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Interview   

Philip H. Anselmo sur tous les fronts


A peine avons-nous proposé il y a quelques semaines notre entretien avec Phil Anselmo à l’occasion de la sortie du nouvel EP de Down que nous nous retrouvions une fois de plus au téléphone avec lui. Il faut dire que le chanteur est en ce moment omniprésent dans l’actualité. A peine de retour de tournée aux Etats-Unis avec Down, le voilà prêt à fouler les terres du vieux continent avec son groupe solo The Illegals, qui passera par Bruxelles le 16 juin, au Glazart de Paris le 20 et, évidemment, au Hellfest le 21.

Semblant fatigué, il ne s’est pas moins montré d’humeur blagueuse. Pour preuve, lorsqu’il décroche le téléphone d’un « Aahhh, oui ! », nous demandons machinalement « Est-ce bien Philip Anselmo ? », lui répond « Non, c’est Gene Simmons ! ». En même temps cette voix burnée ne permet pas l’ombre d’un doute, c’est bien celle qu’on a pris l’habitude d’entendre éructer sur les « I’m Broken », « Walk » et autre « Drag The Waters ». « Je suis occupé comme un chien, en train de me préparer à venir en Europe lundi » nous dit-il lorsque nous lui demandons comment il allait.

Comme nous avions déjà largement abordé les sujets de Down ou de son groupe solo lors de nos deux derniers entretiens, nous en avons profité pour échanger en toute décontraction avec lui sur des sujets d’ordre plus généraux, en particulier sur la scène, mais aussi et surtout rebondir sur les derniers événements qui l’ont vu interpréter des chansons de Pantera aux côtés de Kill Devil Hill et Black Label Society, en cette année de dixième anniversaire de la mort du guitariste Dimebag Darrell. L’occasion aussi de revenir sur sa relation actuelle avec Vinnie Paul, dont il nous parle avec une grande franchise…

« De nos jours, j’entraîne ma voix très très dur avec des cigarettes, de la bière et du café noir. »

Radio Metal : Tu viens en Europe avec ton groupe solo The Illegals pour quelques dates. A quoi peut-on s’attendre ?

Phil Anselmo (chant) : Quelque chose de différent chaque soir. J’aime mettre en place des sets flexibles, différents et uniques chaque soir. Ne vous attendez donc pas a des décors de scène fantaisistes ou des costumes, des images ou quoi que ce soit de ce genre. Juste une putain de musique dans le genre d’un putain de mélange de heavy metal et de hardcore, avec un peu de sens de l’humour, mais pas trop.

Comment te sens-tu à jouer à nouveau de la musique extrême sur scène ?

Je me sens super bien, mec. J’ai toujours d’une manière ou d’une autre joué un type de musique extrême, mais sur scène, c’est super. Mais, tu sais, je m’éclate toujours sur scène, donc rien de nouveau là dedans.

L’une des dernières fois où nous nous sommes parlés tu avais dit que ça craignait de chanter juste. Te sens-tu donc plus à ton aise à chanter tes chansons solo que le catalogue de Down ?

Oui, oui, pour au moins un mois, après je retourne dans Down. Mais ouais, The Illegals, c’est quelque chose de plus naturel pour moi.

Comment analyserais-tu la manière dont tu as évolué ou grandi en tant que chanteur ?

Je crois que j’ai rejeté beaucoup de styles de l’époque où j’étais jeune, car dans mes jeunes années avec Pantera, j’étais très porté sur Judas Priest et le heavy metal avec de larges et hautes tessitures et ce genre de choses. Mais je me suis éloigné de ça délibérément car il y a déjà un Rob Halford, je voulais développer mon propre style. Donc, de nos jours, j’entraîne ma voix très très dur avec des cigarettes, de la bière et du café noir.

[Rires] C’est ton secret ?

[Rires] Ah ! Plus maintenant !

Nous te verrons aussi à nouveau au Hellfest cette année. On dirait que tu te retrouve au Hellfest tous les ans et tu t’y montre d’ailleurs omniprésent, rejoignant des groupes sur scène, etc. Es-tu toujours ainsi avec les autres festivals ou bien as-tu une connexion spéciale avec le Hellfest ?

Non, mec, je ne sais pas, ils m’invitent et je dis « oui, pourquoi pas. » Le Hellfest, pour moi, c’est super fun. Ils ont du super vin blanc, de supers installations et ça me donne l’occasion de voir plein de putain de groupes que je ne peux voir qu’une fois, ou quelque chose comme ça, à l’année. Je m’éclate quand je suis là bas ! Je ne sais pas, pour moi c’est juste que c’est fun et je suis honoré qu’on m’invite à revenir au Hellfest.

D’ailleurs, Ben Barbaud, le fondateur du Hellfest, a eu l’idée à un moment donné de te laisser être le programmateur de la Valley, mais il a dit que c’était difficile étant donné ton emploi du temps chargé. Mais est-ce quelque chose qui te plairais de faire ?

Ouais, si on peut obtenir les bons groupes et faire en sorte que tout le monde soit sur la même longueur d’onde, ce serait super. Si on prend en compte l’écurie Housecore Records (ndlr : son propre label) et les groupes que j’ai, je pense que ça serait fun d’y aller faire des trucs car je pourrais mélanger un peu les choses. Le nouveau Eyehategod vient tout juste de sortir, donc évidemment j’adorerais les avoir et ensuite il y a des groupes moins connus que j’aimerais amener en Europe qui je pense seraient cool. Si j’ai la bonne combinaison de personnes, alors je suppose que nous pourrions faire plus un genre de bœuf en freestyle et peut-être faire quelques vieux classiques qui ne sont peut-être pas si classiques, mais peut-être de mon vieux catalogue comme Christ Inversion ou Arson Anthem ou quelque chose comme ça, jouer des chansons de ce genre. Donc, tu vois, un jour, si j’arrive à avoir le putain de temps de putain de [soupir] changer mes putains de vêtements, alors finalement, peut-être, que je le suivrais sur toute cette idée de scène. Mais cette année je vais devoir m’occuper de ce que j’ai déjà.

« Je me suis levé pour aller chier un coup et comme j’étais réveillé, je me suis dit : ‘Eh bien, je vais y aller et voir mon frère Rex.' »

Récemment tu as été vu en train de jouer quelques chansons de Pantera avec Kill Devil Hill et Black Label Society. Et tu en as aussi joué avec The Illegals. Qu’est-ce que ça t’a fait d’à nouveau jouer ces chansons ?

C’était un peu étrange avec Kill Devil Hill et Black Label Society car les deux c’était du genre : « Hey, viens par là, faisons un jam ! » Et je venais déjà de chanter un set complet avec Down, j’étais fatigué et je fumais, discutais et buvais, j’ai donc trouvé que je craignais et que ma voix craignait. Pour ce qui est de Kill Devil Hill, ils jouaient à midi, ils étaient le premier groupe de l’après-midi à jouer à ce festival. Je me suis levé pour aller chier un coup et comme j’étais réveillé, je me suis dit : « Eh bien, je vais y aller et voir mon frère Rex. » Je n’avais aucune idée qu’ils jouaient des chansons de Pantera, donc sans crier gare, il est onze heure du matin et ils me demandent : « Hey, est-ce que tu veux monter et chanter du Pantera ? » Je suis là : « Oh mon Dieu ! Je viens juste de me réveiller… Je ne me suis même pas brossé les putains de dents ! » Je suis assis là, en train de mâcher un chewing-gum… Donc j’ai trouvé que je craignais là aussi. Mais, tu sais, le fait de monter sur scène avec des mecs comme Rex (Brown) et bien sûr Zakk (Wylde) et le reste de son groupe, c’est toujours un honneur et quelque chose de sympa à faire, mais j’imagine que si j’avais eu plus de temps de préparation, j’aurais mieux chanté ces chansons. Chapeau pour tous les gars et honte à moi !

Mais pourtant tu joues des chansons de Pantera avec The Illegals, donc je suppose que…

Parfois je le fais et parfois pas. Ca dépend du concert.

Mais je suppose que tu as plus de temps de préparation avec ce groupe…

Ouais, ouais, ouais, bien sûr mais ça dépend quand même du concert, tu sais. Nous jouons aussi quelques chansons de Superjoint Ritual si on se sent de le faire et des chansons d’Arson Anthem. Mais il faut y réfléchir, tu sais, certains festivals te donnent un certain temps pour jouer, donc il faut que je sois prudent et intelligent sur la manière dont j’insère certaines chansons en douce, ça va donc être délicat.

Et est-ce que le fait de jouer des chansons de Pantera était quelque chose qui te manquait ?

Pas vraiment, mais lorsqu’effectivement je monte et chante des chansons de Pantera, c’est super pour le public et j’adore voir ça. Evidemment, le résultat final est ce qui compte et j’aime le résultat final.

D’ailleurs, on ne t’a pas vraiment entendu chanter ces chansons depuis la séparation du groupe jusqu’à cette année, est-ce quelque chose sur laquelle tu as été hésitant jusqu’à présent ?

Eh bien, pas vraiment, c’est juste une idée qui est venue parce que notre guitariste dans The Illegals, Marzi (Montazeri), m’a été en fait présenté par Dimebag à l’époque en 1987-88, je le connais donc depuis un long moment, et ils ont un style similaire, je ne dirais pas qu’ils ont exactement le même style, c’est impossible, mais ils ont effectivement des styles similaires. Donc, lorsque nous avons commencé à donner des concerts, nous n’avions qu’un album et, bien sûr, nous pouvions jouer tout le putain d’album mais je me suis dit que pour certains publics, ça pourrait les faire tripper si nous remontions le temps et jouions quelques chansons de Pantera. Mais aussi je me suis dit la même chose pour Superjoint Ritual et Arson Anthem, diable, même du Christ Inversion, simplement pour faire quelque chose de différent ou quelque chose de mon répertoire passé. J’ai pensé que c’était important. Mais je trouve que Marzi joue les trucs de Pantera suffisamment bien pour que nous nous en sortions bien tout en nous éclatant quand même. Comme je disais, [c’est une question] de résultat final. Lorsque tu joues des chansons de Pantera pour un public qui soit a grandi avec ça ou bien est assez jeune pour vouloir l’entendre, alors, habituellement c’est plutôt un succès. Le résultat final est ce qui compte. Certains soirs il se pourrait que nous en fassions, certains soirs il se pourrait que non.

Il y a une vidéo sur internet de Madonna qui joue le riff de “A New Level”, est-ce que tu l’as vu ?

Ouais, je l’ai vu !

Alors, qu’est-ce que tu dirais de chanter la chanson avec Madonna un de ces quatre ? [Rires]

Ah, merde, je suis ouvert à n’importe quoi ! Elle est plus belle que moi, elle est sans doute en meilleure forme et elle peut clairement chanter bien mieux que moi, mais je pense que j’ai des tatouages plus sympas… Et je crois que mes muscles sont un peu plus gros que les siens, mais je ne suis pas sûr… Donc, ça dépendra si elle veut chanter avec moi, car je la pousserais sans doute à essayer de chanter du vieux hardcore ou peut-être du death metal australien. On ne sait jamais.

(A propos de Vinnie Paul) « […] Peut-être devrait-il chercher dans un miroir qui se montre égoïste. »

Sur une note plus triste, cette année marque les dix ans de la disparition de Dimebag Darrell. Quel est ton sentiment à ce sujet désormais, dix ans plus tard ?

Je n’y pense pas comme vous les gars vous y pensez, et je n’y pense pas du tout comme une quelconque célébration. Je trouve que c’est affreux et je trouve que ça empire pour moi chaque putain d’année.

Et quels sont les souvenirs que tu as gardés de lui ?

Je pense aux bonnes choses. Je pense aux super moments que nous avons vécus, la musique que nous avons écrite ensemble et les routes que nous avons parcourues ensemble vers le succès. C’était une très très longue route et ça représentait de nombreux concerts. A cette époque, bien sûr, il y avait des moments difficiles et des moments ennuyeux mais que Dimebag pouvait transformer en moments magiques. Je pense aux bonnes choses, mec.

Tu as parlé de faire une chanson hommage avec Zakk Wylde. Comment une telle chanson pourrait-elle sonner ?

Je ne sais pas. Il faudrait que je me pose avec lui et travaille ça, tu sais. Il faudrait que nous prenions le temps pour le faire bien. Car Dimebag pouvait jouer n’importe quel style au monde, il était un guitariste très complet et avait une personnalité incroyable. Donc, je pense que pour ce qui est de mon côté, en ce qui concerne les paroles, il faudrait que ce soit juste. Mais aussi, le choix de la musique, nous pourrions faire une chanson calme ou nous pourrions faire une chanson de heavy metal. Je ne sais donc pas, il faudrait que ce soit quelque chose de vraiment unique et j’imagine de très important d’une certaine manière.

Mais est-ce que vous en avez déjà parlé ensemble ou bien est-ce juste une idée à toi ?

Non, ce n’était pas du tout mon idée; je crois qu’un autre gars de la presse m’avait posé cette question. Pour ce qui est de parler de quoi que ce soit, Zakk et moi, tous les deux nous nous rendons compte qu’il y a un ensemble de gens là dehors qui veulent vraiment une reformation de Pantera. Je crois que si le moment arrive, que tout est en ordre et que tout le monde est de la partie, nous sommes tout les deux vraiment disposés à le faire, mais quand bien même ça signifierait beaucoup de travail.

En parlant de ça, Vinnie Paul s’est à nouveau prononcé formellement contre une reformation de Pantera et a dit que c’est égoïste de la part des gens de vouloir ça. Dans la mesure où tu y es favorable, je suppose que tu n’as pas le même sentiment…

Eh bien, je peux comprendre sa vision de la chose mais, honnêtement, un truc que peut-être il oublie c’est que ce sont les fans qui nous ont fait, non pas nous qui avons fait les fans. Ce sont les fans qui sont importants. Et si c’est quelque chose que les fans veulent… Car il faut bien que tu te rendes compte qu’il y a toute une nouvelle génération de fans là dehors qui n’a jamais eu la chance de voir Pantera jouer. Je pense, je le pense toujours, que les fans sont les numéros un. Ce qu’ils veulent est important. Vraiment, ce que j’en pense, c’est que si ça n’arrive plus jamais, ça ne me pose pas de problème mais si c’est quelque chose que les fans veulent, alors je dis pourquoi pas ? Pourquoi ne pas le faire ? Nous n’avons pas à faire toute une année de tournée ou quoi que ce soit. Nous pourrions faire une poignée de villes, simplement pour envoyer ça et ensuite se retirer. Ce n’est pas si compliqué mais si c’est ce que ressent Vinnie, peut-être devrait-il chercher dans un miroir qui se montre égoïste.

Mais tu estimes que les désirs des fans sont plus importants que tout ?

Je ne dirais pas ça mais pour moi, je crois que c’est d’une très très grande importance, car, encore une fois, je dis que les fans font le groupe, et pas l’inverse. La dernière chose au monde que Rex et moi voudrions faire c’est nuire à l’héritage de Dimebag ou quoi que ce soit de ce genre. Nous irions tous les deux dans ce truc en le faisant absolument comme un hommage au grand Dimebag et rien de plus que ça, à côté du fait de jouer pour les fans qui veulent vraiment être là et qui veulent vraiment voir, entendre et apprécier le concert. A part ça, il y a tellement de paramètres là dedans que je peux presque… Tu sais, je peux être d’accord avec n’importe quelle affirmation comme quoi Pantera ne devrait plus jamais jouer de concerts car sans Dimebag, ce n’est pas pareil, je peux totalement comprendre cette position. Il y a certains moments dans ma vie où je ressens là même chose, mais il y a aussi des moments dans ma vie où je ne vois pas… Personnellement, tu sais quoi ? J’ai grandi avec Dimebag, je connais Dimebag, je connais Dimebag aussi bien que quiconque ayant été dans Pantera, y compris son frère parce que j’étais son frère ! Rex était le frère de Dimebag ! Et au plus profond de mon cœur, je crois que Dimebag aurait voulu que nous poursuivions la tradition et qu’il aurait voulu que nous jouions les chansons à nouveau, tout particulièrement avec un gars comme Zakk. C’est quelque chose que je sais, car j’étais tout aussi proche de Dimebag que n’importe qui.

Sans parler de reformation de quelque sorte que ce soit, Vinnie Paul semble encore un peu amer à ton encontre, même après que tant de temps ce soit écoulé. Est-ce que c’est quelque chose que tu comprends ?

Vinnie peut se sentir comme il veut, c’est sa prérogative. Si tu veux porter la haine avec toi pour le reste de ta vie, alors ne te gênes pas. Honnêtement, à ce stade du jeu, treize ans après m’être éloigné des drogues dures, avoir été clean et fait mon job comme musicien, je pense qu’il y a plus de gens là dehors de mon propre cercle et qui m’importe qui m’ont pardonné. Le fait est que je pense que je me suis réconcilié avec 99.9% des gens avec lesquels je me suis brouillé à un moment ou un autre. Nous nous sommes tous rendus compte qu’il y a de nombreuses incompréhensions qui rentrent en compte lorsque un groupe se sépare, mais il faut quatre personnes pour séparer un groupe, pas seulement une. Donc, s’il veut s’accrocher à ce genre de choses, très bien. C’est sa vie. Mais moi, je vais de l’avant, je n’ai aucune rancœur à l’encontre de Vinnie Paul. Rex et moi sommes toujours très très proches et c’est important pour moi. Tout le monde jusque aux roadies [petit rires], même Rita (ndlr : Rita Haney, la petite amie de Dimebag), nous tous sommes amis, tu sais. Je ne suis pas le seul pour qui il a du ressentiment. Tu pourrais dire la même chose de Rex. Tu pourrais dire la même chose pour à peu près vingt-cinq autres personnes différentes. C’est la voie que Vinnie est en train de choisir et c’est sa décision.

Malgré ça, est-ce que tu vois ne serait-ce qu’une infime possibilité pour que vous deux vous vous reparliez à nouveau ?

Ca dépend de lui, mec.

« J’ai ce défaut dans ma personnalité qui fait que je ne peux pas dire non assez rapidement. »

Tu travailles sur une biographie officielle intitulée Mouth For War : Pantera And…

Non, ça ne s’appelle pas Mouth For putain de War. C’est un putain de faux titre qui a été publié par accident, pas par moi. [Ca parlera de] ma vie lorsque je grandissais, ma vie et mon passé, jusqu’à où j’en suis aujourd’hui. Ce sera très sincère et véridique. Avec un peu de chance ce sera une lecture intéressante, nous verrons. Je ne sais pas quand j’en aurais terminé avec ce putain de livre mais lorsque je m’approcherais de la fin, les gars, vous en saurez plus et d’ici là tout ce qu’il est dit à ce sujet n’est que du putain de blabla de gens qui n’ont pas la légitimité d’en parler.

A quel moment as-tu ressenti le besoin d’écrire une biographie ? Avais-tu des choses à évacuer de ton esprit ?

Eh bien, tu sais, il y a des fois où j’ai ce défaut dans ma personnalité qui fait que je ne peux pas dire non assez rapidement. Et là tout de suite, j’ai le sentiment que ce bouquin est quelque chose pour laquelle j’aurais dû dire « non, pas maintenant. » Mais maintenant que je m’y suis, dans une certaine mesure, engagé, je vais sans doute le mener à bien mais pas avant d’avoir terminé. Pour ce qui est de savoir s’il y a des sentiments que j’avais besoin – et le bon mot ne serait pas « évacuer », ce serait plus du genre [il réfléchit] « identifier » – ce serait plutôt des choses factuelles que je vais devoir identifier dans ma vision de l’histoire. Je n’en ai rien à faire si quiconque sait déjà [ces choses] ou pas, mais quoi qu’il en soit, si j’écris un livre, je dirais la vérité et je donnerais ma vision de l’histoire.

Tu es toujours très présent dans les médias, particulièrement ces derniers temps, est-ce la raison pour laquelle tu disais que “les médias musicaux sont mes putes” (ndlr : “Music Media Is My Whore”) sur ton album solo ?

Non, c’est une expression ironique qui n’a pas à être prise au sérieux, mais, tu sais, il y a pas mal de vérité derrière ça. Tu peux le prendre de n’importe quelle façon que tu veux. Pour moi c’est une blague, pour le reste des gens, s’ils ne pigent pas, dommage. [Rires]

Et que penses-tu de l’évolution des medias musicaux d’ailleurs ? Avec Internet surtout…

Je trouve que c’est inégal et sommaire. Je trouve qu’il y a des bloggers qui ne sont pas mauvais. Je trouve qu’il ne reste que très peu de rédacteurs. Je trouve que certain sites web continuent à prendre une chose que j’ai dite et la déformer dans quelque chose qu’elle n’est pas, et des millions de gens pourront voir ça d’emblée de jeu, immédiatement. Que ce soit bien ou pas, d’une façon ou d’une autre, d’une manière parfaitement putassière, ils maintiennent mon nom dans la lumière. Donc je ne peux pas discuter ça. C’est ainsi que fonctionne les médias musicaux de trous du cul qu’il y a là dehors. Mais souviens-toi, je dis qu’il y a encore quelques bons rédacteurs qui sont effectivement consciencieux et ont la volonté d’écrire des choses positives, parce que là maintenant, je suis à un moment positif de ma carrière et de ma vie, je suis très à l’aise dans ma peau et je vais de l’avant de manière positive, c’est ce que je crois. Tu sais, tout dépend du rédacteur, comme je l’ai dit, certains craignent, certains aspirent à craindre et ensuite, il y en a d’autres qui sont très bons ou qui aspirent à devenir très bons, donc vraiment, ça dépend d’eux.

Interview téléphonique réalisée le 5 juin 2014 par Spaceman.
Fiche de questions, retranscription, traduction, introduction et photo live : Spaceman.
Photos promo de Jimmy Hubbard.

Site Internet de Phil Anselmo : PhilAnselmo.com



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