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Interview   

RAISMESFEST : ENTRETIEN AVEC L’ORGANISATION



Radio Metal : Messieurs bonjour ! Pouvez-vous nous présenter, en quelques mots, l’Histoire du Raismesfest ?

Jean-Philippe (responsable programmation) : En 1998, un copain m’informe qu’un gars de la mairie envisage d’organiser une manifestation musicale à tendance « rock ». J’ai donc sauté sur l’occasion pour demander à Vanden Plas, dont je suis grand fan, de venir taper le b?uf à Raismes. Le Raismesfest était né.

Aymeric (communication/webmaster) : A l’époque, la première édition a eu lieu dans une salle des sports. Un son pourri donc, mais une volonté de faire encore mieux était née. Années après années, nous avons donc accueilli de plus en plus de groupes de renommée mondiale. Je pense à Freak Kitchen, Evergrey, Epica, Edguy, et récemment Saxon, Gamma Ray etc. Bref, grâce à nos nombreux visiteurs toujours plus nombreux chaque année, le Raismesfest vit une grande ascension.

Avez-vous quand même rencontré, à l’image du Hellfest, des soucis pour convaincre les autorités locales de mettre en place une manifestation de metal ? Et si oui, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans le détail ?

Jean-Philippe : Non : pour les autorités locales, « métal » veut dire « Usinor » ou « Alsthom » ! Sérieusement, c’est surtout le lundi matin que le maire de Raismes se prend les plaintes des riverains, souvent pour le bruit occasionné. Mais cela n’a jamais été plus loin. Je pense que les raismois s’y sont finalement habitués. On s’efforce de finir le plus tôt possible le dimanche soir pour que les petits raismois puissent aller se coucher en silence pour l’école le lendemain…

Aymeric : Non, vraiment, très peu de soucis. Etant donné que nous avons un membre de l’organisation au sein de la mairie et que le festival s’est déroulé depuis le début avec le soutien des autorités locales. Et puis, l’église de Raismes n’est pas fréquentée par des intégristes : ce sont plutôt des papys très agréables !

Le château d’Arenberg est le lieu où se tient le festival. Cet endroit est absolument magnifique. Pouvez-vous nous expliquer le choix d’un cadre si particulier ?

Aymeric : La place ! En effet, en 2002, il fallait changer d’endroit, la salle de sport était devenue invivable, et au culot nous avons proposé ce château. Banco, nous l’avons eu ! Pour nos festivaliers, ce château est un symbole, et nombre d’entre eux furent bien contents d’apercevoir sa stature l’an dernier, au travers du fond de scène transparent.

Jean-Philippe : Et aussi parce qu’il y avait déjà eu des manifestations organisées avec Frédéric François ou Franck Mickaël, je ne sais plus !!!

Quels sont, selon vous, les autres éléments qui font la spécificité et l’identité du Raismesfest ?

Jean-Philippe : Sans aucun doute que l’on doit être le seul festival à fonctionner avec un comité de bénévoles (donc passionnés). A part Rémy qui bosse pour la Mairie, Roger notre régisseur général et l’équipe son/lights, le reste des organisateurs passe son année à organiser cet événement en total bénévolat. Et si le maire ou le président de l’association raismoise pour la culture décident demain d’arrêter : le Raismesfest n’existe plus.

Aymeric : Moi, je dirais la sympathie et la présence des organisateurs, l’affiche variée, le prix défiant toute concurrence. Et puis, c’est le dernier festival de la saison, tous ces éléments font que nous sommes uniques, et qu’aujourd’hui, notre festival est devenu un « incontournable » dans le parc musical français.


(Aymeric) : « La sympathie et la présence des organisateurs, l’affiche variée, le prix défiant toute concurrence […] tous ces éléments font que nous sommes uniques, et qu’aujourd’hui, notre festival est devenu un incontournable dans le parc musical français. »


Justement le mois de septembre n’est pas, et de loin, le mois le plus chargé en festival. Pourquoi avoir choisi la mi-septembre pour réunir votre public ? Uniquement dans une optique de différenciation ?

Aymeric : Pour survivre, en tant que festival, en juin, il faut être très fort pour rivaliser avec le Hellfest , le Graspop etc. En juillet-août : les gens sont en vacances donc, en septembre, on est plus reposés, la saison se termine, financièrement également on a le temps de se refaire… Le fest devait donc se placer dans ce créneau, toujours en suivant l’optique de « petit festival sympa » qui n’a pas la prétention de devenir un « géant ».

Jean-Philippe : Disons que les 2 premiers RF ont eu lieu en juin et que l’on s’est posé la question de la concurrence (déloyale) avec tous les grands festivals qui pullulent à la même période. Le mois de septembre a, pour nous, un intérêt particulier et fait passer la reprise en festoyant avec du bon rock. Donc, depuis on a gardé le début septembre.

La scène découverte fait également partie intégrante du festival. Pouvez-vous nous en dire plus sur vos objectifs, votre manière de faire etc. ?

Jean-Philippe : C’est très difficile pour des groupes rock qui débutent ou qui essayent de se faire connaître de trouver des endroits pour jouer. Comme nous jouissons d’une certaine notoriété, il nous apparaît important de pouvoir en faire profiter la scène locale. Les groupes qui jouent sur cette scène ne sont pas payés, ils sont simplement ravis de participer à cette fête. J’ai moi-même joué dans plusieurs groupes et je fais de cette scène une priorité incontournable.

Aymeric : C’est vrai : nous avions une réelle demande de la part des groupes locaux, qui voulaient participer au fest. Nous avons donc mis en place cette scène, qui donne l’occasion aux groupes du cru de se produire dans des conditions professionnelles. Petit à petit, on a élargi le cercle de notre recrutement, et aujourd’hui nous avons des groupes de la France entière et de Belgique.


Cette édition 2009 s’annonce pleine de promesses avec notamment Mickael Schenker Group, Epica ou encore Pain. Le festival s‘étant clairement développé depuis quelques années, est-il de plus en plus facile pour vous de convaincre les artistes/labels de se rendre au Raismesfest ?

Jean-Philippe : Oui, certainement. Un festival qui perdure offre la confiance. Et nous n’avons jamais eu de mauvais retours (sauf de certains agents de groupes). On commence seulement (après 11 ans) à recevoir des propositions des agents, alors qu’au début, évidemment, il fallait convaincre les groupes de venir .

Aymeric : Le festival, tout modeste qu’il est, voit son nom voyager, et les gens, un peu partout en Europe et ailleurs, connaissent ce nom. Ils savent que nous sommes sérieux et qu’ils seront accueillis dans de bonnes conditions.

Tous les festivals français insistent sur les prix de plus en plus exorbitants des cachets des groupes. Est-ce que vous constatez vous-mêmes une réelle augmentation ? A titre d’exemple combien avez-vous déboursé pour les têtes d’affiche ?

Jean-Philippe : Alors là, tu ne le sauras jamais !!! C’est la règle ! Disons que dans le milieu du showbiz, c’est un peu « marchand de tapis ». Je n’ai jamais bien compris le système, mais parler pognon dans ce milieu est resté tabou. Etant sans doute trop prolétaire, je peux te dire simplement que les cachets des groupes sont devenus simplement inabordables (enfin pour des petits festivals comme le nôtre). Ensuite, c’est du business ! Un groupe peut jouer gratos au Graspop, simplement car ils savent qu’ils vont jouer devant 10 000 personnes alors qu’au RF ils joueront devant 1 500, donc ils nous demandent plein de sous. Finalement on dépend de notre public et ce dernier se déplace suivant les groupes sur l’affiche etc. C’est le cercle infernal de la réussite.

Aymeric : Le souci est bien là ! Les cachets des groupes ont augmenté de manière fulgurante ces trois dernières années… C’est bien dommage, car, pour bien des groupes, les concerts sont les seuls endroits où ils font encore de l’argent… On peut pirater un CD mais on ne peut pas pirater un festival.

Quelles sont les innovations par rapport à l’année dernière et sur quels points pensez-vous encore être perfectible ?

Aymeric : Nous allons surtout consolider le site, les engrenages, et faire que tout se passe bien. Là où nous pêchons, c’est sur la vidéo : nous avons chaque année un système énorme, et nous n’arrivons pas à arriver à nos fins, à savoir faire un DVD que nous pourrions vendre sur le site web. Personnellement, je pense qu’on peut le faire, mais les histoires de droits à l’image demandent beaucoup d’investissement temporel de notre part.

Jean-Philippe : Innovations ?! A part des femmes à poil partout, une brocante le dimanche matin et un loto organisé en backstage, je ne vois pas ! Sérieusement, je pense que la scène sera plus grande (style demi-sphère), qu’il y aura de la bière dans de vrais gobelets et surtout que l’on nous annonce 37 degrés sur les deux jours ! Donc prévoir crème solaire !

Dernière question : Radio Metal est partenaire du Raismesfest pour la deuxième année consécutive. Sur un plan personnel, vous êtes plutôt Radio Metal…ou plutôt Virgin radio ?!

Jean-Philippe : Virgin Radio ?! Mais c’est quoi ça ?! Plutôt hard-prog-métal-classic-rock radio, mais elle n’existe pas ! Donc je me reporte sur les grosses têtes d’RTL et de temps en temps sur Radio Metal, la meilleure des radios évidemment !

Aymeric : Je l’ai dit sur le forum : j’ai écouté Virgin dans la bagnole, en déplacement au mois de juillet, et, une fois rentré à l’hôtel, c’était RADIO METAL !!! Héhéhé !

Interview réalisée en septembre 2009 par email
Site Internet RAISMESFEST : www.raimesfest.fr




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