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Chronique   

Primordial – Where Greater Men Have Fallen


Trois albums successifs, trois réussites. Quasi unanimement saluées par la critique et par les fans de surcroît. Avec The Gathering Wilderness (2005), Primordial initiait la seconde phase de sa carrière en, non pas changeant complètement sa formule, mais en en ré-établissant les contours. Et avec To The Nameless Dead (2007) et Redemption At The Puritan’s Hand (2011), il imposait plus que jamais le fruit de son talent. Primordial serait alors roi au royaume du metal païen. Ainsi, trois ans après Redemption At The Puritan’s Hand animé du feu sacré, les Irlandais reviennent déposer une nouvelle gerbe d’obscurité léchée et soyeuse, d’oppression profonde et cathartique dans les plus tortueux caveaux de l’esprit humain. Mais est-il seulement possible d’enchaîner après le hat-trick sus-mentionné ? Car nul doute que Primordial est en compétition… avec lui-même, afin de se surpasser. Et aujourd’hui, quand on se nomme Primordial, rien ne semble impossible.

Bis repetita, les Irlandais font encore et toujours du Primordial et les fans du combo retrouveront en cette nouvelle galette tous les ingrédients qui ont mené le groupe à ses derniers coups d’éclat. Where Greater Men Have Fallen tangue perpétuellement entre obscurité et luminosité, accompagnant et chantant ceux qui se sont battus pour de justes causes. Mystique, religieux, intense, la formation irlandaise ne surprend désormais plus vraiment mais sait toujours subjuguer son auditoire. Oui, Primordial fait preuve de force de persuasion tout au long de cet album qui prend de l’ampleur et se dévoile à chaque titre qui passe. S’ouvrant sur la tempétueuse chanson éponyme, il se clôture avec un « Born To Night » qui fera perdre toute notion du temps (et rappellera le heavy d’un Iron Maiden en fin de titre) et cet hymne final chaleureux : « Wield Lightning To Split The Sun ». A.A. Nemtheanga chante durant les huit titres que comprend l’album avec cette folie, ces accents conquérants, cette hargne macabre, ces cris possédés et déchirants. Le frontman nous emporte dans sa conviction et son éloquence grisantes et viscérales. Le guttural « The Seed Of Tyrant » et le démoniaque « The Alchemist’s Head » injectent, chacun différemment, une dose black metal à l’opus, alors qu’à l’opposé, « Babel’s Tower » montre un autre visage, de celui qui se lamente, avec une voix plus ronde qu’à l’accoutumée, dans un contexte plus rock, avant de s’emporter à nouveau puis se perdre dans les méandres mélancoliques. Une semi-ballade qui pourra d’ailleurs surprendre placé ainsi en deuxième piste, faisant retomber la pression l’album à peine commencé. Ce qui pourra être vu par certains comme un défaut dans le développement de l’œuvre, sera une rafraîchissante transgression des conventions pour d’autres.

Ce n’est pas encore sur cet opus que Primordial faiblira, et encore moins périra. La formation joue de son talent avec une incroyable sincérité, perceptible dans l’exécution de cet album, mais aussi constance. Where Greater Men Have Fallen est un digne successeur à une discographie à l’évolution naturelle, cohérente et sans faux pas. Plus de quinze ans d’activité et Primordial ne semble toujours pas épuisé, renouvelant son art, ou, du moins, l’affinant – la production, notamment, méticuleusement dosée, avec une basse bien mise à contribution sous une jolie distortion -, lui donnant à chaque fois un peu plus de profondeur.

Ci-dessous le titre « Where Greater Men Have Fallen » :

Album Where Greater Men Have Fallen, sortie le 21 novembre 2014 chez Metal Blade.



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