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Live Report   

Rammstein attaque la Défense


S’il se baladait sous la chaleur parisienne les 28 et 29 juin derniers, le dieu du feu Héphaïstos, malgré sa vie au-delà des frontières du palpable, ne devait pas bouder son plaisir. Il était en effet prévu qu’un volcan nommé Paris La Défense Arena rentre en éruption, pour deux sessions consécutives, grâce à six artificiers germaniques. Des maîtres du feu qui sont devenus de véritables idoles dans le royaume des adeptes de la métallurgie, et même au-delà de ses frontières. Un véritable exploit XXL, forgé en seulement 25 ans d’activité, et inédit pour un groupe de metal moderne.

Alors, quand ce monstre appelé Rammstein continue de repousser les limites du genre en devenant le premier groupe de metal à attaquer frontalement la Défense, la température de cette citadelle prend forcément quelques degrés supplémentaires et les 80 000 personnes présentes à ces deux concerts complets (40 000 par soir) s’attendent forcément à (rece)voir une bonne petite claque.

Et pas que sur les fesses…

Artistes : Rammstein – Duo Jatekok
Date : 29 juin 2019
Salle : Paris La Défense Arena
Ville : Paris [75]

Car avec Rammstein, la prise d’assaut est totale : sonore, visuelle et physique. Présente sur la date de samedi, notre équipe a ouï-dire que le groupe avait su corriger, côté musique, les pépins rencontrés la veille (le son était apparemment beaucoup trop fort). En tribune latérale où nous étions placés, le rendu était très bon pour nos oreilles même si ces dernières ont été, sans doute comme beaucoup d’autres, surprises par le début du show. Christoph Schneider, au moment où il tape pour la première fois sur sa batterie, engendrant par là même, dans un immense fracas, une sacrée explosion ! Un peu comme si le batteur voulait lancer le message suivant à chaque individu de la foule : « Avec nous, c’est différent. Tu le sais sûrement déjà, petit, puisque tu es là. Mais sache que tu vas vraiment recevoir en pleine face ce que tu es venu quémander. »

Le fait de démarrer sur le calme « Was Ich Liebe », issu du nouvel album du groupe, est également un contrepied, dans le contrepied évoqué précédemment, parce que la plupart des spectateurs s’attendaient probablement à un choix de titre inaugural beaucoup plus pêchu. Il n’empêche que ce morceau pose bien l’ambiance en faisant rentrer le public dans l’univers Rammstein d’une manière douce et atypique. Une belle entrée en matière avec les musiciens arrivant, les uns après les autres, par une ouverture située en milieu de scène.

Avec plus de deux heures de set et 21 titres interprétés, le public en a pour son argent (et heureusement parce que son portefeuille est franchement mis à contribution avec nos amis allemands !). Même si la setlist fait largement honneur au dernier album du groupe (8 titres joués sur les 11 qu’il comporte), les autres disques de Rammstein sont également présents dans cette setlist, qui paraît complète et bien équilibrée, où les trois premiers albums du groupe dominent. D’autant plus que cette setist partage, en plus des hits archi-connus de la formation, des petites pépites toujours appréciables comme ce « Heirate Mich », extrait de Herzeleid (1995), que l’amateur lambda du groupe n’aurait pas forcément attendu ce soir.

Sur scène, les musiciens font honneur à leurs compositions. La voix de Till est impressionnante même si, çà et là, des petits soucis de justesse peuvent apparaître. Néanmoins, il tient clairement la cadence, a un grain toujours aussi particulier et appréciable, et fait le travail aussi bien sur le volet musical que théâtral. Till qui met le feu au berceau contenant un bébé durant « Puppe » ; Till qui se sert de son lance-flammes pour faire cuire Flake (claviers) durant « Mein Teil » ; Till qui toise ponctuellement la foule pendant le set lorsque ses collègues envoient du bois, etc. : le frontman de Rammstein aura vraiment livré une prestation remarquable. Ses acolytes auront également fait le job avec une mention spéciale à la basse d’Oliver Riedel, pleine de groove, alors que la guitare de Richard Z. Kruspe était, elle, difficilement audible (une question de placement dans la salle ?).

En tout cas, difficile de s’ennuyer, ou de faire la fine bouche, lors de ce set qui passe à cent à l’heure grâce aux compositions efficaces du groupe et, évidemment, à son show hors norme. La panoplie Rammstein est de mise avec la grandiloquence qui lui est propre et un gigantisme qui correspond parfaitement à l’envergure démesurée de l’arena dans laquelle il se produit : une immense infrastructure scénique, des flammes récurrentes et nombreuses dont la chaleur est ressentie par le public, des spots énormes et impressionnants, des effets pyrotechniques exceptionnels, de la fumée, des cotillons, etc. Nos six maîtres d’œuvre proposent un gros cirque indus qui fait son effet sur la foule. Même si l’on aurait pu penser, malgré tout, que l’audience serait tout de même un peu plus dynamique lors de ce set. Mais le public parisien saura être particulièrement réceptif, et actif, lors de certains titres ciblés comme « Sehnsucht », le mythique « Du Hast », ou ce triptyque magique « Mein Teil » – « Du Hast » – « Sonne » qui restera un très grand moment du show.

Un concert qui, à l’image de son début, aura su prendre de court les spectateurs avec, par exemple, ce passage de la salle en mode dancefloor avant « Deutschland ». En effet, Richard Z. Kruspe se transformera à ce moment en DJ, surélevé grâce à un promontoire mobile (qu’utilisera également le groupe à la fin du show pour disparaître de la vue des fans), avec de jolies lumières rouges et bleues autour de lui et de gros boum-boum côté musique. L’interprétation du morceau « Engel » à cappella, sur la seconde scène utilisée par la première partie Duo Jatekok – un duo de pianistes qui a repris pendant environ 40 minutes les morceaux du groupe allemand –, et en présence de ces dernières, était également originale.

D’ailleurs, le fait que le public, en attendant le concert de la tête d’affiche, écoute le dernier album de Rammstein dans les enceintes, avant d’assister au concert d’une première partie qui là encore joue du Rammstein, souligne incontestablement l’immense humilité du groupe ! Mais de toute façon, ce n’est pas la simplicité que nous sommes venus chercher ce soir. Les spectateurs voulaient du très lourd et ils ont eu du très lourd. L’audience voulait du hors-norme et elle a eu du hors-norme.

Könnt ihr mich hören ?
Könnt ihr mich sehen ?
Könnt ihr mich fühlen ?
Ja.

Prochain rendez-vous avec Rammstein en France, le 9 juillet 2020 au Groupama Stadium de Lyon.

Setlist :

Was Ich Liebe
Links 2-3-4
Tattoo
Sehnsucht
Zeig Dich
Mein Herz Brennt
Puppe
Heirate Mich
Diamant
Deutschland
Radio
Mein Teil
Du Hast
Sonne
Ohne Dich
Rappels :
Engel (avec Duo Jatekok)
Ausländer
Du Riechst So Gut
Pussy
Rappels 2 :
Rammstein
Ich Will

Photos : Loïc « Lost » Stephan.

A voir également :

Galerie photos Rammstein.




Laisser un commentaire

  • pour moi qui voulais entendre america et dotre ancien titre ben gt décu rien du tout sa aurait mieu que la techno a ralonge jy était le vendredi et a la sortie le pauvre marchandizing une honte jai rien ht rupture alors je cest pas pour ce du samedi mai quand meme zon labitude nan?

    [Reply]

    Je n’ai rien contre les étrangers, mais vu que nous sommes sur un site français, merci d’écrire dans cette langue.

    Pat

    quand je lis ça , je me dis que suis vraiment trop vieux pour ces conneries.
    putain , mec , tu t’es relu ? c’est pas possible …

  • Je confirme que le son était une vraie honte. Une reverb genre cathédrale. Ça rappelait même les sons pourris de l’ancien Bercy mais en pire. la faute je pense à une salle absolument pas faite pour les concerts. A moins que ce soit l’ingé son qui se soit endormi sur le bouton reverb ce dont je doute.

    [Reply]

    Otto Rail

    Toutes ces remarques plus une set list axée sur le dernier album …finalement aucun regret d’avoir loupé ma place !

  • Je vous confirme que le 28 le son était une bouillie insupportable au fond de la salle … Mon seul répit aura été de sortir pour aller acheter une bière et ce malgré les bouchons d’oreille, dommage car j’adore ce groupe et tous les concerts vus jusque la étaient une vraie claque.

    Autre chose, l’intro de deutschland version DJ était bien trop longue.

    [Reply]

  • noel Ritchie dit :

    malgrė un concert monstrueux, pourquoi ne pas avoir utilisė les ecrans lateraux????
    l ‘intro de deuschland : dispensable ! remplacėe par 1 morceau de rosenbrot (aucun morceaux ..)ou de liebe..1 seul pussy fut jouė eu ete plus judicieux

    [Reply]

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