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Chronique   

Revocation – Deathless


Depuis son premier album Empire Of The Obscene (2008), Revocation évolue sur une pente ascendante constante, attirant de plus en plus de regards, de plus en plus d’oreilles. Il faut dire que les Américains ne laissent aucun répit, produisant ses albums à la chaîne sans faiblir. D’autant plus remarquable que la musique du combo est loin d’être une évidence à appréhender et donc à concevoir, envoyant des fournées de thrash death qui savent se montrer efficaces, certes, mais surtout savamment techniques et chiadées. Après un album éponyme acclamé (comme à son habitude) l’année dernière, pas le temps de souffler, pas vraiment le temps de digérer, voilà déjà le cinquième opus (sans compter les EPs) de la bande a David Davidson qui arrive avec sa belle mécanique.

On a pu remarquer comme Revocation se complaisait à changer sa façade avec des illustrations aux esthétiques assez différentes d’un album à l’autre, et c’est une nouvelle fois le cas avec celle particulièrement vieille école de Deathless. Cela pourrait augurer de changements ou variations notables dans la musique, mais que nenni. A force, avec Revocation on en vient à savoir ce que l’on va récolter. Pas de surprise, pas de déception. Pas de surprise parce que Revocation a depuis ses débuts appris à son auditorat à s’attendre à tout type de petites originalités de sa part. Pas de déception parce que le groupe demeure, pour le très large reste, fidèle à une certaine ligne de conduite et une certaine expertise. Et peut-être que la surprise cette fois-ci est justement qu’il n’y en a pas vraiment. Pas de passage au banjo, pas de passage folk, pas de délire aux cuivres et orgue Hammond… Revocation se concentre sur le noyau dur de sa musique et grave dans le metal sa définition même. L’on pourrait croire avec « A Debt Owed To The Grave » qui amorce le disque que le combo chercherait à déterrer des fondements plus traditionnels, assurant son lot de headbangings, même si l’ensemble reste encore très touffu. Mais immédiatement après, la chanson éponyme prend légèrement une autre teinte, avec un refrain chanté et une farandole de plans qui sèment l’auditeur. Un peu plus loin « Madness Opus » joue la schizophrénie entre parties frénétiques et saccadées à donner le tournis et ralentissements lourds à l’ambiance fantasmagorique où le groupe tente de retrouver, à la manière d’un Mekong Delta, les étranges mélodies d’Erich Zann…

En vérité, Deathless enchaîne sous les diverses coutures connues de Revocation des brûlots tranchants de précision, ne laissant aucune place aux flottements. Les guitares tricotent leurs riffs tantôt entraînants, tantôt tordus (« Scorched Earth Policy »), avec toujours cette science du lead jazz n’ roll, pendant que Phil Dubois-Coyne à la batterie s’amuse comme un fou sous des rythmiques à s’en décoiffer les tympans (« The Blackest Reaches »). Le tout est là pour mener à un feu d’artifice final : instantanément, dès les premières mesures, on sait qu’ « Apex » sera instrumentale, sans doute à cause de ce solo à la mélodie équilibriste qui déboule à l’improviste… Avant d’embarquer pour un voyage en montagnes russes. Voyage qui se poursuit avec l’ultime « Witch Trails » et ses riffs que même Cynic n’ose plus. Jusqu’au bout de Deathless, Revocation impose sa loi et énonce la leçon. Il démontre qu’il n’a nul besoin de jouer les curiosités avec des mimiques farfelues pour gagner – ou en l’occurrence détourner – l’attention ; les arguments sont là dans son essence.

Ecouter les chansons « Madness Opus » et « Deathless » :

Album Deathless, sortie le 14 octobre 2014 chez Metal Blade.



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