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Interview   

Pop Evil : une année à marquer d’une pierre noire


Pop Evil est de ces groupes américains qui rencontrent un certain succès dans leur patrie mais pour qui l’Europe n’était encore qu’un rêve jusqu’à il y a peu. Jusqu’à, dans le cas de Pop Evil, leur signature chez Eleven Seven Music qui semble faire du catapultage transatlantique une de ses spécialités. C’est cette année qu’Onyx, le troisième album du groupe, a débarqué dans les bacs en Europe, alors que cela faisait un an déjà qu’il semblait faire un petit carton aux Etats-Unis. Voilà le groupe qui a désormais toutes les armes pour mener sa conquête sur les fronts américains autant qu’européens. D’autant que son heavy rock redoutablement catchy et efficace possède les arguments pour séduire les foules.

Voilà pourquoi à peine huit mois après leur passage au Bataclan de Paris – le 26 mars dernier – en première partie des copains de label Five Finger Death Punch, Pop Evil revient à la capitale enflammer La Maroquinerie ce samedi 8 novembre. Alors pour mieux vous faire connaître ce combo et son dernier album en date, et peut-être vous décider à vous joindre à la fête, nous vous proposons l’entretien qui suit avec le chanteur Leigh Kakaty.

« Nous savions que nous devions faire un album qui devait représenter une grande déclaration. »

Radio Metal : Votre dernier album, Onyx, est sorti l’année dernière aux USA. Quelles ont été les réactions jusqu’à présent ?

Leigh Kakaty (chant) : Les réactions à l’album ont été incroyables. On revient de deux albums qui se sont classés numéro un. Les deux premiers singles ont fait un carton en radio. Ça a été une pente ascendante, donc grâce à ce succès, nous pouvons enfin mettre tout en place pour venir ici en Europe.

Tu as déclaré à propos de ce nouvel album : « C’est une progression dans le fait qu’il détruit complètement les deux précédents. » Est-ce important pour vous de ne pas vous répéter ?

Ouais, je crois que c’est important. Nous voulons clairement progresser. C’était naturellement une progression par le simple fait que nous avions sur Onyx deux membres différents qui travaillaient avec nous pour la première fois. Cette fois-ci, avec ce troisième album, nous étions plus déterminés dans ce que nous essayions de faire. Je crois qu’avec les deux premiers albums on nous dictait un peu quoi faire, nous écoutions davantage, dans la mesure où c’était nos premières fois en enregistrement. Alors que cette fois-ci, c’est nous qui disions à tous les autres ce que nous voulions faire. Nous disions à notre producteur Johnny K : « Ecoute, c’est nous qui allons devoir jouer ces chansons pour le reste de notre carrière. Alors il faut que nous fassions l’album que nous voulons faire. » Je crois que rien que ça en a fait un meilleur album.

Mais y avait-il une volonté consciente de faire quelque chose de différent ou bien est-ce ce qui est venu naturellement ?

Je pense que c’était un peu des deux. Nous nous sommes clairement engagé dedans en essayant de ne pas répéter nos chansons et les choses que nous avons faites sur les deux premiers albums. Mais plus important encore, nous voulions juste assembler un bon album. A notre époque, pousser les gens à acheter des albums est un challenge. Nous voulions nous assurer que les gens qui achètent effectivement des albums et les écoutent d’un bout à l’autre l’apprécient. Je pense que c’était ça le but. Nous voulions nous assurer que lorsque l’album sortirait, les fans seraient là : « Wow ! C’est quelque chose que nous n’avions pas prévu ! » ou « Ces mecs assurent ! Ils sont sérieux ! » Et il faut bien trois albums pour savoir que ce groupe est là pour durer ou si au contraire il va s’effondrer. Nous savions que nous devions faire un album qui devait représenter une grande déclaration. Nous avons pris ça très au sérieux.

Est-ce que le fait d’avoir deux nouveaux membres dans le groupe a changé l’alchimie ?

Ouais, je pense que ça a clairement changé le son. Comme je l’ai dit plus tôt, nous essayons de progresser avec la musique, et le fait d’avoir un nouveau guitariste a clairement changé le son. Nous trouvions que Nick Fuelling a amélioré notre son. Ca a clairement marché pour nous.

L’album emprunte son nom à une pierre. Qu’est-ce que l’onyx représente pour vous ?

Onyx étant le nom de l’album, nous revenions d’une période sombre. Nous ressortions d’une période de mauvais sang entre nous et notre ancienne maison de disques, le fait d’avoir perdu quelques membres du groupe et subi des changements dans le groupe… Il y avait beaucoup de frustration et nous étions dans une sombre situation. Donc Onyx symbolise vraiment ça. Cette pierre n’est peut-être pas un diamant ou un rubis, mais une pierre d’Onyx est quand même quelque chose qui a résisté au test du temps, les gens aiment toujours l’onyx. Nous avons pris ceci de manière métaphorique dans le sens que, en tant que groupe, si nous voulons résister au test du temps, il va falloir que nous écrivions des chansons qui accrochent. Il y a un côté ironique au fait que lorsque nous avons sorti le premier single, « Trenches », il nous a élevé au niveau suivant chez nous [aux Etats-Unis] et c’est aussi notre premier single ici en Europe.

La chanson « Trenches », justement, évoque les épreuves que tout individu traverse dans la vie, affirmant qu’il n’est pas important de se concentrer sur les choses qu’on ne contrôle pas. Est-ce un problème sur lequel tu as travaillé dans ta vie personnelle ?

Ouais, mais je crois que ce n’est pas seulement dans nos vies personnelles mais c’est aussi dans la vie du groupe. On dirait juste qu’il y a toujours une excuse et toujours quelque chose pour se plaindre, que ce soit dans ce business ou avec nos vies personnelles. Et nous nous sommes unis sur cet album et ces chansons pour dire qu’il va simplement falloir que nous arrêtions la parlotte et nous assurer de nous concentrer sur nos actions, et que nous creusions notre chemin dans les tranchées et nous concentrions sur les choses que nous pouvons contrôler, les chansons que nous écrivons, comment nous jouons sur scène, etc. et le reste se fera tout seul.

« La musique est cette chose qui peut vraiment aider les gens. C’est une grosse responsabilité. »

« Torn To Pieces » parle de la perte d’un être aimé avant d’avoir pu lui dire au revoir. Cette chanson renvoie à la perte de ton propre père. Etait-ce important de partager cette histoire avec les fans ?

Ouais, je le crois. Je veux dire qu’au départ, j’étais un peu hésitant à sortir cette chanson. C’est une chanson qui m’a un peu aidée personnellement avec ma propre guérison, ça traite simplement de mes propres émotions. Une fois que le groupe l’a entendue, ça m’a vraiment rappelé que si une chanson peut aider une personne, alors c’est ce que nous devrions essayer de faire. J’ai passé un peu de temps à y réfléchir et j’ai su que c’était la bonne chose à faire. Une fois que nous avons commencé à maquetter la chanson, ça m’a paru vraiment naturel. J’avais le sentiment que raconter mon histoire personnelle pouvait, avec un peu de chance, inspirer d’autres personnes et faire comprendre aux gens que juste parce que tu es dans un groupe de rock et que tu es musicien ne signifie pas que tu ne peux pas être blessé et que tu ne peux pas perdre des êtres chers. Et tout ce qui peut permettre de s’y identifier et de rendre ça plus personnel pour nos fans est quelque chose de positif, et c’est ce que nous essayons de faire. La musique est cette chose qui peut vraiment aider les gens. C’est une grosse responsabilité.

En février 2014, le groupe a signé un contrat avec Eleven Seven Music pour la distribution de ses albums actuels et futurs en Europe. Qu’est-ce que cette signature représente pour vous ?

Nous pensions que c’était monumental. Nous pensions que c’était un point clef dans notre carrière. Je veux dire que nous avons essayé de venir en Europe pendant des années et il semblait qu’il y avait toujours une excuse ou des raisons pour que nous ne puissions pas nous y rendre. Nous n’arrivions simplement pas à régler le problème. Nous voyons certains de nos amis dans d’autres groupes venir ici, et ça marche bien pour eux et ils s’éclatent, c’était tellement frustrant. Avec la sortie d’Onyx chez nous et le succès que nous avons rencontré avec cet album, nous avons enfin pu nous entourer des bonnes personnes. Nous avions le sentiment qu’enfin les étoilent s’alignaient et que maintenant, en 2014, nous pouvions enfin avoir une chance de tourner en Europe et y sortir notre album. C’était clairement un grand moment dans notre carrière et je sais que le groupe est très excité depuis que nous avons signé cet accord. L’accord ne s’est pas fait en une nuit, ça a pris beaucoup de temps pour que les détails soient enfin clarifiés.

Vous commencez à être un groupe assez connu en Amérique alors qu’en Europe personne ne vous connaît encore vraiment. Était-ce simplement un problème de label ?

Nous avons dû mener tellement de batailles avec nos anciens labels et nous nous sommes enfin sortis de ça. En interne, l’objectif était d’essayer de garder la tête hors de l’eau, de nous maintenir à flot aux Etats-Unis. Maintenant que c’est fait, le groupe est enfin dans une situation où il peu gérer le stress. De toute évidence, le poids financier pour aller de l’autre côté de l’atlantique est énorme. Et maintenant que le groupe peut enfin assumer ces choses, nous avions besoin d’avoir un album qui pouvait vraiment nous offrir le succès et faire en sorte que ça vaille le coup. Onyx nous a donné cette opportunité, donc nous sommes très honorés et émus d’enfin pouvoir venir en Europe.

Tu as déclaré : « Ironiquement, tous nos albums ont été des succès, bien qu’ils ne soient jamais sortis correctement. Il y a toujours eu un obstacle qui retenait l’album. » Dirais-tu que c’est terminé aujourd’hui, maintenant que vous êtes chez Eleven Seven Music ?

Ouais, j’espère. Les deux premiers albums… Bon, on ne compte même pas vraiment le premier, simplement parce que nous avions fait les maquettes chez nous lorsque nous étions jeunes, puis nous avons dû le remixer et le remasteriser et ensuite nous avons signé un contrat, et le second album était notre première fois à travailler avec l’illustre producteur Johnny K, nous étions donc novices et nous apprenions tout. Et désormais, avec notre troisième album nous sommes clairement plus habiles et accordés avec ce qu’il se passe en studio, pour ce qui est d’être des musiciens de studio. Nous sommes excités à l’idée de voir le quatrième album sortir, avec un peu de chance l’Europe et l’Amérique seront tout de suite en phase. Dès que nous le sortirons aux Etats-Unis, nous le sortirons en même temps en Europe, donc nous avons hâte de voir ça.

Est-ce que vous avez commencé à composer pour le quatrième album ?

Nous composons en permanence. Nous avons beaucoup de chansons que nous avons écrites sur la route. Je pense que nous nous pencherons dessus lorsque nous nous rapprocherons de l’enregistrement du prochain album. Nous espérons trouver un peu de temps libre pour nous vider un peu la tête et peut-être aller dans un endroit plus chaleureux à la plage, simplement pour nous détendre, et ensuite nous nous mettrons en mode composition, nous changerons de vitesse, etc. Nous avons hâte d’y être. Sans doute que nous commencerons à en parler en 2015.

Interview réalisée par téléphone le 27 mars 2014 par Metal’O Phil.
Retranscription, traduction et introduction : Spaceman.

Site internet officiel de Pop Evil : popevil.com.



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