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Live Report   

Queens Of The Stone Age met le feu sans jouer avec les allumettes


… Like Clockwork, la dernière production des « Reines » du stoner marque leur retour discographique après six années d’absence dans les platines. Les fans, nombreux, devaient s’impatienter même si un passage en juin au Trianon avait pu en rassasier certains. Deux Zénith remplis jusqu’au dernier siège prouvent non seulement l’impatience des fans mais aussi leur fidélité. Et qu’un seul Trianon n’aura pas suffi à combler les affamés.

En arrivant dans la salle, toutes lumières encore allumées, chacun peut découvrir le décor de cette seconde soirée. Au fond de la scène, un backdrop flanqué du logo de la première partie. Plus inhabituel, les côtés de la scène restent ouverts, sans les tentures usuelles qui masquent les entrailles du spectacle. Mine de rien, cette ouverture donne une autre ambiance, plus club peut-être. La première partie sera assurée par SweetHead, groupe fondé par le guitariste Troy Van Leeuwen, lequel œuvre aussi avec les Queens Of The Stone Age. Au chant, Serrina Sims qui a chanté sur le titre « Make It Wit Chu » des reines de la soirée. Quelque part, on reste donc en famille.

Artistes : Queens Of The Stone AgeSweetHead
Date : 14 novembre 2013
Salle : Zénith
Ville : Paris

Serrina Sims (SweetHead)

Trente minutes de show, c’est la durée minimale, presque syndicale, pour qu’une première partie dévoile ses atouts. C’est la durée dont aura bénéficié SweetHead. Et quels atouts possède ce groupe ? Musicalement, son rock n’est pas des plus marquants pour qui le découvre ce soir, flirtant parfois avec le son de la tête d’affiche. Vu la composition du groupe, rien d’étonnant à cela. Nous avons déjà parlé de Serrina et de Troy, alors intéressons-nous aux autres : la batterie est tenue par Norman Block, la basse par Eddie Nappi, musiciens participant à l’œuvre de Mark Lanegan. Queens Of The Stone Age, Mark Lanegan, vous voyez le lien ?

Côté animation scénique, l’essentiel repose sur Serrina, chanteuse pulpeuse, habillée d’une combinaison de lumières très moulante. Les autres musiciens restent chacun sur leur côté ou au fond si ce n’est un des guitaristes qui bougera de temps en temps. Mention spéciale au batteur tout de même qui, avec ses airs à la Jason Bonham, déploie une vraie énergie coincé derrière ses fûts. Mais le groupe en lui-même aura-t-il laissé une empreinte dans les esprits ? Pas si sûr.

20h55, les lumières s’éteignent à nouveau et sur l’écran placé en fond de scène commence un compte-à-rebours à partir de 60. Les chiffres défilent, les musiciens arrivent, ombres chinoises que le public peut juste distinguer. Les dix dernières secondes font sacrément monter la pression. L’arrivée de la musique libère les énergies. Les Américains entament leur set par deux titres de leur album emblématique, Song For The Deaf. Sur l’écran arrive une image à l’américaine, les lettres Q.O.T.S.A s’affichant en rouge, à la manière d’une enseigne d’un motel perdu.

Queens Of The Stone Age : les reines étaient bien habillées mais auraient pu mordre un peu plus fort.

Nous parlions d’énergie libérée ? La réaction du public est sans équivoque : l’accueil est magistral. Si le son est un peu fort, les morceaux n’en pâtissent pas et conservent toute leur puissance. Après un « Avon » qui nous replonge un cran plus loin dans la discographie des Reines de l’Âge de Pierre, Josh Homme adresse quelques mots au public.

« My God Is The Sun », première apparition du dernier album, est habillée de rais lumineux jaunes du plus bel effet. A ce sujet, la production de ce soir est imposante et soignée, du jeu de lumières à l’écran en fond de scène. L’ensemble renforce par une dimension visuelle l’impact du groupe, qui en offre autant pour les yeux que pour les oreilles. A propos d’oreilles, le public reconnait le titre suivant, introduit par une guitare qui joue un instant avec les fans. Il s’agit de « Burn The Witch » dont le début est soutenu par les vocalises d’un public connaisseur. La batterie martèle et claque pour le plus grand bonheur de tous ! On se demande d’ailleurs pourquoi certains batteurs ont tant de toms et de cymbales. Ici, le kit de batterie est d’une sobriété quasi insolente mais pas moins efficace. Efficacité qui se retrouve chez les spectateurs qui donnent de la voix pour accompagner le titre au moindre break.

« Thank you so much, Paris, how are you doing ? » demande Homme avant d’annoncer que le prochain titre parle de fin heureuse. On le croit sur parole même si les crânes qui flottent sur la rivière rouge défilant sur l’écran derrière lui ne restituent pas forcément cette impression heureuse ! « …Like Clockwork » et son début au piano calme un peu le jeu. L’ambiance est plus tamisée, Josh tire sur une cigarette, l’éclairage tombant du plafond est minimal laissant une pénombre plus propice à une atmosphère intimiste avant que l’ensemble des musiciens n’intègrent le morceau qui devient alors une « power-ballad », soutenue sur certains passages de rais de lumière très blancs. Le groupe enchaîne sur « In The Fade », titre à la nouvelle introduction calme au piano. Sur l’écran, un grand aplat bleu. Là encore, le morceau devient plus puissant comme tous les instruments entrent dans la danse.

Sur scène, peu d’animation. Les musiciens sont présents, investis mais plutôt introvertis. Hormis le bassiste qui bouge, le reste de la troupe est plutôt statique, manque de mordant. Josh s’adresse certes au public mais n’est pas le plus grand « frontman » qui soit. C’est peut-être là où le bât blesse mais nous y reviendrons plus tard car après avoir présenté chaque membre du groupe – qui récolte chacun une belle ovation – et s’être auto-présenté, Josh présente le prochain titre, « If I Had A Tail », comme étant en substance un morceau « to tell the people in charge to fuck themselves ». L’écran présente des volutes de fumée dans lesquelles des visages apparaissent. Le public applaudit ce nouveau morceau du dernier album, assez bien représenté dans cette setlist qui n’en oublie pas pour autant le reste de la discographie des Américains. Il faut dire qu’en offrant généreusement deux heures de concert, Josh et sa bande ont le temps de jouer pas mal de chansons pour la plus grande joie des fans présents.

« Kalopsia », pour une étrange raison, résonne dans les gradins pour un effet plutôt désagréable. Dommage. Ce titre, plongé dans des ambiances faites de rouge, se termine néanmoins par un beau final. Et les problèmes de son n’étaient que passagers fort heureusement ainsi « Little Sister » peut débarquer et récolter un gros succès auprès du public. Slammeurs, ovation, boucan d’enfer accueillent cet excellent titre issu de Lullabies To Paralyze. Gros moment qui fera dire à Josh : « It’s good to be here ». On veut bien le croire.

Queens Of the Stone Age met le feu sans l’attiser.

Les morceaux continuent et cette drôle d’impression évoquée précédemment persiste. Avec un tel public, dommage que le groupe ne jette pas la toute petite allumette de folie qui aurait enflammé le Zénith. C’est flagrant sur « Make It Wit Chu », morceau excellemment accueilli par le public qui reprend le refrain à gorges déployées. Alors, pourquoi ne pas profiter du passage calme et de l’ambiance pour laisser les fans chanter seuls, a capella ? Une petite incitation et ils l’auraient sûrement fait à merveille. Au lieu de surfer sur cette opportunité, Josh gratte son instrument plutôt que de s’offrir (nous offrir) un moment de pure magie. En attendant, le public plongé dans la prestation n’a pas de telles considérations en tête et ovationne comme il se doit ce très bon titre. Public qui aura répondu présent tout du long. A féliciter pour sa prestation aussi, lui qui a rempli deux Zénith de suite dans une mixité d’âges et de sexes intéressante.

Le dernier morceau avant la pause rappel, « Go With The Flow », nous ramène à Song For The Deaf. Pendant le titre, les célèbres tridents défilent, noires flèches sur l’écran rouge, et, à 22h30, le groupe quitte la scène déclenchant immédiatement un tintamarre de tous les diables dans la salle.

« The Vampyre Of Time And Memory » issu du dernier opus ouvre les rappels avec Homme installé au piano. L’habillage lumineux rouge et l’écran reprenant la pochette du dernier album forment un ensemble très visuel, vraiment très réussi. Un liquide noir – du sang ? – coule du haut de l’écran pour finir par le remplir et cacher le couple. « I Appear Missing » offre un nouvel extrait de …Like Clockwork et une nouvelle preuve des moyens scéniques mis en œuvre avec ces images du clip réalisé pour la chanson, mettant en scène un personnage en costume, les yeux bandés, attaqué par un corbeau puis un coyote. Le public toujours présent soutient la fin du morceau de ses applaudissements. « You guys are fuckin amazing » constate Josh avant que le groupe ne termine comme il avait commencé avec un titre issu de Song For The Deaf, le bien nommé « A Song For The Dead » où le groupe se retrouve noyé dans un éclairage blanc extrêmement puissant, venant de l’arrière. Effet visuel des plus réussis. Le Zénith atteint une espèce de folie sur le début du titre toutes guitares hurlantes avec une fosse qui se donne dans un ultime pogo.

Public et groupe peuvent se quitter heureux et, même si plus de mordant de la part de nos Reines préférées aurait sublimé la fête, la soirée était belle et aura rempli de gros sons les oreilles présentes tout en offrant de belles images aux yeux présents. Ce qui est vrai tant côté groupe, qui a produit un gros concert, que côté public, qui a tout donné !

Setlist :

You Think I Ain’t Worth A Dollar, But I Feel Like A Millionaire
No One Knows
Avon
Burn The Witch
I Sat By The Ocean
…Like ClockWork
In The Fade
If I Had A Tail
Kalopsia
Little Sister
Fairweather Friends
Smooth Sailing
Make It Wit Chu
Sick Sick Sick
Better Living Through Chemistry
Go With The Flow

Rappels :
The Vampyre Of Time And Memory
I Appear Missing
A Song For The Dead

Photos : Lost

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Galerie photos du concert de Queens Of The Stone Age



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  • C’était un concert bien cool. J’ai décollé quand j’ai entendu les premières notes de Better Living Through Chemistry. C’est vrai que le batteur a une pêche d’enfer.

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  • A la batterie, c’est John Theodore, ex-Mars Volta.
    Ce mec est juste un demi-Dieu de la batterie, un groove et une frappe de malade!

    Le son était un peu fort aussi (en plus d’un mal de tronche) à la Halle Tony Garnier, mais un excellent show, belle mise en scène, et j’ai trouvé les musiciens assez pêchus, surtout le déhanché de Josh Homme !

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