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Chronique   

Powerwolf – Call Of The Wild


Powerwolf marche sur l’eau. Indéniablement l’un des mastodontes de la scène metal européenne, les Allemands se paient en outre le luxe de pouvoir « élargir » leur horizon musical sans crainte : le succès retentissant de The Sacrament Of Sin n’a fait que conforter Powerwolf dans la dévotion infaillible de ses fidèles malgré quelques « explorations » sonores. Powerwolf a très vite décidé de lui emboîter le pas – comblant l’année 2020 par un best of dont l’intérêt repose surtout sur les réenregistrements d’anciens morceaux – en s’attelant à l’écriture de Call Of The Wild. Un album réalisé dans le contexte de la pandémie, qui se nourrit justement de cette détermination à ne pas cesser de créer, peu importe les obstacles. Call Of The Wild est ainsi la réalisation d’un groupe parfaitement conscient de ses atouts, serein quant aux idées qu’il peut avoir.

Le groupe s’est à nouveau adjoint des services de Jens Bogren, qui s’est toutefois limité au travail de mixage et de mastering en raison des contraintes liées à la pandémie. C’est donc à Joost van den Broek aux Pays-Bas qu’il a incombé de se charger de la production. Call Of The Wild ne tarde pas à dévoiler ses « ambitions » : la même formule que The Sacrament Of Sin, en montant toujours les curseurs. « Faster Than The Flame » remplit ce rôle de titre introductif galvanisant, grandiloquent et pied au plancher dans la lignée d’un « Fire & Forgive ». Une immersion de force dans l’univers de Powerwolf, un monde de riffing grandeur nature et d’orchestrations en quête permanente d’épique. Powerwolf prend soin de répondre au cahier des charges traditionnel en multipliant les nappes d’orgue, les orchestrations classiques et les chœurs qui viennent appuyer le phrasé conquérant et exubérant d’Attila Dorn. Powerwolf puise toujours son inspiration dans toutes sortes de mythes et de folklores. La France est cette fois-ci à l’honneur avec « Beast Of Gévaudan », relatant les attaques d’une bête mystérieuse entre 1764 et 1767 dans l’actuelle Lozère. Powerwolf joue la carte de la narration sans retenue, se plaisant à incorporer un cri de bête en introduction. Sans surprise, Powerwolf prouve son affect pour le protagoniste du loup. Outre « Beast Of Gévaudan », le martial « Varcolac » s’intéresse au démon-loup du même nom issu de la mythologie roumaine. L’exaltant et évocateur « Blood For Blood (Faoladh) » profite de l’entrain des sonorités de la folk irlandaise et de ses cornemuses pour présenter une autre forme de loup-garou, moins monstrueuse et assimilée aux change-formes à la fonction protectrice.

Powerwolf peut varier ses instrumentations, il suit scrupuleusement le même procédé : la guitare est gage de puissance, à l’instar du riffing massif de « Glaubenskraft », et doit contraster avec les élancées mélodiques graves dictées par le thème de la chanson – tels les chœurs et orchestrations à connotations religieuses. Peu importe si Powerwolf utilise des mythes célèbres ou s’amuse avec l’intransigeance de la religion et ses dérives via le heavy rock festif d’« Undress To Confess », qui ne manque pas de faire sourire et chantonner le refrain avec allégresse. Le groupe ne perd jamais sa théâtralité et Call Of The Wild s’évertue à la mettre au premier plan à chaque instant, quitte à se rapprocher par moments de son cousin Sabaton (« Sermon Of The Swords »). « Alive Or Undead » est sans doute le témoin le plus éloquent du dessein de Powerwolf. La ballade est la deuxième réalisée par le groupe après « Where The Wild Wolves Have Gone » de The Sacrament Of Sin. Un mode d’expression châtié qui laisse apprécier l’écriture mélodique de Powerwolf et le talent d’interprétation d’Attila Dorn, trop heureux de ne jamais brider ses progressions vocales. « Alive Or Undead » est une synthèse des fantasmes que représente Powerwolf, une véritable ode à la grandiloquence.

Call Of The Wild s’apparente à un exercice de perfectionnement d’une musique qui rassemble déjà un nombre considérable de fidèles. Powerwolf ne peut qu’en attirer de nouveau : il reprend ses acquis et accentue les caractéristiques nouvelles introduites par The Sacrament Of Sin, sans forcément les dépasser. Powerwolf fait de l’épique un leitmotiv et toute sa musique n’a qu’une seule vocation : fédérer. L’incarnation parfaite d’un power metal grand spectacle qui ne peut pas se dissocier d’une communion avec son public. Le loup chasse toujours en meute.

Clip vidéo de la chanson « Dancing With The Dead » :

Clip vidéo de la chanson « Beast Of Gévaudan » :

Album Call Of The Wild, sortie le 16 juillet 2021 via Napalm Records. Disponible à l’achat ici



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