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Piqûre de Rappel


Sting In The Tail, le nouvel album des Scorpions, voit le jour cette semaine, et après l’annonce de l’arrêt définitif de leur carrière, quels journalistes serions-nous si nous ne profitions pas de cette ultime ligne droite pour le mettre à l’honneur ? Scorpions est l’un des plus grands groupes de hard rock au monde. Il a pondu une batterie impressionnante de tubes et pas seulement des ballades comme le grand public semble parfois l’oublier. C’est donc une bonne occasion pour nous de décortiquer Sting In The Tail dans un « track by track » détaillé.



Raised On Rock

Démarrage 100% Scorpions qui démontre qu’on ne nous a pas trompés sur le caractère « retour aux sources » de la marchandise. D’emblée le clin d’?il au classique « Rock You Like A Hurricane » en intro se fait remarquer : même schéma rythmique, enrichit d’un lead de guitare fédérateur et suivit de Klaus Meine qui chante sa première ligne « I was born in a hurricane… ». Mais dès que la talk box « bon jovienne » apparaît il devient évident que Scorpions n’a pas cherché la redite. Ce « Raised On Rock » s’avère une parfaite mise en bouche : il met instantanément la banane, avec un refrain imparable qui ne décroche pas et un solo final rock n’roll et intense. Sans aucun doute un futur classique en concert.

Sting In The Tail

Un morceau titre rock n’roll sur lequel on retrouve une phrase scandée avec un étrange effet, entre amusant et ridicule. Toujours est-il que le tempo est légèrement enlevé, à la manière d’un « Blackout », sans toutefois en atteindre l’intensité. Au final, il s’agit d’un titre sympathique, surtout pour son refrain à reprendre en ch?ur, mais qui ne figure pas nécessairement parmi les meilleures réussites de l’album.

Slave Me

Gros accords, batterie appuyée et « yeah yeah yeah ! » scandé par une foule. Voilà comment débute ce titre sombre et mid tempo. C’est clairement sur ce terrain que Scorpions est le meilleur et ce titre très accrocheur en est la preuve éclatante. Un titre qui montre aussi que Scorpions a aussi quelques surprises en réserve avec, sur le pont précédent le solo, un chant râpé agrémenté de «wouhou ! ». Un passage qui rappel immédiatement le mésestimé Eye II Eye et plus particulièrement « Du Bist So Shmutzig » dont le pré refrain était justement râpé par le batteur James Kottak.

The Good Die Young

Que serait un album de Scorpions sans ballade ? Un meilleur album vous dites ? Nah, vous êtes médisants ! Trois rockers en ouverture, le quatrième titre ne pouvait qu’être une ballade. Une intro et des couplets sur un ton plutôt solennel, des arrangements dans lesquels on discerne les vocalises d’une certaine Tarja Turunen – mais cela reste discret, évitant l’aspect pompeux – et un refrain poignant. Voilà au final une très belle power ballade, pas forcément si typique du groupe dans sa forme.

No Limit

On retombe dans le lourd avec ce « No Limit ». Le riff principal qui ouvre le titre est clairement dans la même veine que celui de « Bad Boys Running Wild » (un nouveau clin d’?il ?). Le refrain est une fois de plus imparable. Notons aussi un pont du plus bel effet à l’ambiance éthérée appuyé par une batterie tribale.

Rock Zone

Ah ! Le voilà le titre rock n’roll à se déboiter les cervicales ! Possédant une folie parfois proche d’un « Now ! », ce titre démarre sec et brut de décoffrage avec un riff endiablé dans la lignée de « Another Piece Of Meat ». D’ailleurs le couplet est assez similaire à celui de ce dernier : une batterie enlevée ponctuée d’interventions de guitares. Cela fait un bien fou de retrouver un Scorpions aussi hargneux, d’autant plus que Klaus Meine se lâche comme il ne l’a pas fait depuis trop longtemps. Attention, ça va chauffer dans les fausses de concert !

Lorelei

Une intro qui hérisse immédiatement les poils, et là on se dit qu’on a déjà entendu ce type de mélodie soufflée au clavier sur un lit d’arpège quelque part… En effet, la ressemblance avec l’intro de « Send Me An Angel » est poignante ! Dommage par contre que le reste de cette ballade n’en tire pas plus partie, mais peut être que le résultat serait, pour le coup, tombé dans l’auto-plagiat. Toutefois les Scorpions ont du savoir faire dans le domaine et ce « Lorelei » est une très belle chanson.

Turn You On

Démarrage assez banal sur une batterie au son filtré pour ce titre finalement assez classique. Peu de choses à retenir même s’il reste très agréable à l’écoute avec ses bons riffs et des « yeah yeah ! » typique de Klaus.

Let’s Rock

C’est une rythmique particulièrement plombante que l’on retrouve sur ce superbe « Let’s Rock ». Les couplets sont lourds avec Klaus qui chante parfois seul sur la batterie. Mais la merveille de ce titre est clairement son refrain lumineux, typé « stadium rock ». Chair de poule garantie avec notamment ses ch?urs discrets mais qui font toute la différence ! Bonne idée aussi que de reprendre, en guise de pont, le refrain de manière épurée avec juste la batterie, le chant et le soutien des ch?urs. On voit déjà le groupe faire chanter le public sur ce passage. Assurément l’un des meilleurs titres de ce Sting In The Tail.

SLY

SLY, quel étrange nom pour une chanson. Mais dites donc cet arpège, on ne l’a pas entendu quelque part ?! Ah, mais attendez… SLY… Still… Loving… You… Mais oui c’est bien ça ! On retrouve sur cette troisième ballade (il y a un quota à respecter voyez-vous) une déclinaison de ces arpèges chers aux Scorpions et qui ont fait leur plus grands succès. Vous retrouvez d’ailleurs plus d’infos sur SLY grâce à l’interview de Matthias Jabs, avec notamment une excellente anecdote relatif au baby boom qu’à engendré « Still Loving You ». Mise à part ce clin d’?il, SLY est une joli ballade assez typique, peut être trop justement, ce qui fait qu’elle ne s’élève pas forcément au niveau des plus grandes de leur répertoire.

Spirit Of Rock

Décidément le rock est à l’honneur sur ce Sting In The Tail, non seulement dans les très bon riffs mais aussi dans les titres des chansons ! Sans compter les « yeah yeah yeah ! » qui font, une fois n’est pas coutume, une nouvelle apparition dès l’intro et en fin de refrain. Ce « Spirit Of Rock » est plaisant mais reste en deçà des autres titres de cet album, faute à un refrain un peu plat.

The Best Is Yet To Come

Un titre évocateur qui pose une ambiguïté vis-à-vis de cet album puisqu’il est censé être le dernier du groupe. Cette chanson est une ballade (encore une !) pleine d’espoir, relativement formatée et dont le refrain s’inscrit dans la veine des groupes de rock US à la manière du Bon Jovi actuel voir de Nickleback.

En conclusion : une fin un peu poussive mais très largement rattrapée par une majorité de titres inspirés. Le Scorpions de ce Sting In The Tail est, comme le groupe l’avait annoncé, très classique avec de nombreux clins d’?il au passé. Cependant cela est fait de manière assez subtile et intelligente et on prend finalement plaisir à essayer de déterrer les références.

Peut-être serez vous étonnés qu’il ne soit nulle part mention des solos dans ce descriptif : simplement parce qu’ils sont tous exemplaires. Rudolf Schencker et Matthias Jabs ont toujours été un duo redoutable, particulièrement lorsqu’il s’agit de pondre des solo mélodiques, et leur jeu fait clairement honneur à leur réputation.

Si l’on fait abstraction de l’excellent mais un peu a part Humanity Hour I, il s’agit sans conteste du meilleur album des Scoprions depuis l’énorme Face The Heat en 1993. Mais il ne faut pas se leurrer, même si des titres comme « Raised On Rock », « Slave Me », « Rock Zone » et « Let’s Rock » figurent dans le haut du panier, l’album dans sa globalité n’atteint pas le niveau du susmentionné Face The Heat, de Crazy World ou, bien entendu, des Savage Amusement, Blackout, Love At First Sting et consorts.

Un bien bel album tout de même. Mais justifiait-il l’arrêt d’une carrière ?



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  • Critique satisfaisante, malgré des fautes d’orthographes assez impardonnables. Mais ici on parle de musique, alors…
    Je trouve que les morceaux sont très biend écrits, sauf les derniers (notamment Spirit of Rock, que je trouve meilleur que par exemple Rock Zone). Mais bon, c’est le principe de la critique, elle engage forcément les goûts personnels, et tous les goûts sont dans la nature.

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  • Spaceman / RM dit :

    Oui, Lovedrive fait partie des grands albums de Scorpions. Il faut dire que Scorpions a sorti une longue série de très grands albums et c’est pour cette raison que je conclu la liste par « et consorts ».

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  • Lost / RM dit :

    C’est marrant les albums que tu cites. Mon préféré des Scorpions reste LoveDrive. Et ce n’est pas sans une grande émotion que j’ai lu dans le dernier Rock Hard, dans l’interview des Scorpiions que Rudolf n’est pas loin du même avis.
    Ah, le rythme reggae de Is There Anybody There, l’instrumental Coast to Coast.
    Cet album est une bombe de puissance et d’originalité.
    Encore une fois les goûts et les couleurs…

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