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Blow Up Your Video   

Rammstein peut faire simple


C’est assez rare pour être signalé : Rammstein et sobriété, ça marche. On s’en étonne car les Teutons s’accordent plus facilement avec les adjectifs « spectaculaire », « monumental », parfois jusqu’à la limite de l’éléphantesque, et de plus en plus avec l’âge. Leurs shows nécessitent de plus en plus de moyens. Leurs promos prennent des allures impériales. Et leurs provocations se font aussi parfois à coups de traits de plus en plus épais. Bref, Rammstein, c’est une grosse machine, voire, puisqu’on parle d’un groupe indus, toute une usine pleine de grosses machines, donc peu de place pour la finesse et la dentelle.

Et pourtant… Le 10 décembre sortira par chez nous la compilation des clips du groupe « Videos 1995 – 2012 » qui sera aussi accompagnée de la sortie d’un nouveau single. Quoique, nouveau : il s’agît de « Mein Herz Brennt », un des hits des Allemands. Mais en version « Piano ». Alors, on peut se dire : « Qu’est-ce que ça change ? C’est juste pour sortir un single parce qu’il y a un nouveau truc qui sort à côté. Et ce n’est pas parce que c’est avec un piano au milieu que ça va changer quelque chose. J’me ferai pas plumer ce coup-là ! » Et pourtant, ils savent jouer « piano ». Idem pour le clip qui va avec.

Un décor unique, simple, quasi monochrome avec, pour seul accessoire, un bassin géométrique. Face à nous Till Lindeman, le chanteur, presque aussi simple. Au moins, sa tenue l’est : une robe noire, unie. Seules fanfreluches : ses mitaines en résille qui laissent penser qu’il parodie là un cliché de chanteuse de metal gothique. Quoi qu’il en soit, cette toilette laisse paraître assez de peau : marquée, blessée, montrant une sorte de fragilité.

Fragilité de l’esprit aussi soulignée par ces sourires équivoques mais avant tout par le maquillage qui n’est pas sans rappeler celui du Joker dans le film The Dark Knight mais aussi, plus simplement, celui d’un clown triste, un lendemain de représentation, qui ne se serait pas démaquiller, trop déprimé pour ça, et qui ne nous chanterait pas tant « Mein Herz Brennt » (mon cœur brûle) que « Mein Herz Bricht » (mon cœur se brise)… und mein Verstand zu (et mon esprit aussi).

Enfin, simplicité aussi de cette version. Till ne déclame plus son texte. Il nous le raconte. Tout juste une montée en puissance à mi-chemin, ne serait-ce que pour nous rappeler l’originale ; parce que, en cours de route, ça démange de réentendre la version de base. Et on s’imagine : ne pourrait-il pas la reprendre ainsi en live, peut-être pour l’intro du concert. Ou en final : on éteint la pyrotechnie, Till qui s’assied au bord de la scène, saltimbanque épuisé par deux heures de spectacle, qui a brûlé sa dernière flamme, sa dernière parcelle d’énergie. Et, à la fin, cette petite volute de fumée qui s’élève pour nous dire au revoir.

Enfin, des fois que vous auriez besoin d’un peu plus d’inédit, voici un autre morceau, « Gib mir deine Augen », qui se trouve en face B de ce « Mein Herz Brennt Piano Version », qui a été lâché sur YouTube il y a une semaine.



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