chœurs en support d’un Neil Starr à l’aise dans ce registre. Phil Campbell And The Bastard Sons lui doit beaucoup car le frontman permet au groupe de véritablement se reposer sur des fondamentaux et une recette éculée sans en souffrir.

We’re The Bastards se distingue de son prédécesseur par une maîtrise supérieure de la dynamique. Phil Campbell And The Bastard Sons ne va pas hésiter à varier les tempos et puiser du côté du heavy rock à l’image du riffing groovy de « Promises Are Poison » ou de « Lie To Me », taillés sur mesure pour le timbre de Neil Starr et son sens de l’accroche vocale. « Desert Song » se nourrit des poncifs de l’imaginaire sauvage américain en croisant harmonica et phrasé blues à la guitare. Cette incorporation naturelle d’éléments blues se retrouve en outre sur « Born To Roam ». Phil Campbell And The Bastard Sons a des similitudes avec Black Stone Cherry pour ce cachet à la fois rock FM et roots rock, et l’approche décomplexée qui en découle. Plus les ficelles sont grosses… Il suffit de se laisser porter par le refrain de routier de « Bite My Tongue » ou les élans grunge de « Waves » qui puise dans la mélancolie d’un Alice In Chains avec brio. Si l’exécution des musiciens est aussi classique que chirurgicale, c’est à nouveau Neil Starr qui élève l’édifice. We’re The Bastards rend davantage justice à la polyvalence du chanteur et évite cette « fatigue » de fin d’album, récurrente sur nombre d’opus du genre.

We’re The Bastards fait la même chose que son aîné avec davantage de soin. Phil Campbell And The Bastard Sons réussit à toujours provoquer la même émotion et à galvaniser en évitant les redites trop nombreuses. Sa variété l’empêche de s’essouffler et Neil Starr n’y est pas pour rien. We’re The Bastards a tout de l’album croisière sans prétentions qui ne déplaît jamais et revigore parfois, à défaut d’impressionner.

Lyric vidéo de la chanson « Bite My Tongue » :

Clip vidéo de la chanson « We’re The Bastards » :

Clip vidéo de la chanson « Son Of A Gun » :

Album We’re The Bastards, sortie le 13 novembre 2020 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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