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Live Report   

PRO PAIN AU GRILLEN DE COLMAR


Artistes : Pro-PainS-CoreVenginceWorn-Out
Ville : Colmar (France)
Lieu : Le Grillen
Date : 28-09-2008
Public : 350 personnes environ

Un peu dur à trouver ce Grillen, mais l’équipe de Radio Metal est futée, et Monsieur GPS nous sauve la mise. A l’entrée : refoulés ! Mais au même moment, un Colosse (Maciste et Leonidas passeraient pour des danseuses grecques) s’approche, l’air menaçant, de votre serviteur, prêt à tout pour sauver sa peau et celle de son compagnon. « Radio Metal ?! » questionne-t-il de sa voix de stentor…la peur nous étreint… « Je suis Ket de S-Core, venez, on rentre ! »

Soulagement du public.


Le groupe Worn-Out sur scène

La soirée s’ouvre avec un groupe local, Worn-Out. Matthieu notamment, le guitariste, est un acteur effervescent de la scène locale et ?uvre pour le bien du metal alsacien à l’instar de ses collègues. Worn-Out c’est avant tout une inspiration décalée : mêlant adroitement metal, hardcore et indus. Samples léchés et guitares-tronçonneuses sont au rendez-vous. Le chanteur-garou, clone de Kerry King, est équipé d’une belle paire de lunettes : la classe ! C’est un set extrêmement sympa et des compos très étonnantes qu’ils nous livrent là. Le son est impeccable et la mécanique est très pro. L’ambiance est également très bon enfant. La voix, particulièrement, fait mouche tout de suite. Alors que la salle se remplit peu à peu et qu’ils quittent la scène après 25 minutes d’une intensité très surprenante, nous avons compris : une excellente soirée se prépare.


Vengince, bonne prestation.

A peine le temps de se remettre de ses émotions, quand la suite s’entame au pas de course. Les californiens de Vengince (non, non, il n’y a pas de phôte d’aurtograffe) investissent la scène, et vont nous distiller, sciemment et sûrement, une musique hybride, complètement barrée, hurlante et saturée. Des rythmiques très saccadées et imprévisibles qui sont portées par une voix tantôt grind, tantôt hardcore, tantôt death. Un véritable maelström métallique qui se met en place de manière calculée, chaque morceau poussant le délire un peu plus loin. Il est plus que vraisemblable qu’ils aient été à l’école de Dillinger Escape Plan, en empruntant un peu à tout le monde des bonnes idées (Raging Speedhorn en tête de file). Un set éminemment furieux, volatile, emmené par Relentless, le chanteur aux chorégraphies aériennes. Ca saute, ça pogote, ça tabasse : l’ambiance est encore montée d’un cran après que les charmants hurleurs eurent fini. Notons au passage l’inestimable prestation du bassiste de S-Core, soutien indéfectible des californiens en matière de réhydratation.

Pour revenir une nouvelle fois sur l’ambiance, elle était particulière, électrique et chargée autant en émotions qu’en tensions. Et pour cause : Colmar est le dernier show de la tournée pour Vengince, S-Core et Pro-Pain. D’où cette charge émotionnelle palpable.


S-Core Live !

Bien des autochtones sont là pour voir S-Core. Ce groupe du cru, qui, fort de deux albums, pousse peu à peu la scène metal alsacienne vers les projecteurs de la reconnaissance. S-Core, c’est 5 strasbourgeois soudés et complices qui envoient le pâté. S-Core est efficace ; pas de fioritures, des textes qui font mouche et une rage canalisée à bon escient. S-Core est également respectueux : l’esprit du metal et du hardcore est en eux (unité, solidarité, combat de chaque instant) . S-Core est tout ce que ne sera jamais Tokio Hotel : une vraie famille.


Ket(chant), le dynamisme avant tout !

Le combo rhénan dégage une énergie hallucinante sur scène : ça hurle, ça saute… un son qui arrache. Sourd, poisseux, le beat de S-Core déchire les tympans et se mêle parfaitement au mur de guitares. Généreux mais agressif, le metal qu’ils pratiquent est résolument sans concession et très fin, sous ses apparences bourrues. Un peu comme Ket, au passage… Là encore, fans de musiques douces, je vous laisse tout loisir de découvrir S-Core sur leur site Myspace, si vous ne les connaissez pas.

Fin d’une époque…tout le monde se prépare gentiment au cataclysme de Brooklyn. Quelques minutes après la fin de leur set, l’on croise quelques membres de S-Core, dont Ket en sueur. Après quelques mots d’usage, il nous confie que la tournée a été longue et qu’ils sont tous heureux de retrouver leur famille… Cette famille si importante. Il n’est pas peu fier d’avoir ouvert pour Pro-Pain, le Predator. Un long moment de réglages se termine (« tchèque, tchèque, ouane, tou, ouane, tou »).


Le gang de Brooklyn Live !

Enfin, les cavaliers, les vieux routards du NYHC sont là, sur scène, à un mètre du public. « Good Evening Colmar, we’re Pro-Pain ! Let’s kick some asses ! ». Gary Meskil est un sacré personnage. Leader-hurleur charismatique, bassiste-terroriste, il est depuis 16 ans le représentant d’une espèce rare : le défenseur du Hardcore « à l’ancienne ». Lui et ses acolytes savent toucher. Direct.


Gary Meskil : leader du groupe.

Leur set fut vraiment étrange, particulier. Imaginez-vous qu’une heure de votre vie disparaisse totalement et que vous paniquiez. Et lorsque vous comprenez qu’elle est perdue à jamais, vous entrez dans une rage folle et vous avez envie de tout envoyer valser ! Eh bien, le show Pro-Pain commence là ! Une fureur vous envahit et vous donne l’impression de vous aveugler. Impossible de retenir votre tête qui se balance en rythme d’avant en arrière. Impossible aussi de ne pas vouloir faire un câlin, épaule contre épaule à votre voisin de droite. « 3 Minutes Hate », « In For The Kill », « One Man Army », tous ces titres sulfureux s’enchaînent impeccablement dans un jeu dense, lourd et percutant. Guitares tronçonneuses-inside. La batterie est millimétrée, pas de superflu. Tom Klimchuck (guitare solo) est impeccable et ses solis diaboliquement bons… La pédale Wawa chauffe ! « Shine » et « Make War Not Love » continuent le bombardement. Côté Public, on a explosé depuis longtemps !


Pro-Pain en concert : ça bouge !

Une fosse s’est creusée, on s’y cherche, pogo, on s’y retrouve, mosh (enfin pas trop quand même, ça secoue ça). Chris, le chanteur de Worn Out est en train de suer sang et eau pour profiter de cette occasion bien spéciale. Relentless, gratifié du plus beau « Happy Birthday » de la soirée par Gary et Tom, se lance aussi dans le combat. La tension n’est plus, c’est la furie qui a pris le dessus. « Foul Taste Of Freedom » arrive en point d’orgue de ce set d’apocalypse et le conclut de manière tout à fait énorme. Ovation du public, remerciements en pagaille, pleurs pour certains, cicatrices pour d’autres… Peu importe, tout le monde est conquis. Du travail de pro, en somme.


Set-List Pro-Pain

La tête pleine d’images et de bourdonnements divers, nous retournons chez nous. Ce type de soirée est extrêmement rare. Comme une sorte de réunion de famille en somme. See you soon, guys.

NB : Un grand merci à Cyril, Ket, Mat’, Chris et tous les autres.



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