ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Chronique   

Redemption – The Art Of Loss


Redemption - The Art Of LossRedemption revient de loin. Les divers problèmes de santé qu’accusent certains membres du groupe n’en sont pour autant pas terminés. Nick Van Dyck s’est certes remis de son cancer, mais Bernie Versailles, lead-guitariste, doit s’absenter pour se concentrer sur la guérison de son anévrisme survenu en octobre 2014 et n’a donc pas du tout pu prendre part à cet album. Ce sont donc des circonstances morbides et malheureuses qui ont entouré la vie du groupe jusqu’à aujourd’hui et la sortie de leur nouvel opus, cinq ans après This Mortal Coil (2011). The Art Of Loss n’est donc pas un disque anodin : Redemption, s’il reste fidèle à sa ligne musicale, n’est plus tout à fait le même.

Le groupe est retourné auprès de Tommy Hansen pour produire le disque de sa patte experte et consciencieuse, sans pour autant être bouleversante. Pour pallier l’absence de Bernie Versailles, le groupe a recours à de nombreux prestigieux invités (dont beaucoup ont officié avec Megadeth…) en la présence de Marty Friedman, Chris Broderick, Chris Poland et Simone Mularoni. De ce point de vue, la musique de Redemption ne décontenance pas. Les soli et le shred sont de mise, ce dès le titre d’ouverture éponyme. « Damaged » nous laisse apprécier le talent de Marty Friedman avec ce qui est sans-doute l’une des meilleures performances de l’album. John Bush (Armored Saint, ex-Anthrax) vient par ailleurs prêter sa puissante voix sur le classique de The Who « Love Reign O’er Me », respectueusement repris, surtout prétexte pour un duo vocal de standing avec Ray Alder et quelques envolées de guitare de Chris Poland. Alder qui, s’il s’inscrit, à l’image de la musique, dans une veine progressive un peu plus conventionnelle, moins personnelle, que ses travaux dans Fates Warning, porte les chansons à bout de bras, tant sur les parties énergiques que celles plus ambiantes, à l’image de l’introduction pleine de sensibilité de « Hope Dies Last » ou le refrain enjoué et accrocheur de « That Golden Light ». Refrain qui n’est d’ailleurs pas anodin : en dehors de l’aspect technique inhérent aux compositions du groupe, ce The Art Of Loss tend surtout vers un heavy/power metal aux touches progressives. Redemption se veut même par moments plus canalisé et tergiverse moins dans des structures alambiquées.

Sauf que The Art Of Loss pourra encore laisser une impression de stérilité à bien des auditeurs. Certes les amateurs de technique à l’ancienne, de metal progressif dans sa forme la plus convenue, vont exulter, le problème est qu’ils risquent d’être les seuls. Et en dépit de certaines chansons plus condensées, qui s’avèrent également les plus mémorisables et mémorables (« The Art Of Loss », « Damaged »), la recette joue sur une densité instrumentale qui pourra apparaître quelque peu vaine. Et le titre de conclusion « At Day’s End », de plus de vingt minutes, se perd et perd l’auditeur dans ses méandres mal balisés. The Art Of Loss laissera à beaucoup l’impression d’un récital académique, extrêmement maîtrisé mais où l’égocentrisme des musiciens brouille sa lisibilité et le fond de l’œuvre ne parvient pas vraiment à transcender sa forme, malgré quelques vrais moments d’éclats (le refrain de « Thirty Silver » qui se détache du titre, par exemple).

The Art Of Loss n’est pas un échec pour autant. Il répondra aux attentes des fans invétérés de la belle époque de Dream Theater et Symphony X (quoique…) et des férus de virtuosité, notamment « guitaristique ». C’est peut-être sa force d’ailleurs, plaire aux plus traditionalistes de la mouvance metal progressive qui y verront un véritable amour pour le genre. Simplement, malgré la myriade d’efforts déployés, peut-être même plus encore cette fois-ci que sur les albums précédents, Redemption peine encore à s’extirper de son statut de groupe de seconde division.

Ecouter le disque :

Le clip de « The Art Of Loss » :

Albumù The Art Of Loss, sorti le 26 février 2016 via Metal Blade Records.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Slipknot @ Lyon
    Slider
  • 1/3