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Interview   

Primal Age suit sa propre voie


Même si son premier album, A Hell Romance, a vu le jour il y a « à peine » quatorze ans, Primal Age est un vétéran de la scène hardcore et metal français puisque sa formation remonte à 1993, avec l’EP The Light To Purify ayant vu le jour en 1999. Malgré les vingt-huit ans au compteur et les changements de line-up, le groupe reste fidèle à sa ligne de conduite. Primal Age continue d’embrasser le statut d’« amateur », vecteur de confort et de liberté artistiques, et permettant d’éviter l’érosion de la passion.

Etant l’un des premiers groupes français à s’être positionné à la croisée du hardcore et du metal, Primal Age s’est souvent retrouvé balloté d’une scène à l’autre, endossant toujours le costume d’« outsider ». Dans l’entretien qui suit, Dimitri, bassiste et membre des débuts, nous raconte cette carrière, ses analyses des scènes basées sur son vécu, les évolutions successives des tendances dans le hardcore, l’ouverture du metal, etc., sans oublier le nouvel album Masked Enemy fraîchement sorti dont il n’est pas peu fier.

« Selon les époques, quand tu dis hardcore, il faut jouer tel type de musique, sinon tu n’es pas hardcore, et nous, nous avons toujours voulu suivre notre voie et notre identité musicale sans tenir compte d’aucune mode. »

Radio Metal : Votre premier EP est sorti à la fin des années 1990 et à l’époque, votre musique avait marqué les esprits avec ce mélange entre hardcore et metal, alors qu’aujourd’hui, ce mélange paraît assez naturel. Quelle est l’origine de ce mélange et de cette démarche chez vous de se faire rencontrer ces deux styles ?

Dimitri (basse) : Nous étions issus des scènes punk/oi! et metal, donc nous écoutions à la fois Slayer et Agnostic Front, et naturellement c’est ce qui nous a donné envie d’évoluer vers ce style, mélangeant la puissance du metal et l’énergie et la hargne du hardcore. Il est vrai qu’à l’époque c’était une scène naissante, mais qui connaissait un gros engouement, évidemment avec des groupes américains qui tournaient pas mal. Il y avait un gros engouement en Belgique, mais on ne peut pas dire qu’il ait été le même en France. Pour le coup, c’était plutôt novateur, et aujourd’hui, ça parle moins aux gens quand on leur parle de edge metal, c’est pour ça que nous avons tendance à dire que nous faisons un mélange de metal et hardcore sans rentrer dans les détails. Certains termes qui parlent à des personnes qui étaient là à l’époque ne parlent pas forcément aux jeunes.

Quand vous avez commencé, ces deux publics punk hardcore et metal se mélangeaient-ils ? Dialoguaient-ils ?

Le public des concerts où nous allions était très mixte, mais par la suite, chaque scène évoluant, c’est devenu beaucoup plus clivé, plus séparé, ce qui est dommage car nous avons peut-être perdu des chances à ce moment-là. Forcément, tous ceux qui étaient arrivés dans le hardcore en écoutant Sick Off It All ou Agnostic Front avaient du mal à se retrouver dans la vague qui arrivait derrière, Biohazard ou même par la suite Earth Crisis, tous ces groupes-là. Ils sont donc plus retournés vers des musiques punk et oi!. En même temps, la scène edge metal a pris son essor, et il y avait moyen de faire des évènements séparés.

C’est un peu paradoxal ce que tu décris : vous avez mélangé les deux scènes, mais par la suite les deux publics se sont éloignés l’un de l’autre…

Je pense que c’est surtout lié à scène hardcore qui voyait arriver tous les trois ou quatre ans une vague avec un style et des groupes moteurs complètement différents. Quand on est passés de l’époque Sick Of It All/Agnostic Front à Biohazard, ça n’avait quand même plus rien à voir, c’est passé d’une musique plus proche du punk et du oi! à un chant rappé, hyper syncopé. Il y a eu d’autres vagues par la suite, celles des groupes comme Converge, et ça n’avait encore rien à voir, puis il y a eu le beatdown, avec trois notes et puis un style hyper minimaliste, en contrepied total de la vague précédente ultra chaotique. À chaque fois, ces scènes duraient trois, quatre, cinq ans, et faisaient place à une autre. On parle toujours de hardcore, mais ce sont des musiques qui n’ont pas grand-chose à voir, même au niveau du public, au niveau du style des gars qui évoluent complètement. Nous nous sommes nous-mêmes retrouvés pendant de nombreuses années à ne plus jouer dans des concerts hardcore. Heureusement, nous avions la chance de pouvoir évoluer dans le milieu metal, mais nous avions beaucoup de mal à nous retrouver dans la scène hardcore. Des groupes comme Hatebreed ont permis de remodeler un peu le tout, ce qui nous a permis de jouer de nouveau sur des shows hardcore. Comme je l’ai dit, on observe des vagues successives qui n’ont pas grand-chose à voir les unes avec les autres.

Avez-vous eu, par moments, la sensation de ne pas réussir à suivre avec ces nouveaux styles ?

Quand nous postulions pour jouer sur des festivals hardcore, nous sentions bien que nous n’avions plus trop notre place, que ce n’était pas ce qui se faisait à ce moment donné. J’ai trouvé que c’était assez fermé. Selon les époques, quand tu dis hardcore, il faut jouer tel type de musique, sinon tu n’es pas hardcore, et nous, nous avons toujours voulu suivre notre voie et notre identité musicale sans tenir compte d’aucune mode. Je pense que nous avons bien fait, car quand tu vois les vagues successives qui n’ont rien à voir, ça aurait été ridicule de sortir tous les quatre ou cinq ans un album qui te fasse te demander : « C’est quoi ce groupe ? » parce qu’il n’y a aucun fil conducteur et que ça change du tout au tout entre chaque album. Nous avons eu la chance de pouvoir évoluer grâce à la scène metal, autrement je ne pense pas que nous serions encore là aujourd’hui.

Penses-tu que le mélange des genres est plus accepté par le public metal ?

Quand on parle de metal, c’est tellement vaste, ça veut tout et rien dire, tu en as plein de sortes différentes, mais pour le coup, tu trouveras plus de variété de groupes qui vont cohabiter et de styles différents sur les festivals de metal que sur ceux de hardcore, où c’est plus fermé et clivé et où il faut être dans la vague du moment. Quand tu as le cul entre deux chaises comme nous, c’est un peu comme avoir une double nationalité : quand nous jouons dans des festivals de hardcore, on nous dit que nous faisons du metal, et quand nous jouons dans des festivals orientés metal, on nous dit que nous sommes un groupe de hardcore. Mais bon, ce n’est pas grave, du moment que nous arrivons à passer… Sur les concerts metal, nous sommes souvent la « découverte » : nous n’avons pas les cheveux longs, on nous regarde arriver bizarrement, puis les gens sentent que notre musique leur parle.

« Nous avons eu la chance de pouvoir évoluer grâce à la scène metal, autrement je ne pense pas que nous serions encore là aujourd’hui. […] Tu trouveras plus de variété de groupes qui vont cohabiter et de styles différents sur les festivals de metal que sur ceux de hardcore, où c’est plus fermé et clivé et où il faut être dans la vague du moment. »

En prenant un peu recul sur le metal et sur le hardcore, et en simplifiant à l’extrême, ça reste des grosses guitares et de la musique qui va vite, ça n’est peut-être pas la peine de se prendre la tête…

Je suis tout à fait d’accord, surtout que personnellement j’écoute des choses très différentes. Effectivement, il y a cet aspect-là, qui a été poussé à l’extrême quand il y a eu la grosse vague edge metal en Belgique : tu sentais que carrément c’était très « fashion ». Tu arrivais et on te regardait de la tête aux pieds, quel T-shirt de groupe tu portes, comment t’es coiffé, ce que tu as aux pieds… Il n’y avait pas beaucoup de diversité.

Ressens-tu la même chose maintenant ? Est-ce un phénomène toujours présent ?

Vu que toute cette vague reposait surtout sur un effet de mode, elle a disparu. Après, pour ce qui est de la scène belge, nous n’en avons pas trop eu d’aperçu. Quand nous y sommes retournés, nous n’avons pas fait grand-chose, nous nous sommes retrouvés sur une toute petite date et nous nous sommes dit que ça avait beaucoup changé. Avant cette période de merde, nous avons eu l’occasion de jouer avec Arch Angel et nous les avons retrouvés avec plaisir, mais je ne saurais pas trop te dire si ça a rechangé dans l’autre sens. En tout cas, nous sommes toujours considérés dans le milieu metal comme un groupe de hardcore.

Vous avez eu deux changements de batteur récemment, peux-tu revenir sur ce qui s’est passé ?

Je peux aller plus loin : entre le tout début du projet qui remonte à quatre ans et sa finalisation, cinq batteurs se sont succédé ! Au début, nous avions Medhi à la batterie, qui a joué pendant treize ans avec nous, mais avec qui la phase de composition a toujours été un peu délicate. C’était moi, ou les guitaristes qui lui apportaient les rythmes de batterie, parce qu’il n’a jamais réussi à vraiment s’imprégner de la musique, et finalement il a décidé de partir. Notre batteur d’origine est revenu, et c’était cool parce qu’avec lui, nous savions que ça roulerait, qu’il avait le groove suffisant, mais il était surbooké au niveau boulot, et lorsqu’il a vu que nous nous lancions dans un album, il a senti qu’il ne pourrait pas suivre et il a préféré partir. Ensuite, nous avions à ce moment-là Toki, l’ex-batteur de The Arrs, qui faisait des remplacements chez nous et donc à qui nous avons confié le poste. Le problème : tant que nous faisions des dates, ça allait, mais quand nous nous sommes mis à composer, ça chouinait pas mal, et de son côté il n’apportait pas grand-chose à la batterie ou en tout cas ça ne nous convenait pas du tout. Nous avons donc préféré en rester là. Nous sentions que n’allions pas y arriver avec lui. Heureusement, nous avons eu cette main secourable, un pote à nous, Rudy, batteur d’Explicit Silence. En voyant que nous étions en cale sèche, il nous a demandé s’il pouvait écouter un morceau, puis nous a renvoyé la batterie dans l’après-midi. C’était exactement ce que nous recherchions, puis il a enquillé les morceaux, et en studio, il a tout rentré en une journée. C’était la première fois qu’il n’y avait pas eu besoin de guider un batteur. Nous parlions le même langage, il comprenait la musique exactement comme nous et ce que nous avions en tête. Quand nous composons, que ce soit Flo ou moi, nous avons forcément une idée de la batterie qui va derrière et Rudy a exactement collé à cette idée.

Le groupe a connu pas mal de changements globaux de line-up par le passé, notamment au niveau des guitaristes : comment recréez-vous l’alchimie ? Comment maintenez-vous la cohérence ?

C’est forcément compliqué de changer des postes de guitaristes, surtout que par le passé, pas mal ont amené des morceaux. Mais au final, en considérant que nous jouons ensemble depuis vingt-huit ans, il n’y a pas eu tant de départs que ça, parce que nous avions vingt ans quand nous avons commencé, et nous en avons cinquante aujourd’hui. Entre le boulot, la famille, les aspirations musicales qui sont pas forcément les mêmes, il y a eu des départs. Sur cet album, comme membres d’origine, il n’y avait plus que Didier au chant et moi à la basse. Nos deux guitaristes, Ben et Flo, sont arrivés il y a quelques années, mais ils n’avaient fait que des concerts avec nous, donc quand est venu le moment de repartir sur un album, nous ne savions pas du tout ce qu’ils valaient en termes de composition et ce que ça allait donner, s’ils allaient avoir la patte Primal Age. J’ai amorcé le mouvement et j’ai fait la moitié de l’album. J’ai eu la chance de tomber sur Flo : il a écouté, il a vu la direction que ça prenait et il a été capable d’apporter des morceaux cohérents, complémentaires aux miens et qui apportent beaucoup de richesse à l’album, mais ce n’était pas gagné au départ. J’avais de la matière pour un demi-album, mais je ne me sentais pas de faire un album complet. Au final, tout s’est super bien passé, nous avons très bien bossé ensemble, mais c’est toujours pareil : des bons musiciens pour faire des concerts il y en a plein, mais quand il faut composer, c’est une autre histoire. Il y a quand même une petite identité musicale que nous essayons de garder, tout en évoluant, mais il faut qu’on puisse reconnaître ce qui a été fait avant.

Cet album avait été plus ou moins composé avant la pandémie…

Entièrement. Il devait rester un morceau à la guitare à finaliser, nous avions déjà tout, j’ai écrit les textes il y a quatre ans, les morceaux datent de très longtemps, et Flo a ajouté ses morceaux par la suite et il a dû finir le dernier pendant le premier confinement.

« Nous avons la chance de pouvoir faire ce que nous voulons quand nous voulons. […] Il n’y a pas ce trop-plein qui fait que nous n’en pouvons plus. J’essaie de me projeter, mais personnellement, je pense qu’au niveau de mon équilibre, si nous faisions ça H24 et deux cents dates par an, j’aurais saturé depuis longtemps. »

Le monde a pas mal évolué depuis, et je pense à pas mal de groupes qui se sont retrouvés avec des textes écrits avant tout ça et qui finalement étaient un peu « obsolètes ». Avez-vous eu ce ressenti ?

Je ne me suis pas posé cette question, car quand j’écris, ça me vient naturellement et la situation n’a rien changé à ce niveau-là. Je n’écris pas pour le moment présent, mais je ne me suis pas demandé si ça allait changer quelque chose. On nous a juste posé la question pour titre Masked Enemy, si ça avait quelque chose à voir, mais non, ça n’avait rien à voir, tout était bouclé bien avant la période.

Est-ce que cette période d’enfermement vous a permis de prendre un peu de recul sur cet album. Comme vous ne pouviez pas le sortir, est-ce que cela vous a permis de digérer des éléments et de les changer par la suite ?

Quand le premier confinement est arrivé, il ne nous restait que le chant à poser. Il a fallu trouver des méthodes différentes, parce que nous habitons loin les uns des autres, et donc nous ne pouvions pas nous voir. C’est moi qui ai posé les lignes de chant, donc en étant posé chez moi, j’avais tout le temps de faire tourner les morceaux, de voir quels textes j’allais coller sur quel morceau. J’ai enregistré tout ça sur mon téléphone puis je l’ai envoyé à Didier, qui a validé, et comme il a de quoi bosser chez lui, il a pu enquiller tout ça et le maquetter. Il nous a envoyé la maquette, et nous avons eu le temps suffisant pour laisser mûrir les morceaux : nous tenions absolument à ce que le dernier soit bouclé au moins deux ou trois mois avant de rentrer en studio, pour nous en imprégner, pour voir si des arrangements nous venaient en tête, etc. Ça a été plutôt bénéfique, puisque nous avons eu le temps de prendre du recul.

Vous êtes-vous sentis presque lassés de cet album avant même qu’il ne sorte vu qu’il était quasiment prêt depuis un bon moment ?

Frustrés de ne pas pouvoir le sortir, oui, mais lassés, pas du tout. Nous savions ce que nous avions fait, et nous étions très contents du résultat. Mais la frustration est grande, parce qu’initialement nous nous étions dit que ça allait sortir au printemps, avec derrière toute la promo à faire jusqu’à l’été, les festivals, etc. Le fait de ne pas pouvoir jouer ensemble a aussi été très frustrant. Nous avons fait une répétition au complet quinze jours avant de rentrer en studio, mais nous ne nous voyions pas. Même aujourd’hui, quand nous nous contactons les uns les autres, tout le monde ronge son frein en se disant : « Putain, quand est-ce qu’on y retourne ?! » Ça nous démange ! Nous avons vraiment envie de reprendre la route.

Quand on lit un peu vos discours sur cet album, ce qui ressort, c’est une énorme satisfaction, bien plus grande que pour les albums précédents, à tous les niveaux. Qu’est-ce qui a permis une telle satisfaction ? Qu’est-ce qu’il a vraiment de plus ?

Je pense qu’une certaine magie a opéré. Nous sommes partis à l’aventure, ça a été tellement difficile, il y a eu de nombreux moments où Flo et moi nous sommes découragés quand nous voyions que nous n’y arrivions pas avec les batteurs, et puis Didier au chant est quelqu’un qui a besoin d’avoir la musique finie pour pouvoir se projeter, il n’y arrivait pas, il n’était pas sûr… Pour nous c’était hyper frustrant, nous lui disions : « Si, on sait où on va et là, la batterie fout tout en l’air, mais t’inquiète pas, quand la batterie sera là, tu vas voir que les morceaux ont ce qu’il faut. » Ça a pris forme, Rudy a amené la batterie d’une main de maître et ça a gonflé les morceaux, ça a amené le plus aux riffs. Sur le chant, je suis plus content de ce que j’ai fait que sur les albums précédents, j’ai trouvé que j’avais amené quelque chose d’encore différent, d’un peu plus mûr, même au niveau de l’écriture c’est encore un peu plus abouti, jusqu’au visuel. Greg de Visual Injuries, qui bosse avec nous de longue date, nous a dit être lui-même inspiré par les textes, nous n’avons presque pas eu besoin de le guider. Quand il nous a envoyé l’artwork, c’était exactement ça. À tous les niveaux, tout s’est bien passé. Nous savions qu’Alan Douches allait nous faire un super master, et en plus il bosse directement avec Guillaume Doussaud, chez qui nous sommes allés pour enregistrer. Je pense qu’avec les petits moyens dont nous disposons, nous avons su tirer le meilleur, et nous pouvons être d’autant plus satisfaits que le processus a été douloureux.

Sur l’intro de l’album figure un extrait du discours de Severn Cullis-Suzuki à Rio en 1992, alors qu’elle n’avait que douze ans. Est-ce que la plus grande leçon de ce discours est le fait que c’est une gamine de douze ans qui l’ait donné ?

Malheureusement, se dire que c’est toujours d’actualité alors que ça date de 92… Beaucoup ont cru que c’était un extrait de Greta Thunberg, c’est pour ça que nous nous sommes dit qu’il fallait refaire le point, ça revenait dans presque toutes les interviews. Non, ça n’est pas Greta Thunberg, mais c’est une grande leçon. Cette idée n’est pas directement de nous, la seule qui ne soit pas de nous d’ailleurs. C’était celle de Sylvain qui a joué avec nous dans Absone, un side project que nous avions, qui était aussi batteur dans Seekers Of The Truth et qui a fait pas mal de replacements chez nous lorsque nous sommes partis au Japon, au Brésil, etc. Comme il est batteur et qu’il a vu que nous étions en carafe, je lui avais balancé un premier morceau et il a tout de suite amené un ou deux rythmes de batterie. Je me suis dit : « Voilà, je me suis pas gouré, ça va dans la bonne direction. » Et ensuite, il a eu l’idée de greffer ce discours et nous l’avons gardé.

Vous êtes un groupe amateur, dans le sens où ce n’est pas votre métier, mais le groupe existe depuis des décennies : comment est-ce qu’on garde la passion et cette énergie toutes ces années, alors que c’est une chose à laquelle on doit se consacrer après une journée de boulot ?

C’est le problème d’être amateur, mais à la fois c’est ce qui nous a permis de durer. Quand on voit des groupes qui passent les deux tiers de l’année sur la route et qui sont un peu poussés par les maisons de disques à sortir un nouvel album tous les deux ou trois ans pour pouvoir tourner, nous avons la chance de pouvoir faire ce que nous voulons quand nous voulons. Si nous n’avons pas de matière, nous ne sortons rien, et quand nous sentons que nous avons ce qu’il faut, nous allons en studio. La passion vient de là. Quand nous avons envie de jouer, nous prenons la route et faisons plein de dates, et quand nous avons envie de nous poser à la maison avec chacun qui vaque à ses occupations, c’est ce que nous faisons, et nous sommes contents de nous retrouver. Il n’y a pas ce trop-plein qui fait que nous n’en pouvons plus. J’essaie de me projeter, mais personnellement, je pense qu’au niveau de mon équilibre, si nous faisions ça H24 et deux cents dates par an, j’aurais saturé depuis longtemps.

Interview réalisée par téléphone le 7 juin 2021 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Romane Poupelin.

Facebook officiel de Primal Age : www.facebook.com/PRIMALAGE

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