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Chronique   

Pop Evil – Up


Pop Evil - UpOn peut dire que l’album Onyx, sorti en 2013 en Amérique du Nord et l’an dernier en Europe, a changé la donne pour Pop Evil. Un album qui a émergé d’une période sombre, en raison de coups durs personnels mais aussi d’embûches que le groupe a pu rencontrer et de batailles qu’il a dû livrer – comme beaucoup de groupes direz-vous. Mais de l’obscurité est née la lumière : Onyx a été un succès retentissant aux Etats Unis et a vu le groupe enfin conquérir le marché européen. Et pour cause, l’album, sous ses dehors radiophoniques, présentait un heavy rock à l’américaine d’une rare efficacité. Aujourd’hui, avec son quatrième album Up, le combo originaire de Grand Rapids, dans le Michigan, revient dans un autre état d’esprit que celui qui avait engendré Onyx, la tête dans les étoiles comme le suggère la pochette de l’opus.

Moins de mélancolie et de colère dans les tonalités des chansons, plus d’optimisme. Des titres comme l’ouverture « Footsteps », entêtante et bien fichue, ou la très Papa Roach « Take It All » offrent immédiatement un irrésistible entrain et nous envahissent d’ondes positives. La pop « Ghost Of Muskegon » se montre légère et aux sonorités doucereuses, sans être une ballade pour autant. « Lux » symbolise bien l’album et la clarté qui rejaillit de l’humeur de Pop Evil, car même lorsqu’ils haussent le ton avec leurs riffs, apparaissent de légers « ouh ouh » qui contrebalancent la lourdeur. Pour autant, la mélancolie et l’amertume n’ont pas totalement déserté la musique de Pop Evil, comme en témoigne, d’une part, la triste et langoureuse « Til Kingdom Come » avec ses leads dégoulinants et, d’autre part, « Vendetta », titre sans équivoque, au riff thrashy et couplet heavy, où Leigh Kakaty force le grain de sa voix. Car, malgré sa couleur générale plus pastel, Up reste, à l’image de son prédécesseur, un album de rock pêchu. Mais l’on remarque très vite que c’est cette fois-ci surtout du côté de Seattle qu’il faut aller chercher la moitié « Evil » de Pop Evil. La ville, et son atmosphère à la fois grisâtre, humide et verdoyante, où a été conçu Up – depuis les sessions de jam jusqu’à l’enregistrement – a de toute évidence laissé sa marque sur la musique du groupe. On pense un peu à Soundgarden (voire Audioslave) avec « Core », beaucoup à Stone Temple Pilots avec « Ways To Get High » et « In Disarray », sur laquelle Kakaty offre l’une de ses plus belles imitations de Scott Weiland. « Seattle Rain », chanson folk en forme d’hommage, renvoi pour sa part à certaines ballades de Pearl Jam ou, plus encore, l’œuvre solo d’Eddie Vedder.

Au bout du compte, la musique de Pop Evil reste un melting pop heavy rock d’influences diverses qui confèrent à Up une variété bienvenue. Mais le principal atout du groupe demeure inébranlable : cette capacité à produire des hymnes à la chaîne, peu importe l’emballage, certes assez formatés mais jamais génériques, ou presque – tout comme « Beautiful » sur Onyx, « If Only For Now » est très convenue, et ne parlons même pas de l’inutile interlude de trente secondes « … » qui sonne plus comme le teaser d’une chanson inachevée. Up reste aussi un album résolument actuel dans ses sonorités, mais évitant élégamment de surjouer sa modernité. Pop Evil confirme tous les espoirs qui ont pu être placés en lui pour devenir le prochain groupe de heavy rock qui fera bouger les foules. L’ascension est en route.

Ecouter les chansons « In Disarray » et « Footsteps » :

Album Up sortie le 21 août 2015 chez eOne Music.



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