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Interview   

PoiL : les super-héros de la Fionosphère


poilQuand les G-Spots se sont donnés pour thème les Poils dans leur dernière émission, il leur a paru comme une évidence que celle-ci ne pourrait se faire sans au moins évoquer le bien-nommé groupe lyonnais PoiL. Pourtant qu’en dire à part ce que leur art dit pour eux ? Car si ces olibrius des musiques saturées hexagonales trainent leurs justaucorps sur les scènes de France et d’Europe depuis des années (formés en 2005, premier album en 2008), fort peu se sait de leur histoire (hors une biographie au bon goût de cadavre exquis) comme de leurs méthodes, guère plus de leurs influences avouées ou supposées.

C’est d’ailleurs l’un des sujets qu’il nous fallait aborder avec le trio pour déblayer un peu les noms qui s’accumulent pour parler d’eux, pour trouver des comparaisons, des équivalences, pour mieux comprendre qui est vraiment PoiL. Un groupe qui s’avère finalement être l’un des plus classiques des groupes de rock frappadingues de sa génération, dans ses goûts, dans son parcours et dans son art quand il n’est pas le bouc émissaire d’une Tipper Gore de Conseil Régional. Mais aussi à l’image du cadre – en accord parfait avec le groupe – dans lequel nous nous sommes entretenus avec eux : le salon de la maison adjacente à leur salle de répétition (où les trois musiciens suaient depuis trois jours complets sur un seul morceau) à la décoration hétéroclite, dans lequel se croisent chatte sur fauteuil ancien sous l’œil d’un Flat Eric, parmi des affiches de concerts et des bibliothèques remplies d’on ne sait quels ouvrages surréalistes, mannequin masqué en guêpière, grosse tête de bonhomme Lego et théière sur la table.

NB : La plupart des réponses d’Antoine (clavier), Boris (basse) et Guilhem (batterie) sont parfois synthétisées en une seule afin d’ajouter à la fluidité de la lecture, en soustrayant à la retranscription l’aspect décousu d’une discussion décontractée. Mais aucun mot n’a été mis à la place d’un autre ou sorti de son contexte.

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« On est tombé dans un trou de balle noir et on a atterri ici. On est peut-être dans un trou de ver finalement qui nous a permis de tomber dans une autre dimension. On navigue quoi. »

Radio Metal : En fouillant un peu sur ce qu’on a sous la main, notamment votre page Facebook, on trouve de très belles photos où l’on peut voir que vous avez le bon goût de porter parfois des chemises à jabot. Mais vous vous produisez principalement costumés sur scène, en justaucorps et slips par dessus. Donc vous êtes des super-héros ?

PoiL : C’est ça.

Mais des super-héros avec des super-pouvoirs grâce à la radioactivité, parce que vous venez d’une autre planète ?

Ouais, on vient de la planète Culoculo, dans la constellation du Slip, dans la Fionosphère – en fait, il y a beaucoup d’infos dans nos disques -, et puis on est venu sauver le monde.

Depuis votre premier album, vous êtes passés d’un registre proche de la musique classique contemporaine, avec des éléments jazz, très orienté piano, et en arrivant à Brossaklit, votre troisième album, le plus récent, vous avez mis en avant des côtés plus « amplifiés », pour le dire de manière générique. Sur votre page Facebook, vous mettez comme genre « Superhero Big Beat Surf ». Autant dire que le genre, faire partie d’un genre, on s’en fout, pas vrai ?

Oui, parce que ça ne fait rien. Ça ne va pas parler de dire qu’on fait du rock, du jazz ou n’importe quoi, il n’y a pas grand sens à essayer de trouver une étiquette, comme beaucoup de groupes qui sont plus « étiquetables ». D’où le super hero big beat surf. A chaque fois qu’on nous dit « c’est quoi comme style », on dit c’est du rock, ou du big beat surf.

Surtout, ça permet de ne jamais rester enfermé dans un genre ?

Ben ouais, vu que ça n’a jamais été le cas musicalement. On a toujours fait de la musique sans chercher à rentrer dans un genre, eh bien, du coup on n’a pas de genre.

On n’est pas sexué. Ou sur-sexué, je dirais ! Disons qu’on peut trouver tout ce qu’on veut comme influence, comme style, parce que des fois on utilise des clichés ou des influences réelles de style, parfois on utilise des pastiches mais sans ligne directrice.

Sans parler forcément de genre, les comparaisons vous en bouffez beaucoup : Mr. Bungle, Zappa, Captain Beefheart… on pourrait aussi parler de Magma ou de Gong (vous avez d’ailleurs joué avec Gong en 2012). Du coup, la planète d’origine de PoiL est-elle proche de la planète Gong ?

Ha, je ne sais pas du tout, j’ai jamais écouté un album. C’est vrai qu’il y a plein de gens qui nous le disent… Peut-être qu’on a des influences de Gong mais on ne sait pas… ça doit être des ancêtres à nous. Mais il y a une planète Gong ?

Il y a une planète Gong.

Eh ben, je sais pas où la situer. Si elle est vers la Fionosphère…

Ça doit pas être loin de Kobaïa…

Oui, voilà. On est tombé dans un trou de balle noir et on a atterri ici. On est peut-être dans un trou de ver finalement qui nous a permis de tomber dans une autre dimension. On navigue quoi.

A force de vouloir vous comparer à des groupes, on pourrait presque vous dire influencés par tous les groupes plus ou moins rock des 50 dernières années…

Je ne dirais pas ça mais je pense qu’on est influencé par tout ce qu’on aime. Je pense plutôt qu’il y a beaucoup de groupes de rock qui tirent des influences d’ailleurs et ça fait qu’il y a des similitudes mais c’est pas pour autant que nous on s’est inspiré. Et même nous trois, on a une culture, plein de points communs. Zappa, je connais pas du tout, Gong non plus, Captain Beefheart, j’ai jamais écouté non plus… Enfin, il y a plein de trucs que j’ai jamais écouté non plus. A chaque fin de concert, on nous cite toujours les mêmes groupes mais pour la plupart je ne les connais pas. A mon avis, ce qui serait le plus juste, c’est de dire qu’on a en commun avec ces groupes là les mêmes influences, plus que d’être influencés par Magma ou Zappa. On est influencés par les même musiciens qu’eux. J’en sais rien si Zappa a été très influencé par Stravinsky, moi je sais que je suis très influencé par Stravinsky, donc j’imagine qu’il a été très influencé par ce genre de compositeurs, Varèse, tout ça. Et puis par exemple, Magma, il a été très influencé par [John] Coltrane, et nous, on a beaucoup de Coltrane aussi. Et de la musique indienne et beaucoup d’autres choses. On remonte peut-être à des sources comme ça.

Par contre à quel groupe il ne faudrait vraiment pas vous comparer ? Des noms qu’on vous a cité peut-être des fois…

On nous dit des choses marrantes des fois… On nous a dit une fois ou deux qu’on était influencé par Ultrazook. Donc ça, il faut surtout pas nous le dire [rires] parce que ce sont de très bons copains, mais, attention… bon, nos deux groupes sont nés à peu près en même temps donc ce serait difficile de s’influencer. Et puis on ne se connaissait même pas à l’époque et c’est après qu’on a rencontré Ultrazook et qu’on a tourné avec eux donc c’était bizarre qu’on nous dise qu’on était influencé par eux. Il y avait un problème d’anachronisme.

Alors, ce ne sera pas forcément une influence vu que vos influences semblent surtout remonter au classique ou au jazz…

Ha, pas que ! Pas que !

… mais quand je vous écoute je pense à un groupe de krautrock, Can, avec le chanteur Damo Suzuki, qui est japonais chantant dans un groupe allemand et du coup mélangeait le japonais, l’allemand, l’anglais, les mots qui lui venaient. C’est un peu votre manière d’écrire, je crois, PoiL, dans vos textes, pour la sonorité des mots.

Voilà. Complètement.

Mais ça se passe comment alors concrètement l’écriture du texte ? A un moment donné, il y a quand même l’envie d’écrire certaines choses ?

Bien sûr. Ça dépend des morceaux. Il y a des morceaux où il y a des chants traditionnels japonais, des morceaux qui sont en traduction Google de portugais ou de japonais. D’autres morceaux, c’est les peu de restes qu’Antoine a eu au lycée en classe d’allemand. Après, il y a un seul morceau en anglais, avec des paroles dans un anglais très approximatif. Des fois, des phrases en français avec des mots qu’on a inventé entre nous, entre potes…

Ce n’est pas un nouveau kobaïen ?

Non, on ne cherche pas du tout à faire… c’est juste au fur et à mesure des petits délires qu’on a dans ce groupe. Il y a plein de petites expressions qui restent, qui se développent dans nos compos. Et puis il y a un champ lexical tourné vers le cul, le fion. Et c’est aussi la sonorité de tout ces mots qui nous intéresse.

Tant qu’à en être aux comparaisons, une dernière : le magazine Zyva vous appelle « Monty Python français du rock »…

Ça fait plaisir. Ça fait partie des références.

Ça se voit en plus dans vos vidéos. Notamment « Trouille Cosmique » (cf. ci-dessus) avec beaucoup d’animation qui pourrait peut-être rappeler les séquences d’animations de Terry Gilliam… de loin…

Oui, de loin. On aimerait bien quand même.

Il faudrait peut-être demander à Terry Gilliam, simplement, naïvement…

Ouais, ce serait chouette.

Et du coup, vous portez déjà des costumes sur scène, vous avez un univers barré… Des prestations théâtrales autour de vos concerts, est-ce quelque chose que vous envisagez ou vous en restez simplement à l’interprétation de la musique ?

Oh oui, on n’a jamais… A un moment on s’est posé la question : est-ce qu’on n’essaierait pas de travailler ça, puis, en fait, on n’a jamais eu envie. Naturellement, on le travaille pas. C’est juste : on a envie de jouer, de faire les cons. Mais c’est pour l’interprétation musicale parce que la musique nous amène à avoir certains types d’attitudes quand on l’interprète et c’est juste pour ça qu’il y a quelque chose de visuel à voir. C’est parce qu’on essaie juste d’interpréter notre musique comme on la sent et des fois on a besoin d’être cons quand on la joue. D’être autre chose, pas que d’être cons. Je pense qu’il y a quand même beaucoup de gens, quand ils nous voient, qui rigolent parce qu’ils ont l’impression de voir des débiles tarés qui font une musique compliquée, du coup ça donne déjà un côté théâtral en soi, mais ça ne va pas plus loin que ça.

Antoine et Boris, vous vous êtes rencontrés au conservatoire de Lyon…

Antoine : Euh, non… Boris et moi ont s’est rencontré au lycée.

Guilhem : Et après moi, plus tard, on s’est rencontré au Conservatoire par le biais de la classe de compos, j’ai commencé à jouer dans des pièces qu’il écrivait plutôt dans un style contemporain et puis c’est venu de là et il connaissait Boris et l’idée de monter le groupe est venue d’Antoine. A la toute première répète, il y avait un sax’ et au début on savait pas exactement… et puis finalement il n’a fait qu’une répète et on a trouvé l’équilibre à trois.

Et du coup toi, Guilhem, le batteur, tu viens un peu du milieu grunge, hardcore…

Ouais, j’ai commencé la zic en faisant de la guitare en faisant du grunge et un peu du hardcore.

Et donc vous faites un peu le grand écart depuis votre premier album, entre musique classique et des choses avec des influences hardcore, punk, un esprit punk sous certains aspects. Du coup, ma question : quel serait le musicien classique le plus punk ?

Punk, faut déjà savoir ce que c’est, c’est un long débat. Si on prend dans la provoc’… Satie. Peut-être pas Scelsi. Peut-être Varèse aussi parce qu’il faisait des gros trucs de bourrin complètement décalés avec son temps. Peut-être qu’il faudrait reprendre la définition de punk à la base. Enfin si c’est dans la musique ou dans l’attitude, parce qu’évidemment Satie est quand même très punk alors qu’il fait une musique extrêmement douce. Il s’est mis tout son temps, toute son époque à dos.

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« Nous sommes le beau et la splendeur du vrai. »

Alors, punk ou pas punk, vous avez quand même fait dresser les cheveux à certains politiques. En 2013, vous êtes cités par une conseillère régionale de Rhône-Alpes, qui demandait une baisse de moitié du budget de la culture en appelant « une culture apportant un supplément d’âme, permettant de retrouver le sens du beau, la splendeur du vrai » contre « la tentation à la perversion ». Du coup, vous sentez que vous êtes contre le beau, la splendeur du vrai, que vous tentez à la perversion ?

Nous sommes le beau et la splendeur du vrai.

« Vous êtes le beau et la splendeur du vrai ». Très bonne réponse ! D’un autre côté, un autre conseiller cite lui Rabelais pour défendre une culture qui peut être vulgaire même pour les culs serrés d’aujourd’hui mais tout de même faire partie des œuvres majeures de la littérature française. Vous vous sentez rabelaisiens dans vos textes ?

Ha ouais, je pense qu’on peut carrément dire ça. Pour une fois que quelqu’un de gauche dit pas de la merde, je soutiens complètement le garçon dans cette citation, dans cette comparaison pour le coup. C’était très bienvenu qu’il cite Rabelais, il a été très pertinent là-dessus. A part lui et Villon, il n’y a pas grand-chose qui pourrait coller aux textes de PoiL.

Et du coup, PoiL qui chanterait Rabelais ou Villon ?

Alors là, ce serait complètement possible. Pourquoi pas. Bonne idée. Il n’y en a pas beaucoup qu’on pourrait mettre en musique.

Alors vous avez fait un remix de »Tronche A Cul » qu’elle citait en plein conseil en incluant une partie de cette intervention de cette conseillère. Vous lui avez envoyé un lien pour qu’elle apprécie un petit peu ce que ça donnait ?

Non, mais j’espère qu’elle l’a vu, parce que l’élu EELV [qui citait Rabelais] lui l’a vu, on l’a su, et ça lui a plu.

Parlons un petit peu des tournées car vous en revenez, vous avez fait quelques dates en octobre. Des tournées qui vous emmènent loin parfois.

Là, c’était une petite tournée, un petit tour de Gaule avec nos copains de Ni…

Ni qu’on retrouve souvent dans l’histoire de PoiL…

Bin ouais, on s’est rencontré il y a trois ans et demi. On a fait notre première grande tournée avec eux et depuis c’est l’amour fou.

D’ailleurs, vous êtes copains avec Ni, vous avez joué avec Pneu, Cheveu… il y a une guilde spéciale pour les groupes avec des noms pareils ? Vous vous concertez ?

Je pense que ça n’a rien à voir. Parce que Cheveu et Pneu on n’a aucun lien avec eux, on les connait pas plus que ça. On partage le même réseau de scène mais on ne les connait pas spécialement. On a joué une fois ou deux avec tout ces groupes là. Alors que Ni, c’est différent, ils habitent pas loin de chez nous. Maintenant on a un groupe avec eux, moi (Guilhem) j’ai un autre groupe avec le guitariste, un autre groupe avec le bassiste, alors maintenant on fait partie de la même famille.

Et maintenant il y a le projet PinioL…

Voilà, c’est ça.

C’est quoi en fait le projet PinioL ?

Eh bien, c’est PoiL et Ni réunis.

Une fusion avec tous les membres ensemble ?

Oui, deux batteries, deux basses, deux guitares et un clavier au centre.

Et du coup, ça donne quoi ?

On est en train de travailler. T’as pas pu écouter encore, je pense…

Vous aviez mis un lien…

Guilhem : Il y a eu un truc mais c’était une erreur… je sais pas ce que c’est…

Boris : Il y a le morceau de François Mignot (guitariste de Ni, ndlr) qui est en ligne (cf. ci-dessous, ndlr).

Guilhem : Ha, d’accord, bin j’étais pas au courant. Mais bon… Là, on a filmé un truc qui va peut-être être en ligne suite à notre deuxième résidence [au Brise-Glace à Annecy, ndlr], où on commençait à avoir deux bouts de morceau pas finis qu’on a filmé pour faire la promo et là on en est presque à avoir trois morceaux. Ça avance doucement parce qu’il faut se réunir tous pour travailler les morceaux. Tout le monde écrit dans ce groupe, chacun à amener un morceau, donc c’est cool et on est super contents.

Toujours proches de vos registres d’origine ?

Bah, ouais, j’ai l’impression que ça fusionne bien. On sent la patte de Ni, la patte de PoiL… mais c’est le début, c’est difficile d’en parler.

Pour en revenir à vos tournées, elles vous emmènent souvent dans de nombreux pays européens…

Notamment en Allemagne. On a un public extrêmement chaleureux en Allemagne qui adore tout le rock progressif, tous les groupes auxquels on est comparé. Il y a vraiment un public qui nous suit. Ils ont fait un diagramme il y a pas longtemps sur tous les groupes différents que nous avons. Ils sont à fond. Là-bas, on a vraiment un super accueil, les gens sont super à l’écoute, c’est hallucinant.

Vous avez l’impression qu’on s’exporte mieux en tant que groupe français qui s’exprime (en partie) en français quand on fait une musique aussi alambiquée que la vôtre ?

En l’occurrence, j’ai l’impression que c’est parce que c’est un milieu – c’est pas forcément les Allemands – un milieu rock progressif. Parce que quand on joue dans d’autres pays, en Italie, en Angleterre, c’est pareil qu’en France, il y a des gens qui adorent, des gens qui aiment moins… J’ai plus l’impression que c’est dû au milieu, qu’il y a un réseau de gens qui sont à fond dans la musique rock alambiquée, rock progressif, qui sont très à l’écoute.

Brossaklit, votre album sorti l’an dernier, est le premier à avoir bénéficié d’un vrai travail en studio, « le premier vrai album de Poil », comme vous dites. Les précédents vous les aviez enregistré à la maison, en « home studio » ?

Non, il y en a un qu’on a fait dans un petit studio avec un pote qui nous a aidé, puis un autre c’était dans un vrai studio mais on a eu deux jours de studio pour faire l’enregistrement et le mixage. On l’avait enregistré pour faire une maquette mais comme on en était assez content, on a fini par le sortir en vinyle et en CD. Et du coup, Brossaklit, c’est effectivement vraiment la première fois qu’on avait vraiment le temps de passer quinze jours en studio, de faire un bon mixage et tout. On en est content du coup. Pour la première fois [rire].

C’est vrai qu’on sent une vraie différence dans la qualité du son.

C’est très produit. Là, on a eu envie de faire un truc très produit avec plein de trucs, plein de pistes. Même si on n’a pas pu faire tout ce qu’on voulait faire parce que c’est infini avec toutes ces histoires de production, d’arrangements, tout ça. Mais bon, on a pu déjà toucher à pas mal de choses dans cet album là, chose qu’on n’avait jamais pu faire avant. Dans Dins O Cuol, un album dont on est très content aussi, on aime bien les morceaux, comment on les a joué, sauf qu’il n’y a pas du tout de travail de son. C’était juste pensé comme une bonne démo. Mais il se trouve qu’historiquement, c’est le moment où on a rencontré notre manager et il avait besoin d’un bon outil de promo un peu sérieux donc il l’a présenté d’abord comme un album et ensuite il y a eu Gnougn Records, un label clermontois, qui était motivé, qui nous a proposé de le sortir en vinyle et c’est devenu notre album. Mais voilà, ça n’a pas du tout bénéficié du recul et du travail – on l’a fait en deux jours, quoi – et de la préparation qu’on a eu sur Brossaklit.

Du coup, avec le recul, en ayant entendu le son que vous pouviez avoir avec une bonne prod’, vous n’avez pas envie de réenregistrer vos anciens morceaux, voire vos albums complets ?

Ils sont en train d’être remixés pour ressortir sur un label allemand. On va essayer mais c’est un peu laborieux parce qu’on a plein d’autres choses à faire et c’est un peu compliqué de tout gérer. Mais c’est l’idée : pas de les réenregistrer, pas de les rejouer mais de peaufiner le mixage. Parce que retourner en studio pour rejouer les morceaux… surtout que la plupart des morceaux ne sont plus d’actualité, le premier album, on peut plus le jouer ; contrebasse, piano, batterie, on en est loin. Et puis on ne sait plus le jouer [rire].

Vous avez le projet PinioL qui vous occupe actuellement mais est-ce que PoiL travaille déjà sur la suite de Brossaklit ?

C’est ce qu’on fait aujourd’hui, doucement parce qu’on n’a pas énormément le temps, ça fait trois jours qu’on bosse un nouveau morceau qu’on va essayer peut-être de jouer ce soir mais c’est pas dit.

Une date butoir pour le nouvel album ?

Dans une année, je crois, à peu près. On ne va pas enregistrer avant fin 2016, c’est sûr. Enfin c’est sûr que ce ne sera pas avant fin 2016 en étant optimiste. On peut dire, probablement, que l’album sortira en 2017.

Toujours la même prod’, toujours au studio Cartellier ?

C’est pas dit. C’est bien d’essayer autre chose aussi. On n’en est pas là, quoi. On n’a pas du tout pensé à ça. On n’a encore qu’un seul morceau en préparation. C’est loin.

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« A part [Rabelais] et Villon, il n’y a pas grand-chose qui pourrait coller aux textes de PoiL. »

Et comment vous composez Poil : est-ce que ça passe par des jam-sessions ? Comme vous venez d’une formation académique, est-ce que vous passez d’abord par le papier à musique avant de jouer ?

On écrit beaucoup sur partition. On a fait ça pendant très longtemps. Au tout début, il y avait des partitions, il y avait quand même beaucoup de travail collectif dans l’arrangement, où chacun trouvait un peu ses parties. Mais ça partait surtout d’une partition d’Antoine. Et puis après on a avancé en faisant des partitions de plus en plus précises où tous les instruments étaient écrits. Dans l’album Brossaklit, il y a un morceau qu’on a composé tous ensemble et sinon tous les morceaux c’est des morceaux écrits pour tous les instruments. Et là on recommence à faire des séances d’impros complètement libres pour débloquer d’autres modes de jeu, d’autres dynamiques, d’autres jeux entre nous

En venant du jazz, en tout cas, avec pas mal d’influences jazz derrière vous, est-ce que vous jammez un peu sur scène ou est-ce que ça reste carré ?

Non, non, non ! Très, très peu. Sur le premier album et au tout début du groupe, dans les trois, quatre premières années, il y avait quand même pas mal d’impro, même sur scène. Mais après, on a complètement réduit ça à zéro. Il en reste un tout petit peu mais c’est pas de l’impro sur grille, donc quasiment pas d’impro.

Vous sortez d’une série de concerts mais des concerts à venir ?

Non. Ce soir on joue chez des potes mais c’est autre chose. Il y a trois concerts prévus en mars mais rien de fixé. Là, on se concentre vraiment sur notre nouveau morceau et sur PinioL. PinioL nous prend pas mal de temps, ça demande tellement de temps de répète que PoiL en pâtit un peu mais dès qu’on aura le concert de prêt pour PinioL, on pourra consacrer un peu plus de temps à PoiL.

Interview réalisée le 14 novembre 2015 à Villeurbanne.
Page Facebook et Bandcamp de PoiL.
Page Facebook de PinioL.
Merci à Clément de Dur et Doux d’avoir organisé cette rencontre.

Retrouvez cette interview ainsi que des podcasts, playlists et articles de curiosité musicale sur le blog des G-Spots.



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