ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Nouvelles Du Front   

Polémique : Metal Sucks, Century Media et Spotify sont dans un bateau


Voici les faits et ils sont assez intéressants pour que l’on vous présente l’intégralité des échanges concernés. Les trois articles mentionnés ci-dessous ont été publiés la semaine dernière sur l’un des plus grands médias web metal international (Metal Sucks) et concernent l’un des plus grands labels de metal mondial (Century Media). Nos réflexions sur le sujet suivront cette publication pour éviter de faire un dossier trop long sur une page. Vous verrez d’ailleurs que rien qu’avec la traduction (merci Chloé) des échanges ci-dessous entre Metal Sucks et Century Media, la quantité d’informations est déjà très importante…

Comme vous le savez peut-être, Century Media a décidé de retirer ses artistes de Spotify, le service de musique en ligne qui vient d’être lancé aux Etats-Unis. Century Media souhaite « protéger ses artistes », jugeant que les conditions de rétribution des artistes proposées par Spotify ne sont pas justes. Il faut savoir que cette politique n’est pas partagée par tous les labels, loin de là, puisque Earache Records est par exemple très satisfait que ses artistes puissent toucher un public encore plus nombreux grâce à Spotify.

En fait, tout l’intérêt de ces échanges est de savoir si, oui ou non, la stratégie de Century Media (dont les propos ci-dessous sont toujours en italiques) est bonne. Avant de lire notre analyse, prenez le temps de savourer ce dialogue révélateur de deux visions diamétralement opposées sur la manière dont un gros label comme Century doit agir pour rester en phase avec les usages de son temps.

PARTIE I – METAL SUCKS ATTAQUE

Century Media retire ses artistes de Spotify et opte pour la politique de l’autruche
Lundi 8 août 2011, 12:30, par Vince Neilstein
Lien direct de la source

Pas de chance pour les fans de Nachtmystium, Intronaut, Nevermore, et des centaines d’autres artistes de Century Media qui espéraient pouvoir écouter ces groupes en streaming : dans une démarche qui ne laisse guère de doute sur pourquoi l’industrie de la musique enregistrée est au fond du trou (le terme-clé étant “enregistrée”), le label a soudainement retiré tous ses artistes de Spotify. On dit qu’ils prétendent à un meilleur contrat qui paierait plus par écoute.

Pour être tout à fait honnête, Century Media achète régulièrement des encarts publicitaires sur MetalSucks. Spotify, jamais.

Pour résumer, là où Century fait une erreur, c’est que c’est le long terme qui compte, et pas le court terme, bande de crétins.

La pilule est vraiment difficile à avaler pour les dirigeants de Century – ils sont plus occupés à inventer des nombres impressionnants pour verrouiller leur prochain contrat qu’à développer la carrière des artistes du label – mais ce qu’offre un service comme Spotify, même s’il ne génère aucun revenu immédiat pour le label et ses groupes, c’est une exposition des nouveaux artistes auprès des fans, un moyen de renforcer au cours du temps les liens entre groupes et fans, choses dont Century tirera parti plus tard grâce au merchandising, aux places de concert, aux sponsors etc. Il n’a jamais été aussi simple de découvrir de la nouvelle musique, et par conséquent le fait d’avoir tout le catalogue du label sur Spotify a une valeur incroyable. Ces groupes tireront profit de cette exposition par la suite, de la même manière qu’offrir un titre en téléchargement gratuit sur MetalSucks en avant-première va booster les ventes de leur nouvel album. Si Century a désespérément besoin de revenus à court terme parce qu’ils n’ont pas fait signer de contrat “360°” à leurs artistes, dommage pour eux, mais franchement, ce n’est pas mon problème.

C’est du déjà-vu, on a l’impression de revivre le fiasco Napster. Les labels se préoccupent plus des chiffres tout de suite que des bénéfices qu’ils pourraient faire plus tard. Au lieu de combattre la technologie, Century devrait s’y engager et trouver un moyen d’en tirer parti. En bref, le CD va miraculeusement ressusciter et résoudre tous les problèmes de Century ! Ouf ! Pendant un instant, j’ai cru que ce nouveau truc “digital” allait prendre le dessus.

Faites ce que vous pouvez pour que les artistes de Century soient à nouveau sur Spotify : trouvez le label sur Facebook et Twitter, et dites-leur que vous trouvez qu’ils sont en train de tout rater.

-VN

PARTIE 2 – CENTURY MEDIA REPOND

Century Media répond à l’indignation suscitée par son retrait de Spotify : Vince répond à Century Media
Mardi 9 août 2011 à 14h par Vince Neilstein
Lien direct de la source

L’article d’hier qui contestait la décision de Century Media de se retirer de Spotify a manifestement un peu froissé du côté de Century, au point de susciter non seulement une réponse officielle, mais même un e-mail m’étant personnellement adressé !

Puisqu’on est sur Metal Sucks et qu’on adore ce genre de va-et-vient (et qu’en plus, on aime offrir une tribune à nos cibles pour qu’elles soient libres de répondre), je vais passer en revue le mail de Century et démonter leurs arguments un par un. Allons-y :

Voici une réponse des dirigeants de Century Media à l’article génial de Vince de Metal Sucks expliquant pourquoi nous devrions donner gratuitement la musique de nos artistes sur Spotify.

Spotify paye les artistes. Quoiqu’il en soit, je sais que les tarifs de Spotify sont très bas, je ne le conteste pas.

Ce que je soutiens, c’est que le modèle qui a prévalu dans l’industrie musicale des 60 dernières années – le modèle selon lequel les artistes enregistrent leur musique, puis la vendent à un prix élevé – est mort. J’ai défendu cette idée à de très nombreuses reprises sur ce site : si la musique a été si chère pendant les six dernières décennies, c’est parce la fabrication et la distribution étaient étroitement contrôlés et inaccessibles pour le grand public. Maintenant que cette limite est tombée, c’est une autre paire de manches. La musique enregistrée n’est plus une source de revenu viable : il est temps de l’accepter, et de passer à une nouvelle conception de ce marché.

Au cours de l’Histoire, les musiciens (et tous les artistes, d’ailleurs) n’étaient pas riches : ils n’avaient pas de salaires et ne touchaient bien entendu pas de royalties de la musique qu’ils vendaient. Ils gagnaient des commandes, de pensions, ou de performances live, mais essentiellement, ils faisaient de la musique parce qu’ils aimaient ça, et par conséquent, beaucoup d’entre eux avaient sans doute d’autres professions pour pouvoir joindre les deux bouts. Ce qu’on vit en ce moment, c’est une sorte de “rectification”, une rectification du train de vie exagérément élevé des musiciens (et de l’industrie qui leur est liée) qu’on a vu émerger durant les dernières décennies. Je rapprocherais ça de la “rectification” de l’immobilier aux États-Unis en 2008 lorsque les gens se sont soudain rendu compte qu’attendez, toutes ces maisons flambant neuves (et hideuses) ne valaient pas tant que ça, en fin de compte. Par conséquent, l’industrie doit s’adapter. Tout le monde doit s’habituer à gagner moins d’argent. Et oui, je m’inclus totalement dans cette dernière suggestion.

Pour faire bref, chaque chose, chaque service, ne vaut que ce que les gens pensent qu’il vaut. “Valeur” est un terme nébuleux qui en fin de compte, n’existe que dans le regard du propriétaire. Je développerai plus tard.

Toute suggestion, toute aide de la part de la communauté à propos de comment agir en ces temps difficile où de plus en plus de gens ont l’impression que la musique gratuite est un droit indéniable est le bienvenu.

Maintenant, Vince nous dit que “c’est le long-terme qui compte, et pas le court terme, bande de crétins.”

Bonne nouvelle, Vince. Notre problème, c’est que nos employés et nos groupes s’attendent à être payés pour leurs enregistrements et leurs locations à court terme, et quand je leur dis de ne pas s’inquiéter pour leurs petites vies et d’encaisser parce que quelqu’un les paiera plus tard, ils ne rigolent pas du tout.

À partir de maintenant, je vais leur dire de ne pas se soucier du carburant ou de faire les courses et d’aller manger chez Vince.

Je ne sais pas comment ça se passe de votre côté, mais les membres de groupes que je connais personnellement (certains signés sur Century Media, d’autres sur d’autres labels) prennent tous un travail alimentaire lorsqu’ils reviennent de tournée. Maintenant que j’y pense, je ne connais pas un seul musicien d’un groupe de metal qui vive seulement des revenus générés par sa musique. Et les musiciens l’acceptent, ils comprennent bien que le “rêve” n’est pas une réalité. C’est tellement commun que ce n’est pas surprenant. Tout le monde sait que quand on fait de la musique, il faut avoir un autre job pour pouvoir joindre les deux bouts. Parfois, une tournée équilibrera les comptes, parfois, elle fera du profit, parfois, les membres du groupe paieront volontairement de leur poche pour la financer. Et tu sais quoi ? Ils continuent de faire de la musique quoi qu’il en soit ! Parce qu’ils sont passionnés par ce qu’ils font ! Et ils continueraient même s’il n’y avait pas d’argent en jeu ! C’est la même chose pour des centaines de personnes qui comptent avant tout sur la débrouille. Je parierais même que retirer complètement l’argent de l’équation augmenterait la qualité globale de la production musicale parce que moins de gosses se lanceraient là-dedans pour les cuites, la drogue et les filles, mais je digresse.

À propos, les groupes en tournée sont les bienvenus quand ils veulent dans le Service de Vince au Manoir MS. Ils pourront y manger les nouilles chinoises faites maison que mon salaire de blogueur me permet de me payer !

J’invite aussi Vince à venir travailler pour CM gratuitement, on lui fournira une source d’informations et de musique, on lui apprendra comment gérer une maison de disque pour de vrai et il aura peut-être même un pote ou deux qui jouent le genre de musique que les gens veulent entendre et qui nous la donnerait gratuitement, ou avec un contrat “360°”. Tous les fils à papa pensent comme ça, et s’il a besoin d’un salaire à court terme, je ne pourrais que citer mon pote Vince : “dommage pour lui, mais franchement, ce n’est pas mon problème.” Les mecs, les réalités de l’industrie de la musique sont bien au-delà des attaques d’un gamin qui n’a sans doute jamais eu à gérer une entreprise dans sa vie.

Je gère MetalSucks avec mon partenaire Axl, merci bien : aucun d’entre nous n’a dû prendre un job alimentaire à côté depuis deux ans, et par conséquent, j’estime que notre entreprise a un certain succès. J’ai aussi passé des années à travailler pour des labels, des majors comme des indépendants, une entreprise de management et une agence d’impresario avant même de commencer à bloguer. Je dirais donc que je suis assez familier avec la manière dont le milieu fonctionne et dont on gère une société. Mais c’est mignon d’avoir essayé de m’insulter comme ça !

Le fait que je sois en mesure de gérer cette entreprise est bien entendu dû en partie aux pubs placées ici par Century Media et d’autres maisons de disque, organisateurs de concerts, etc. Je les en remercie. Avoir un site sur le metal avec un tel succès n’était pas quelque chose que j’aurais songé pouvoir faire, ou même voulu faire jusqu’à cette nuit fatidique où avec Axl, on a décidé de voir ce qui se passerait si on ouvrait un blog merdique sur WordPress et si on exposait nos idées sur internet. Je vois ça comme ça : ça a été un truc vraiment incroyable, mais un jour, ça devra se finir, et ce n’est pas grave. Si ça doit se finir parce que tous les labels coulent et que tout l’argent de nos pubs disparaît, je suppose que ce serait le cours normal de l’histoire et je me mettrais juste à faire quelque chose de vraiment utile de ma vie, comme devenir prof, par exemple. Je ne vis pas de manière fastueuse ou extraordinaire maintenant et j’aurais probablement gagné plus si j’étais resté à travailler pour la major, mais je m’en sors plutôt bien, et surtout j’aime ce que je fais.

En réalité, je ne pense pas que les labels vont couler, parce que je crois sincèrement que tous les labels (Century, qui est l’un des plus gros labels metal au monde, compris) vont se faire une raison, devenir des entreprises de management qui investissent dans les groupes (ce qui n’est pas le cas des managers actuels), et redresser la barre. L’industrie va nécessairement trouver une solution… cette “solution” ne comprend juste pas faire des affaires sur la musique enregistrée, puisque les avancées technologiques permanentes font que c’est impossible.

On vous pose une question toute simple : est-ce que pour vous, la musique a de la valeur ?

Si la réponse et OUI, alors préparez-vous à reconnaître que les gens qui vous permettent d’écouter cette musique font ça à temps plein et qu’ils ont besoin de dormir et de manger à court terme.

Enregistrer, promouvoir, fabriquer et distribuer de manière internationale à échelle décente un nouvel album coûte de 50 000 à 100 000 dollars. Essayez d’y penser quand vous vous dites que c’est cool de voler de la musique. Nous avons l’impression d’apporter de la valeur à une communauté de mélomanes prêt à payer pour cette musique. Tant que les gens le feront, nous pourrons continuer. Si la majorité de cette nouvelle génération qui croit que tout lui est dû part du principe qu’on devrait faire tout ça gratuitement, je peux vous dire que vous écouterez bien moins de nouvelle musique à l’avenir.

Ne me sortez pas cette vieille tirade culpabilisante sur le “mélomane”… cet argument ne tient absolument pas parce qu’il ne me concerne pas. J’aime la musique, j’accorde beaucoup de valeur à tout ce qui lui permet d’être produite puis rendue accessible à la masse (choses que j’ai connues directement pendant toutes ces années où j’ai travaillé pour des labels), et je n’incite pas à voler cette musique. Je ne sais pas vraiment où vous avez vu que j’incitais à voler de la musique, parce que je n’ai jamais dit une chose pareille… Vous avez trouvé ça où ?

Voilà la vérité à propos de la “valeur” : c’est terme qui a été vraiment très, très galvaudé. La valeur se trouve dans le regard du propriétaire : une chose n’a pour seule valeur ce que les gens pensent qu’elle vaut. Si je dépense 100 000 dollars pour un projet artistique qui me tient vraiment à cœur et qui est composé exclusivement d’objets trouvés, de déchets, de restes ou de quoi que ce soit de ce genre… est-ce que ça vaut vraiment ces 100 000 dollars ? Pour moi, oui. Pour d’autres, sa valeur sera plutôt de l’ordre de 1 dollar. De la même manière, si Madonna essaie de vendre une de ses merdes sur eBay et que quelqu’un veut acheter ça 100 000 dollars, est-ce que pour autant une merde de Madonna vaut 100 000 dollars ? Faut croire que oui. Ce que je veux dire, c’est que la valeur est une chose tout à fait subjective qui n’a rien à voir avec le coût de la réalisation de l’objet en question.

Ce n’est pas une question de croire que tout nous est dû, c’est une question de réalité des choses : les gens disent que la musique enregistrée ne vaut plus ce qu’elle valait il y a quelques années. Par conséquent, c’est vrai. C’est comme ça que la “valeur” fonctionne.

Je ne crois absolument pas non plus à cette histoire « d’écouter bien moins de nouvelle musique à l’avenir ». On reçoit au moins cinquante mails par jour – peut-être plus – de la part de groupe non-signés venant du monde entier qui enregistrent entièrement leur album chez eux pour rien ou presque, sur leur ordinateur, en utilisant Garageband. Beaucoup de ces enregistrements sont de tellement bonne qualité que c’en est presque choquant : ils sont presque, voire aussi bon que des enregistrements professionnels. C’est difficile à croire, je sais, mais c’est la vérité. La technologie est très bon marché, la distribution par internet est à peu près gratuite. Je comprends tout à fait, et j’apprécie le fait que beaucoup d’argent doive aller dans le marketing, les relations publiques et tout ce que le label apporte. Ces choses contribuent grandement au développement d’un groupe. Mais concernant le fait qu’il n’y aurait plus de nouvelle musique, je n’y crois absolument pas, pour la bonne raison que je suis bien placé pour savoir que ce n’est pas le cas.

On a tous essayé de dire aux artistes, aux managers et aux avocats que les groupes devraient nous donner gratuitement leur travail, mais vous savez ce qu’ils ont répondu ? “Eh bien si Vince et ses copains ne veulent pas payer pour ça, c’est dommage, mais très franchement, ce n’est pas notre problème !”

Vous savez quoi ? C’est leur problème, c’est notre problème, et c’est aussi votre problème. Je suis désolé que vous ayez grandi dans un monde où les medias et vos parents vous ont appris que la musique est gratuite. Ce n’est pas le cas. On vous a menti.

Personne ne m’a jamais dit que la musique était gratuite. Je crois que la musique a de la valeur, seulement, ce n’est plus la valeur qu’elle a pu avoir par le passé. Comme je l’ai dit plus haut : le monde a décrété que la musique ne valait plus ce qu’elle valait. Ça ne sert à rien de se battre contre ça, parce que la “valeur” ne peut pas être combattue. Ce sont les consommateurs qui déterminent la valeur, pas ceux qui vendent.

Au lieu de râler et de geindre à cause de ça, prenez vos responsabilités, donnez de la valeur à la communauté metal et demandez-vous vraiment de quel côté vous êtes.

N’hésitez pas à demander ça aux 30 000 personnes (et ça augmente toujours) qui passent sur Metal Sucks tous les jours, quelque soit la valeur qu’on ait ajouté à la communauté metal et quelque soit le côté qu’on ait choisi. Ce n’est pas parce que je prétends que la musique n’a plus la valeur qu’elle avait (ce qui est incontestablement vrai) que je ne soutiens pas le metal. Je dis juste les choses comme je les vois, le plus sincèrement et le plus honnêtement possible. Spotify est le preuve que la valeur de la musique a changé en des termes très clairs : des millions de personnes sont d’accord avec le fait que la musique en streaming et en illimité vaut très exactement 10$ par mois. Il ne s’agit plus de débattre là-dessus : c’est un fait avéré. La valeur actuelle de la musique, c’est ça, puisque les consommateurs en ont décidé ainsi. Spotify n’est pas le méchant dans cette histoire. Ils répondent juste au marché !

Décidez vous-même si vous voulez donner tout ce que vous avez gratuitement, faites-le si vous voulez, mais ne dites pas aux autres que c’est ce qu’ils devraient faire.

Il y aura toujours de vrais fans qui apprécient vraiment le travail des artistes et qui sont heureux d’y contribuer. C’est pour ces gens que nous travaillons tous – pas pour les Vince de ce monde. Désolé, mec.

Quand bien même je pense que la valeur de la musique enregistrée a énormément chuté durant la dernière décennie, je crois que les autres sources de revenus des groupes ont toujours une valeur très haute, notamment les concerts et le merchandising. C’est pour cela que je prône une transition dans la manière de vendre la musique qui passerait du modèle du label traditionnel à celui du contrat “360°”. Je déteste ce terme “360°” parce qu’il a beaucoup de connotations négatives alors qu’en réalité, c’est exactement la même chose qu’un contrat de management. Personne n’est surpris que les managers prennent leurs 15 ou 20%. Comment cela se fait-il ? Les labels doivent devenir des managers et s’investir dans chaque aspect – et chaque source de revenu – de la carrière d’un groupe. En tant que manager, il va falloir faire le premier pas et investir dans des groupes, ce que les managers ne font pas, traditionnellement. Les labels et les managers deviendront une seule et même chose. Je sais que vous, à Century, faites déjà ça dans votre nouveau service de management… Vous évoluez donc dans la bonne direction ! Se battre contre Spotify, un service qui va exposer vos artistes au grand public pour que vous puissiez plus tard profiter des bénéfices des autres sources de revenu, n’est pas la bonne réponse.

Sincèrement,
Les dirigeants de CM

Pour finir, si vous êtes dans un groupe, vous devriez aimer Spotify parce que toutes les nouvelles personnes que le site expose à votre musique sont susceptibles de devenir des fans, de payer pour aller à un concert, de payer pour acheter un t-shirt, et hé, au moins vous recevez de l’argent du streaming, contrairement à la musique volée (d’ailleurs, en retirant vos artistes de Spotify, vous incitez encore plus les gens à voler !) Si vous êtes un label, vous devriez aimer Spotify parce que bientôt tous vos groupes seront signés avec des contrats qui ressemblent à des contrats de management (c’est une évidence), et par conséquent, vous tirerez vous aussi des bénéfices quand un fan qui aura découvert le groupe sur Spotify ira à un concert et achètera un t-shirt. Tout le monde est gagnant. Si ce n’est pas encore le moment, ça le sera dans quelques années. Retirer vos artistes de Spotify est mauvais pour vos affaires, tout simplement. Vos groupes ont besoin d’exposition, maintenant plus que jamais. Appelez les groupes signés chez vous et demandez-leur leur avis : qu’est-ce qu’ils pensent du fait que Century les a retirés de Spotify ? Je parie que la majorité d’entre eux sont furieux.

Sérieusement, Dirigeants de CM, merci d’avoir pris le temps d’écrire votre réponse. Quand Axl et moi nous avons l’idée fumeuse de créer MetalSucks il y a cinq ans, il était complètement inconcevable qu’un jour on serait en interaction avec les responsables d’un label, surtout de Century Media.

Cordialement,
Vince Neilstein

PARTIE 3 – LA FIN DES ECHANGES

Century Media répond à nouveau ! Le débat au sujet de Spotify fait rage !
Mercredi 10 août 2011 à 17h, par Vince Neilstein
Lien direct de la source

La querelle continue ! “Les dirigeants” de Century Media ont à nouveau répondu directement à Metal Sucks au sujet de Spotify ! Ils répondent à ce que j’ai écrit hier, mais cette fois, c’est la dernière… la dernière, jusqu’au prochain chapitre. On fait un break pour une durée indéterminée, comme on dit dans le jargon.

CM a demandé que je publie d’abord toute leur lettre d’un seul coup avant de la mettre en pièce par la suite au lieu de la suivre ligne par ligne, donc c’est exactement ce que je vais faire. Allons-y :

WOW !

Aujourd’hui, ce sont les “cols blancs” de Century Media (je ne sais pas trop comment on en est arrivés là) qui répondent à “Vince, l’homme de la situation”.

Je dois dire qu’on est tous très excités de l’attention et des attaques que nous attire le simple fait d’avoir pris la liberté de dire “NON” à une chose avec laquelle nous étions en désaccord.

Nous n’étions pas au courant que “la fabrication et la distribution étaient étroitement contrôlés et inaccessibles pour le grand public […] durant les six dernières décennies.” Par contre, nous nous souvenons des années 70/80 durant lesquelles les groupes de punk et de hardcore indépendants enregistraient et vendaient eux-même leurs vinyls et leurs cassettes. En fait, on faisait partie de ces gens, c’est d’ailleurs comme ça que Century Media a commencé.

Nous ne sommes absolument pas d’accord non plus avec “la musique enregistrée n’est plus une source de revenus viable”, et “les musiciens (et tous les artistes, d’ailleurs) […] ne touchaient bien entendu pas de royalties de la musique qu’ils vendaient.” “Maintenant que j’y pense, je ne connais pas un seul musicien d’un groupe de metal qui vit seulement des revenus générés par sa musique.”

Est-ce que vous pensez vraiment que tous les gros groupes de metal dont vous parlez sur votre site ne gagnent pas d’argent ? Ou alors est-ce que ça fait partie des mensonges cool qu’on se dit entre nous parce qu’autrement, nos héros seraient justes des “criminels en costard” ?

Je déteste détruire les illusions des gens, mais Century Media paye ses artistes 5 millions de dollars par an et selon leur mode de vie et leur management, ils peuvent tout à fait vivre de leur musique. Est-ce que c’est le cas de tous les petits nouveaux qui viennent d’être signés sur le label ? Bien sûr que non, mais le label est l’intermédiaire, dans cette histoire. On investit dans de la musique/des artistes qu’on espère que vous aimerez, et si vous achetez leur musique, ils gagnent de l’argent et nous aussi. C’est simple et sans détour. Des millions de fans le font, et nous apprécions vraiment leur soutien !

Nous comprenons bien que c’est “cool” de penser que les labels ont le mauvais rôle dans cette situation : ils saignent les artistes à blanc et ne leur donnent pas un centime. C’est le même genre de personne qui pense que les étrangers sont inférieurs, que toutes les personnes de couleur sont paresseuses et que le gouvernement est là pour nous protéger. Les préjugés sont presque une religion pour certains d’entre nous, mais au moins soyez au courant des préjugés que vous avez, et ne vous énervez pas après ceux qui ne se conforment pas à votre religion.

Cela dit, nous sommes toujours heureux d’écouter et d’apprendre. Vince sait : “Et vous savez quoi ? Ils [les artistes] continuent de faire de la musique quoiqu’il en soit ! Parce qu’ils sont passionnés par ce qu’ils font ! Et ils continueraient même s’il n’y avait pas d’argent en jeu ! C’est la même chose pour des centaines de personnes qui compte avant tout sur la débrouille. Je parierais même que retirer complètement l’argent de l’équation augmenterait la qualité globale de la production musicale parce que moins de gosses se lanceraient là-dedans pour les cuites, la drogues et les filles…”

Eh bien, c’est une bonne nouvelle. Premièrement, c’est nous les mecs de l’industrie qui comptons sur la débrouille, mais on peut vous prendre au mot, Vince. On accepte avec plaisir votre suggestion de retirer l’argent de l’équation, par conséquent, merci de donner à partir de maintenant tous vos espaces de pub gratuitement à Century Media. Ça nous touche vraiment !

De la même manière, la valeur est quelque chose de très facile à déterminer. Dans un marché libre, le prix détermine à quel moment à la fois le vendeur et l’acheteur ont l’impression de donner quelque chose d’une certaine valeur pour avoir quelque chose d’une valeur supérieure. C’est une décision personnelle. Maintenant, ce que nous disons, c’est que nous avons l’impression de ne presque rien recevoir de la part de Spotify donc NOUS ne voulons pas le faire. D’autres le font et il n’y a pas de problème. Nous les encourageons à rester sur Spotify ! Ils doivent être plus malins que nous.

Regardez ce lien, et jugez vous-même combien d’albums un artiste a besoin de vendre ou de faire écouter en streaming pour toucher le « salaire minimum ».

Ça nous semble complètement absurde, donc quoique vous en pensiez, nos groupes ne font pas ça “uniquement pour le rêve”. Ils prennent leur travail au sérieux et ont envie d’être payés pour ça.

Ainsi, quand nous disons NON, c’est une décision qu’on est libres de faire. C’est aussi simple que ça, et je ne comprends pas pourquoi ça hérisse le poil de qui que ce soit puisque selon Vince, il y a des millions de bons groupes qui aiment offrir leur musique pour rien ou presque. Accueillez-les à bras ouverts !

Maintenant que j’y pense, nous voudrions proposer à Vince d’avoir son propre label à Century Media, où sans argent il signera, enregistrera et vous apportera des groupes, bien entendu par l’intermédiaire du site de streaming qui lui semblera le plus adéquat. On organisera une grande fête à Las Vegas avec les profits récoltés, et on y invitera tous les fans de Century Media et tous les lecteurs de Metal Sucks.

Là, les dirigeants de Century Media, pardon, les criminels en costard de Century Media s’inclineront devant Vince et lui montreront tout le respect que le fruit de ses idées mérite.

Prenez cette offre très au sérieux. On se voit à Las Vegas ! Tout est dit.

Les dirigeants.

Le problème avec cette lettre, c’est que Century Media ignore sciemment l’essentiel de mon argumentation, c’est-à-dire l’idée selon laquelle leur modèle consistant à faire payer cher pour des morceaux de plastique (ou des fichiers destinés à être stockés sur un disque dur) est dépassé, et que par conséquent toutes les maisons de disque allaient devoir évoluer et prendre un rôle de manager dans un futur très proche. CM n’a absolument pas réagi à cet argument.

Le passage où vous dites ne pas “être au courant” que la distribution n’était pas accessible au grand public dans les années 70/80 me fait marrer. Bien sûr que c’était accessible – c’était juste PUTAIN DE CHER ! Maintenant qu’internet a fait tomber les murs de la distribution, la donne est complètement différente. TOUT LE MONDE peut y prendre part, et internet est un million de fois plus puissant et plus répandu que les échanges de cassette ne l’ont jamais été.

Tu peux contester que la musique enregistrée “n’est plus une source de revenus viable”, mais à ce moment-là, le ciel est vert, le haut est en bas, et Vampires Everywhere est un bon groupe (haha, désolé, c’était trop tentant). Je ne doute pas un instant que Century paye ses artistes grâce aux royalties provenant de la vente de la musique enregistrée MAINTENANT, mais je ne doute pas non plus que ces royalties diminuent et vont continuer de diminuer jusqu’à représenter presque rien. Pourquoi ne pas diversifier vos affaires et vous mettre au management, au merchandising, à l’édition etc. ? Il va falloir que vous en passiez par là si vous voulez tenir le coup. Il faut évoluer ou mourir.

J’ai moi aussi vu ce lien qui parle du “salaire minimum”, mais en fait, ça va plus dans mon sens que dans le votre : LA MUSIQUE ENREGISTRÉE N’EST PLUS UNE SOURCE DE REVENUS VIABLE ! Si ce n’est pas encore le cas (il reste encore quelques vestiges), ça le sera dans quelques années. Diversifiez vos activités. Pensez à long terme. Spotify va vous aider dans ce sens.

Vous avez l’impression de ne rien recevoir de Spotify : c’est vrai ! À court terme, bien sûr. Pensez à long terme. Pensez bénéfice avant de penser “revenus immédiats”. C’est en ça que vous êtes vraiment en train de rater le coche.

Votre proposition de m’offrir mon propre label sur Century est une gentille attaque, mais montre surtout que vous ne m’avez pas lu avec attention. Faire de la musique coûte de l’argent (moins que jamais, mais ça coûte toujours de l’argent de le faire comme il faut), et vendre de la musique en coûte aussi, ce que je veux dire, c’est que les labels devraient voir plus loin que les ventes de cds et penser à d’autres sources de rentrées d’argent pour financer tout ça. Les compagnies de management font déjà ça – elles prennent 15 à 20% de TOUTES les rentrées d’argent –, et personne ne les embête parce qu’elles font signer des contrats “360°” à leurs artistes ! Il faut que label et manager deviennent une seule et même chose, comme ça les fonds et l’expertise concernant le management se retrouveront au même endroit, qui concentrera aussi les entrées provenant de toutes les sources de revenu. Donc si vous m’offrez un label où je n’aurais pas à me soucier des ventes d’albums pour trouver des fonds et qu’en en revanche, je pourrais envisager d’autres sources de revenus futurs, bien sûr, je le ferais. En fait, maintenant que j’y pense… Si un label n’arrive pas à comprendre les bénéfices à tirer à long terme d’un site comme Spotify, je ne suis pas sûr que ça marcherait très bien entre nous.

Je ne crois pas que c’est “cool” de donner le mauvais rôle aux seuls labels. Les labels ont encore beaucoup de valeur. Je crois par contre qu’il est déterminant d’essayer de les secouer quand ils sont en train de couler avec le navire, et de leur demander pourquoi, alors que le niveau d’eau ne fait qu’augmenter, ils se contentent d’embarquer encore plus de poids à bord. De plus, c’est assez drôle que vous parliez des préjugés d’un blogueur de Brooklyn très libéral, juif, dont les arrières-grands-parents ont littéralement traversé l’Europe à pieds pour échapper à l’oppression de ces “préjugés”… Je suppose que du coup, c’est vous qui avez des préjugés sur ce que je suis et ce que je ne suis pas.

Pour finir, puisque vous semblez si enthousiaste à l’idée de me proposer des offres, laissez-moi vous en proposer une : je vous propose un an de pubs gratuites sur Metal Sucks sous deux conditions : 1) Century retourne sur Spotify (aujourd’hui ou demain, pas la semaine prochaine ou dans un an), 2) les pubs redirigent directement vers la page Spotify de Century.

Merci ! C’était sympa.

Cordialement,
Vince Neilstein

P.S : Ne croyez pas que c’est exceptionnel d’entrer dans la catégorie “criminel en costard”, on utilise cette expression depuis des années à Metal Sucks pour attaquer Roadrunner, Sumerian, Earache et à peu près tous les labels en activité. On déteste tout le monde équitablement !

P.P.S : J’ai été contacté par pas mal de membres de groupes et de personnes travaillant dans l’industrie de la musique ces derniers temps. Devinez de quel côté ils sont ?

NB : Retrouvez nos réflexions sur le sujet.



Laisser un commentaire

  • C quand même étonnant (ou je suis naïf) que des mecs qui prétendent avoir vécu en plein dans l’émergence du DIY se mettent à ce point des oeillères (par rapport à l’argument de Vince sur la rentabilité sur le long terme).

    Pour ceux que ça intéresse, voilà une autre perspective dans cette interview de The Inspector Cluzo (4e paragraphe)

    http://hierocksounds.blogspot.com/2011_07_01_archive.html

    [Reply]

  • rajass blankass dit :

    si spotify ne paye pas suffisamment , il ne fallait tout simplement pas commencer a bosser avec eux !!! pour moi la seule solution c’ est appliquer le principe du hard discount alimentaire au produit disque et ou dvd , faire un prix moyen autour de dix euros ttc voir même moins pour le fond de catalogue des vieux enregistrements il faut globaliser et élargir ce principe gagner moins mais sur des volumes de vente possiblement plus importants !!! a part cela je ne vois pas de solution acceptable et durable , et par contre je suis contre la dématérialisation totale des supports , car les musiques spécialisées ont plus de substance que ces sous produits dégoulinant de commercialité genre lady gaga qui en fin de compte n’ a rien d’ autre a vendre que ces look extravagants !!! mais en fait elle ne fait ni ses fringues, ni sa musique , donc elle n’ est selon moi qu’ un amas de vide abyssal !!!

    [Reply]

  • Hello,

    sans prendre position pour l’une ou l’autre des 2 parties, deux éléments importants me paraissent encore et toujours occulté :

    1) Pour être bon musicien il faut pratiquer régulièrement et sérieusement = 3 heures par jour environ (minimum).
    Et composer peut rapidement « bouffer » un temps considérable.
    (Pour la petite histoire un certain Metallica passait 6 heures par jour – 6 jours par semaine – à répéter).
    Alors si l’on doit travailler un minimum de 4/5 heures par jour en faisant un job alimentaire pour « survivre » et payer ses factures, ça ne laisse pas beaucoup de temps pour la musique, non ?

    2) Visiblement très peu de gens se soucient de la qualité sonore…C’est beau le streaming mais le format MP3 n’à pas la même qualité qu’un WAV…De plus le MP3 ne permet pas l’écoute sans coupure de plusieurs titres à la suite. Pas sympa pour les albums live ou les concepts albums supposés être écouté d’une seule traite…

    En réalité toute cette « internetisation » de la musique ne peut, a mon sens, que la dévaloriser et pire, la formater.
    Si à un moment donné, on n’est pas payé pour jouer comment passer du temps à pratiquer et progresser ?

    Comme c’est oublié dans son argumentation, juste un petit rappel à Vince s’il à l’occasion de lire ce post :

    Non mec, de mon coté je ne continurais certainement pas à faire de la musique si je ne reçoit pas un chèque de temps en temps, car pour jouer/créer de la musique il faut(tarifs MINIMUM) :

    1 bon instrument = 1500 € (à multiplier par le nombre d’instruments, et on en à rarement qu’un seul…)
    1 bon ampli = 1000 € (1 de rechange est toujours le bienvenu)
    1 bon HP = 600 €
    Pour nos amis guitaristes, ajouter obligatoirement des pédales et autres whammy qui peuvent sérieusement faire monter l’addition (une moyenne de 80 € pour les « classiques » : reverb, delay…).
    Ou un minima de 400 € pour un bon effet en rack.
    Ne pas oublier la consommation des cordes, cables, médiator et le cout des réparation quant ça tombe en panne, etc…
    Les salles de répétion sont rarement gratuites aussi, compter une moyenne de 12€ de l’heure. Et pour un groupe qui veut presenter un concert « beton », il faudra plus que 4 heures hebdo 😉

    Ensuite, ok, le cout d’un home-studio à baissé, mais concretement voici le minimum à avoir :
    1 ordi/ecran (voir 2 c’est mieux) = 1000 €
    1 carte son « pro » = 150 €
    1 ampli studio = 150 €
    1 paire de HP studio = 300 €
    1 bon préamp pour relier l’instrument à la carte = 200 €
    Au moins 1 mini table de mixage pour gerer tout ça = 250 €
    Si l’on veut du chant, un bon micro = 200 € minimum.
    1 logiciel digne de ce nom (par ex cubase) = 500 €
    Les plugins obligés si on veut un bon son pour travailler ses compos (par ex, amplitube, addictive drum, etc…) = 2 x 200 €
    Allez, j’arrete la mais la liste n’est pas finie, je n’aborde même pas le sujet du spectacle « live »…

    Sortez vos calculatrices, vous allez vite comprendre que le budjet de départ peut vite arriver à 10 000 €. C’est pourquoi la musique gratuite ne peux que dégrader la musique et finalement la tuer.
    De plus, remarque perso, le home-studio permet bien trop souvent de tricher sur la réalité (on peut pratiquement tout corriger) et quand les groupes montent sur scène, grosse déception. Hélas.

    Après quelles sont les solutions, pour ma part je n’en sais rien…Tant que ça paye un peu je continue…

    Ainsi soit-il !

    [Reply]

    « De plus, remarque perso, le home-studio permet bien trop souvent de tricher sur la réalité (on peut pratiquement tout corriger) et quand les groupes montent sur scène, grosse déception. Hélas. »

    c’est exactement la même chose avec une prod profesionnelle, et c’est même encore plus facile vu qu’ils disposent d’un meilleur matos et savent très bien s’en servir

  • jeffrey lebowski dit :

    moi tout ce que je vois, c’est qu’on a frolé le point goodwin a plusieurs reprises

    non plus sérieusement, c’est un énorme cercle vicieux…ok tout le monde devrait avoir acces librement au nouvelles musiques mais comment rémunérer les artistes décemment alors?

    [Reply]

  • M3T4LH34DD dit :

    Merci Spotify, Century Media et Metal Sucks pour nous donner une belle leçon de capitalisme pourri où la musique n’est qu’un vulgaire produit soumis à la loi de l’offre et de la demande et de toute la merde qui va avec.

    La musique c’est… de la musique ! Pas un produit, non, pas un produit, et jusqu’à preuve du contraire elle se serait mieux portée sans vidéoclips et autres artifices fait pour la faire vendre et pour que les patrons des labels s’enrichissent tandis que les artistes triment.

    Oui vous les patrons de CM, vous vous permettez d’insulter ceux qui veulent de la musique gratuitement. Vous insultez les pauvres… Eh oui, parce que les gens qui ont les moyens achètent les CD. Mais ceux qui n’en ont pas doivent pourrir dans le silence ? Non.
    Cela dit, je vous comprends, je comprends tout le monde dans ce débat.
    Mais je ne suis en accord avec aucun.

    VIVE LA MUSIQUE LIBRE ET VIVENT CEUX QUI LA FONT ET VIVENT CEUX QUI L’ÉCOUTENT. VOUS LES LABELS, VOUS ÊTES ENNEMIS DES ARTISTES !

    Si tout dans ce monde n’avait plus aucune valeur que celle que les gens portent dans leur coeur à leurs artistes, et si ceux-ci pouvaient vivre aussi décemment que ceux qui les écoutent…

    [Reply]

    Spaceman

    Le problème dans ce beau discours, c’est que la musique ne tombe pas du ciel, que ça coute de l’argent à faire, beaucoup d’argent même parfois, et que l’argent ne tombe pas du ciel non plus. C’est un fait, sans argent les artistes n’ont AUCUN moyen d’enregistrer la musique dont tu jouis, ni proposer un spectacle digne de ce nom en concert. Et je ne parles même pas de la volonté – légitime car la musique prend aussi du temps à créer – de vivre de son art.

    Par ailleurs, la musique en soit n’est pas un produit, certes (quoi que, beaucoup d’œuvres classiques étaient des commandes), mais le support qui te permet de l’écouter quand tu veux et où tu veux, qu’il soit numérique ou physique, est un produit d’une industrie par définition. Après on peut aussi parler des studios d’enregistrements, de leur matériels qui coutent des milliers, des ingénieurs du son qui, tout comme les musiciens, ne vivent pas d’amour et d’eau fraiche, des salles de concerts qui ont un cout, ne serait-ce que pour leur entretien, des instruments de musique qui permettent à la musique d’être jouée, etc.

    Après on en titre les conclusions et les convictions que l’on veut mais il est naïf de croire que l’on peut continuer à jouir de la musique comme nous le faisons sans que de l’argent circule quelque part pour permettre à cette musique de passer du créateur à l’oreille de l’auditeur.

    M3T4LH34DD

    Je suis d’accord. D’ailleurs je paie mes CDs qui plus est tous neufs afin d’en faire profiter les artistes.

    Je fais ça par compassion et parce que c’est encore le meilleur moyen que j’ai de les remercier.

    Enfin après je suis idéaliste et optimiste, mais selon moi il faudrait que les artistes puissent faire leur musique et en vivre ET que tout le monde puisse y accéder.

  • J’ai pas tout lu, mais l’idée de la « valeur » de la musique est intéressante à développer. A ce sujet, j’avais particulièrement apprécié l’initiative de Radiohead, qui avait proposé son album téléchargeable gratos sur leur site, et on proposait ensuite à l’auditeur de payer la somme qu’il souhaitait pour l’album. Une grosse majorité des personnes l’ayant téléchargé ont payé, et en moyenne chaque album téléchargé s’est vendu 5 euros.

    Je trouve que ce genre d’offre est juste. Pourquoi payer pour un album qu’on n’a pas aimé après l’avoir écouté ? Et au contraire, pourquoi ne pas donner un peu plus que d’habitude si l’album est particulièrement réussi ?

    Certes, ce « modèle » est un peu idéaliste, mais pourquoi ne pas proposer de choisir le prix, avec un minimum de 1 euro à payer? J’avoue que je ne connais absolument rien au fonctionnement d’un label et au coût de fonctionnement d’un tel procédé, mais l’idée en elle même m’enthousiasme beaucoup.
    On pourrait faire créer un compte à l’utilisateur, et lui proposer via un système de suggestions d’artistes moins connus ou débutants qui collent à ce qu’il a déjà acheté et aimé/pas aimé. Un truc du genre de Genius sur iTunes.

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Dream Theater @ Lyon
    Slider
  • 1/3