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Chronique   

Powerwolf – The Monumental Mass: A Cinematic Metal Event


On imagine sans peine la frustration de Powerwolf. Habitués à communier avec son public via son heavy/power metal grand spectacle, les Allemands ont dû cette fois se résigner à ne pas pouvoir défendre Call Of The Wild dignement en live en raison de la pandémie. Powerwolf s’est donc montré inventif : plutôt que de proposer un simple concert retransmis avec un accès payant, autant emprunter un peu à Behemoth et proposer… quelque chose de plus spectaculaire. The Monumental Mass: A Cinematic Metal Event est né. C’est une ode à la surenchère et à la grandiloquence, un culte qui fait passer l’opulence clunisienne du XIe siècle pour de la retenue. La meute a mis les moyens.

Il a fallu la bagatelle de neuf mois pour imaginer et concevoir The Monumental Mass. C’est une prestation live filmée et l’absence de public est palliée par la débauche des artifices utilisés. Répartis en quatre chapitres – Tentation, Péché, Confession, Pardon –, les morceaux sont entrecoupés de scènes filmées dans un monastère en Pologne, qui suggèrent le parcours d’un jeune novice. The Monumental Mass respecte donc son titre : c’est une entreprise colossale avec des moyens de production rares pour le genre. Powerwolf a bénéficié de l’aide de Jörg Michael, ancien batteur de Stratovarius, pour orchestrer le tout. Ceux qui ont loupé l’événement lors de sa retransmission initiale, en attendant la sortie physique, ont pu avoir un aperçu de la prestation à travers quelques singles, dont celui de « Venom Of Venus » et ses ailes d’ange enflammées. The Monumental Mass est avant tout un festival pyrotechnique, sans aller jusqu’à l’inventivité d’un Rammstein. Jets de flammes, orgues de feu, explosions d’artificier : tout y est et tout est millimétré pour donner l’impression qu’Attila Dorn possède des pouvoirs surnaturels. Le set est une gradation, le troisième chapitre Confession étant sans doute le plus impressionnant en termes d’intensité avec un « Beast Of Gévaudan » des grandes heures. Powerwolf a fait appel à de nombreux figurants et danseurs, déguisés en nonnes et en moines et dont l’attitude reprend les thèmes des morceaux : « Demons Are A Girl’s Best Friend » est l’occasion téléphonée de quitter les chasubles… Surtout, outre cette scène qui varie selon le besoin des tableaux (notamment lorsqu’elle prend une forme de croix latine lors du chapitre Péché) et la multiplication des effets pyrotechniques, c’est l’impressionnant mur de LED de quarante mètres de large qui remporte la palme de la démesure. Du matériel tout simplement trop lourd pour être transporté sur une scène traditionnelle. Le mur de LED permet de donner l’illusion de changer de décor en fonction des chapitres, on passe de l’église aux bois lugubres en un instant. Powerwolf peut ainsi réaliser tous ses fantasmes.

La production à gros budget ne doit pas occulter le cœur de cette giga-messe : la prestation des musiciens. Les membres de Powerwolf sont particulièrement incarnés, obligés de revoir leur attitude scénique en raison de l’absence de public. Ils jouent avec les figurants, prient, se muent en chefs d’orchestre et confèrent au tout une grande théâtralité, particulièrement Attila Dorn et le claviériste Falke Maria Schlegel. Étant donné la précision nécessaire pour respecter les timings des artifices et le jeu des figurants, Powerwolf réalise une prouesse. « Where The Wild Wolves Are Gone » profite grandement de ce contexte singulier et prend une tout autre ampleur, tout comme l’enjoué « Blood For Blood (Faoladh) » qui permet de trancher légèrement avec la solennité de l’ensemble. Toutefois, parler d’un « évènement cinématographique » paraît un peu excessif. Si Powerwolf s’est damné pour proposer des mises en scène chiadées, les quelques interludes filmés n’apportent pas réellement à l’ensemble, si ce n’est de signifier le chapitrage. The Monumental Mass est certes grandiose, mais c’est surtout la manière dont le show est filmé, avec la qualité de l’image et les différentes prises de vue, qui lui confère son cachet cinématographique.

Powerwolf s’ancre encore davantage comme l’une des grosses cylindrées du metal européen, avec ce goût pour la théâtralité qu’entretiennent Ghost, Sabaton et à un autre niveau Rammstein. Si The Monumental Mass: A Cinematic Metal Event n’honore pas complètement son titre, il reste une performance de haute volée, extrêmement dense et souvent spectaculaire, qui rattrape l’absence de représentation de Call Of The Wild. De quoi ravir les fidèles et peut-être attiser la curiosité de certains infidèles, à défaut de convertir en masse.

Vidéo live de la chanson « Glaubenskraft » :

Vidéo live de la chanson « Venom Of Venus » :

Vidéo live de la chanson « Fire & Forgive » :

Album The Monumental Mass: A Cinematic Metal Event, sortie le 8 juillet 2022 via Napalm Records. Disponible à l’achat ici



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