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Interview    Révélation High Hopes   

Plongée dans l’univers de Phosphen


Si un mot devait représenter le groupe Phosphen, ce serait incontestablement celui de la poésie. La démarche de ce quintet se veut révolutionnaire dans le genre. Il faut dire qu’il n’est pas toujours nécessaire de pousser le son au maximum pour faire passer un message, et cela Phosphen l’a bien compris. L’EP Underwater fait preuve d’une douceur dans la composition et dans ses arrangements qui conduit l’auditeur à un état d’hébétude sans retour. Certes, cet électro-rock aux notes légères et teintées de funk peut paraître simple aux premiers abords, mais c’est sans conteste qu’une fois pris dans les mélodies, chacun pourra se rendre compte du travail méticuleux fourni par le quatuor. La voix, à la fois satinée et prééminente, amène ce premier album à un niveau d’excellence redoutable.

Ce travail de précision entre les instruments, à savoir la guitare, la batterie et un clavier, est palpable. La symbiose est bien présente tout au long de l’histoire racontée par la chanteuse. L’inspiration prise dans leur quotidien ainsi que dans leurs écoutes musicales, passant de l’underground aux chanteurs à textes, leur permet d’atteindre un équilibre musical sans complexe. L’ambition portée par les Clermontois est porteuse d’espoir. Malgré un contexte difficile développé dans les premiers titres, il faut chercher le positif, la lumière, au risque de tomber dans une léthargie. Et autant dire que la période actuelle s’y prête particulièrement. Jade, chanteuse du groupe nous a fait le plaisir de répondre à nos questions.

« L’EP se veut être une histoire complète. Bien sûr tu peux écouter les titres dans l’ordre que tu souhaites, mais si tu les écoutes à la suite, tu trouveras une histoire et une réflexion forte. »

Bonjour Jade, peux-tu présenter Phosphen ?

Jade (chant) : Nous sommes un groupe de Clermont-Ferrand composé de quatre membres. Il y a Antoine à la batterie, Théo à la guitare, un second Théo au clavier, et moi pour le chant. Nous avons lancé le groupe il y a deux ans et demi, avec à la base juste Théo et moi. Depuis maintenant une bonne année, les parties clavier et batterie se sont rejointes et nous n’avons plus changé de line-up. L’aventure Phosphen a enfin pu débuter ! Ce n’était pas évident au départ, car l’entité aborde un univers assez particulier, nous avons dû batailler d’ailleurs pour trouver le bon batteur (Antoine est arrivé au moment de l’enregistrement, NDLR). C’est compliqué à résumer en un seul mot, mais je vais essayer de schématiser au mieux : Phosphen est un mélange d’univers planants et mélancoliques. L’EP Underwater est assez sombre dans les thèmes, il a une dimension psychologique avec des sujets pas forcément évidents à aborder, pesants.

Est-ce que créer le groupe en cette année 2020 si particulière n’a pas été une prise de risque ?

Effectivement, il y a eu une certaine appréhension et une frustration de se lancer ainsi. Il faut dire que l’EP a été enregistré durant le premier trimestre, donc le confinement n’avait pas encore été prononcé. Et autant te dire que celui-ci a tout stoppé ! Nous n’avions pas eu peur de nous lancer malgré le contexte, mais nous avions tellement de choses à faire… Après, soit on subit, soit on fait en fonction des choses et on avance. C’est le parti que nous avons pris, et nous avons commencé à chercher à faire différemment. Dans un premier temps, il était primordial de maintenir une présence sur les réseaux sociaux, et dans un second temps, cela nous a permis de prendre du temps pour bien nous entourer. Phosphen s’est encadré par exemple d’un manager en plus de sa maison de disques (M & O music).

Quelle est la ligne de conduite du groupe ?

Créer, créer et créer ! Tout comme pour la pyramide de Maslow, notre besoin, limite primaire, est de créer pour se sentir bien. Nous sommes tous comme ça depuis notre enfance, car nous sommes tous issus de familles de musiciens. C’est naturel et nos sons, nos compositions doivent le faire ressentir. En nous rencontrant, à quatre, nous étions parvenus à une certaine normalité. Il nous faut toujours sortir quelque chose de chacune de nos rencontres et faire partager notre passion commune à tous. Certes la période ne s’y prête pas du tout, car encore actuellement, il nous est difficile de nous retrouver ensemble, mais nous nous adaptons à distance.

Comment s’est déroulé le processus de création de cet EP enregistré début 2020 ?

J’avais lancé l’idée du thème de l’album par le biais de son titre « Underwather ». C’est surprenant, mais ce titre m’est venu et tout en a découlé. Il a cette connotation psychologique et offre différents angles de travail. L’EP se veut être une histoire complète. Bien sûr tu peux écouter les titres dans l’ordre que tu souhaites, mais si tu les écoutes à la suite, tu trouveras une histoire et une réflexion forte. Les garçons ont composé les différentes mélodies et moi j’étais plutôt dans le rôle de la consultante [rires]. J’écoutais leur rendu et je le mettais en phase, nous réajustions les mélodies et là où c’était vraiment génial, c’est que chacun y trouvait son compte avec les arrangements des uns et des autres. L’album a pris forme de cette manière, et les textes sont apparus par la suite.

Justement, quel message le groupe a-t-il souhaité partager ?

Les textes parlent de différents sujets comme la peur de l’abandon, les délires psychotiques, la folie… Cela reste une histoire fictive mais chacun peut s’y retrouver d’une certaine manière. L’idée est de montrer que même si tu fais face à une ou des difficultés, la remontée vers la surface est toujours possible. Malgré le contexte, il faut toujours garder l’espoir de meilleurs jours, aller et trouver la lumière. Je suis assez fière de nos compositions, car si tu prends le temps d’écouter, tu remarqueras aisément que plus tu avances dans l’album, plus tu remontes à la surface, alors que le début est plutôt « dur ».

« L’objectif est que l’auditeur se sente le plus proche possible de nous, voire de notre quotidien et de notre vision des choses. »

Lors de l’écoute d’Underwater, on peut se poser la question de savoir à quel moment la voix va s’élever et pourtant il y a comme une sorte de retenue…

Tout à fait, et pourtant c’était très instinctif de poser la voix de telle ou telle manière sur les portées. Je sais que je peux pousser ma voix, mais je trouve que la performance artistique est dans le dosage. J’aurais pu mais je ne voyais pas l’intérêt de le faire, cela aurait fait injure avec l’ambiance du morceau.

On peut dire qu’Underwater fait preuve d’une poésie artistique forte.

Merci ! C’est ce que nous souhaitons faire ressentir ! Le texte général, les intonations et les mots peuvent être beaucoup plus percutants quand ils sont posés au bon moment et au bon endroit. Au début de l’album, on s’aperçoit que les mots et les instruments sont deux entités à part pour finir par être en harmonie totale. Sur le dernier morceau « This Might Be Heaven », il y a cette sensation que ce sont les instruments qui portent la voix – et donc ses textes – à la surface, pour imager l’ensemble. Le premier morceau « Underwater » a été déconstruit de manière volontaire. On commence totalement immergé, telles les abysses, pour remonter vers l’espoir et l’optimisme, imagé par la surface. C’est là que Phosphen veut emmener l’auditeur, et il y a eu un très gros travail pour atteindre ce niveau. Attention, je ne dis pas que nous avons atteint le maximum de notre côté créatif, mais plutôt que nous avons réussi à retranscrire ce qui nous anime, nos pensées. Pour une première c’est encourageant, car les retours vont dans ce sens. Pari réussi ! [Rires]

Ta voix, à la fois envoûtante et porteuse d’espoir, est travaillée indéniablement. Prends-tu des cours ?

Je chante depuis ma plus tendre enfance. J’ai pris des cours de chant pour travailler ma technique et mon souffle car c’est ce que j’aime. J’ai fait partie de comédies musicales, dès qu’il fallait chanter à l’école je me prêtais au jeu… Et c’est vers mes treize ans, lorsque j’ai fait partie d’un groupe avec des filles de dix-huit, vingt ans que j’ai pris conscience qu’il me fallait persévérer. Les cours, que je prenais de ce fait chaque semaine, m’ont permis de travailler mes tessitures, mais surtout d’apprendre à chanter avec une voix pleine et en accord avec les instruments ! Il me faut sans cesse travailler les mécanismes de ma voix. Elle n’est pas parfaite mais je m’y exerce.

Vous avez sorti un clip pour le titre « This Might Be Heaven », c’est poétique et émouvant…

Exactement, et c’est ce que nous cherchions à produire. Faire preuve de la plus grande sincérité possible ! Nous souhaitions proposer quelque chose de personnel et, effectivement, ce morceau s’y prête plutôt bien. L’objectif est que l’auditeur se sente le plus proche possible de nous, voire de notre quotidien et de notre vision des choses. Cela peut paraître bizarre mais nous sommes des gens normaux malgré l’univers que nous déployons ! [Rires] En tout cas, les premiers ressentis sont assez positifs, et il y a une cohérence entre le message lié au texte, et la vidéo qui l’accompagne. Théo (clavier) a fait un gros travail dessus, car c’est lui-même qui l’a monté. Il aime ce type de travail et nous autres aimons ce qu’il arrive à produire : un beau travail home made !

Et pour la suite ?

Comme tout le monde : que les concerts reprennent ! La vie artistique, dans son ensemble, nous manque beaucoup, et je pense que comme nous ne sommes pas les seuls, quand tout réouvrira, cela va atteindre un niveau de délivrance incroyable ! Sur le plan purement de Phosphen, nous allons commencer à travailler sur un second album et continuer à bien nous entourer. L’objectif est de nous professionnaliser pour mettre toutes les cartes de notre côté et avoir une réussite maximale.

Interview réalisée le 22 avril 2021 par Antoine Patteyn.

Site officiel de Phosphen : www.phosphen.fr

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