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Live Report   

Plonge dans le petit bain avec Lofofora et noie le blues du dimanche soir !


Suite à son récent passage à la Maroquinerie, Lofofora revient fouler les planches parisiennes en ce dimanche soir pluvieux dans le cadre du festival Bring The Noise organisé par Ouï FM qui se tient aux Petits Bains, péniche amarrée aux quais de Seine et qui a su rester à flots malgré tout cette furie.

Leur dernier opus Monstre Ordinaire à défendre, les vétérans de la scène hexagonale étaient accompagnés de la toute jeune garde représentée par Bukowski et par Branson Hollis. Embarqués dans cette aventure fluviale, les Français de Bukowski doivent eux aussi défendre une récente production, leur deuxième album, The Midnight Sons. Dans un registre plus assimilable au rock alternatif qu’au metal, Branson Hollis a bien un EP 5 titres à son catalogue mais, ce soir, le jeune combo doit surtout se faire connaître.

Mais, dites-moi, les Branson Hollis sont eux aussi français. En somme, ce second soir est placée sous la bannière tricolore. Cocorico ! N’y voyez aucun penchant nationaliste mal-venu, seulement une grande satisfaction de voir que la scène française sait toujours proposer des groupes intéressants.

Artistes : LofoforaBukowskiBranson Hollis
Date : 4 Décembre 2011
Lieu : Paris
Salle : Les Petits Bains

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un mot sur cette péniche des Petits Bains, lieu plutôt inhabituel pour accueillir cette musique si douce à nos oreilles, mais il faut dire que, entre la réfection du Trabendo et l’Élysée Montmartre hors course, les scènes parisiennes sont assez malmenées. Au moins, la péniche n’a pas coulé face à la déferlante Lofo. Une bonne chose, non ? Ensuite, pour revenir à des considérations plus sérieuses, la salle de petite capacité offre – bonne surprise – des lumières fournies, un son de bonne qualité et surtout une excellente aération. Qui n’a jamais crevé de chaud dans ce bon vieux Bataclan ? Espérons donc que cette salle voit défiler d’autres groupes de metal.

Branson Hollis

En attendant ces futures aventures, concentrons-nous sur l’épisode qui se joue ce soir. 20h00, Pierre de Bring The Noise, en digne maître de cérémonie, présente le premier groupe, Branson Hollis, ses chouchous, avouera-t-il lui-même. La formation qui existe depuis 2009 œuvre dans du rock post-hardcore – c’est ainsi qu’ils sont définis sur le Net – et comprend un batteur, un bassiste et deux guitaristes. Classique jusque-là. Leur originalité se situe dans le fait que le chant est assuré par les deux guitaristes et par le bassiste, les trois voix réparties sur chacun des morceaux. Et quelles voix ! Absolument pas convaincantes. Même pire. Leurs tessitures n’étant pas si différentes, cette multiplicité présente-t-elle un réel intérêt ? Par ailleurs, peut-être les musiciens n’étaient-ils pas en forme ce soir mais le chant était poussif, sauf côté bassiste qui porte le registre clair et mélodique.

Musicalement, les choses sont devenues plus intéressantes à mi concert avec l’arrivée du clavier mais sans relever le début du concert demeuré dans l’opinion comme guère convaincant. Le public a d’ailleurs été très, très calme tout au long de cette prestation de trente minutes qui s’est terminée, guitares posées à même le sol dans un final chaotique.

Les Branson Hollis ont à leur crédit une musique ambitieuse qui n’est peut-être pas accessible dès la première écoute. Leur musique plus rock que metal aux intonations parfois sonic-youthienne mériterait assurément des voix mieux travaillées. Dernier point, l’intervention de leur ami Vincent (le jumeau du bassiste d’Ed-Äke pour la petite histoire) est à mettre à leur crédit car ce type de bœuf, bien trop rare, peut donner de vrais frissons en concert. Mais, dans le cas présent où, sans vouloir être irrespectueux, l’invité est méconnu et le groupe lui-même est peu connu, les frissons ne sont pas forcément au rendez-vous, d’autant que Vincent ajoute une voix là où il y en a déjà trop.

Julien Dottel (Bukowski)

Il est bientôt 21h00 et Pierre revient avec la question suivante : « Aviez-vous une définition de la fête ? ». Et de répondre pour nous, dans la foulée, sans la moindre hésitation : « Oubliez-la, la fête c’est Bukowski ! ».

L’énergique « Car Crasher » d’Amazing Grace ouvre le set du trio francilien et « Carnivorous », du dernier album, achève de nous plonger dans la nouvelle ambiance de la soirée. Le trio fait dans le simple – à ne pas confondre avec le simpliste -, l’efficace et le festif. Pierre avait raison.

A la basse, quand il n’assure pas les chœurs, Julien remue tant qu’il peut, grimpant plus qu’à son tour sur la petite estrade installée sur le devant de la scène. Coincé avec sa guitare et le chant, Matthieu n’en assure pas moins sa part de show et possède une présence indéniable. Aux fûts, Niko n’est pas en reste non plus. Vous l’aurez compris, le groupe est motivé pour assurer ce soir.

Le hic vient pour l’instant du public qui reste très calme, sans réactions. Cette attitude attentiste pouvait se comprendre pendant le set des Branson Hollis et leur musique plus complexe à appréhender, mais, là, merde ! Bukowski ne révolutionne certainement pas le genre mais la musique du groupe possède un attrait live indéniable et leur prestation est pêchue à souhait. Alors que faut-il de plus ?

Mathieu Dottel (Bukowski)

Le concert continue sur une série de morceaux du premier album dont « Pill Box » que le groupe dédiera à Lofofora. Il faudra attendre le titre « The Midnight Sons » pour voir le public répondre enfin aux appels du chanteur qui incite à faire du bruit. La soirée semble définitivement décoller côté fosse sur « The Desert » qui voit le premier pogo mettre un peu d’ambiance. Pogo malheureusement tué dans l’œuf par un homme de la sécurité qui se mêle immédiatement aux fans et leur somme individuellement de se calmer. Cette attitude rigoureuse jette un froid qui n’atteint heureusement pas la scène où les Bukowski sont toujours au taquet et montre que « festif » n’est pas incompatible avec « concerné », si ce n’est « engagé ». En effet, en introduisant « Downtown Revenge », Mathieu invitera le public à ne pas casser la péniche mais à aller plutôt en face, de l’autre côté de la Seine, pour se défouler sur le Ministère des Finances. Calmé par le cerbère, le public n’est évidemment pas près de casser la péniche. Toutefois, les pogos ont repris, plus tranquilles, et accueillent l’excellent « Slugs And Bats ».

La fin est proche et, après un petit intermède publicitaire pour son merchandising, le groupe conclut avec le très enlevé « My Name is Kozanowski », morceau soutenu par les applaudissements du public et suivi d’un final instrumental très stoner. Côté public, on en profite pour se lâcher un peu dans un pogo plus énervé. Sa basse posée, Julien plonge directement dans le public et se fait porter par la foule.

Le temps d’une dernière photo souvenir du groupe prise de la scène et les Bukowski laissent la salle bien chaude pour accueillir la tête d’affiche de la soirée après cinquante minutes de générosité et d’énergie basées sur une setlist puisant de manière équilibrée dans les deux albums du groupe.

Setlist de Bukowski :

Car Crasher
Carnivorous
Pill Box
Long Cold Winter
Mysantyropia
The Midnight Son
The Desert
Downtown Revenge
Slugs and Bats
My Name Is Kozanowski
Hit The Ground Again

Reuno (Lofofora) : une (grande) gueule à graver dans la pierre.

Les Bukowski partis, la préparation de la scène va bon train. Qui de tirer un câble, qui de scotcher les setlists ou encore de régler une guitare. Mine de rien, le rock’n’roll demande de l’organisation, de penser à une multitude de choses. Imaginez un instant qu’il manque la setlist ? Heureusement, cela ne sera pas le cas ce soir et Lofofora pourra débarquer à 22h15 – horaire assez tardif – pour entamer son set par « Au Secours », issu de Dur Comme Fer, album sorti en 1999. Eh oui, il y a déjà plus de dix ans que Lofofora met le feu sur l’Hexagone. « Les Gens » continue de nous ancrer dans le passé avant que n’arrive le très enlevé « Mémoire de Singes », excellemment restitué.

Quel plaisir ! Le public est enfin réveillé et les premiers slammeurs se font porter par les fans sur le « Fond Et La Forme », morceau qui claque vraiment. Les vannes aussi claquent, la preuve quand Reuno explique au public qu’il les trouve plutôt efficaces pour des Parisiens, un dimanche soir, qui n’ont pas payé leur place (beaucoup d’invitations ce soir a priori). « Faites couler le bateau ! » ordonne-t-il au public ! La tempête se calme néanmoins quelques minutes avec « Dur Comme Fer » avant que son puissant final ne nous remette en place.

Sur scène, Reuno est maître à bord, assumant l’animation scénique. Son charisme, sa présence physique, son regard perçant soutenu par ses yeux bleus hypnotiques et sa gouaille sont des armes qui lui permettent d’assurer le rôle de leader sans souci. Toutefois, croire qu’il est seul serait une erreur. Certes Daniel et Phil (avec son look de hardcoreux), respectivement à la guitare et à la basse, restent campés sur leurs jambes, peu mobiles, mais ils posent les bases d’une solide assise sur laquelle la prestation peut s’appuyer. Immobiles mais pas absents.

Daniel Descieux (Lofofora)

L’excellent « Utopiste » entame la partie Montre Ordinaire du concert qui fera une belle place au dernier album avec pas moins de neuf titres joués ce soir. Pour information, l’album en contient onze ! La setlist piochera aussi dans l’ensemble du catalogue même si Peuh !, par exemple, en sera écarté.

Le concert continue sans temps mort, énergique à souhait, dans une espèce d’incandescence que Reuno entretient et qui fait vraiment du bien. Lofofora live, c’est quelque chose ! Vous les avez loupés sur les dates de novembre et décembre ? Pas de panique, ils reviennent en avril à Paris. Vous pourrez alors (re)découvrir le franc-parler de Reuno et ses piques sans détours. Ce soir, Superbus en fait les frais : le leader de Lofofora critiquera en effet le fait que l’on veuille nous faire passer ce groupe pour un groupe de rock. Ceci dit, chacun sa voie, chacun son public, tant que la sincérité est là. De ce côté-là, avec Lofofora, c’est de la haute dose.

Phil Curty (Lofofora)

Après un enchaînement de huit morceaux du dernier opus, LE morceau emblématique du groupe arrive enfin. « L’œuf », brûlot humaniste et universel est jouissif dans sa version studio et est bonifié aux Petits Bains, avec une guitare inspirée, plus souple que sur l’original. « La Beauté et la Bête », issu du dernier album, conclut ce set d’une heure quinze d’excellente facture, même si la fin se termine un peu en queue de poisson, sans véritable au revoir, les musiciens quittant la scène petit à petit. Un peu frustrant. Mais ne boudons pas notre plaisir car, pour lutter contre le blues du dimanche soir, une telle prestation arrive à point nommé. D’ailleurs, la cantonner à ce seul effet serait très réducteur puisque, finalement, nous sommes prêts à saluer un tel concert n’importe quel soir de la semaine.

Setlist de Lofofora :

Au Secours
Les Gens
Mémoire De Singes
Le Fond Et La Forme
Dur Comme Fer
Utopiste
Les Évadés
Élixir
Les Conquérants 
La Merde En Tubes
Le Visiteur
Ma Folie
Cannibales
L’Œuf
Le Pire
Auto-Pilote
La Beauté Et La Bête

Photos : Lost



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  • C’est ça le problème de bosser avec des incapables ! Pas foutu de restituer une setlist correctement ! Heureusement, certains suivent !
    Donc, j’ai amputé la setlist de ces deux derniers titres, Autopilote et La Beauté et La Bête. Le report est correct.

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    koukoula

    Ok, merci !

  • Euh, y’a contradiction entre le dernier paragraphe et la setlist : le dernier morceau, c’est « Le pire » ou « La beauté et la bête » ?

    [Reply]

  • Euh, y’a contradiction entre le dernier paragraphe et la setlist : le dernier morceau, c’est « Le pire » ou « L

    [Reply]

    koukoula

    oups, désolé pour le doublon^^

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