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Radio Gaga   

Quand Sylvicious (TAMTRUM) parle de Lady Gaga


Lady Gaga est une artiste qui ne laisse pas indifférent le public… et les autres musiciens. Les très nombreuses reprises que l’on peut trouver sur la toile confirmant, entre autres, le propos. Lors de notre rencontre avec le groupe d’indus/rock Tamtrum, le 29 octobre dernier à Lyon, Sylvicious (batterie) nous avait fait part de son admiration pour Lady Gaga en affirmant aimer la musique de la star. Les mois ont passé et il nous a paru intéressant d’en savoir plus sur un sujet que nous avions simplement survolé avec lui. Le meilleur moyen étant de laisser la parole à Sylvicious pour qu’il expose à la grande famille du metal sa vision de Lady Gaga.

Sylvicious a eu une totale liberté d’action dans la tribune ci-dessous. Son discours est donc à son image : drôle et hyper spontané.

« La toute première fois que j’ai entendu/vu Lady Gaga, c’était via le clip de « Poker Face » un soir dans mon lit. Clairement j’ai pas bandé. Je me suis dis que ça n’était qu’une sorte de Dance « 90’s-like » maladroitement remise au goût du jour, avec un manque certain de moyen et une nana pas assez bonne.

J’aime bien le luxe, les grosses prods, le Black Album de Metallica, pour moi, c’est pas une trahison mais tout l’inverse : c’est ce qu’un groupe peut faire de mieux pour ses fans, un chef-d’œuvre musical peaufiné note par note, mix par mix, arrangement par arrangement.

Pour en revenir à ce premier clip, j’ai quand même eu l’impression que Lady Gaga se détachait un peu du marasme « Virgin17-FunSkyrap ». Mais voila, y’avait pas les moyens. Clairement les arrangements de ce titre ne sont pas poussés à leur paroxysme, elle a l’air gauche dans son ensemble bleu et, faut le dire, c’est pas un canon de beauté le truc. Mais au même niveau que Marilyn Manson, elle a le don de savoir s’arranger. Elle fait partie de ceux que la célébrité (et les moyens surtout) rendent canons.

Marilyn Manson, parlons-en, j’ai toujours trouvé que Lady Gaga avait ÉNORMÉMENT à rendre au personnage, lui-même étant un patchwork réussi de ce qui s’est fait de mieux dans les années 80 : la folie des grandeurs de Kiss, PLEIN DE TRUCS à Bowie – et pas seulement ses yeux vairons – les photos glauques à la Christian Death, et j’en passe… Ils sont tous deux un pur produit des États-Unis avec tout ce que cela engendre… à la différence que, au lieu de jouer sur la provocation, elle a choisi une variante à travers l’excentricité. Dans le costume d’abord et dans le message ensuite.

Avant qu’elle n’explose avec le Fame Monster EP, comprenant entre autres « Bad Romance » et « Telephone », je savais qu’elle allait marcher après avoir vu une de ses interviews où je retrouvais la flamme du Manson des débuts, à savoir une soif de réussite et une envie de marcher sur les plates-bandes du Christ. Être une Rock Star pour en être une, et aviser après.

Autre point commun, ils ont tous deux donné beaucoup d’importance aux visuels de leurs clips respectifs, peut-être ont-ils su tirer la leçon des « Smells Like Teen Spirit » (Nirvana) ou autre « Welcome To The Jungle » (Guns N’Roses) qui n’étaient certes pas des exemples d’esthétisme, mais qui ont changé à jamais la carrière de leurs instigateurs. Autre ressemblance et pas des moindres, ils jouent tout deux sur l’iconographie et font tout pour se faire pointer du doigt par les culs serrés et autres conservateurs ricains, ce qui est toujours de la pub efficace et peu onéreuse au pays des grosses voitures. Non, pour moi Lady Gaga est carrément la version mainstream, féminine et sans guitare de Marilyn Manson.

La deuxième fois que j’ai entrevu Lady Gaga, c’était en Russie, pendant une tournée avec Tamtrum. On était dans un resto, sirotant un Борщ en train d’attendre pour aller faire nos balances dans le club. Je suis resté bouche bée. Là, pour le coup, j’ai commencé à sérieusement m’y intéresser. Et encore c’était avant d’entendre le son du truc. « Telephone » : une prod’ énorme. Ça y est on lui avait donné un chèque, un gros, et puis BRAVO à Jonas Åkerlund, l’ancien batteur de Bathory, qui a réalisé le film.

Les couleurs, les idées, la prod’, le son, les arrangements, le refrain, le pré-ref’, les placements, le texte qui n’a rien à voir avec les images (les ricains sont forts pour ça – rien à foutre dès lors que t’en prends plein la gueule). En quittant le tiers-monde blanc et en retrouvant mon mac j’ai tout de suite téléchargé illégalement l’opus, je pense que je l’ai écouté 3 000 fois depuis, et j’y découvre encore des sons, des arrangements vocaux qui m’ont échappé sur les 2 999 fois précédentes. Et puis la cerise sur le gâteau, Beyonce, ce monstre noir de beauté.

Le mec qui a produit le truc a bien compris que ce qui avait fait la petite différence dans « Poker Face », c’était ces coupures intempestives sur les voix, ces cuts en boucle qui donnent un rythme démoniaque et qui est parfaitement exploité dans « Telephone ». J’adore ce putain de morceau, dès la fin de l’intro, y’a une urgence qui s’installe et qui ne quitte plus le titre : ça me donne envie de faire ma pute sur le dance-floor, foutre le son à fond, mettre des coups de poing dans des bouches, foutre le feu à un disque de Venom, bouffer des pilules par poignées de dix, conduire une voiture puissante à fond en grillant les feux, transpirer et danser encore. Le point culminant du single étant pour moi le « WATCH OUT » qu’une « guest » glisse à la fin du dernier refrain.

Il y a l’underground, source intarissable de talent honnête, et le mainstream-fashion… Le mainstream m’emmerde, je n’y trouve que rarement à manger. Il y a bien des exceptions, je me rappelle du « Hey Ya! » de OutKast, du « What You Waiting For? » de Gwen Stefani, ou encore du « Hung Up » de Madonna. Il y en a plein en fait, mais c’est souvent un morceau super, pour vendre la galette et quand t’écoutes le reste tout s’effondre : pas de concept, pas de vrais forces artistiques. Aucun disque de Michael Jackson ne vaudra pour moi un Ride The Lightning (Metallica) ou un Anthems To The Welkin At Dusk (Emperor), car ces artistes là n’ont plus le temps d’être sincères à cause des pressions des maisons de disques. Mais, en format single le mainstream peut tuer. Littéralement. « Billie Jean » (Michael Jackson), que tu le veuilles ou non, ça flingue.

C’est un peu le truc avec Lady Gaga. Elle est pile entre deux statuts, elle a trop de personnalité, d’idées et de détermination pour n’être qu’un produit de maison de disque à la Ke$ha (quel immondice ce truc), mais en même temps je n’ai réussi a adhérer à 100% à aucun de ses deux albums, comme j’ai pu le faire avec ceux de Metallica, Stupeflip, The Cure, Joy Division, Morbid Angel ou encore Spiritual Front.

A mes yeux, Lady Gaga est une gamine harnachée du dentier argenté de Manson qui s’amuse à manger dans la gamelle de Madonna. Et ça pour moi c’est bien plus rock’n’roll et exaltant que tout ces groupes de metal qui continuent d’appliquer à la lettre les règles que Black Sabbath, Slayer et Morbid Angel ont gravé dans du marbre noir il y a déjà trente ans. Vous savez, cette multitude de groupes à la mords-moi-le-nœud sans imagination qui passent leur vie à se branler sur VS et cracher leur venin sur YouPorn… ou l’inverse ?

Sylvicious »

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  • ben ça rejoint le traditionnel « sois provoc et tu vendras des disques même si ta musique c’est de la merde » en plus approfondi, dit avec pleins de mots pour fait « stylé ». c’est lui qui devrait écrire pour le groupe, il a l’air réfléchi ce garçon

    d’ailleurs ils reprennent pas mal le concept dans Tamtrum: je trouve la musique à chier, par contre l’univers visuel est très classique pour le genre mais développé, et attrayant (des boobs en live ça attire l’oeil)

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  • Très bon article, je partage son analyse !

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  • C’est qui un  »Борщ » ??!

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    Un lait fraise.

  • NOS Cryos dit :

    Euh Sylvicious c’est le batteur de Tamtrum pas le clavierriste.

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    Ouh la vilaine faute ! Merci à toi, j’ai rectifié…

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