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Interview   

Queensrÿche (avec Todd LaTorre) est prêt à reconstruire son empire


Quel enthousiasme, ce Scott Rockenfield ! Si nous n’avions pas entendu le nouvel album éponyme de Queensrÿche (avec Todd LaTorre au chant) et compris à quel point il a été libérateur pour le batteur et ses collègues Michael Wilton (guitare) et Eddie Jackson (basse), nous aurions pu facilement croire qu’il s’était mis à la méthode Coué. Il suffit de compter le nombre de « super », « enthousiaste », « meilleur » et autres expressions positives prononcés dans l’entretien qui suit, pour se rendre compte à quel point une sorte d’euphorie s’est aujourd’hui emparée de ce Queensrÿche là, qui entre dans une nouvelle ère. Le groupe semble être en effervescence – ils travaillent déjà sur la suite – et surtout bénéficier d’une cohésion qu’il n’a pas eu depuis longtemps.

Alors que nous avions déjà eu le chanteur Geoff Tate, qui mène sa barque avec sa propre version du groupe et un nouvel album depuis la séparation de l’entité, au téléphone il y a plusieurs semaines, il nous fallait désormais échanger avec l’autre parti. Et la différence des discours est frappante, presque radicalement opposée. Entre l’un qui ne veut plus entendre parler du passé et dit avoir « arraché son rétroviseur » et l’autre qui, au contraire, érige en modèle pour l’avenir ses six premiers albums, il y a là deux conceptions distinctes de ce que doit être Queensrÿche. Et puis, il y a aussi le chanteur qui accuse ses anciens collègues d’un manque de participation aux compositions alors qu’eux l’accusent d’avoir toujours rejeté tout ou presque ce qu’ils lui proposaient. Même si le tableau n’a pas été très beau à voir, on se dit que finalement la séparation était pour le meilleur.

A chacun désormais de faire son choix, ou pas d’ailleurs. De toute façon, au bout du compte, la justice tranchera sur la propriété de la marque. Mais force est de constater que ceux qui attendaient depuis tant d’années d’entendre Queensrÿche reprendre possession du socle bâti dans les années 80 et début 90 accueillent d’ores et déjà à bras ouverts cette nouvelle entité.

On parle de tout ceci, en détail, avec le très agréable Scott Rockenfield dans le riche entretien qui suit.

« Michael, Eddie et moi avons toujours cru que Queensrÿche était bon à quelque chose. Il était bon dans un certain style, dans une certaine énergie, dans certaines chansons… »

Radio Metal : Ce nouveau line-up de Queensrÿche a débuté en tant que Rising West, lorsque Geoff Tate était toujours dans le groupe. Est-ce que la séparation et le changement de nom de Rising West à Queensrÿche est arrivé uniquement parce que vous ne vous entendiez plus avec Tate ou bien aussi parce que vous vous êtes rendus compte que Rising West sonnait plus comme Queensrÿche que Queensrÿche ces dernières années avec Geoff Tate ?

Scott Rockenfield (batterie) : C’était un super truc, ça fait tout juste un an ce mois-ci que nous avons fait les concert en tant que Rising West à Seattle. Écoute, Nicolas, honnêtement, ce que nous avons fait est… Rising West était quelque chose pour nous amuser. Tu sais, Michael, Eddie et moi avions du temps libre, Geoff était sur le point de partir en tournée aux États-Unis en soutien d’un album solo qu’il venait de finir. Ça nous a donc en quelque sorte laissés réfléchir, Michael, Eddie et moi, à ce que nous voulions faire. Michael connaissait Todd et il savait à quel point il est un super chanteur. Nous voulions donc donner quelques concerts en tant que groupe différent et nous avons trouvé le nom Rising West. Nous voulions simplement sortir et jouer quelques super classiques de Queensrÿche que nous n’avions pas pu jouer pendant très longtemps dans Queensrÿche, pour être franc. Nous l’avons donc fait et s’était une super chose : les concerts de Rising west ont eu un grand succès, des fans venaient de partout dans le monde pour assister au show. Ce qui s’est ensuite passé, c’est que notre situation dans Queensrÿche s’est complètement détériorée. Il a donc fallu, au bout du compte, prendre la décision d’avancer sans Geoff et continuer en tant que Queensrÿche. Et, de toute façon, continuer en tant que Queensrÿche est quelque chose qui était dans nos intentions depuis le début, lorsque nous avons commencé ces dernières années à avoir quelques problèmes avec Geoff : Queensrÿche a toujours été notre truc. Rising West était une sorte de transition pour trouver Todd, pour qu’il vienne et continue Queensrÿche avec nous. C’est ce que nous avons fait. Ça a été une super année, nous avons donné des concerts partout dans le monde au cours de ces douze derniers mois et nous avons un nouvel album qui sort. Voilà l’histoire de Rising West : c’était simplement pour nous amuser et ensuite nous avons poursuivi notre route avec Queensrÿche.

L’album s’intitule simplement Queensrÿche. Était-ce important de mettre en avant le fait qu’il s’agit là d’un nouveau départ pour le groupe et qu’une toute nouvelle ère était en train de s’ouvrir ?

Ouais, absolument. C’est exactement ce que nous voulions faire. Appeler l’album Queensrÿche paraissait être la bonne décisions pour nous. Car, dans la mesure où maintenant c’est un nouveau départ, ça paraissait pertinent et c’est une bonne façon de dire : « Nous sommes Queensrÿche et voici ce que nous faisons. » Et donc, voilà, c’est une très simple explication.

Todd LaTorre a aussi chanté pour Crimson Glory. C’est amusant car les deux groupes ont souvent été comparés l’un à l’autre dans les années 80. Était-ce donc un choix évident pour vous ?

Tu sais, c’en est devenu un, ce qui est intéressant car nous n’avons jamais eu à auditionner de chanteurs ou chercher quelqu’un avec qui nous voulions travailler. Nous avons beaucoup de chance de rencontrer Todd au début de l’année dernière. Il était un grand fan de l’histoire de Queensrÿche et de toute la musique que nous avons fait. Et nous avons été fans de Crimson Glory et ce qu’il a réalisé avec eux était super. On allait donc parfaitement ensemble. Et, ça vaut ce que ça vaut, il a beaucoup de fans qu’il a acquis en chantant avec Crimson Glory. C’est certainement une bonne chose de le voir continuer dans Queensrÿche.

Les gars de Crimson Glory ne sont-ils pas furieux contre vous que vous leur ayez, pour ainsi dire, volé leur chanteur ?

(Rires) Je suppose ! Je ne les connais pas vraiment et je ne leur parle pas mais, tu sais, Todd nous a dit, lorsqu’il a pris la décision de leur annoncer son départ permanent et qu’il ne souhaitait plus travailler avec eux, que ça allait et qu’ils ne s’étaient pas mis en colère ou quoi que ce soit. Todd est simplement trop occupé pour pouvoir faire les deux. Il se passe tellement de choses pour nous en ce moment qu’il serait trop difficile pour lui de se concentrer sur les deux. Nous avions le sentiment avec lui que c’était la meilleure décision à prendre. Je crois qu’ils sont OK et qu’ils peuvent poursuivre leur route et faire ce qu’ils ont envie de faire. J’espère qu’ils trouverons quelqu’un pour être leur chanteur et continuer, si c’est ce qu’ils veulent faire, je ne connais pas leurs intentions. Mais, en ce qui nous concerne, il faut que nous avancions.

« Les derniers albums que nous avons faits ne nous motivaient pas beaucoup et on nous forçait à faire des choses que nous ne voulions pas faire. »

Todd LaTorre a une voix parfois très comparable à celle de Geoff Tate. Était-ce important de préserver l’identité vocale du groupe, même avec un chanteur différent ?

Pour sûr et merci car je pense qu’il est super avec nous. C’est la chose que j’ai vraiment aimé à son sujet : l’idée selon laquelle il pouvait chanter notre vieux répertoire, toutes les musiques que Queensrÿche ait jamais fait. Il représente facilement le son pour lequel nous sommes reconnus. La voix est une part importante de ce que nous faisons, autant que la musique. Il était super : il arrive, il chante, il sonne comme Queensrÿche mais, ce qui est bien, Nicolas, c’est qu’il fait beaucoup de choses de lui-même maintenant, il a sa propre personnalité. Et ce qui est super, c’est que le groupe permet ça : au départ, il pensait qu’il devait être davantage comme ce que nous faisions dans le passé, mais maintenant il devient plus flexible et les fans désormais apprécient sa propre personnalité qu’il apporte à nos chansons. Il colle très bien au groupe.

Ne rencontrez-vous pas trop de fans fâchés avec le fait que Tate ne soit plus dans le groupe ?

Ouais, eh bien, tu sais, ça n’arrive pas. On a tellement de chance de recevoir autant d’enthousiasme de la part de nos fans et ils nous soutiennent avec une énorme ferveur. Durant les douze derniers mois nous avons parcouru le monde pour donner des concerts, tout le monde venait nous voir et les fans apprécient vraiment le show et finissent par nous soutenir. Ça nous fait donc du bien.

Geoff Tate semblait dominer le processus de composition jusqu’à ce jour. Qu’avez-vous donc ressenti cette fois-ci ? Comment s’est passé le processus de composition ?

Tu sais, le fait d’écrire les nouvelles chansons et de travailler avec Todd, c’était super. Ça a été une sacrée lutte ces dernières années pour faire les albums que nous avions le sentiment de devoir faire. Et Michael, Eddie et moi avons toujours cru que Queensrÿche était bon à quelque chose. Il était bon dans un certain style, dans une certaine énergie, dans certaines chansons… Mais c’était vraiment une bataille. Les derniers albums que nous avons fait ne nous motivaient pas beaucoup et on nous forçait à faire des choses que nous ne voulions pas faire. Heureusement, désormais nous sommes en mesure de faire ce que nous ressentons être ce qui est le mieux et je crois que cet album en est une bonne représentation. L’énergie était excellente, nous créons de vraiment très bonnes choses ensemble, nous en sommes très fiers et, pour être honnête, ça a été plutôt facile. Ça ne nous a pas demandé beaucoup d’efforts pour trouver notre alchimie ensemble et pour commencer à créer les chansons que tu entends sur l’album. Tu sais, en fai, nous sommes actuellement en train de travailler sur de nouvelles chansons pour un autre album. Nous nous éclatons avec ça et je crois que ça s’entend dans la musique.

Et est-ce que cela signifie que vous ne soutiendrez plus ces albums comme Dedicated To Chaos ou American Soldier, et que vous ne jouerez plus ces chansons sur scène ?

Non, pas du tout. Ce que ça veut dire, en fait, c’est que nous voulions vraiment jouer une grande partie des anciennes chansons de Queensrÿche que nous n’avons pas joué pendant si longtemps et que nos fans ont pendant longtemps voulu entendre. Se concentrer là-dessus était donc très important pour nous. Et ça s’est merveilleusement passé car les fans ont vraiment apprécié le fait d’entendre des chansons comme « Queen Of The Reich », « The Warning » et « Prophecy », des choses que nous n’avons pas joué depuis un bon moment. Ça, ça a donc été une super chose. Maintenant, avec le temps qui passe et les prochains concerts que nous donnerons… Nous sommes en train de répéter d’autres chansons, il y aura donc dans les concerts toutes sortes de chansons de Queensrÿche. Et, évidement, nous allons aussi inclure tout un tas de nouveau matériel pour nous amuser avec. Il s’agit donc d’une bonne période pour nous, là tout de suite.

Tu disais que vous aviez du mal à faire les albums que vous vouliez faire mais nous avons eu Tate au téléphone il y a quelques semaines de cela et il insinuait que vous ne participiez pas beaucoup au processus de composition. Du coup, où se situe la vérité ?

Eh bien, écoute, la vérité est simplement que, comme je l’ai dit, Michael, Eddie et moi avons toujours voulu continuer Queensrÿche en tant que groupe de rock et de metal, avec des éléments progressifs et épiques, exactement comme nos six premiers albums, de l’EP jusqu’à Promised Land. C’est vraiment ce sur quoi nous voulions nous concentrer en tant que Queensrÿche. Et puis aussi le son de Queensrÿche : je pense que notre nouvel album lui correspond bien, tout du moins nous le ressentons ainsi. Tu sais, à nos yeux, il possède de nombreux éléments issus de ces six premiers albums. Après, il faut savoir qu’au cours de ces dernières années, lorsque nous faisions des albums, nous avons soumis toutes sortes de chansons que nous avons écrites avec ce genre de son et ce feeling que nous pensions être le meilleur pour Queensrÿche. Mais Geoff n’est pas intéressé par ce type de musique, il ne l’est plus depuis longtemps. A de multiples occasions, il nous a dit : « Jamais je ne chanterais ‘Queen Of The Reich’, c’est stupide et je ne l’aime pas. Je ne veux pas faire un album de heavy metal comme nous l’avons fait par le passé. » Tout ça pour dire que nous avons écrit de la musique mais Geoff a vraiment fait le choix ces dernières années de ne travailler que sur ce qui l’intéressait. Nous nous en sommes donc accommodés pendant un moment. C’était comme un combat qui se mettait en place et empirait constamment. Nous espérions que les choses changent mais ça n’arrivait pas et c’est pourquoi nous sommes passé à autre chose l’année dernière.

Et est-ce que les chansons que vous avez créées et soumises à l’époque ont été utilisées pour ce nouvel album ?

Tu sais, c’est une bonne question. La majorité du nouvel album provient en fait de nouvelles musiques sur lesquelles nous avons travaillé après avoir rencontré Todd l’année dernière. Toutefois, on peut retrouver quelques fragments dans l’album qui proviennent de compositions antérieures à ça et sur lesquels nous voulions vraiment travailler. Il y a donc un peu de ça mais la majeure partie a été générée en écrivant de nouvelles chansons ou en reprenant uniquement un riff d’avant pour en faire une nouvelle chanson. Mais globalement c’est neuf et tout frais. Mais, écoute, nous avons une tonne de choses que nous avons écrites et qui n’ont jamais été utilisées. Nous sommes aussi en ce moment même, en quelques sortes, en train ronger quelques uns de ces trucs pour une partie des nouvelles chansons que nous sommes en train d’écrire. Pour résumer, je suppose qu’on pourrait dire que tout ça c’est Michael, Eddie et moi nous remettant dans la confection de chansons à la manière du vieux et grand Queensrÿche.

« Nous n’admettons pas vraiment qu’il y a un autre Queensrÿche là dehors. »

Ton jeu de batterie sur cet album est impressionnant, plus technique, riche et créatif que jamais. Est-ce parce que tu t’es senti libéré d’une certaine manière ?

(Rires) Eh bien, oui et merci, c’est très flatteur et j’apprécie tes compliments. Et, écoute, je suis très fier de moi. Il y a longtemps que je n’ai pas pu jouer de la batterie comme ça sur nos albums et ce pour plusieurs raisons. La première : c’était pénible pour nous et je ne croyais pas vraiment en la musique sur laquelle on nous forçait à travailler. Je n’ai donc pas donné le meilleur de moi-même. Je crois que les chansons que nous avons écrites pour ce nouvel album représentent ce en quoi nous sommes bons. Et faire ça signifiait que je devais devenir ce que j’étais auparavant. C’est ce que j’ai ressenti et c’est pourquoi j’étais si énergique. Je suis si excité à propos des chansons. J’ai donc simplement joué et je me suis mis au plus haut niveau que je pouvais atteindre, j’ai essayé de viser ça. Je pense qu’il y a des choses sur lesquelles je peux encore travailler mais j’ai sans conteste passé un excellent moment à faire cet album. Et, écoute, j’adore écouter cet album ! Je n’avais pas écouté un de nos propres albums depuis un moment. C’est donc très spécial pour moi. Et Jimbo, James Barton, qui a fait cet album avec nous et qui a fait Mindcrime, Empire et Promised Land, il est super avec moi et avec le groupe. Il me pousse vraiment à donner le meilleur de moi-même. Ce qu’il a vraiment dit dans le studio, pour chaque chanson, c’est : « Vas-y et joue les chansons comme Scotty Rock. Sois juste toi-même ! Car je sais que tu peux le faire. » Et c’est ce que j’ai fait et voilà le résultat. Maintenant il faut que je comprenne tout ça, Nicolas, car j’ai fait beaucoup d’overdubs en studio. (Rires) Il faut donc que je revienne dessus et comprenne ce que j’ai fait pour que nous puissions les jouer en concert. En fait, je suis en train de m’imposer un défi en me réécoutant ça car je me dis : « Wow ! J’ai fait pas mal de truc de fou là-dessus et maintenant je dois essayer d’intégrer tout ça ! » (Rires)

Tu as mentionné Jimbo qui a fait Operation: Mindcrime. Penses-tu qu’il aurait aussi dû être sur Operation: Mindcrime II ?

Non, il se trouve que je ne le pense pas car je ne crois pas que ça aurait été le bon album pour lui, pour travailler dessus. Et, écoute, en toute franchise, ceci était le début de nos problèmes avec Geoff dans Queensrÿche. Nous n’étions pas tous très concentrés sur Mindcrime II. Beaucoup de mauvaises choses sont survenues au cours de la confection de cet album et, comme je l’ai dit, c’était le début des problèmes. Je pense donc que c’est mieux que Jimbo n’ait pas pris part à ça. Et, en fait, je pense que maintenant c’est le parfait timing [pour travailler à nouveau avec Jimbo]. Il était écrit que nous devions nous retrouver et réaliser ce nouvel album. Il était tellement motivé et il est très reconnaissant pour tous les commentaires des médias et des fans. Il n’imaginait pas que les gens seraient si excités à l’idée de le voir travailler à nouveau avec nous là-dessus.

Au sujet de ton jeu de batterie, on dirait que tu utilises de nouveaux éléments dans ton kit de batterie. As-tu repensé ton jeu et ton kit de batterie spécifiquement pour cet album ?

Eh bien, tu sais, c’est une question intéressante. Mais je suppose… Non, pas vraiment. Je n’ai pas ajouté d’éléments particulièrement étranges. C’est plus ou moins le gros kit que j’ai depuis de longues années, car il est très confortable pour moi. Peut-être est-ce simplement la manière dont j’ai joué et la manière dont Jimbo et moi avons travaillé ensemble sur le son de la batterie et ce que nous avons obtenu avec le résultat final. Je crois que notre but, peu importe ce que faisait la batterie, était de s’assurer que, pour chaque chanson, elle sonne au mieux et le plus approprié possible. Je crois que ça sonne vraiment comme moi-même, comme à l’époque de Mindcrime et Empire. Pour moi, le son de la batterie et mon jeu donnent le sentiment d’être proche de cette période. Mais je pense que ça sonne aussi comme une nouvelle version de Queensrÿche, fraîche et moderne, et peut-être avons nous effectivement atteint ces deux aspects en même temps.

En réaction au fait que vous vouliez revisiter le vieux son Queensrÿche, Tate nous a dit la chose suivante : « Je ne crois pas que l’on puisse revenir en arrière. Si tu ne fais que constamment régurgiter les mêmes choses que tu as déjà fait, ce n’est pas être honnête avec l’art. Tu te méprises en tant qu’être humain. » Qu’en penses-tu ?

Eh bien, tu sais, écoute, tout le monde a sa propre opinion. Nos pensées sont dans le fait que nous voulions ça, nous voulions revenir en arrière pour jouer nos vieux titres en concert mais aussi, nous voulions, avec nos nouvelles chansons, retrouver l’énergie que nous avions à cette époque et cette alchimie créative, ce sur quoi nous avons bataillé. Todd a été un super ajout : il aime cette idée, il aime la musique que nous avons faite à l’époque avec Queensrÿche et le fait de ramener tous ces éléments dans nos nouvelles chansons l’intéressait énormément. Je ne suis pas d’accord avec cette opinion que tu me dis qu’il a formulée. Je crois qu’il est important pour Queensrÿche de faire ce pour quoi il est le meilleur, et ceci est ce que nous ressentons être ce pour quoi nous sommes meilleurs.

« Michael, Eddie et moi estimons que la meilleure chose pour Queensrÿche est d’avoir les membres d’origine jouant le vieux répertoire pour le groupe et faisant de nouveaux albums qui sonnent comme Queensrÿche. »

Il a aussi affirmé que Chris DeGarmo et lui ont instauré une philosophie en ce qui concerne la musique qui était de continuellement accroître et faire progresser l’écriture et essayer toutes sortes de choses différentes. Penses-tu que vous êtes restés fidèles à cette philosophie originelle ?

Ouais, eh bien, en fait, c’était nous tous qui parlions de ceci, ce n’était pas uniquement Chris et Geoff. Ce que je veux dire, c’est que notre but à l’époque était de toujours faire la meilleure musique que nous pensions pouvoir faire, de nous stimuler et de prendre du plaisir dans ce que nous faisions. Tu sais, nous sommes des artistes : en tant que tel, nous évoluons et nous essayons des choses différentes. Mais je crois qu’à présent, la chose la plus importante est de faire en sorte qu’à compter de ce jour les éléments importants de Queensrÿche se retrouvent toujours dans la musique que nous ferons, ce nouvel album inclus. Je crois que nous avons à nouveau beaucoup évolué avec ce nouvel album mais il sonne comme Queensrÿche. Tu sais, c’est une chose d’évoluer radicalement et ne pas vraiment avoir de base solide quant à ce pour quoi le groupe est réputé pour être bon, mais il est bon d’évoluer suivant, je crois, les paramètres de l’alchimie telle qu’elle a été au début, si ça a un sens. (Rires).

L’album ne dure que trente cinq minutes. Comment se fait-il qu’il soit si court ?

Eh bien (petit rire), tu sais, c’est intéressant car en fait nous ne savions pas quelle était la durée de l’album avant que nous le terminions il y a six semaines. Nous avons travaillé sur le matériel, nous avons enregistré les onze chansons, nous avons tout terminé et la maison de disques nous a appelé au moment où nous étions sur le point de leur envoyer le tout et ils ont demandé : « Pouvez-vous nous dire combien de temps dure l’album ? », car nous n’avions pas encore fait la somme. Et nous étions tous surpris de constater qu’il ne faisait que trente cinq minutes. Je suppose que ce qui importe c’est que nous n’avons jamais eu le sentiment qu’il était trop court. L’album, de la première à la dernière chanson, nous donne le sentiment d’un projet très complet. Il ne manquait rien. Notre but a toujours été d’obtenir la meilleure qualité et n’a jamais été tant une question de quantité. Nous ne voulons pas ajouter de chansons supplémentaires qui ne sont pas encore prêtes simplement parce qu nous penserions que les auditeurs ou les clients avaient besoin de plus. Il y a eu par le passé de supers albums qui sont bien plus courts que le nôtre ne l’est, même à trente cinq minutes. Je pense toujours que la meilleure chose est le fait que nos fans soient très excités : ils voulaient seulement la meilleure musique possible, peu importe la durée. Ils ne veulent pas un paquet de trucs qui donne l’impression d’être du remplissage comme on dit, n’est-ce pas ?

Depuis la séparation, Geoff Tate a fait une tournée pour célébrer les vingt-cinq ans d’Operation: Mindcrime et a sorti un album en tant que Queensrÿche deux mois avant vous. Avez-vous ressenti une quelconque pression à cause de ça ?

Eh bien, non. Pour être franc, nous n’en avons pas ressenti. Le principal commentaire que je puisse faire est que nous n’admettons pas vraiment qu’il y a un autre Queensrÿche là dehors. Car ce n’est pas important pour nous et nous estimons que ça ne devrait pas l’être. Notre centre d’intérêt, c’est Queensrÿche, notre Queensrÿche, et nous pensons que nous faisons ce qu’il y a de mieux pour Queensrÿche, ce qu’il a besoin en tant que groupe et en tant que marque. Et Michael, Eddie et moi avons été les principaux gars dans Queensrÿche depuis le début. Avant même que qui que ce soit d’autre soit dans le groupe, nous jouions ensemble. Notre niveau de confiance par rapport à tout ce que nous faisons pour Queensrÿche est très élevé. Les fans du monde entier sont très enthousiastes à ce sujet. Donc, de toute façon, nous allons super bien et nous ne ressentons aucune pression. Nous ne faisons pas les choses simplement pour les faire sortir. Notre album arrive fin juin parce que c’est à ce moment là que nous avons pu passer assez de temps pour le finaliser. Nous n’allions pas nous précipiter et sortir de la musique qui n’aurait pas été au niveau auquel nous pensions devoir nous conformer.

Et je suppose que tu n’as pas écouté son album, n’est-ce pas ?

Tu sais, j’ai écouté quelques morceaux ici et là, simplement parce qu’on peut les entendre sur Internet. C’est une réponse honnête mais, je n’ai pas assez de temps pour m’asseoir et écouter et, pour être franc, je ne suis simplement pas intéressé. Car, comme je l’ai dit, nous sommes le noyaux de Queensrÿche et nous avons trois des cinq membres originels dans le groupe, nous ressentons donc que c’est là-dessus que repose notre force.

« Maintenant, nous savons ce que nous pouvons faire ensemble avec Todd. […] C’est donc un très bon début pour le prochain album et puis le suivant. […] Et ça pourrait bien être reparti pour encore vingt ans ! »

A propos des problèmes d’ordre légal, la prochaine séance au tribunal se tiendra en novembre. Avez-vous confiance ? Penses-tu que ce problème sera enfin réglé ?

Je pense qu’il faut espérer que la meilleur décision sera prise en novembre pour le soutien du nom Queensrÿche et ce qu’il signifie. Nous nous sentons très en confiance. Encore une fois, comme je l’ai dit, nous avons toute confiance en ce que nous faisons, les fans nous soutiennent, nous sommes très fiers de la nouvelle musique et nous sommes accompagnés par un super entourage qui est très professionnel et qui nous aide. Nous sommes signés sur une énorme compagnie de management. Nous avons été pris par l’un des plus gros tourneurs pour le monde entier. Donc, comme tu le constates, Nicolas, là où je veux en venir, c’est que nous nous sentons tranquilles sur ce sujet et que nous croyons que la meilleure décision sera prise en novembre.

Il y a une chose intéressante que Tate nous a dit : il pense que la situation actuelle est bonne pour les fans car ils obtiennent deux fois plus de musique. Es-tu d’accord avec ça ?

Non, je ne le suis pas, en fait. Nous voulons tous le meilleur pour Queensrÿche et Michael, Eddie et moi estimons que la meilleure chose pour Queensrÿche est d’avoir les membres d’origine jouant le vieux répertoire pour le groupe et faisant de nouveaux albums qui sonnent comme Queensrÿche. Nous pensons que c’est ça la meilleure chose. Le fait d’avoir plusieurs Queensrÿche en compétition sur le marché, tout ce que ça fait c’est, malheureusement, d’entretenir la confusion auprès des fans et cela n’aide pas Queensrÿche, d’un côté comme de l’autre. Je pense que la meilleure chose sera d’aboutir à une décision finale sur tout ça et de laisser Queensrÿche passer à autre chose.

Tu m’a dis un peu plus tôt que vous écriviez déjà de la nouvelle musique. Comment sonne-t-elle ?

(Rires) Ha, eh bien, tu as le nouvel album, n’est-ce pas ? L’as-tu écouté en entier ?

Oui, bien-sûr !

OK, donc, la nouvelle musique sonne exactement comme ça. C’est notre alchimie. On prend beaucoup de plaisir parce que, maintenant, nous savons ce que nous pouvons faire ensemble avec Todd. C’est si excitant car nous sommes tous, autant que nous sommes, très excités. C’est donc un très bon début pour le prochain album et puis le suivant. Je pense que nous continuerons simplement à faire la meilleure musique possible. Et ça pourrait bien être reparti pour encore vingt ans ! (Rires)

Cela signifie-t-il que nous aurons déjà un nouvel album dès l’année prochaine ?

Ha, tu sais, je pense que tout est possible. Je pense que nous sommes très excités à l’idée de faire de la nouvelle musique et nous allons continuer ainsi. Nous devons partir en tournée à travers le monde, nous avons des concerts qui débutent la semaine prochaine, mais nous avons beaucoup d’occasions pour continuer à écrire. Donc, ouais, je pense que nous aurons un nouvel album dans les bacs quelque part l’année prochaine, c’est surement une bonne supposition.

Avez-vous l’intention de venir jouer en Europe ?

Oui, très certainement ! Je te remercie donc de me poser la question. Nous allons faire des concerts aux États-Unis durant l’été et tout le mois d’octobre nous irons faire une tournée européenne complète et je crois que la France fait partie de la liste. Donc oui !

Interview réalisée par téléphone le 13 juin 2013
Retranscription et traduction : Spaceman

Site internet officiel de Queensrÿche : www.queensrycheofficial.com

Album Queensrÿche, sorti le 25 juin 2013 chez Nuclear Blast



Laisser un commentaire

  • Mon cher Scotty…
    Que je sache, sur des daubes déjà assez datées comme « Tribe » ou « Q2K », ça commençait déjà à se barrer en sucette musicalement.
    Mais personne ne se plaignait,même pas toi, je me trompe ??

    [Reply]

  • J’ai écouté une pièce auquelle on entend vraiment les musiciens originaux mais pour la voix de Todd Latorre, ce n’est pas ma tasse de thé d’écouter un clône de Geoff Tate, je préfère
    le vrai.
    Désolée les gars, je préfère Frequency Unknown

    [Reply]

  • Twisted Brother dit :

    C’est le meilleur QR depuis belle lurette !

    [Reply]

  • Toujours aucune date annoncée pour la France en tout cas, j’espère qu’il y en aura une au plus tôt !

    Interview intéressante en tout cas, ça fait plaisir de voir que les musiciens prennent du plaisir à faire ce qu’ils font 🙂

    [Reply]

  • ou et quand en france ?

    [Reply]

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