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Chronique   

Raunchy – Vices. Virtues. Visions.


Raunchy pourrait être considéré comme un groupe « fourre-tout » tant il se délecte à mélanger les genres : death mélodique, électro, rythmes et mélodies pop : tout y passe. Là où cette recette pourrait très vite amener certains groupes à devenir des parangons de vulgarité, Raunchy réussit à tirer son épingle du jeu. Vices. Virtues. Visions. succède à A Discord Electric (2010) et marque la première participation à un album studio du chanteur Mike Semesky qui a remplacé Kasper Thomsen en 2013. Ce nouvel opus prouve une chose : Raunchy n’a toujours rien cédé à la sobriété.

Vices. Virtues. Visions bénéficie d’une production plus épaisse que son prédécesseur, œuvre de Jacob Hansen (Volbeat, Epica, Pretty Maids…). Le son des guitares a enfin cette lourdeur qui rend justice au riffage de Raunchy et parvient, malgré tout, à se conjuguer avec les nappes de synthé, comme le montre « The Castaway Crown ». Ce nouvel opus prend une direction plus agressive que son précédent, le riff d’intro de « Truth Taker » a des semblants bienvenus de Lamb Of God. « Anesthesia Throne » est un exemple de thrash parfaitement maîtrisé. Le chant de Mike Semesky est très bien intégré, certains refrains sont aisément mémorisables et aèrent les compositions, tel « Digital Dreamer ». Bien qu’opulente, la musique de Raunchy reste sujette à l’appréhension de l’auditeur. Certaines compositions peuvent être qualifiées de « progressives » (« Never Enough », « The Singularity Heart »). L’alternance entre passages purement « metal » et passages plus épiques (à l’aide de synthétiseurs et de voix claires grandiloquentes) est savamment orchestrée. Surtout, Raunchy a cherché à créer différentes atmosphères propres à légitimer certains passages cathartiques : l’introduction de « The Singularity Heart » rappelle certaines progressions d’Insomnium.

Vices. Virtues. Visions. peut cependant irriter. Certains passages de « Clarity » rappellent que, parfois, abuser du synthétiseur et de l’auto-tune ne font que desservir le propos. Raunchy veut peut-être trop en faire. Le refrain de « Luxuria » entretient une proximité dérangeante avec l’euro-dance. Surtout, cet album ne parvient pas à retrouver la justesse mélodique d’A Discord Electric. Une chanson comme « Clarity » prouve aussi que l’un des travers de ce nouvel opus est la longueur de certains de ses titres, où les transitions relèvent plus du remplissage et rendent la composition inégale de bout en bout.

Au final, Vices. Virtues. Visions. ne dépaysera pas les amateurs du genre. Il reste un opus plus percutant mais moins entêtant que son prédécesseur. Certes, Vices. Virtues. Visions. n’a rien d’intimiste et se moque bien du concept de « réserve ». Raunchy délivre un florilège de sons n’ayant que faire de la bienséance. C’en est presque outrageux, mais cela prend étrangement une forme appréciable malgré les lacunes. Avec modération toutefois.

Ecouter la chanson « Truth Taker » :

Album Vices. Virtues. Visions., sorti le 21 novembre 2014 chez Massacre Records.



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