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Live Report   

Porcupine Tree : incident au Transbordeur



Artistes : Porcupine TreeStick Men
Ville : Villeurbanne
Lieu : Transbordeur
Date : 16-10-2009
Public : 1500 personnes environ.

En approchant du Transbordeur, une vision frappe d’entrée : une queue gigantesque s’est formée depuis l’entrée pour venir s’enrouler jusqu’au centre du parking ! Rarement il nous a été donné de voir une telle affluence aux portes de cette salle de concert, pourtant l’une des plus populaires de Lyon. Il n’y a aucun doute, c’est la grande salle du Transbordeur, en configuration maximale qui a été réquisitionnée ce soir pour la bande à Steven Wilson.


Stick Men au Transbo

Que de chemin parcouru depuis leur dernier passage en 2003 dans la ville des quenelles ! A l’époque le groupe faisait la promotion d’In Absentia et remplissait tout juste le Transclub, petite salle du Transbordeur adjacente au bar. Il faut dire que l’album sus mentionné a marqué un tournant dans la carrière du groupe. Un groupe au passé psychédélique, aux consonances progressives mais à l’avenir assurément alternatif. Un orphelin qui n’était parvenu à se faire recueillir que par une communauté metal à laquelle il ne ressemblait pas vraiment – mais qui forcément a laissé des traces. Mais, voilà, In Absentia a changé la donne. Grâce à son succès, Porcupine Tree est désormais reconnu par sa famille biologique : la scène rock alternative. Voilà qui explique la mixité d’un public grandissant.

En attendant, nous sommes enfin entrés dans l’enceinte et trois drôles de personnages sont en train de fouler les planches. Deux d’entre eux arborent un étrange instrument : le Chapman Stick ! En effet, les Stick Men sont dans la place : les deux compères Pat Mastelotto et Tony Levin – une section rythmique qui a marqué le grand King Crimson – accompagnés de Michael Bernier au second Stick. Le public ne s’y trompe pas et est venu admirer en masse ce trio atypique, et tout particulièrement cet incontournable crâne chauve, reconnaissable entre milles : oui, Tony Levin est une légende. Bassiste allumé de Peter Gabriel, de King Crimson, de Liquid Tension Experiment, parmi tant d’autres projets, et notamment reconnu pour son inventivité. On se souvient des « funk fingers », qui n’étaient autre que des moitiés de baguettes de batteries attachées aux doigts et qui lui servaient à frapper les cordes. C’est en partie lui aussi qui a popularisé le Chapman Stick – instrument hybride composé de cinq ou six cordes de basse et de cinq ou six cordes de mélodie – grâce à l’énorme album Discipline du roi pourpre.


Ils ont franchi le Stick !

Ce soir, c’est toute l’étendue des possibilités de l’instrument qui seront mis en exergue. L’utilisation normale consiste à « taper » les cordes pour faire sonner les notes, mais ici tous les moyens sont bons pour produire un son, y compris l’utilisation d’un archer sur la magnifique « Firebird Suite » ou des effets en tous genres (distortion, whammy, etc.). Tout ceci, bien entendu, avec une certaine folie qui rend le spectacle très agréable et même amusant à regarder. Et puis quelles belles surprises ces reprises des mythiques « Red » et « Elpehant Talk » de King Crimson !

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Pour l’anecdote, après la prestation des Stick Men c’est un Crusty aux yeux écarquillés que j’ai retrouvé me disant : « C’était quoi ce truc ?! Ces mecs sont malades ! Et le son de disto, trop « bat cave » ! ». Voilà au final un parfait résumé !

A l’entracte, un petit tour du propriétaire confirmera que l’assistance ce soir est plutôt hétéroclite. Tony Levin lui-même a avoué à votre serviteur être surpris de voir autant de metalheads. On croise des chevelus et moins chevelus, des jeunes et moins jeunes. D’ailleurs, une bonne partie du public semble être composé de fervents amateurs de rock progressif, certainement venus ce soir au moins autant pour admirer le bassiste de Peter Gabriel/King Crimson que pour la bande à Wilson. Heureusement, contrairement au concert de Marillion que nous avons pu assister cette année dans cette même salle, on échappe à la « verveine party », merci à un public plus dynamique – déjà, dans les gradins, ils ont fait l’effort de rester debout – et le groupe le leur rendra bien.


Porcupine Tree nous a émerveillés

« i. Occam’s Razor », l’intro de The Incident, morceau fleuve occupant le premier disque de la dernière ?uvre de l’arbre à porc épic, s’élève dans la salle. L’écran géant qui tapisse le fond de scène projette ses premières images. Un soin tout particulier a d’ailleurs été porté sur l’illustration des titres par le biais de cet écran. En effet, ces séquences, à tout instant, apportent un complément et complimentent à merveille la musique du quintette. Des images signées par Lasse Hoile, photographe, cinématographe, directeur de films et graphiste de talent, qui depuis In Absentia travaille en étroite collaboration avec le groupe pour mettre sa musique en image, autant pour illustrer les albums que pour les vidéos. D’ailleurs, les séquences animées proposées ce soir immergeront l’auditeur dans un univers particulièrement prenant et parfois proche de celui de Tool, en particulier lorsque qu’apparaissent de petites créatures humanoïdes métalliques animées en stop motion.

Lorsque se termine « ii. The Blind House », second chapitre de « The Incident », Steven annonce à son public qu’ils comptent interpréter la totalité du morceau, en essayant de laisser passer un minimum de temps morts entre les parties (changements d’instruments oblige, dû à la diversité de l’?uvre). Voilà un choix risqué mais le voyage s’avère au final agréable. Cela devient même jouissif lorsque Steven enfourche ses guitares sous accordées pour balancer des riffs inspirés par Meshuggah ou Korn (« vi. The Incident », « xi. Octane Twisted », « xiii. Circle Of Manias ») ; même si, dans ce contexte, ces passages sonnent légèrement moins incisifs de part la prédominance du clavier par rapports aux versions studio. Mais c’est véritablement chipoter que d’en tenir rigueur. En fin de compte le seul point à déplorer (et encore, c’est un bien grand mot) serait les longueurs intrinsèques à ce titre de 50 minutes qui ne parvient pas à maintenir en haleine l’auditeur sur toute sa durée.


Après ce que l’on peut appeler un copieux apéritif, le maître de cérémonie annonce, à la surprise générale, une pose de 10 minutes avant d’entamer la suite des hostilités. Une horloge de compte à rebours apparait alors sur l’écran géant pour ne pas rater la reprise du concert. Une démarche originale et même bien vue. C’est effectivement une assistance fraîche et disponible qui réinvestit en masse la salle quelques secondes avant le début du second set.


Une ambiance particulière

Une petite mise en jambe avec le bien nommé « The Start Of Something Beautiful », porté par l’élégance du jeu du bassiste Colin Edwin, puis, lorsque le frigorifique « Russia On Ice » démarre, ce sont les poils qui immédiatement s’hérissent, et lorsqu’en plein milieu le groupe dévie sur la partie centrale d’Anesthetize (la seconde partie intitulée « The Pills I’m Taking »), la frustration de devoir abandonner un si sublime morceau avant son très attendu climax instrumental (quel culot !) laisse vite place à la stupéfaction puis finalement à l’orgasme. Il faut dire que ce riff particulièrement gras voire violent est totalement irrésistible et sublimé par un refrain entêtant à souhait.

La pression retombe avec le très beau « Stars Die », seul représentant de la période psychédélique du groupe, belle et bien révolue. « Way Out Of Here » et « Normal », caractérisés par les contrastes entre ambiances et riffs sous testostérone, jouent les montagnes russes avec les émotions de l’auditorat. Et lorsque que le refrain final du second explose, c’est un mur de lumière blanche qui se déverse dans la fosse, éblouissant les mirettes du public. Pendant l’ombre d’un instant on aurait juré que Dieu en personne venait d’entrer sur scène. Brillant.


Colin Edwin en vrai

Le choix du dernier titre avant les traditionnels rappels s’est porté sur « Bonnie The Cat ». Certainement l’un des plus marquants du dernier album, très original et qui s’avère particulièrement efficace en live. Avec le premier set dédié entièrement au nouvel album, il était risqué de surenchérir dans le second. L’incident de l’overdose est en fin de compte évité avec maestria.

Juste avant d’entamer le rappel Wilson nous signale avec perspicacité que pour l’instant In Absentia manque à l’appel. On comprend donc que c’est à ce dernier que seront consacrés les derniers titres. Avant cela, le frontman, d’humeur particulièrement joviale, en profite pour blaguer avec ses collègues. En effet, c’est Thanksgiving au pays de l’Oncle Sam et Steven charrie son acolyte John Welsey, l’américain du groupe : « je ne sais toujours pas vraiment ce qu’ils remercient par le biais de cette fête ! ». A ce propos, la complémentarité entre les deux musiciens fut tout simplement bluffante tout du long de la prestation, que ce soit sur les parties de guitare que du chant. Les harmonies vocales ont été, à ce titre, époustouflantes de justesse et de beauté.

C’est le fédérateur « The Sound Of Muzak », dont le refrain fut reprit à tue tête par la totalité du Transbordeur, et l’incontournable « Trains » qui ont été choisis pour clôturer le set. Ce dernier fut pour l’occasion agrémenté d’une petite pause amusante pendant laquelle le batteur Gavin Harrison s’est adonné à un petit tour de magie avec sa serviette, puis, dans la foulée, une présentation des musiciens sur fond de séquence musicale – « Highway To Hell » pour le bassiste australien et « Born In The USA » pour John Wesley. Et c’est donc dans ce contexte plein de bonne humeur que le concert se termine.


Certains artistes ont la classe

Porcupine Tree a encore honoré toutes ses promesses. Il faut dire qu’il est difficile d’être déçu lorsque nous sommes confrontés à tant de talent. La prestation, qui plus est, fut marquée par l’élégance et la profondeur d’interprétation des musiciens. Peut être certains contesteront le parti pris d’avoir ouvert avec « The Incident », qui forcément a laissé moins de place aux classiques du groupe. Mais l’exercice était à faire et aurait tôt ou tard été réclamé par les fans.

Setlist :

The Incident:
i. Occam’s Razor
ii. The Blind House
iii. Great Expectations
iv. Kneel And Disconnect
v. Drawing The Line
vi. The Incident
vii. Your Unpleasant Family
viii. The Yellow Windows Of The Evening Train
ix. Time Flies
x. Degree Zero Of Libery
xi. Octane Twisted
xii. The Séance
xiii. Circle Of Manias
xiv. I Drive The Hearse

Entracte

The Start Of Something Beautiful
Russia On Ice (première moitié)
Anesthetize, part 2: The Pills I’m Taking
Stars Die
Way Out Of Here
Normal
Bonnie The Cat

Rappels :

The Sound Of Muzak
Trains

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  • @Papy : Ok pas de soucis !!
    Yes grâce à ça Spaceman financera son prochain voyage dans les îles grecques !

    No problem pour diffusion aussi, il y a High Hopes voire plus si affinités !

    [Reply]

  • Je sais Amaury, je sais… et le pire (tu ne vas pas me croire) c’est que j’ai découvert qu’il y avait une section adhésion il y a très peu de temps (une 10e de jours ou à peine plus je crois) car, en fait, je ne fréquentais que la section forum de votre site !
    Et puis, j’ai fouillé « par hasard » le reste et j’ai découvert ça et la liste des cadeaux d’adhésion. J’ai pensé qu’il allait être un peu trop tard pour profiter de la place pour Porcupine alors, du coup, je n’ai pas encore rempli le formulaire (shame on me, je sais). Mais, promis, je vais le faire d’ici peu (après le passage du Père Nowel), c’est logique : il faut aussi faire vivre le « milieu » par sa modeste participation et soutenir votre travail et votre passion.

    Hors sujet : en parlant de faire vivre le milieu, normalement, d’ici début janvier, je devrais aussi te faire passer un ou deux titres de mon projet en cours (oui, on est assez longs, on a pris du retard mais on est pointilleux et il y a encore des « soucis » de chant)… hé, hé… 😉

    [Reply]

  • @papy wired : franchement tu crains « vegra » de pas être adhérent de Radio Metal pour faire des économies !!!!! 🙂

    [Reply]

  • Justement! Vous l’écrivez comme dans Batman! ^^

    [Reply]

  • Concert terrible en effet. Instants magiques sublimés par les projections vidéos qui collaient pile-poil à la musique… du grand art. Même si je suis pourtant plus porté vers des univers un peu plus violents, c’est toujours avec extase et délectation que j’écoute Porcupine Tree. Et jeudi soir, c’était le pied total.
    Certains ont trouvé la « première partie » de leur set un peu longue mais perso, étant totalement dans l’ambiance – l’apport de la vidéo est un plus certain, c’est passé très vite.
    J’en suis ressorti avec des étoiles plein les yeux et des souvenirs plein la tête. Merci Mr Wilson et ses compères pour ce grand, ce très grand moment de musique.

    Et le son ce soir-là était tout bonnement excellent : clair, détaché, puissant sans être agressif… bref, je ne regrette absolument pas mes 29 euros, loin de là. Vivement qu’ils reviennent.

    [Reply]

  • Amaury / RM dit :

    Batcave comme Batman ?!

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  • Report très sympa!

    C’est quoi cette manie d’écrire le mot Batcave en deux parties??

    Amaury ça vaut pour toi aussi!!

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  • @saff : arrête tes sottises y va prendre un de ses melons…franchement ça se voit que vous connaissez pas la taille du truc à l’heure actuelle !!!!!

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  • Doc’, j’ai décidé qu’à partir de dorénavant, j’allais me consacrer aux traductions et ne plus rien écrire par moi-même. J’ai honte de voir mes affreux machins publiés après avoir lu un truc pareil !

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  • Merci c’est corrigé

    [Reply]

  • Spaceman / RM dit :

    Et bien, la grande salle du transbordeur était pleine à craquée et dans la configuration de capacité maximale. Donc je dirais plutôt dans les 1500 personnes.

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  • Ce live report a la classe
    @Spaceman, c’est dingue cette capacité que tu as a bien écrire…ça me rend (presque) jaloux !!! 🙂

    Comme quoi on peut faire des fautes d’enflures mais bien écrire…!

    Sur le fond, je regrette de pas avoir bougé mes fesses et le coup du morceau de 50 minutes c’est hallucinant, y’avait 1000 personnes ? Spaceman confirme moi le chiffre stp

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