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Interview   

Popa Chubby : le blues comme force universelle


Popa Chubby est un sacré personnage, un passionné et un performeur qui place ses représentations sous le signe de la générosité et du partage. Sa productivité discographique n’en est que la conséquence, tout comme ses shows pleins de spontanéité.

Et, d’une certaine manière, on peut dire que Popa Chubby fait le lien entre deux univers. Car si le blues est son style de prédilection dès lors qu’il s’agit de s’exprimer musicalement, ses racines sont aussi à trouver dans le hard rock et le heavy metal. Il suffit de l’entendre reprendre Jimi Hendrix, Deep Purple, Led Zeppelin ou même le « Ace Of Spades » de Motörhead pour s’en convaincre. D’ailleurs il le reconnaît lui-même : « J’adore le hard rock et le metal, mec. J’adore le metal old school, j’ai grandi en écoutant Black Sabbath et Motörhead. C’était ma Bible. Et si tu as jamais lu ma biographie, il est écrit que ‘Popa Chubby est un mélange entre Muddy Waters et Motörhead´. »

En promotion pour son nouvel album intitulé Universal Breakdown Blues, Popa Chubby nous a accordé un petit entretien en toute décontraction. Il y est donc bien entendu question de blues et de heavy metal mais aussi de Luke Skywalker et d’érection…

Radio Metal : Ton dernier album s’appelle Universal Breakdown Blues. Est-il dédié à notre société qui se décompose et perçois-tu cet album comme s’il en était la bande originale ?

Popa Chubby : Eh bien, voilà qui est intéressant. Prenons-le étape par étape. D’abord, Universel signifie « pour tout le monde », puisque chacun d’entre nous, à un certain niveau, est confronté à cette dégradation. La société est confrontée à cette détérioration, tu n’as qu’à regarder autour de toi. Mais à travers cette dégradation, cela amène les gens à choisir, choisir de transcender et d’avancer ou bien retourner en arrière et trouver le blues, mec. Le blues est universel : tout le monde l’a en soi. C’est le blues du peuple et c’est ce que je chante. Voilà de quoi ça parle.

Donc je suppose qu’il était important pour toi d’écrire des chansons universelles pour qu’on puisse s’y rattacher, s’en sentir proche ?

Ouais, absolument.

« Je suis le Jedi du blues, mec. Ressens la Force, Luke ! »

Tu as déclaré dans une interview que l’espoir était aussi le thème central du disque. Penses-tu que notre monde a perdu espoir et a besoin de le retrouver ?

La possibilité pour les gens de perdre espoir existe, parce qu’il y a énormément de situations désespérées. Beaucoup de personnes sont sans emploi, ou malades ou d’autres trucs de ce genre. Mais je pense que tout le monde peut utiliser ce message, qu’il y a de l’espoir, qu’il ne faut pas renoncer.

Lorsque tu écris des chansons, les paroles viennent apparemment toujours en premier. Peux-tu nous en dire plus sur ce processus d’écriture ? Comment parviens-tu à transformer des textes en chanson ?

Parfois, c’est une parole dite par quelqu’un, parfois, tout arrive en même temps… C’est une sorte de processus mystique, mec, c’est le processus de l’inspiration. J’aime croire que ces choses flottent dans l’atmosphère et cherchent un canal ouvert par lequel elles passent. Quand cela arrive, il faut savoir l’identifier, dire merci, et le coucher sur papier.

Tu as déclaré un jour que, pour pouvoir jouer du blues, il fallait le ressentir, un peu comme Luke Skywalker dans Star Wars…

[Rires] C’est exact !

Te considère-tu comme le Luke Skywalker du blues ?

Je suis le Jedi du blues, mec. Ressens la Force, Luke !

Et qui serait alors le Dark Vador du blues ?

Oh ! Tu tiens vraiment à le savoir ?

Oui, dis-le moi !

Je ne m’y aventurerai pas. L’homme qui tente de te rabaisser est le Dark Vador. Ce que je fais me permet de vivre honnêtement. Qui que ce soit qui tente de t’en éloigner est le Dark Vador.

Tu es aussi connu pour ton planning de tournées impressionnant. Comment arrives-tu à tenir physiquement ?

Ben, je ne suis pas sûr que j’y arrive [bâillements] ! Une fois de temps en temps, je m’écroule ! [rires] Mais entre ces moments-là, j’essaie de tenir. La pratique du tai chi m’aide énormément. La musique te fait tenir, mec, et le public te fait tenir.

As-tu besoin de ce rythme intense pour te sentir vivant et inspiré ?

Ouais mais j’ai l’impression que mon rythme biologique est en train de changer donc j’essaye de suivre ce qui se passe, à vrai dire. J’y vais au feeling.

Tu as déclaré sur ta page Facebook « Tout le monde me veut sur la putain de route, personne veut me payer. Frustrant. »

[rires] Je n’étais pas dans un bon jour !

Comment ça se fait que personne ne veux te payer pour tes concerts ?

C’est le music business ! Si quelqu’un peut t’arnaquer, il le fera, putain. J’attends toujours d’être payé pour une tournée que j’ai faite il y a un mois et demi. Écoute, toi, t’as un job, tu as ton chèque tous les mois, moi pas. On est confronté à beaucoup de chamailleries, pas mal d’emmerdes, tu vois.

« Je veux que ma musique soit toujours excitante […] j’ai envie que les gens se sentent secoués en l’entendant. Et rien ne secoue mieux qu’un pénis en érection !

Tu joues un blues très traditionnel, et le blues est connu pour être l’origine du rock n’roll, et par suite logique, du metal. Puisque nous sommes un media metal, pourrais-tu nous indiquer tes opinons au sujet du hard rock et du metal ?

J’adore le hard rock et le metal, mec. J’adore le metal old school, j’ai grandi en écoutant Black Sabbath et Motörhead. C’était ma Bible. Et si tu as jamais lu ma biographie, il est écrit que « Popa Chubby est un mélange entre Muddy Waters et Motörhead. » ! Tu dois te rendre compte que pas mal de ces gars jouent le blues, Metallica, tout ce metal old school, même dans les trucs nouveaux. Je ne suis pas vraiment dans les nouveaux groupes de metal, mais j’aime quand ça cogne !

Une de tes plus grosses influences est Jimi Hendrix. As tu écouté la compilation de titres inédits (People, Hell And Angels), sorti cette année?

Ouais, tu sais, c’est juste Janie [Hendrix, la sœur adoptive du défunt guitariste, qui détient les droits de la société Jimi Experience. Ndlr] qui essaye de gagner plus de thune. Pas mal de trucs n’auraient jamais du voir le jour. Il y a des bons titres pour les fans, mais tu vois, Janie va sortir chaque bribe de musique de Jimi parce qu’il n’est plus de ce monde et se faire de l’argent dessus. C’est une machine. Et qu’en est-il du dernier Black Sabbath ?

A vrai dire je n’ai pas encore eu le temps d’y jeter une oreille ! Tu l’as écouté ?

Ouais et je peux te dire que j’ai été sacrément déçu… Tout d’abord, pourquoi pas de Bill Ward ? Je ne sais pas, mec…

Tu utilises beaucoup Facebook pour faire partager tes pensées et tes opinions. Puisque les textes de tes chansons occupent une grande importance dans ta musique, est-ce une démarche importante pour continuer à offrir la possibilité à tes fans de mieux te cerner ?

Complètement. Ma vie est un livre ouvert. Je partage tout.

Ton vrai nom est Ted Horowitz, mais ton nom de scène signifie « avoir une érection » (« pop a chubby »). Peux-tu nous expliquer comment tu as eu cette idée ?

Ted Horowitz veut aussi dire avoir une érection ! Je veux que ma musique soit toujours excitante, je n’ai pas envie d’être d’un de ces groupes dont on dit « Oh c’est sympa ». Non, j’ai envie que les gens se sentent secoués en l’entendant. Et rien ne secoue mieux qu’un pénis en érection !

Un dernier mot pour la fin ?

Ravi de vous parler. Merci à vos fans et Popa Chubby va venir secouer la France, yeah !

Interview réalisée par téléphone le mardi 4 juin 2013
Introduction : Spaceman
Retranscription et traduction : Grégoire Perret

Site internet officiel de Popa Chubby : popachubby.wix.com/popachubby

Album Breakdown Blues, sorti le 22 avril 2013 chez Mascot Records



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  • Twisted Brother dit :

    Ce mec est un sacré gaillard ! Il faut absolument le voir en concert, c’est du blues rock avec des coui… Et sa palette de style est impressionnante.

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