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Nouvelles Du Front   

Rejoignez le front de libération des artistes


Voilà encore un album qui fait couler beaucoup d’encre et ce n’est pas terminé. La sortie de Illud Divinum Insanus, le nouvel album de Morbid Angel, est un véritable événement cette année. Déjà parce que cela faisait un moment que l’album d’un des pionniers du death metal floridien était attendu. Pensez-y donc : le premier depuis le retour du charismatique David Vincent, avec sa voix jouissive, son talent… Sans compter que Heretic, sorti il y a huit ans, en avait laissé plus d’un sur sa faim à cause de compositions que certains considéraient comme bâclées.

Le moins que l’on puisse dire est que cette critique ne tient plus sur un Illud Divinum Insanus travaillé, inspiré et, surtout, sur lequel on sent un groupe qui a pris plaisir à se laisser aller à de nouvelles envies. En cela aussi cet album est un événement car il représente ce que le metal a de meilleur à offrir. La musique peut ne pas plaire – après tout la nouveauté n’est pas toujours une réussite pour tout le monde – mais la démarche qui a conduit à son existence est à défendre corps et âmes. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » disait l’autre (l’autre, c’est Voltaire paraît-il), une citation que l’on peut facilement tourner à l’avantage de la création artistique. Car, après tout, c’est ça, dans le fond, l’esprit du metal : aller à contre-courant et briser les codes qui nous sont de plus en plus imposés, quitte a briser les codes que nous nous imposons nous-mêmes.

C’est ce que fait Morbid Angel, dans une certaine mesure. Il ne faut rien exagérer : une bonne moitié de l’album reste dans les standards connus du groupe. Mais pour l’autre versant du disque, la bande à Trey Azagthoth va ici – non sans un certain talent – à contre-courant de ce qui était attendu d’elle et s’amuse à brouiller les codes qu’elle a elle-même instauré. Et, en tant que mélomane, qu’il est bon de se faire surprendre ! De se sortir du marasme d’un conformisme ambiant et puant ! Comment a t-on d’ailleurs pu en arriver là ? Comment une communauté qui – il fut un temps – portait avec fierté le drapeau de la contre-culture a t-elle pu le laisser choir au sol et, dans une marche bien rangée, le piétiner avec indifférence ? Il serait temps de rebâtir les fondations, bien trop vieilles pour être solides, de l’anticonformisme tant revendiqué. Les artistes, eux, ne vous attendent pas pour se mettre à l’ouvrage en tout cas. Ils ne vous ont jamais attendu car, après tout, ils ne vous doivent pas plus que vous ne leur en devez.

Une chose que l’article publié en début de semaine par l’Animal a mis en évidence, c’est que plus le temps avance et plus un fossé se crée entre les fans et les artistes. Là où dans les deux décennies précédentes ces derniers s’excusaient presque de s’être écartés des sentiers battus (Metallica, Megadeth, Def Leppard, Kreator ou même Accept bien avant encore), aujourd’hui le ras bol commence à se faire sentir. Ras le bol de se plier au diktat d’une communauté passive (pour une grande partie) qui, tout en téléchargeant librement les œuvres sans état d’âme – certains le revendiquent fièrement même – réclame que leurs auteurs se plient à ses exigences.

Aujourd’hui, les artistes tendent à ne plus avoir pour eux que l’acte créatif lui-même. Comprenons donc qu’ils souhaitent s’épanouir dans leurs créations. Sinon à quoi bon ? Alors au diable les donneurs de leçon qui savent mieux que vous à quoi doit ressembler votre œuvre. Anders Friden d’In Flames a été très clair sur le sujet. A l’instar de The Haunted qui a longtemps hésité à ouvrir sa musique comme il l’a finalement fait sur le génial Unseen. On peut également citer Hammerfall qui, cette année, a ressenti le besoin de renouveler un heavy metal des familles qui en avait grandement besoin. Morbid Angel s’ajoute désormais à cette liste grandissante d’artistes libérés et c’est tant mieux.

Les artistes sont en crise avec les consommateurs. Preuve en est les déclarations, qui viennent de tomber, de diverses pointures de la scène. Nergal (Behemoth), Karl Sander (Nile), Michael Akerfledt (Opeth, Bloodbath), Vorph (Samael) et autres se sont exprimés à la demande du label Season Of Mist au sujet du nouveau coup de tonnerre de Morbid Angel. Bien plus qu’une stratégie marketing pour remplir un press-book, ces déclarations sonnent pour certaines comme de vraies revendications. Les Floridiens, avec ce Illud Divinum Insanus, vingt ans après les mythiques Altars Of Madness et Blessed Are The Sick, reprennent le statut de leaders :

« Le nouvel album de Morbid Angel engendrera la Troisième Guerre Mondiale. Après le 7 juin [NDLR : date de sortie de IDI en Amérique du Nord], la scène metal extrême ne sera plus jamais la même… Et je ne peux déjà plus attendre le moment où je serais assis dans mon sofa en écoutant Illud Divinum Insanus pendant que le monde brûle ! Ha ! »Nergal, Behemoth.

« Aucun autre groupe que Morbid Angel, dans tout le genre du metal extrême, aurait pu oser faire Illud Divinum Insanus. Il y aura un bon nombre de puristes underground et sans imagination qui pensent mieux savoir quel type d’album Morbid Angel devrait ou ne devrait pas sortir, mais avec Illud Divinum Insanus Trey et David prouvent qu’ils ne répondent à personne d’autre qu’eux-mêmes. C’est un album incroyablement bien écrit, joué, enregistré et produit. »Karl Sanders, Nile.

« L’un des meilleurs albums de death metal depuis leur dernier avec Vincent. Je ne suis pas trop sensible aux sonorités techno mais je suis un mec qui apprécie et respecte les groupes qui osent de nouvelles choses, qui progressent… C’est donc tout bon. Le chant de Vincent est bien sûr toujours aussi bon. Et les riffs sont clairement là, Trey envoie toujours aussi bien. Le nouveau batteur tue également ! »Mikael Akerfeldt, Opeth.

« Heureux de voir Morbid Angel de retour ! Nous avons eu notre lot de critiques lorsque nous avons incorporé en premier lieu des éléments électroniques à notre son et nous savons que cela nécessite du courage et de la passion de suivre son propre courant d’inspiration. Cette fois le travail guitaristique est plus impressionnant que jamais et ces onze chansons sont un véritable tour de force. Avec ce nouvel album ils n’ont pas peur de prendre des coup d’une audience plus conservatrice mais c’est ça être extrême ! »Vorph, Samael.

« Innovation, intelligence et une attitude sauvage et sans compromis est ce qui fait la marque des meilleurs groupes. Illud Divinum Insanus, c’est tout ceci et même un peu plus ! Hail Morbid Angel »Rune « Blasphemer » Eriksen, Ava Inferi, ex-Mayhem.

« Morbid Angel prouve encore qu’ils peuvent faire perdurer leur héritage et délivrer la folie avec le savoir-faire de l’élite. La scène metal n’a d’autre choix que de redonner la couronne aux roi indiscutable du death metal ! MORBID ! MORBID ! MORBID ! »Anders ‘Blakkheim’ Nystrom, Katatonia.

« Ça, c’est le Morbid Angel tel que je l’ai toujours aimé : imprévisible, avant-gardiste, différent et extrême. En un mot : unique. Si vous espériez une répétition sans intérêt du passé, allez voir ailleurs. Si vous voulez quelque chose de moderne et audacieux, Illud Divinum Insanus est le chef-d’œuvre dont seul Morbid Angel pouvait rêver. Ça botte des culs ! »Dirk Verbeuren, Soilwork.

Par ailleurs, dans une récente interview pour Decibel Magazine, Trey Azagthoth met les choses au clair : « je ne suis pas inquiet du tout car je ne le fais pas pour l’approbation des autres ». Le guitariste ne semble d’ailleurs ne pas en avoir terminé avec les sonorités industrielles nouvellement introduites et évoque du matériel inédit qui devrait voir le jour prochainement : « nous sortirons ceci plus tard cette année ou au début de l’année prochaine, mais c’est aussi inspiré par la musique électronique. J’en ai une inspirée par la musique blackbeat et qui pourrait être remixée plus tard par un producteur spécialisé dans, disons, du dubstep, ou peu importe ce qui sonnera le mieux. Je suis simplement en train d’essayer d’explorer la musique et repousser les barrières et créer quelque chose de neuf, ce qui est de toute manières ce que nous faisions déjà. »

(Illustration : Morgor)

Vous voilà prévenus. Mais une chose est sûr, si le consommateur continue à ignorer les droits et les libertés de l’artiste, personne ne peut gagner. Alors soyez des consommateurs libres mais responsables et rejoignez le Front De Libération Des Artistes Par Les Libres Consommateurs (le FLALC). Le FLALC est une organisation hautement subversive dont les principes sont, dans les grande lignes, les suivants :

– Tu as le droit de dire qu’un album est une merde. En contre-partie l’artiste doit aussi pouvoir avoir le droit de faire un album de merde. Ben, oui, sinon à quoi bon, franchement ?

– Tu peux très bien « emprunter » des œuvres d’artistes sur internet. Mais aies à ton tour la générosité de les laisser « emprunter » tes biens, ta copine, ton copain, ton chien ou ton perroquet (pensons aux amis les bêtes de chez Hatebeak ou Canninus ; Budgie mériterait bien un peu de réconfort).

– La prochaine fois que tu rencontreras ton musicien préféré pour lui serrer la paluche et prendre une photo à ses côtés, prends la liberté de lui dire ouvertement ce que tu penses de lui. David Vincent sera sûrement ravi d’apprendre que tu le considère comme le dernier des nuls.

– Tu exiges d’un groupe qu’il change de nom lorsqu’il change de genre musical ? Et toi, on te demande de changer de nom quand tu changes tes fringues ?

– Tu peux dire qu’un album est objectivement mauvais. Mais tu dois aussi reconnaître que tu es objectivement un imbécile. Car objectivement, tu l’es.

– Lorsque tu refuses de faire l’effort de comprendre un artiste, ne t’attends pas à ce qu’il fasse l’effort de te comprendre.

Si vous même avez des suggestions de « ligne de conduite » n’hésitez pas à les faire partager dans les commentaires !



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  • Désolé pas eu le temps de lire l’article, mais faites des recherches, et vous verrez que votre phrase de voltaire, souvent ressortie par tout le monde n’est pas de lui. C’est d’une écrivaine anglaise qui l’a connu qui a marqué ça dans un de ses livres, me semble t-il pour parler des idées de Voltaire.
    Voila, à toutes 😉
    Si j’ai le temps d=je vous met la vidéo l’expliquant en lien 😉
    P.S : ce n’est pas de la merde ce que je dis, ça vient d’un institut à Geneve où sont concentrés toutes les oeuvres de VOltaires avec son plus grand spécialiste 😉

    [Reply]

    Spaceman

    D’où le « paraît-il »…

  • Très bon article, beaucoup de choses ont déjà été dites, je ne reviendrai pas dessus, cependant je souhaite vous communiquer une faute que vous avez faite (bande d’hérétiques de la langue française !!!)
    En dessous de l’illustration de Morgor, : « Mais une chose est sûrE »
    Voili voilou j’ai fait mon chieur là 🙂

    [Reply]

  • Un fossé se creuse entre les artistes et les fans ? C’est quoi cette généralité à deux balles encore ? Vous croyez que tout le metal s’axe sur les états d’âme des membres de Morbid Angel ? Ben non, moi par exemple je m’en branle de Morbid Angel, parce que le death-metal ne m’intéresse pas… C’est pas mon truc quoi. Donc leur front machin-bidule là, ça m’inspire rien du tout.

    Franchement, quand on considère son public comme un ramassis de merdeux qui piratent à tour de bras, je sais pas si on fait vraiment ce qu’il faut pour calmer le jeu. Morbid Angel sans ses fans, sans son public, il en reste quoi ? Si ces mecs ne sont pas suffisamment soutenus par leur propre communauté, à votre avis la meilleure solution c’est de lui déclarer la guerre ? « Libérez les artistes », putain mais sans blagues on dirait une campagne de pub du gouvernement en faveur de l’HADOPI !

    Ce qui est proprement hallucinant et que refusez avec acharnement d’admettre, c’est qu’aucune mesure coercitive, aucune menace, aucun appel au bon sens de merde ne fait reculer le piratage. Et face à cet état de fait, plusieurs médias, artistes et surtout majors s’entêtent à vouloir pérenniser l’ancien monde sans jamais se résoudre à s’adapter à ce changement. Mais bordel de dieu les mecs, vous allez marcher à reculons pendant combien de temps encore ?

    La solution elle existe, elle est simple, juste, démocratique, équitable : la licence globale ! Au lieu de freiner des quatre fers en s’arcboutant sur une position immobiliste, ça permettrait de faire preuve d’un peu d’innovation. Mais bien évidemment pour certains faire appel aux pouvoirs publics ne vaudra jamais le bon vieux couplet achat-vente dans le cadre d’une économie de marché soi-disant libre. Il faut punir, punir, punir, quelqu’un qui utilise le P2P est forcément le roi des fils de pute, un lâche, un traître ! Génial les mecs, avec un discours pareil vous faites un carton assuré à un congrès d’Universal, à un meeting de l’UMP, ou autour d’un verre avec Gene Simmons. Et pendant ce temps là, que vous le vouliez ou non, la Terre continue de tourner.

    Regardez Lady Gaga, cette teenage pop-star commerciale que vous adulez tant : elle est piratée à mort et pourtant elle roule sur l’or. La vente d’albums ne fait pas tout. Et si justement on commençait par-là ?

    Se battre pour une meilleur couverture médiatique du Metal est à mon sens une lutte bien plus utile que celle d’hurler avec les loups contre le piratage informatique. Quand tout se sera cassé la gueule, vous serez fiers d’avoir dit « on vous avait prévenu ». Mais vous planterez votre étendard sur un champ de ruines.

    Moi je pirate beaucoup, mais j’achète aussi beaucoup de CD, de DVD et beaucoup de places de concert. Je ne pense donc pas être un gros connard ingrat. Mettre tout le monde dans le même sac, ça aussi c’est de la connerie.

    Après pour ce qui est de dire que les artistes doivent faire ce qu’ils ont envie de faire, je suis tout à fait d’accord. Mais ça ne les empêche pas de faire de la merde, et on peut les critiquer si on en a envie ! Et quand c’est bien, je me prive rarement de le dire aussi !!

    [Reply]

  • CrimsonKing dit :

    Evidemment que l’artiste doit composer pour lui et pour personne d’autre. C’est la base même de la création artistique. Quelqu’un qui compose uniquement pour son public (coucou AC/DC) se trahit et fait souvent de la merde. Sauf que Illud Divinum Insanus, de la même manière que pour St. Anger de Metallica ou Cold Lake de Celtic Frost, ne représente en rien une innovation, mais est au contraire un régression. Et ce pour une raison très simple : aucun album de MA ne se ressemble et ne donne l’impression d’être un plagiat d’une autre oeuvre ; dès lors, en quoi un vulgaire plagiat de Marilyn Manson sur Illud Divinum Insanus peut constituer une innovation ? Et, comme cela a déjà été dit, d’autres artistes tels qu’Ulcerate ont fait du Death original et sortant du classique Death Metal, et pourtant l’auteur de cette « chronique » n’en parle pas.

    Donc, dans le fond, l’auteur a raison, sauf que faire l’apologie de l’innovation en prenant comme exemple le dernier MA, c’est vraiment être hypocrite.

    [Reply]

    Spaceman

    Encore une fois, dans l’article il est nullement prétendu que MA faisait quelque chose d’innovant au sens large. Par contre il fait bel et bien quelque chose d’inédit pour lui même. Est ce qu’un autre album de MA s’était autant aventuré sur le terrain de l’indus? Je ne crois pas. Sans compter que MA le fais à sa manière, avec ses sonorités bien caractéristiques, ce qui rend le tout finalement assez personnel. Après que l’on adhère ou pas c’est autre chose et ce n’est pas le débat.

    Non, l’apologie qui est faite ici, c’est celle du comportement qui a poussé MA a tenter des choses qu’ils n’avaient EUX pas tenté avant PARCE QU’ILS EN AVAIENT ENVIE. Voilà, les artistes devraient pouvoir faire ce qui leur chante même si ça doit aller à l’encontre de ce qu’on attends d’eux. Ce n’est donc pas une question d’apologie de l’innovation au sens large. relis bien.

    Ensuite l’exemple de MA est là parce que c’est lui qui amène aujourd’hui cette réflexion de part les réactions vives et opposées qui fleurissent partout en ce moment. Et accessoirement parce que je prends personnellement mon pied en écoutant cet album.

    WhoDoYouThinkIAm

    Putain, qu’il est bon cet album ! Je ne sais pas ce qu’il aurait du être et n’en ai rien à foutre mais moi aussi je prenfds mon pied en l’écoutant !!!

  • WhoDoYouThinkIAm dit :

    Puisque j’y suis, je n’aime pas l’utilisation à tort et à travers du mot otage. Il est trop grave de nos jours pour être utilisé dans ce genre de conneries. Mais je n’oblige personne à partager ce point de vue.

    Ici, personne n’est privé de ses libertés. Au contraire puisqu’il y a débat.

    [Reply]

  • WhoDoYouThinkIAm dit :

    Un artiste (musicien, acteur, écrivain, peintre, etc) doit tout à son public. Sans public, l’artiste reste dans sa cave, la queue entre les jambes.

    Le truc c’est que ce qui plaira au public ne se commande pas à l’avance. Et c’est là où l’artiste devrait faire ce qu’il a envie de faire sans penser à ce qui pourrait plaire aux fans.

    Je pense à Hollywood et à l’industrie ciné des blockbusters. Il y a des ratés mais certaines choses cartonnent qui sont vraiment des daubes à mon sens. Mais le public est là qui décide de la réussite d’un film, d’un album, d’un livre. Et pas de sa qualité. C’est là le truc. Car qui peut juger de la qualité ? A part des critiques dont c’est le métier et dont l’avis n’est pas le plus important.

    Cette ambiguïté entre fans et artiste n’est à mon avis pas nouvelle. On doit bien trouver dans la carrière des Stones des disques qui ont créé un tolé.

    Dernier point, dans le cas du dernier MA, honnêtement, les déclarations des autres groupes n’ont que peu de valeur dans ce système quand même commercial. Ca fait mieux surement mais cela reste de la pub.

    Aprés, les fans sont parfois tellement amoureux (extrêmes ?) de ce qu’a fait le groupe qu’ils ne tolèrent aucun changement. C’est ainsi que les choses fonctionnenent, il ne faut pas trop analyser. Artiste et public sont libres de leurs actes, de leurs propos, de leurs goûts, de leurs choix.

    L’ultime jugement est de savoir si artiste et fans se retrouvent sur les concerts, pas de savoir si les fans sont des ânes de ne pas suivre un groupe dans une évolution quelconque, aussi sincère soit-elle, ni de savoir si l’artiste aurait plutôt du faire ceci ou cela.

    Allez, je vais réécouter le dernier MA, que j’ai acheté en vrai, que j’aime bien même si je en suis pas le plus grand fan hardcore des MA.

    En tous les cas, le buzz est là et cela fait de la pub, c’est tant mieux.

    [Reply]

    Spaceman

    Juste une chose qui mérite (à nouveau) d’être rectifiée :

    L’artiste ne doit pas tout à son public. Il le doit à son œuvre qui a plut, fait vibrer, fait rêver son public. Nuance. Le public n’achète pas un disque par bonté d’âme mais bien parce que l’œuvre lui procure quelque chose. Sans public un artiste n’est peut être rien commercialement, mais le public n’est pas public sans artiste. C’est l’histoire de l’œuf et la poule…

    Donc plutôt que de voir ceci comme une relation enfermée dans un cercle vicieux, je préfère le voir comme une relation de couple qui peut se renforcer ou se briser. Parce qu’au final les gens évoluent, les personnalités changent, les envies changent, etc. Quand ça arrives, il faut l’accepter à défaut d’y adhérer.

    WhoDoYouThinkIAm

    OK, jouons sur les mots artiste / oeuvre. Il va sans dire que sans oeuvre, il n’y a pas d’artiste. Il n’en reste pas moins que s’il n’y a pas de public face à son oeuvre, l’artiste l’a dans le cul si je puis me permettre. C’est vrai cette subtilité m’énerve 😉
    Par ailleurs un artiste ne peut vivre sans public alors que le public, lui, pourra vivre d’autre chose. Public n’est pas une fonction intrinsèque alors qu’un artiste est en général mu par le besoin de s’exprimer et de s’extérioriser, de voir son oeuvre diffuser. Le public reste composé d’hommes et de femmes qui vivent dans un quotidien que l’on pourrait caricaturer en métro/boulot/dodo. Avec une famille à élever, des factures à payer, etc.

    Attention, je sais aussi que derrière les artistes, il ya des êtres humains mais je pointe uniquement la fonction d’artiste.

    Donc, sans public, l’artiste et son oeuvre restent à la cave.

    Spaceman

    Un artiste peut très bien vivre d’autre chose. La preuve si tu lis l’interview de Devin Townsend sur ces pages, il le dit lui même : si plus personne n’achète ses disques, c’est pas grave il sait faire d’autres trucs et ça ne l’empêchera pas de créer en parallèle. D’ailleurs la très grande majorité des artistes ne vivent pas de leur musique mais bien d’un boulot comme tout le monde. Ce sont aussi des hommes et des femmes avec une famille à élever et des factures à payer. Et publique ou pas public tous continuent de créer s’ils en sentent le besoin. Ce n’est pas le public qui motive un artiste à créer. La création tu la fais d’abord pour toi même, pour extérioriser quelque chose effectivement. Si un public accroche tant mieux sinon tant pis. Et sur le tas, certains arrivent à intéresser suffisamment de gens pour en vivre, mais ce n’est pas toujours le but premier. Tous les artistes ne sont pas des Gene Simmons dans l’âme ! 😉

    Mais peu importe, car tout dépends des termes et sur quel niveau on se place, ce que je voulais surtout pointer du doigt c’est le fait de ne pas minimiser l’impact de l’artiste sur le public. A titre personnel je serais très malheureux aujourd’hui si on m’enlevait les artistes que j’apprécie, ou tout du moins leurs œuvres. Donc oui le public doit aussi beaucoup à l’artiste : du rêve, des sensations fortes. Même si, certes, ce n’est pas vital, mais pas plus que pour l’artiste qui, dans la majorité des cas, ne créé pas pour vivre à proprement dit.

    WhoDoYouThinkIAm

    « Donc oui le public doit aussi beaucoup à l’artiste : du rêve, des sensations fortes. » : Complètement en phase.

    D’ailleurs, quelles sont les motivations qui poussent des milliers de personne à aller voir un artiste sur scène (ou deux joueurs de tennis s’affronter sur un terrain, etc). Sociologiquement, psychologiquement, etc. Mais on s’égare peut-être et le sujet est vaste mais si quelqu’un connait des études prise de tête là-dessus, why not…

  • Dark Zicos dit :

    Je suis complètement d’accord avec l’article !!!

    Je pense qu’un musiciens se doit de ne penser qu’à lui :
    c’est pour son plaisir qu’il compose et qu’il joue ses morceaux sur scènes.

    Je ne peux pas concevoir faire quelque chose que je n’apprécie pas moi-même.
    Si un public apprécie, tant mieux.
    Sinon, c’est pas grave.
    Au moins, je fais ce qui me plait !!!

    [Reply]

  • King Asator dit :

    pour moi ça restera toujours un album qui ne mérite même pas d’être téléchargé

    [Reply]

  • Le Borné dit :

    Qui a dit que le but est de plaire aux fans? A quels fans d’ailleurs? Par contre je ne vois pas comment on peut se prétendre « anti système » ou vouloir révolutionner le death metal (en utilisant de manière maladroite des recettes vieilles de quasiment 20 ans…) et après sortir une promo digne de l’URSS avec des déclarations type « langue de bois » pour bien faire passer la pilule.
    Moi, j’ai juste envie de penser aux gens qui se sont fait « rouler » par la marchandise. En général les gens qui vont chez Darty et qui commandent une machine à laver, s’ils se font livrer un sèche cheveu, ils sont plutôt du genre pas très content.
    Le problème est qu’avec ce système de pre order, et pire avec des gens qui ont taillé dans leurs économies pour acheter la commode Ikea, on ne peut plus raisonner simplement en disant « l’artiste fait ce qu’il veut, si vous aimez pas, vous n’avez qu’à pas acheter bande d’idiots ».
    Et force est de constater, que peu importe la qualité du Cd, la base fait que, les pre order ont bien tourné.

    Autre point, beaucoup ici ont l’impression qu’il y avait le choix, soit de pondre la daube qu’ils nous ont sorti soit faire un truc des années 80. Et les gars, vous écoutez autre chose que MA des fois? Tient, pas plus tard que cette année, Ulcerate, Necros Christos et Mitochondrion ont sorti des Cds qui s’écartent des sentiers battus, et comme c’est bizarre, il n’y a pas eu de levé de bouclier, c’est même le contraire, ils ont tous été plutôt félicité par la « critique spécialisée ».

    Bizarrement on constate aussi qu’il n’y a eu aucune polémique sur Ulver qui a pourtant bien eu un passé black metal (qui n’est pas connu comme étant la frange la moins conservatrice du metal). « L’évolution » du groupe a même été bien accepté même si certains ne sont pas forcément sensibles à la nouvelle musique du groupe. C’est pourtant une évolution plus flagrante que MA.

    Si on fait la même analyse avec Satyricon et Enslaved, on constate que les deux groupes ont évolué des débuts de leur black originel, l’un s’est fait pourrir et l’autre est respecté par quasiment toute la communauté.

    Alors l’histoire de la « psychologie » du metalleux au autres fumisteries pseudo philosophiques de comptoir, ca me fait bien rire!

    [Reply]

  • Pandemicus dit :

    Produire un album « classique » au risque de se faire monumentalement chier pour le bon plaisir des gros cons de fans bornés de l’ancienne école ? Pourquoi faire ? OUI l’ancien a souvent du bon (voire très bon), mais NON et définitivement NON putain de bordel de merde à cul de chier, un groupe n’est pas aux ordres de son public.
    Ou alors on tombe dans l’escarcelle des groupes qui n’ont pour unique but que de plaire à tout prix à leurs fans et par tous les moyens. Eux ne mérite même pas l’appellation « artiste », c’est juste des putains commerciaux quoi …

    [Reply]

    SpreadingFire

    MA n’a jamais sorti deux fois le même disque. Ce qu’on attendait c’était quelque chose de nouveau, mais qui respectait leur esprit de base, l’esprit du Death Metal, ici on se croirait en boîte de nuit …

    Pandemicus

    C’est justement ce que j’ai dit. Les fans attendent donc quelque chose de nouveau mais dans l’esprit death metal, DONC il faut que MA fasse un truc de nouveau mais dans l’esprit death metal. C’est leur problème si ils ont envie de changer, quand bien même ils ne respecteraient plus leurs codes musicaux d’origine et se vautreraient comme des merdes. Pareil, si ça plaît pas aux fans, bah ils n’ont qu’à ne plus écouter …

  • Mais bon sang ! On a bien le droit d’être déçus par ce disque quand même.
    Par contre je ne perd pas mon temps à crier que ce nouvel album est mauvais, je préfère l’ignorer ou l’oublier.

    [Reply]

    Spaceman

    Bien sur qu’on a le droit d’etre déçu par ce disque. Qui a affirme le contraire? Mais on ne peut pas leur reprocher de l’avoir fait. Il n’ont aucune obligation de satisfaction envers personne.

  • oui, mais qu’est-ce que le public?
    pour moi il n’y a rien de plus flou que le public. ce ne sont pas les 100 000 (?) mêmes personnes qui aiment MA depuis 88/89. à chaque album, il y a des gens qui sortent ou qui entrent dans cette masse qu’on appelle public. il n’y a rien de plus infidèle qu’un public. à la moindre déception, il va voir ailleurs.

    après dans la démarche de MA, on peut se poser des questions:
    -véritable volonté de créer ce qu’ils veulent en dépit de leur passé, en dépit de ce qu’attend le public, une véritable envie de créer de la musique en toute liberté, sans aucune contrainte sauf leur exigence artistique?
    -recherche du buzzz, en accord avec le label, le manageur, afin de rapporter un max d’argent à tout le monde et satisfaire l’industrie de la musique?

    je n’ai pas la réponse à ça (faudrait être hyper intime avec le groupe), mais la deuxième solution n’est vraiment pas honnête.

    [Reply]

    Spaceman

    Pour info, apparemment le groupe aurait été contre la volonté du label en ouvrant (après l’intro) par un tel titre. SOM aurai justement suggère de mettre un titre plus classique a la place pour ne pas trop décontenancer les fans. Le groupe a refuse.

  • SpreadingFire dit :

    Désolé, un artiste doit tout à son publique. Si un artiste n’a pas de publique à quoi ça sert ? Si MA est si reconnu dans le monde du Metal, c’est sûrement grâce à sa base de fan dans les années 88/89 qui ont commencé par distribuer des cassettes du groupe tout autour d’eux. Et ouais, sans publique MA serait encore qu’un illustre groupe inconnu, et la ils pointent un bon gros majeur envers leurs plus vieux fans, qui ne sont pas forcément bornés l’exemple est là avec la personne ayant cité l’excellent Triumvirat qui donne de BONS samples electros.

    [Reply]

    Spaceman

    Parce qu’acheter un disque c’est pour toi un acte généreux complètement désintéresser? Tu ne le fais pas parce qu’en premier lieu la musique que le GROUPE a enregistre te plais? Sans MA tu n’aurai jamais pu profiter de ses albums passes. Comme je l’ai dis le groupe ne dois pas plus a son public que ce dernier lui en doit. Ce n’est pas une question de doigt d’honneur mais de relation qui diverge ou bien se poursuit.

    SpreadingFire

    Que celui qui n’a pas d’exigence envers un groupe dont il est fan depuis le début me jette la première pierre … Bien sûr que je ne vais pas acheter un album dont la musique me déplait, ce serait complètement con, par contre l’acte désintéressé c’est d’essayer de propager l’amour qu’on a pour un groupe autour de soi. Et le tape trading, c’était aussi ça ;).
    Ensuite le doigt d’honneur, c’est concernant le fait que le groupe a littéralement tourné le dos aux fans, qui auraient été prêt à accepter des influences électro si bien faîtes, et qui n’auraient pas gaché l’essence Death Metal que le groupe possède depuis ses débuts. D’ailleurs, quand MA a mit des partitions de flutes, de piano et de guitare acoustique sur Blessed, personne ne s’en est plain car ça transposait toujours une essence sombre et morbide qui est la base d’un bon Death. Ici, c’est pas sombre, c’est juste mou, répétitif et digne d’un Night Club.

  • Zaza Ghtoth dit :

    Le groupe et le label doivent jubiler parce que le buzz est énorme , bien plus que si l’album était une tuerie .

    Au lieu d’évoluer de la sorte (si on peut appeler ça « évolution »)le groupe aurait mieux fait de régresser et de nous pondre un putain de truc oldschool dans la plus pure tradition du death made in Tampa .

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  • « tout à fait thierry! »

    très bonne analyse.
    on a tendance à très souvent oublier que nous ne sommes pas les artistes, mais les auditeurs.
    et qui sommes nous, en tant qu’auditeurs, pour juger de la qualité d’une oeuvre? si l’album ne me plait pas, ben je l’écoute pas. et je ne mets pas plein de commentaires sur youtube ou autre pour dire que c’est de la merde. et si ça plait à d’autres, tant mieux pour eux!

    Mais c’est peut être dans la nature humaine que de chercher une certaine stabilité, une continuité. alors, forcément, un artiste qui fait qqch de très différent de ce qu’il a créé par le passé, ça choque, on ne comprend pas, et on aime pas.

    y’a pas un thésard en sociologie, ou psychologie qui pourrait pondre un sujet là dessus? et on renommerait le site « radio metal et psychologie » et on débattrait des jours et des jours sur le pourquoi du comment de la psychologie du metalleux.
    Passionnant non?

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  • Byron Beer dit :

    Ces artistes se connaissent tous plus ou moins, que voulez vous qu’ils disent? « Je crois que l’esprit Morbid Angel s’est perdu en route. »? Ce disque est très moyen »? « C’est de la merde, ils ont pété un boulon. »? Et pourtant certains doivent le penser….

    Cela dit c’est leur droit absolu de se détourner de leurs racines et renier des fans qui jusque là avaient été indéfectibles (sauf une partie qui s’est détourné du groupe après le départ de David Vincent).

    En regard de l’article je ne comprends pas en quoi ce disque serait une nouveauté, mélanger de l’Indus / Electro et du Death n’a rien de nouveau, cela se fait depuis bien longtemps et beaucoup mieux que ça.
    Récemment The Monolith Deathcult, combo bien plus méconnu que Morbid Angel, a pondu un superbe disque dans cette veine (Triumvirate) et les grands médias généralistes Metal ont honteusement oublié.

    C’est facile de d’ériger en chantre de l’anti-conformisme et de l’innovation, très pratique pour masquer une perte de repère et manque d’inspiration manifeste. Et ça marche : des gens qui se contrefichaient complètement de Morbid Angel la semaine dernière (vieux nom vestige d’un passé lointain) défendent désormais le groupe bec et ongles.

    Quand aux recommandations d efin d’article :

    -Je n’irai certainement pas serrer spontanément la paluche de David Vincent, mais si il me demande comment je trouve le dernier Morbid Angel, je lui répondrai que je le trouve nul à chier.

    -Trouver un album objectivement mauvais n’est pas plus bête que trouver un album objectivement bon, avoir l’œil critique ça fait bien plus avancer les choses que de faire le béni oui-oui et tout trouver génial.

    -Comprendre un artiste est le dernier de mes soucis quand j’écoute un disque : le seul but est de prendre mon pied, étonnant non?

    En conclusion je ne crois pas qu’il y ai les gentils d’un côté : ceux qui acceptent l’évolution du groupe et s’en félicitent tout en montrant du doigt les autres : les affreux conservateurs soit disant réfractaires à l’évolution (ce qui est marrant quand on sait que Morbid Angel n’a jamais fait deux fois le même disque).

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    Spaceman

    Cet album de MA est une nouveauté pour sa carrière. Personne n’a prétendu qu’il était une nouveauté au sens large.

    En ce qui concerne le fait de trouver un album objectivement mauvais ou bon, c’est un non sens. L’écoute d’un album fait appel à nos émotions – conditionnées par plein de facteurs, notre sensibilité, notre vécu, notre personnalité, etc – donc rien d’objectif, à moins que ce soit vraiment mal joué… Et encore Venom, fut un temps, jouait mal et pourtant un bon petit Countess Bathory de temps en temps…

    Pour la compréhension d’un artiste, je ne dis pas que c’est une nécessité. Tu as raison, l’essentiel est de prendre son pied. Mais il ne faut pas chercher à se faire comprendre d’un artiste en tant que fan si l’on ne cherche pas à comprendre l’artiste. Car au final, l’essentiel pour un artiste, comme pour nous, c’est de prendre son pied.

  • Un article qui fait du bien a lire.

    étant moi-même musicien amateur, je me suis très souvent surpris a constater la différence qu’on peut avoir dans le jugement de la musique… Les artistes sont libres de faire ce qu’ils veulent, c’est leur oeuvre, nous ne sommes qu’auditeurs, spectateurs, nous en profitons et ce n’est pas plus mal.

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    Dana Fuchs @ Massy
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