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Chronique   

Primal Fear – Metal Commando


« Ce qui était lourd le sera davantage, ce qui était épique sera encore plus épique, ce qui était rapide plus rapide et ce qui était sombre, beaucoup plus sombre. » Le fondateur des vétérans de Primal Fear Mat Sinner va droit au but lorsqu’il s’agit de présenter le treizième effort des Allemands. Primal Fear s’est imposé comme l’un des groupes phares du power metal germanique depuis 1997. Apocalypse (2018) avait reçu un accueil critique mitigé. Derrière une apparence d’album « cinématographique », Primal Fear donnait l’impression de se résoudre à une routine qu’il connaît parfaitement, un ancrage dans une zone de confort qui ne laissait plus aucune place à la découverte. Le retour récent sur le label Nuclear Blast après dix années passées aux côtés de Frontier Records et l’arrivée du nouveau batteur Michael Ehré ne changeront pas les méthodes de Primal Fear. C’est un parti pris : donner ce que la majorité de l’audience désire. Metal Commando délivre du heavy classique et rien d’autre.

Metal Commando s’appuie plus que jamais sur les forces de Primal Fear et ses premiers affects, Judas Priest et consorts. « I Am Alive » ne prend pas la peine de s’annoncer via une introduction. La grandiloquence des premiers accords et leads laisse place à une accélération bien connue du groupe, le temps pour Ralf Scheepers de présenter la hargne de son timbre. Ce dernier est l’atout principal de Primal Fear, l’étendue de son spectre ne peut pas laisser indifférent. Ses aigus et son phrasé font vivre le refrain d’« I Am Alive » à eux seuls. Le groove rock infectieux d’« Along The Devil » doit lui aussi son intensité aux accents perchés de Ralf. Metal Commando ne dérogera pas à la règle : Primal Fear a un excellent chanteur de heavy, ancré dans la plus pure tradition du genre et qui, à la fois, sied parfaitement à la versatilité des Allemands. « Halo » est un véritable retour aux sources pour le groupe, embrassant de nouveau les rythmes effrénés et les soli permanentés. À l’inverse, « Hear Me Calling » prouve que Primal Fear a cette capacité de délivrer des accroches mélodiques mid-tempo et de créer une atmosphère, en particulier dans le couplet. « I Will Be Gone » de son côté s’assume comme une vraie ballade, pleine de pathos, à coups de guitares acoustiques et de cordes. Quelle que soit l’intensité des compositions, Primal Fear prend soin de ciseler des refrains indéniablement taillés pour le live (« Hear Me Calling », « I Am Alive » et « Along Came The Devil » le démontrent très vite). Metal Commando transpire l’expérience du vieux roublard qui connaît toutes les ficelles et n’a pas peur d’en abuser.

L’appréhension de Metal Commando dépend de l’état d’esprit dans lequel on aborde l’album. Si on recherche des nouveautés (démarche malaisée pour aborder Primal Fear), la déception sera évidemment de mise. Si au contraire on veut simplement profiter d’un heavy à l’ancienne, maîtrisé, avec tous ses codes, Metal Commando est plus convaincant. Les pointilleux relèveront quand même un recyclage de riffing et de lignes mélodiques à de nombreux endroits, écueil difficile à éviter lorsque l’on compte treize albums dans sa discographie au registre très ciblé. Pourtant Primal Fear s’est essayé à quelques astuces de production, à l’instar du son de guitare plus lourd et agressif – plus « moderne » en somme – de « The Lost & The Forgotten » qui rappelle le In Flames époque Colony (1999) et Clayman (2000). La brutalité d’« Afterlife » tranche efficacement avec l’inspiration eighties de « Howl Of The Banshee » : Primal Fear a feuilleté tout son catalogue. Il nous gratifie même d’une pièce de treize minutes avec « Infinity », un développement homérique aux mélodies tout juste à la limite du pompeux, une sorte d’union suprême de tous les membres du groupe qui se conclut par des arrangements d’orchestre. Une conclusion grandeur nature qu’on ne reniera pas.

Metal Commando n’est peut-être pas aussi poignant que l’annonce Mat Sinner. Il ne démérite pas pour autant, avec son lot d’accroches, de riffing et de solo bien sentis. Son classicisme n’est ni un défaut ni une qualité. Il est la preuve qu’entre évolution et fidélité à ses racines, Primal Fear a définitivement tranché en faveur du second. Metal Commando a même des allures de définition du heavy metal, égrainant méthodiquement tous les éléments qui en constituent l’essence : les mid-tempos heavy, les brûlots speed, la ballade, la chanson épique… Il se trouve dans ce milieu convenable du rien de jetable, rien de mémorable, mais transpire l’amour du heavy metal. Parfois, il n’en faut pas plus.

Clip vidéo de la chanson « I Am Alive » :

Lyric vidéo de la chanson « Along Came The Devil » :

Album Metal Commando, sortie le 17 juillet 2020 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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  • J’ai effectivement appris il y a quelques semaines l’arrivée de Michael Ehré chez Primal Fear.
    Du coup, entre ça + le retour officialisé de Kai Hansen chez Helloween + la formation du groupe The Unity… doit-on s’attendre à ce que Gamma Ray soit définitivement splitté? 🥺

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