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Metalanalyse   

Queensrÿche (avec Todd LaTorre) reboote la machine


Et voilà qu’est dévoilé le second tableau issu de l’affaire Queensrÿche et de la scission d’une des formations de heavy metal les plus marquantes. Après Geoff Tate qui a lancé la première pierre avec son Frequency Unknown, c’est au tour de Michael Wilton (guitare), Eddie Jackson (basse) et Scott Rockenfield (batterie), accompagnés du nouveau chanteur Todd LaTorre (ex-Crimson Glory) et du guitariste Peter Lungren qui a à peine eu le temps de connaître « l’avant » en participant à Dedicated To Chaos (mais qui a tout de même eu le temps de marier et divorcer de la belle-fille de Geoff Tate dans l’intervalle), de dévoiler leur propre vision artistique de ce que doit être Queensrÿche. Et lorsque, pour démontrer l’effervescence créative qui touche la bande, Rockenfield nous avoue à plusieurs reprises, dans un récent entretien à paraître, qu’ils sont déjà en train de plancher sur le suivant, c’est comme une sensation de déjà entendu qui frappe.

En fait, c’est bel et bien plus qu’une sensation, puisque Tate nous avait offert le même discours à peine un mois plus tôt. Tout cela a bien l’allure d’une compétition, sachant que les deux entités se battent aujourd’hui juridiquement pour la garde du nom : il faut bien démontrer qu’on y est attaché et qu’on saura lui assurer un avenir. Mais la réalité est sans doute plutôt dans le fait qu’un abcès a été crevé, qu’une situation s’est débloquée et que donc les esprits créatifs se sont libérés. Le constat est que ce sont aujourd’hui deux albums qui voient le jour moins d’un an après les événements, avec deux autres déjà sur le feu pour l’année prochaine, alors que Queensrÿche uni peinait à livrer le fruit de son travail tous les deux ou trois ans. Le fait est que chacun, en tirant la corde de son côté avec des envies opposées, ne faisait qu’immobiliser l’équipe ou plutôt la ralentir, car, semble-t-il, au vu de la continuité que représente Frequency Unknown par rapport aux dernières œuvres de Queensrÿche, c’est tout de même Geoff Tate qui parvenait à avoir le dernier mot.

Aujourd’hui, avec les deux albums entre les oreilles, l’évidence est là : les deux parties ne regardaient pas le même horizon et l’issue ne pouvait en être autrement. Car là où Tate suit son chemin, presque entêté malgré les critiques, à la fois pour sa musique éloignée de l’âge d’or de la formation – mais pas forcément de l’esprit qui l’a toujours mû, contestera-t-il – et du fait qu’il écope pour beaucoup du mauvais rôle dans l’affaire, ses ex-collègues eux font mine de prendre un virage à cent quatre-vingt degrés et retourner visiter ce qu’ils considèrent être l’authentique son Queensrÿche. Mais qu’est-ce que l’authentique son d’un groupe qui n’a cessé de se remettre en question depuis ses premiers pas ? Le classique Operation: Mindcrime est en effet bien différent du plus « radio-friendly » Empire, lui-même très différent de son successeur Promised Land, plus alambiqué et ancré dans les années 90. Mais la jeune histoire de ce nouveau Queensrÿche, qui a débuté sous le nom de Rising West (nom faisant référence aux paroles de « Before The Storm » sur The Warning), offre une piste en ayant exclusivement concentré ses setlists sur les quatre premiers opus du combo, si l’on compte l’EP Queen Of The Reich.

Le point de référence se situe donc plutôt au niveau de la plaque tournante que constitue Rage For Order. C’est à partir de là que Queensrÿche s’est complexifié et ouvert, sans encore atteindre le côté léché et sur-produit des deux suivants. C’est ce que l’on retrouve en bonne partie dans cet album éponyme : une production brute, presque datée même, où la batterie claque, la basse grince, le spectre des guitares plutôt porté sur les médiums et aigus et la performance globale nettement plus nerveuse, nettement plus porté par le travail des six-cordes, leurs duels et leurs harmonies, que ces dernières années. Même les sons synthétiques qui, dans le temps, mettaient le combo à l’avant-garde, pourrait aujourd’hui paraître appartenir à une autre décennie. Sans compter la présence hautement symbolique, plus que vraiment remarquée, de Pamela Moore sur « Spore » et « A World Without », elle qui avait interprété le rôle de sœur Mary au côté de Queensrÿche alors considéré au sommet de son art. Mais c’est aussi une musique plus ouvertement portée sur la virtuosité comme en atteste le jeu de batterie très chargé de Scott Rockenfield. Le batteur donne le sentiment de profiter d’une certaine liberté d’action et d’un certain enthousiasme. Même s’il avoue ne pas avoir changé son kit de batterie, il y a retrouvé des éléments qui se sont raréfiés avec le temps et joue dans ses breaks sur la variété des percussions pour enrichir la musique. A vrai dire, plus que Queensrÿche en particulier, c’est tout un pan des origines du metal progressif que s’efforce à faire revivre le groupe, puisque d’aucuns y entendront ici et là des rapprochements avec le Fates Warning de la fin des années 80, tout début des années 90 (sur le très mélodique « In This Light », par exemple, on croirait vraiment entendre la guitare de Jim Matheos, la voix de Ray Alder et la batterie de Mark Zonder).

Autre lien avec le passé du groupe, plutôt étrangement d’ailleurs, c’est la performance vocale de Todd LaTorre qui dévoile un timbre et un spectre vocal très proche de son prédécesseur et retrouve des lignes de chants immédiatement associable à un Queensrÿche plus ancien. Autant LaTorre ne peut être considéré comme une pure copie de Tate, autant le bougre parvient souvent à faire illusion. Mais, tout compte fait, rien de bien surprenant : ce Queensrÿche n’a pas fait machine arrière en voulant retrouver une identité sonore jugée perdue pour finalement en chambouler l’identité vocale.

Surpris pourra être l’auditeur de voir l’album terminer au bout de seulement trente cinq minutes d’écoute et neuf chansons – une introduction et un interlude, ça compte pour du beurre dans le chiffrage. Queensrÿche aurait-il été à cours de temps pour composer deux chansons de plus ? Se sentait-il sous une quelconque pression face à un Geoff Tate qui fonçait droit devant et menaçait de s’approprier le patronyme par son hyperactivité ? Peut-être pas. Car, en définitive, ce timing s’inscrit également dans une époque où le format CD, encore tout jeune, portait encore les stigmates du format vinyle. Contrairement à aujourd’hui, les albums atteignaient rarement l’heure de musique et les dix chansons. Voilà encore un signe, dans les formes, de retour à une autre époque.

Sceptique, Geoff Tate nous disait : « Je ne crois pas que l’on puisse revenir en arrière. » Et, malgré tout, cet album éponyme lui donne en partie raison. Certains éléments se font en effet le témoin des années qui sont passées et que l’on peut difficilement ignorer ou dissimuler. A commencer par ce riff ultra heavy et qui appartient bien plus aux années 2000 qu’à la fin des années quatre-vingt sur « Redemption », un titre aux consonances grungy. Ou ces orchestrations et les mélodies de guitares sur « A World Without », une balade typique du groupe, qui font en quelque sorte écho au travail réalisé sur « Real World » issu de la BO de Last Action Hero – bien que les plus malins citeront « Road To Madness », qui déjà en 1984 dévoilait les affinités du groupe pour les orchestrations chiadées.

Des deux Queensrÿche, c’est ici sans conteste celui qui sonne le plus libéré, peut-être aussi parce qu’il était le plus opprimé – c’est en tout cas ce que les réponses de Scott Rockenfield à nos questions ont laissé entendre. Ce Queensrÿche avait clairement quelque chose à prouver avec cet album. Les musiciens avaient de toute façon mis en évidence leur ambition de reconquérir une certaine idée de ce que doit être Queensrÿche, en se référant au passé. Autant ceux qui n’ont pas réussi à suivre le groupe dans son évolution avec Geoff Tate à sa tête, se sentiront davantage en terrain conquis, autant le risque de donner un sentiment de régression est grand. Surtout pour un groupe qui n’a toujours fait qu’aller de l’avant, un tel retour arrière, si radical, peut déconcerter, en mal comme en bien.

Album Queensrÿche, sortie le 25 juin 2013, chez Century Media Records.



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  • Après écoute, un album sympa…et des refrains un peu lourds dans l’ensemble.
    Vindication aurait été une tuerie sans ce refrain que je ne peux pas supporter, et globalement ça manque d’ambition, plus « Empire » que « Rage For Order » en somme.
    Reste un album sympa, mais pas un chef d’oeuvre non plus !

    [Reply]

  • L’art de chercher à ménager la chèvre et le chou en noyant le sujet sous des tombereaux de verbiages, pour au final quand même, condamner insidieusement la version de Queensryche des membres fondateurs avec le nouveau chanteur Todd La Torre, pour « musique arriérée » alors même que c’est une très large réussite en forme de renouveau inespéré, qui marque un retour aux sources salvateur après tant d’années de perdition, même si quelques titres (je pense aux 3 derniers) sont perfectibles!… Qu’il suffise d’écouter des titres comme « When dreams go to die », « In this light », « Spore », « Redemption » ou encore « Vindication » pour comprendre qu’ils sonnent comme les plus belles heures du groupe qui font que Queensryche entame enfin son grand retour et qu’il est d’évidence plein de promesses.

    Alors je sais bien qu’il vaut mieux entendre ça que d’être sourd, mais quand même…

    Heureusement que des groupes comme Black Sabbath par exemple en cette année 2013 ignorent totalement ce genre d’inepties pour délivrer un chef d’oeuvre – « 13 » – en tous points identifié comme un opus digne de leur « Paranoid », de plus de 40 ans d’âge, et qui donnent de facto parfaitement raison à ce nouveau Queensryche : les modes passent, pas les vrais musiciens et leurs vraies créations. Dernière preuve en date : le double live de Led Zeppelin à Londres, sortis au Noël 2012 précédent. Excusez du peu.

    Alors au lieu de dédouaner Geoff Tate de ses élucubrations mercantiles, de ses pitoyables disques et de son infecte égo mégalomaniaque jusqu’à prendre sa logorrhée pour de la philosophie, vous feriez mieux d’apprendre la musique, ou à tout le moins de la retrouver, et accessoirement même, de renouer avec le sens critique lucide sinon même juste, et non médiocrement à charge et partial. Ce serait bienvenu dans votre métier, non?

    [Reply]

    Spaceman

    Partial ? Bien au contraire, je ne donne pas mon avis mais mon analyse, là où visiblement tu cherchais une simple critique élogieuse. Je penses que tu lis avec un regard orienté car, malgré ce que tu crois, à titre personnel, je me délecte de cet album de Queensrÿche, même si je trouve certaines réactions extrêmement dithyrambiques un peu exagérées. Mais malgré tout on ne peux nier le fait que Queensrÿche, pour la première fois, recule dans son orientation artistique au lieu d’avancer. C’est un constat. Tu vois ça comme une critique, soit. Peut-être sera-tu davantage convaincu par l’interview de Scott Rockenfield qui arrive.

    Après comme toujours, le lecteur lit bien ce qu’il veut lire et comprend ce qu’il veut comprendre. Pour les « vous feriez mieux d’apprendre la musique », je ferais comme si je n’avais rien lu. Et je te retourne la critique : un peu d’impartialité ne ferait pas de mal (tu m’a l’air plutôt partial à la fois dans ta lecture et dans ton jugement de Geoff Tate).

    Neum

    Bien bien bien… Alors tout abord, je sais bien qu’on est bien sur le web (ouais trop, fort lol, mdr, et toutes ses « minableries ») mais je ne suis pas un de vos ados pré-pubaires. Alors ayez la politesse de m’épargner vos tutoiements.

    Pour le reste, c’est aussi magnifique que ce que je à quoi je m’attendais :
    Pas mon avis mais mon analyse »… Ah c’est beau l’égo… Ce serait franchement drôle si ce n’était pas aussi insupportable. Je reconnais bien là l’atmosphère des salles des rédaction que j’ai si bien connues et qui, au travers de quelques mythes entretenus par le cinéma (par ex. « Les hommes du Président »), font tellement impression auprès du grand public, aussi stupide que désinformé et de plus en plus apathique. Mais la vérité c’est que « on n’y rencontre pas que des lumières » (discours d’accueil de mon directeur général de chaîne voyez-vous, c’est dire la véracité du propos), et pour tout dire, beaucoup d’incultes sur-syndicalisés, cossards comme qu’il n’est pas permis, et pire, incapables d’aligner deux phrases sans faire 10 fautes d’orthographe. Je ne parle pas de vous ici, entendez-le bien, mais je vois que le moule va resservir…
    Alors redescendez de votre cheval d’opérette et arrêtez de jouer avec votre épée Fisher Price mon petit, vous êtes ridicule.

    Maintenant, et pour parler Musique, particulièrement de Queensryche donc, ce n’est pas parce que l’on réitère des élucubrations fantasmagoriques, qu’elles vont subitement s’avérer réelles et pertinentes. Vous vous enfoncez juste d’avantage encore dans la bêtise.
    Leur musique n’a jamais été vers l’avant ou en arrière, pas plus qu’elle n’en a eu le soi-disant but : elle a été simplement ce qu’ils sont eu envie de faire sur le moment : jouer tels territoires ou tels autres, puis en changer, et ainsi de suite. Et c’est tout. Selon quels critères divins sortis de la cuisse du saint patron des tous puissants journaleux peut-on oser affirmer, je ne sais pas, disons par exemple que « Hear in the now frontier » est en recul par rapport à « Empire » (je prends cette comparaison au déboté, juste pour le propos)? Mais c’est n’importe quoi! C’est une fabrication artificielle, une représentation mentale, un montage orienté, des propos tenus par des critiques – par définition incapables de créer quoi que ce soit – qui n’ont rien compris à tels ou tels disques, films, livres ou tableaux (…), proposés. En l’occurrence, « Hear » était une autre façon de jouer avec le son Queensryche que lors de « Empire ». Il n’y a ni avancée, ni recul : il y a juste une identité, clairement reconnaissable, quand bien même, à l’image des portraits ou sculptures du cubisme dites « ouvertes » de Picasso, elle est multi-facettes.
    Vous vouliez une analyse? Alors faites en une s’il vous plaît.
    Si Queensryche à une existence, c’est au travers de ses sonorités. Travail à la fois des musiciens au regard de leurs instruments et de leurs façons d’en jouer, et sans aussi de James « Jimbo » Barton à la prod pour formater LE Son Queensryche, identifiable immédiatement, quelques soit la mélodie en écoute. Que l’on passe successivement un morceau par album, par exemple Rage, Mindcrime, Empire, Promised, Hear ou encore Q2K, et chacun pourra sentir qu’il s’agit du même groupe, alors même pourtant que la couleur de chaque disque est différente.
    Ensuite, le groupe a pris corps sinon son envol, dans une certaine structure de morceaux voire de style, qui oui, n’avait pas été vraiment exploité dans leur registre étiqueté « hard », ou du moins, justement, pas avec ce son : le « hard progressif », s’il fallait donner une définition de mots arbitrairement pour se faire comprendre. C’est à dire une capacité et une volonté de mélanger ce que l’on pourrait décrire comme un « story-telling » musical au sein d’un même titre : plusieurs mélodies – chacune en outre si forte, si impactante, qu’elle pourrait souvent constituer à elle seule la trame d’une chanson – entrecoupées tout en étant reliées, par des breaks et des passerelles au sein de la même ligne narrative, qui raconte une seule et même histoire en notes et en paroles, comme un metteur en scène déroule avec son film un sujet. On pourrait presque voir cela comme des « space opéras » musicaux comme les Genesis et consors dans les 70 en faisaient. Queensryche le devait à Chris de Garmo. Qu’il suffise de revoir les vidéos de concerts comme « Suite Sister Marie » pour s’en convaincre.
    Le pendant de cette façon de penser et de faire la musique du groupe, ce sont les refrains très entraînants, presque paradoxaux au regard de la complexité des structures musicales des chansons. Une sorte de dualité qui pourtant à l’arrivée forment un tout cohérent. Unique.
    Et enfin, il y a la voix du leader vocal, au départ donc, l’inouï Geoff Tate. Une note, une vocalise, et tout le monde reconnaissait instantanément Queensryche.
    C’est donc en toute logique que le groupe pouvait passer d’un concept-album à la « Mindcrime », un un blockbuster comme « Empire », à un album plus éclectique rock comme « Hear », plus planant et expérimental comme « Promised », plus high tech avec « Q2K », etc…, tout en gardant son unité, sa sonorité, son identité en filigrane, indéfectible, undubitable.
    Et aucune trace de retour vers le futur ou voyage temporel en arrière, aucune musique dépassée ni musique archaïque, ni aucune élucubration de cette sorte, dans tout ce procédé créatif! Ce serait même tout le contraire : une ouverture d’esprit créatif à contrario du votre à ce que laissez entendre par votre article…

    On pourrait alors se lancer, se perdre, dans moult digressions sur le mi-bémol de ceci et/ou le la majeur de cela, pour apporter toutes les nuances exactes – ou voulues, espérées comme telles – afin de produire un portrait bien plus profond, bien plus complet, quasi historique – et surtout technique pour se donner à soi-même encore plus d’importance – avec le sens du sacré de la vérité vraie et blablabla si prétendument chère au pseudos journaleux, pour donc cerner le sujet jusque dans ses moindre ramifications. Mais moi je n’en ferais rien. Je me bornerais juste ici à ces grandes lignes générales qui expliquent largement pour l’amateur comme pour celui plus éclairé, ce qu’est, ce qu’a été, Queensryche.

    C’est alors ici qu’il convient alors de parler du dernier album « Queensryche » avec Todd La Torre. Il ne s’agit donc pas, de facto, de recul ni de visions « dépassée » du groupe – car ici on n’est plus dans l’analyse mais dans la critique personnelle – mais bien au contraire d’un retour aux fondamentaux car tout bonnement ils ont été perdus voire même sinon saccagés par un Geoff Tate qui le lui dit lui-même (confère un autre de vos articles) : « Les gens n’écoutant plus vraiment la musique avec attention et passion, inutile de produire de grands titres mais des mélodies fast-foods (…) ». Aussi minables que scandaleux. Et votre confère de conclure « il a le courage de dire tout haut ce que tout le monde passe tout bas ». C’est beau comme du Poujade…
    Les membres du groupe renouent donc, fatalement, inévitablement, heureusement pour eux, avec leurs racines, avec leur identité, avec leurs richesses. Ils se retrouvent. D’autant plus avec envie, avec besoin même – comme on crève de faim – qu’on en a été privé sinon interdit pendant des années. Car oui par ailleurs, après une décennie de chaos et de productions médiocres sinon même catastrophiques – qui a vu inexorablement les ventes d’écrouler pour au final être exsangues jusqu’à être lâchés par leur propre label – ils se cherchent aussi. Se retrouver n’est pas aussi simple que de se regarder dans un miroir. Il faut savoir qui l’on est. Et pour ce faire, il faut en passer par une thérapie. Ce premier album en est une. Incomplète, imparfaite, oui – nous sommes d’accord – mais en forme de renouveau, ça oui aussi, et avant tout de surcroît. C’est d’abord une renaissance et l’histoire de ce qui restera et qui est déjà malgré tout et avant toutes autres considérations, une Réussite. Et rien que pour cette fabuleuse raison, après 10 ans de néant pour le groupe, il convenait de le célébrer et non de verser dans un verbiage façon Libé. Certes, et je l’ai déjà dit, les 3 derniers titres sont superflus, voire plutôt ratés. La faute vraisemblablement à deux facteurs : retrouver la complexité du story-telling à la de Garmo et des refrains impactants sera un vrai travail, long et pénible, avant qu’il redevienne sinon automatique, du moins positivement inspiré. mais ils en sont parfaitement capables, comme le prouvent les fantastiques premiers titres comme « Spore » ou « In this light » par exemple. Ensuite, la compétition avec Tate devant les tribunaux et le jugement rendus sur les droits du groupe à la fin de l’année créent une pression qui impose de sortir des albums, d’exister. Et il faut en outre forger le jeu de Todd La Torre et y faire adhérer du public (ce qui n’est pas la moindre des immenses réussites du nouveau Queensryche). Il fallait donc aligner 10 titres. Or en l’état, même avec le nombre, il n’y a que 35 minutes de musique.
    Il convient donc de relativiser et de replacer dans les contextes exacts pour ne pas dire justes, ce nouvel album de cette nouvelle version de Queensryche, et non pas de raconter n’importe quoi sur je ne sais quels archaïsmes ou je ne sais quelle autres fantasmes journalistiques…
    je balaie donc allègrement vos pauvres accusations de partialité. Surtout qu’il a fallu que je vous renvoie la vôtre pour que vous y songiez par esprit d’escalier, pardon de vous le dire. Quant à Geoff Tate, entre ses déclarations et surtout, restons en à la musique, au regard de ses productions musicales, il fait la preuve par lui-même que s’il a été un immense chanteur – autrefois, car il se paie aujourd’hui le luxe épouvantable de massacrer les titres historiques du groupe – il est un piètre, un pathétique compositeur. On frise le degré zéro. La preuve encore par lui-même qu’il est visiblement à l’origine de la terrible traversée du désert du groupe. Or étant un admirateur des tous débuts, je suis aussi en colère que surtout et d’abord navré, affligé, consterné et triste. Il est devenu une sombre pathétique et intolérable caricature de lui-même. Pitoyable. Un crève-coeur.
    Pour autant, je ne le souhaite pas le pire : juste qu’il disparaisse de l’avenir de Queensryche tant il lui fait et ne lui a déjà que trop fait, de mal. Il sera temps plus tard alors de voir s’il sait exister seul, sans prendre en otage de façon autocratique et infamante les attributs officiels du groupe… On parie combien qu’il disparaîtra corps et bien?

    Bref et enfin (pardon pour la longueur) ce nouveau Queensryche avec La Torre vient de produire un premier opus qui sonne un renouveau pour une part et un promesse exaltante d’autre part. C’est cela qu’il convient de célébrer en toute objectivité. Votre article est faussement orienté et qui plus est, mauvais. Et toutes vos réponses n’y changeront rien. Pardon là encore de cette franchise.

    Spaceman

    Heu, tu te rend compte, que ce n’est que de la musique ? Il n’y a pas mort d’homme et rien qui justifie de s’emporter ainsi. D’autant plus que tu me semble lire encore à côté de la plaque. On dirait que tu as déjà une idée bien déterminé des choses, de ce quelles doivent être, du web, des journalistes, de moi, de ce qui se cache derrière ce que j’écris, etc. C’est bien dommage. Et merci pour la condescendance. Je vois bien que tu es un être suprême, donc excuse moi de t’avoir offensé…

    Pour répondre rapidement aux points d’attaques (là où ça aurait pu être un simple débat, c’est dommage) :

    Quand je dis que je ne donne pas mon avis mais une analyse, ce n’est pas une question d’égo. Au contraire, si tu nous suivais un peu tu saurais qu’on a toujours clamé que l’avis du chroniqueur ne valait pas plus que celui du lecteur et que c’est pour ça qu’on essayait d’orienter le moins possible les chroniques purement sur nos avis. Si j’avais basé cette chronique sur mon avis, elle aurait eu une orientation bien plus ouvertement positive car, encore une fois, j’apprécie beaucoup l’album. Sachant que je ne considère pas plus mon papier comme ouvertement négatif, malgré ce que tu as l’air de percevoir. Je pense que tu prends simplement des termes pour des critiques négatives là où ce n’est pas forcément le cas. Lorsque je parle de « régression » (peut être le mot aurait pu être mieux choisi ?), je dis simplement que Queensrÿche reviens en arrière (ce que toi, tu considère être un retour aux fondamentaux). Et revenir en arrière = refaire quelque chose, dans l’orientation artistique, qu’ils ont déjà fait. Le groupe lui-même le dis, donc je ne crois pas me tromper en l’affirmant. Donc, oui, Hear In The Now Frontier représentait un Queensrÿche qui allait de l’avant, car il y avait une orientation différente, nouvelle, par rapport à tout ce qu’ils ont fait auparavant. Et c’est plus ou moins vrai pour tout ce qu’ils ont fait jusqu’à ce nouvel album. Sans compter qu’il y a un vrai parti pris dans le son, le mixage et la forme de l’album qui renvois à la fin des années 80. Archaïque ? C’est toi qui le comprend ainsi.

    Après tu me reproche de donner du crédit aux paroles de Geoff Tate ? Je trouve certaines de ses paroles pas idiotes du tout. J’ai bien le droit, sans me faire allumer comme un moins que rien, non ?

    Pour le reste c’est ton avis et ta vision, et j’ai rien à dire dessus, car ça se respecte et je suis même d’accord sur certains points. Mais très franchement, avec ta manière insultante et hautaine de « dialoguer », tu ne donne vraiment pas envie de débattre…

    Neum

    Ecoutez… ppfff…. très bien. Mettons que je vous ai prêté des propos, ou des intentions qui n’étaient pas les vôtres en même temps que certains de mes propos ont dépassé ma pensée. Vous voulez bien?

    Pour autant, votre article est alors vraiment à ré-écrire, indépendamment de ce que je peux en penser par ailleurs, car oui, vous employez des mots qui ne conviennent pas, du moins si je vous en crois à vous lire à présent, au regard de ce que vous dites avoir voulu dire. Ce n’est pas moi qui le dit donc, mais vous qui me l’écrivez. On n’en sort pas… « Régression » est négatif pour ne pas dire péjoratif, c’est un jugement de valeur plutôt sans appel, là où « retour aux sources » ne l’est absolument pas. Je note d’ailleurs que vous trouvez soudain vous-même que la bonne définition eu égard à votre propre sentiment aurait dû/pu être « Retour aux fondamentaux ». A tout malheur est bon donc, non?
    Bref, vous êtes journaliste n’est-ce-pas? Alors qui utilisera les mots correctement sinon vous? Ils sont le sel de votre métier. Sans eux vous n’existez pas.

    Malheureusement, je vois que vous ré-enfoncez pour autant le clou en reprenant l’exemple pris entre « Hear » and « Empire » : mais il est aberrant, parce qu’un non-sens, de parler « d’avancée » ou de recul » entre les deux. Et j’ai clairement expliqué sinon démontré pourquoi. De facto, il en va de même pour le dernier album. Et au-delà, pour toutes créations. Continuer de parler de la musique de cette façon est un contre-sens flagrant…

    Bref.

    Je rebondirais donc sur ce que vous avais suggéré : mauvais choix de mots, d’où mon erreur d’interprétation. Dont acte. Pour autant, votre définition de la Musique – en tous cas du parcours de Queensryche – est un non-sens.

    Maintenant pour ce qui est de Geoff Tate, il est difficile là aussi de ne pas constater le parti-pris disons un peu appuyé de votre radio pour sa cause. Je crois pour autant que vous êtes les seuls. Après moults lectures, sur nombre de supports, pros comme publics, que ce soit en France comme Outre-Atlantique, nul n’est dupe de Geoff Tate. De ces propos démagogues, de ses déclarations formatées, ni surtout de ces pauvres albums. Vous voulez y voir quelques intérêts, sans doute par formatage journalistique, là où il n’y a rien à sauver. C’est soit anecdotique, soit médiocre, soit pathétique (ses propres massacres rétro-actifs de ses anciennes hits, époque de Garmo, sont terribles à entendre, tragiques même). Jusqu’au titre de son lamentable dernier opus, minable insulte voilée à ses anciens partenaires et amis. Il n’a même pas le courage ni l’honneur de l’assumer. Retors et insidieux, car il est intelligent, il nie avec des intonations faussement indignées et responsables pour se poser en victime d’un côté – alors qu’il est clairement le bourreau – et jouer la stature du commandeur fédérateur d’autre part. C’est aussi révoltant qu’écoeurant. Platon disait que les criminels avançaient masqués, preuve de leur conscience de commettre des délits… Il ne reste donc vraiment plus grand monde pour lui faire ni accorder crédit…

    De tout ce que j’ai lu et entendu, et réellement dans l’immense majorité des cas, « Q2K » était considéré jusqu’à ce jour comme le dernier vrai album de Queensryche. Et encore, il a ses détracteurs, comme ceux de « Hear ». Mais enfin, il est généralement admis par le plus grand nombre, que les 7 premiers opus du groupe sont les seuls. C’est aussi simple que cela. Aussi bien les 15 dernières années sont elles dans la colonne des pertes et profits. Quoi sauver du reste? Tribe? Soldier? Cover? Ou la désastreuse tentative de suite – de récupération même – de Mindcrime?… Leur seules énumérations est un deuil… Je n’ai pas entendu ou lu le moindre avis positif sur les derniers albums made in Tate. Plus d’une décennie de vide ou pour si peu à retenir. : un live ou deux, dont l’excellent « Evolution ». Voilà tout.
    C’est donc la première fois en 15 ans que le monde entier titre sur le retour de Queensryche avec cette nouvelle formation avec Todd La Torre. Hallucination collective, vraiment? Ou constat fatalement objectif parce que tout simplement incontournable? Il semble de plus en plus clair que ce Queesnryche est bel et bien le 8ème album tant attendu pour faire la jonction avec le line up historique. Pendant ce temps-là, le misérable opus de Tate était remixé en urgence paniquée, alors que les premiers cd étaient mis en vente, tellement sa médiocrité était évidente, insupportable, inadmissible… Les faits parlent d’eux-mêmes. Il n’est même pas la peine d’épancher des sentiments. Tout est dit.

    Pour autant, et pour vous répondre en retour, avant de poursuivre la route sinon l’inventer pour 20 ans de plus, encore faut-il d’abord la raccorder à l’ancienne. Ce premier album nouvelle génération en est le commencement. Libérateur. Majuscule. Gageons que le deuxième – dont si j’ai bien compris l’écriture est déjà en cours – achèvera son accomplissement plein et entier, et cette fois sans conteste de quiconque.

    Spaceman

    Attention à ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’assume parfaitement mes choix de mots (une interrogation, n’est pas une affirmation). Même si j’ai bien conscience que le mot « régression » peut parfois être accompagné d’une connotation négative, ce qui m’importe ici c’est la signification du mot, c’est à dire « le retour à un état antérieur ». Et c’est précisément ce qu’à cherché à faire Queensrÿche, c’est ce qu’ils ont annoncé et c’est ce qu’on peut percevoir à l’écoute. A chacun ensuite d’évaluer s’il juge ce simple fait être une bonne chose ou pas.

    Ensuite, ce n’est pas moi qui parle de « retour aux fondamentaux ». Au contraire, je pose la question dans la chronique de quel peut bien être un tel retour pour un groupe en perpétuelle mutation. C’est pourquoi je préfère parler de recul vers un point donné de l’histoire du groupe, car cet album va bien au delà du fait de renouer avec une identité (d’ailleurs l’ont-ils jamais totalement perdu, sous prétexte que les albums n’étaient pas jugés bons ?).

    Quand j’emplois les termes « reculer »/ »avancer » je ne parle pas en terme de perfectionnement mais je me réfère au fait que le groupe n’a cessé, à sa manière certes, de défricher de nouveaux terrains (ce que j’explique dans la chronique). Et là c’est la première fois où il retourne sur un terrain qu’il a déjà entièrement foulé. Ça ne peut pas être plus clair et il faudrait être dans le déni pour ne pas comprendre ce sur quoi je met le doigt. Après, est-ce gênant ? A chacun de se faire son opinion. Personnellement ça ne m’empêche certainement pas de prendre plaisir à écouter l’album, même si, c’est vrai, à titre personnel, j’aime lorsque les groupes me surprennent et proposent un disque dont le contenu démontre un caractère inattendu. C’est ce qui m’a toujours fasciné chez Queensrÿche ou un groupe comme Fates Warning, qui lui n’a jamais eu à essayer de se rattacher au passé, retrouver un format ou une production donnée, pour conserver son identité et continuer à proposer de bons albums à l’orientation artistique toujours renouvelée (Parallels et Disconnected sont deux albums très différents pourtant tout deux très inspirés, tout comme Promised Land était très différent de Empire, dans le son, dans l’approche artistique, etc et pourtant, quel album !).

    Ceci dit, à titre personnel, je peux comprendre que les membres du groupe aient pu avoir besoin de se retrouver sur un album au caractère familier comme celui-ci, pour se retrouver après une période artistique difficile pour eux et pour faire plaisir à de nombreux fans qui réclamaient ça. Et je crois aussi que c’est sur le prochain album que le groupe pourra vraiment se lâcher et recommencer à surprendre d’un point de vue artistique.

    Après, en ce qui concerne Geoff Tate, il y a une mode qui consiste à le dénigrer aveuglément, lui et tout ce qu’il fait depuis un certain temps. Or j’ai beaucoup apprécié American Soldier, ai pris un certain plaisir avec Operation Mindcrime II et ai trouvé de bonnes choses dans Frequency Unknown. Oups ! Est-ce que ça fait de moi nécessairement un abruti qui connais rien à la musique ? Non, juste un mec qui a toujours donné sa chance à Queensrÿche et ses membres quels qu’ils soient. Et d’un point de vue caractériel Tate aura beau être un connard sans fin (c’est à vérifier : je ne le côtoie pas, il a toujours été très élégant en interview et on ne peux pas lui en vouloir de chercher à défendre son cas), ça ne m’empêchera jamais d’apprécier ce que j’apprécie. Après, j’ai trouvé Tribe moyen (deux ou trois chansons sont intéressantes comme The Great Divide), Dedicated To Chaos ennuyeux et Take Cover anecdotique. Et dernière preuve comme quoi je n’ai pas particulièrement de parti pris pour Geoff Tate : j’ai trouvé son dernier album solo très quelconque.

    Bref, j’assume et soutient à 100% tout ce que j’ai écris dans la chronique, ainsi que les mots employés. C’est quand même marrant que dès que quelqu’un s’imagine de fausses intentions dans un papier ou qu’il a dans sa tête une vision différente de ce qui est exposé, c’est que le billet est forcément « mal écrit » ou le rédacteur un imbécile. Tu as une vision légèrement différente de la mienne. Soit. Je n’ai jamais prétendu qu’il n’y avait qu’une vérité et qu’une manière de voir et comprendre cet album.

    Neum

    « Il n’y pas assez de vie sur ce cube de glace pour remplir un vaisseau spacial ». Han Solo – Star Wars Empire Strikes Back

    Même avec la plus crémeuse des bonnes volontés, il n’y a pas le plus petit moyen de rassembler ne fusse qu’un simple set de 10 chansons pour faire un album digne de ce nom à partir des derniers du groupe sous la direction de Tate depuis presque 15 ans.
    S’il est vrai que la majorité n’a pas raison par le seul argument qu’elle est majoritaire, il est pour autant avéré que l’immense majorité des admirateurs comme des gens aimant peu ou prou la musique – du moins ce genre-là – pensent et ressentent exactement la même chose. Et sans verser dans des considérations ésotériques, qu’il suffise de se référer aux effondrements successifs des ventes et aux désertions additionnées des différents auditoires au fil du temps, pour non plus s’en convaincre mais pour le prouver.

    Vous parlez d’ « American Soldier »… Si certes le propos et les thèmes abordés peuvent en faire une sorte de brûlot au regard du sujet de la guerre du Golfe, soit donc s’inscrire théoriquement, dans l’écriture, dans la grande veine des paroles dites « engagées » qui font depuis toujours la signature de Queensryche, il reste que musicalement – mélodies, structures, recherches, sonorités, bruitages, refrains, impacts, surprises, adhésions et j’en passe – c’est la grande platitude, comme une auto-parodie, entre linéarité et grandiloquence, en passant par des harmoniques et des accords abscons et confus, sans le moindre chorus à retenir et a forciori à sauver… Cette même platitude qui a trouvé son point d’orgue dans le pathétique Mindcrime 2.Or ici, viser la renaissance d’une légende qu’on a soi-même forgé (« Operation Mindcrime » donc) et la manquer, ne pouvait qu’inexorablement aboutir à un « crime de Lèse-Majesté ». Ou l’art de se tirer soi-même une balle dans le pied, avec ce sentiment d’être indigne de son propre héritage… Un comble tout de même.
    Quant à Tribes ou Take Cover, non seulement c’est inexistant mais c’est en outre incompréhensible au regard de leurs talents passés ou a tout le moins de la stature d’un groupe de ce registre là, qui plus est ayant réussi à être mondialement connu, ce qui, contrairement à la pop, n’est vraiment pas si fréquent dans le hard, et encore moins dans une telle durée.

    Le dernier album « Queensryche » apporte ainsi, en forme de lumière, l’explication : la direction prise et imposée par Tate en était la cause. Et en effet, tout devient logique dans cette descente aux enfers. Vous parlez de « mode », comme on aurait dit à une certaine époque que « il est de bon ton » de condamner Geoff Tate, pour ne pas dire de le lyncher (aussi vrai, disait Sénèque, que « la preuve du pire, c’est la foule »). Il doit y avoir de cela après tant d’années d’attentes déçues qui finissent par être ressenties comme étant trahies. C’est dans l’ordre de toutes choses en amour : la haine est le frère siamois tapis dans l’ombre de l’amour, et qui de facto ressurgit en pleine lumière à sa fin. Pour autant, quand bien même donc il y aurait un fond de vérité de principe, il ne saurait masquer et encore moins prendre la place de la réalité : Tate est à l’origine de ce désastre. Non qu’il soit coupable d’avoir voulu faire autre chose – je vous entends déjà ici dire « pour évoluer » – mais parce qu’il s’est entêté jusqu’à l’absurde, jusqu’à l’aveuglement, et pire, en restant catégoriquement sourd aux injonctions de des amis et collègues… La preuve qu’Umberto Eco avait raison : « Entre vision extatique et frénésie de pêché, il n’y a qu’un pas et il est vite franchi » (Le nom de la rose). Tout dans son comportement aujourd’hui prouve à lui seul qu’il a perdu autant pied que le sens de la mesure pour ne pas dire du réel. Il me fait d’ailleurs bien d’avantage pensé à un malade qu’à un « salaud ». Il finira dans la peau d’un pauvre homme. Et cela aussi est un malheur dans l’histoire de Queensryche.
    Aussi non, je ne jette pas la première pierre d’une plèbe hystérique – car je n’oublie pas, rien, des 8 premiers albums et de sa divine voix – mais je reste lucide : l’état des lieux lui est fortement défavorable. pour ne pas dire à sa charge. Or il intente ce procès, bloque les codes d’accès du site web historique aux autres membres du groupe, multiplie les provocations dans ses prestations, choisit une pochette de cd injurieuse et dresse de lui l’autoportrait d’un autocrate mégalomane quasi schizophrène et qui plus est vindicatif voire violent (confère la vidéo de concert à Rio avant le clash où il crache ni plus ni moins sur Scott Rockenfield, le batteur)… Il devient non plus difficile mais absurde voire imbécile de chercher à jouer les monsieur Loyal pour parler de Tate… Il est l’artisan de son propre malheur, son propre bourreau.

    Maintenant, et pour en terminer en reprenant votre fin de post, oui, l’ADN de Queensryche est de proposer des territoires différents dans chaque album tout en préservant leur génome. C’est pourquoi oui, « Promised Land » et « Empire » puis « Hear in The Now Frontier » et « Q2K » sont tous des entités différentes distinctes tout en étant sans conteste de Queensryche. Vous me parlez de « Promised Land » (le titre éponyme ou encore « Disconnected » pour ne citer qu’eux, comptent tout simplement parmi les chefs-d’peuvres du groupe), je pourrais moi vous parler en retour de « Hear in the now frontier ». Il a eu mauvaise presse, les fans sont plus que partagés à son sujet puisque cela a été un échec commercial, qui a vu hélas le départ de Chris de Garmo, mais moi j’aime vraiment cet album. Il a été victime de son électrisation mélodique et de facto, de son accès abrupt. Mais là encore, il faut ré-écouter des titres comme « The voice inside », « Cukoo’s nest » ou encore « Hit eh black » (pour ne citer qu’eux) pour rendre justice au talent inégalé de De Garmo. Il en va de même pour « Q2K », décrié lui pour un certain effet technologique pop avec des sons flirtant avec quelque chose de numérique dans le style (d’où la pochette), mais dont les morceaux comme « Sacred Ground », « Beside You » par exemple ou encore « Liquid Sky » etc…, sont des trésors parmi les plus étincelants du groupe. Je ne m’apesantirais pas sur « Empire », puisque c’est le blockbuster commercial du Groupe qu’on ne se lasse pas d’écouter. Quand au monument « Operation : Mindcrime », son seul titre de « Monument » se suffit à lui-même… Quant à « Rage For Order », il représente la pierre angulaire de l’identité du groupe, de sa bascule, dans ce qu’il va inventer à l’époque : le hard progressif. Bref, oui donc, nous sommes d’accord, Queensryche est pluri-disciplinaires. Oui. Mais pour autant, leur ADN comme je l’ai dit plus haut, est la carte-mère de toutes leurs explorations. Il n’y a donc pas de régressions ou d’avancées ne vous en déplaise. Il y a de simples ramifications : puisque vous aimez « Promised Land », voyez Queensryche comme un arbre : un tronc commun, puissant, massif et majestueux, et des branches denses et fournies, infinies. Un cèdre et non pas un panneau indicateur….
    C’est pourquoi le dernier opus des membres a dû, se devait de retrouver ses racines, pour à nouveau le faire pousser d’une part mais aussi – et là encore, ne vous en déplaise – pour bâtir des nouvelles cabanes dans cet arbre-là, sur la base de ce tronc-là précisément et sur aucun autre, comme a chercher à l’imposer Tate. Pas d’OGM pour Queensryche. Jamais plus.

    Aussi si j’attends avec impatience la prochain album des membres fondateurs – d’autant plus que celui qu’ils viennent de sortir est un pur bonheur – et si j’espère qu’ils vont retrouver aussi au fur et à mesure cette faculté de démultiplication de leurs territoires, j’attends aussi qu’ils n’oublient plus jamais leur génome et qu’ils bâtissent leurs nouveaux répertoires sur la base de leur nouveau « Queensryche ».

  • Le retour du Ryche ? Les extraits déjà diffusés me laissent un peu sur ma faim…

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