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Chronique   

Philm – Fire From The Evening Sun


L’ombre de Slayer suivra toujours Dave Lombardo. La majeure partie de ses interviews ne manqueront pas de rappeler qu’il est un ancien d’un des plus grands groupes de thrash encore à l’œuvre, et les chroniqueurs de rappeler son affiliation avec les Californiens… C’est injuste. Pour certains, Dave Lombardo c’est avant tout Grip Inc., l’album The Gathering (1999) de Testament ou encore Fantômas. Dave Lombardo refuse la restriction. Dave Lombardo a Gerry Paul Nestler (Civil Defiance) et Francisco Eduardo Tomaselli (War). Ils ont Philm.

Harmonic (2012), le premier opus du groupe, avait marqué par son approche déstructurée et la large part laissée à l’improvisation. Fire From The Evening Sun se veut plus structuré, pour ce que cela signifie lorsqu’on évoque la musique complètement polymorphe du trio. Dave Lombardo est encore une fois à la production, assisté au mastering et mixage par deux monstres que les cinéphiles connaissent déjà : Georges Carranza (300, Devil’s Rejects, à l’œuvre pour The Bedlam In Goliath de The Mars Volta) et Tyler Bates (300, Watchmen, Suckerpunch… ami de Zack Snyder en somme). Philm a effectivement un grain organique qui rappelle indéniablement le Dead Of Night de 7 Weeks et saurait parfaitement s’adapter à une production visuelle.

Autant l’avouer de suite, suivre Philm n’a rien d’aisé. C’en est décontenançant. À croire que le trio se laisse aller à toutes les expériences musicales possibles sans se donner la peine de prendre l’auditeur en considération. Le titre éponyme « Fire From The Evening Sun » oscille entre rock-stoner et pur thrash, « Corner Girl » entre ballade rock et jazz-mambo (avec solo de trompette). Rien n’est monolithique, tout est hybride et progressif, à l’instar de « Lion’s Pit » ou du post-rock ensorcelant « Turn In The Sky ». Chaque titre évoque constamment une myriade d’influences. Philm est un groupe d’indus, de thrash, de jazz, de funk, de stoner, de power rock, de prog; une sorte de monstre pluricéphale. Pourtant, décontenancé ne veut pas dire perdu. Fire From The Evening Sun nous laisse le soin de déceler toute sa cohérence. Varié certes, mais avant tout précis. En cela réside la force de Philm : les influences participent à l’identité du groupe et ne l’effacent pas. « Fan Boy » résume assez bien cette philosophie : le groupe sait aller à l’essentiel et aucun détour n’est superflu. Surtout, l’album sait construire et installer son atmosphère, parfois proche du « Mit Gas » (2003) de Tomahawk.

Un point de comparaison facile serait de mettre en contraste la diversité d’un album comme Fire From The Evening Sun et les frontières musicales qui doivent être respectées lorsque l’on fait partie de Slayer. Cela n’a aucun intérêt. Certes la notoriété de Dave Lombardo joue forcément en la faveur de Philm. Pour autant le groupe n’a rien d’un power trio, obsolète avant d’avoir été pertinent. Lombardo ne supplante pas les autres membres, au contraire. Fire From The Evening Sun répond à un véritable dessein musical. Ce n’est pas une expérimentation, c’est une réussite.

Album Fire From The Evening Sun, sortie le 16 septembre 2014 chez UDR.



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