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Chronique   

Prong – Ruining Lives


Prong, l’insaisissable groupe new-yorkais au trident remet le couvert et relève le défi de rivaliser sinon faire mieux que le précédent Carved Into Stones (2012), largement accueilli par les fans et les critiques comme leur meilleur album depuis leur reformation en 2002. De l’aveu de son gourou musical et spirituel Tommy Victor, qui a jadis croisé la route de Danzig et plus récemment celle de Ministry, ce nouveau Ruining Lives serait un condensé du meilleur de la discographie du groupe en piochant avec sa fourchette de-ci et de-là dans des galettes passées et acclamées telles que Force Fed, Beg To Differ, Rude Awakening ou encore Cleansing. D’ailleurs, l’imagerie de ce dernier fait clairement l’objet – et l’expression est plutôt de circonstance – d’un joli clin d’œil sur la pochette de ce nouvel opus.

Conforme à son identité crossover, le groupe a fait le boulot pour accoucher d’un dixième opus coloré et moderne, en fusionnant ambitieusement thrash moderne, hardcore des familles, punk-rock, post-punk et metal industriel, pour aboutir à une variété finalement à l’image du melting pot musical et culturel new-yorkais. Le style épais proposé peut aussi bien mettre en avant dans un même morceau une douce mélancolie avant de souffler dans les tympans un riff acéré unificateur, qu’emporter l’auditeur tantôt dans un nightclub où pullulent la pop et l’indus, tantôt dans les bas fonds d’un squat où sévit le hardcore le plus rude de la Big Apple. L’ensemble est habillé par des mélodies rafraîchissantes, un chant percutant, richement produit, travaillé et arrangé, bien qu’en chicanant on puisse objecter une petite linéarité sur la voix dans la traversée de l’album.

En dépit de l’enthousiasme de son leader, on peut aussi regretter que le groupe n’ait que partiellement renoué avec le groove spontané dont il avait fait sa marque de fabrique au cours des années 90 et qui le plaçait alors au niveau honorable d’Helmet voire de Pantera. Savamment recherchée, la symbiose musicale de Prong pourrait être une sorte de friandise, non pas édulcorée, mais piquante, sucrée, acide, fruitée et enrobée à la fois. Elle laisse l’auditeur dans un état second, la dégustant sans vraiment différencier les diverses sensations qui lui explosent en bouche, plusieurs écoutes étant nécessaires pour en apprécier et digérer les saveurs.

Album Ruining Lives, sortie le 28 avril 2014 chez Steamhammer/SPV.



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