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Interview   

Rhapsody Of Fire : Alex Staropoli, premier de cordée


La ténacité dont fait preuve Alex Staropoli force le respect. Depuis 2011, Rhapsody Of Fire a presque totalement changé de visage suite aux départs successifs de figures majeures du groupe : d’abord le guitariste Lucas Turilli, puis le chanteur Fabio Lione en 2016. Mais, en dernier survivant des débuts de Rhapsody Of Fire, Staropoli ne s’est jamais découragé, gravissant inlassablement les montagnes, avec pour seule réelle boussole sa passion pour le metal épique et orchestral.

Ironiquement, c’est lorsque Rhapsody Of Fire inaugure une nouvelle ère avec un tout nouveau line-up qu’il se rapproche le plus, depuis bien longtemps, de la fibre musicale qui a fait sa gloire. D’abord via Legendary Years, un recueil de réenregistrements d’anciens morceaux, puis aujourd’hui, avec The Eighth Mountain, premier album de compositions originales avec le chanteur Giacomo Voli (découvert sur la version italienne du télé-crochet The Voice) et le batteur Manuel Lotter. Un album sur lequel Rhapsody Of Fire, sans perdre son sens du grandiose, renoue avec l’enthousiasme des débuts et se lance dans une toute nouvelle saga fantastique.

Alex Staropoli nous parle donc de ce nouveau chapitre qui s’ouvre et de ses divers choix, autant de nouveaux collaborateurs que musicaux, revenant également avec un peu de recul sur les derniers départs et faisant quelques détours en évoquant les débuts de Rhapsody Of Fire.

« Je vois les réactions du public quand nous jouons des chansons plus joyeuses, l’implication des gens est différente, quelque chose s’ouvre et il y a une grande vague d’émotion qui se crée quand ils chantent ces hymnes. […] J’avais besoin de m’éloigner un peu des atmosphères sombres, de cette musique contractée. Il fallait que nous libérions davantage d’énergie. »

Radio Metal : Tu es sur le point de sortir The Eighth Mountain, le premier album de Rhapsody Of Fire de chansons originales avec le nouveau chanteur Giacomo Voli et le nouveau batteur Manuel Lotter. Mais avant ça, vous avez sorti Legendary Years, une compilation de réenregistrements d’anciennes chansons. Ces réenregistrements restent assez fidèles aux versions originales. Etait-ce donc une opportunité pour les nouveaux membres – en particulier Giacomo, compte tenu de l’importance de l’identité vocale dans Rhapsody Of Fire – de s’imprégner de l’univers du groupe ou bien était-ce plus pour rendre la transition plus douce pour les fans ?

Alex Staropoli (claviers) : L’idée derrière Legendary Years était simple : relever le défi de prendre toutes ces chansons et les réenregistrer en leur donnant un son moderne. Comme tu l’as dit, oui, j’ai voulu respecter les chansons originales, principalement parce que je crois que musicalement c’était le meilleur choix, mais aussi pour des raisons de copyright. Dans ce genre de cas de figure, tu as envie de rester fidèle. C’était important pour moi de les conserver exactement comme elles étaient, en respectant la moindre note que nous avions composée à l’époque pour chaque chanson. L’idée était aussi de présenter un nouveau line-up et de profiter de la nouvelle aventure. Mais Legendary Years était en fait plus difficile à accomplir que The Eighth Mountain. Ce n’était pas une tâche aisée, ça a pris du temps, car les chansons du passé sont très exigeantes, techniquement, surtout pour un chanteur. Avant Fabio [Lione], nous avions un chanteur qui avait une voix très aiguë, donc nous avions tendance à composer des chansons dans des tonalités plus hautes. Quand Fabio est arrivé, nous avons dû modifier ceci parce que c’était vraiment fou. Nous étions amoureux de Helloween, Crimson Glory et tous ces groupes qui avaient des voix très haut perchées. Nous avons donc dû adapter la musique, de sorte qu’elle colle à la magnifique voix de Fabio, évidemment. D’un autre côté, pour Giacomo, c’était plus facile de chanter ces anciennes chansons car il est capable de monter haut avec sa voix, mais, tout d’abord, il y avait beaucoup de chansons, c’était presque un double album, donc c’était un très long processus d’enregistrement ; c’était probablement la partie la plus dure – il n’y avait pas que dix chansons, mais seize ou quelque chose comme ça. Pour chaque chanson, nous avons dû tout refaire, tous les chœurs, toutes les lignes de chant, toutes les orchestrations, la batterie, la basse, tout, et évidemment le mix, réalisé par Seeb [Sebastian Levermann]. C’était le premier mix qu’il ait fait pour Rhapsody Of Fire. C’était beaucoup de boulot ! C’était très excitant à faire. Mais je suis content que désormais nous puissions enfin parler d’un tout nouvel album, avec des chansons originales, une nouvelle histoire, etc., car c’est ce que les fans autant que le groupe voulaient. Je voulais prendre le temps qu’il fallait pour accomplir ceci.

Pour Legendary Years, tu as toi-même enregistré le chant de Giacomo. Penses-tu que faire ceci d’abord sur des chansons déjà existantes était un bon échauffement, que ça vous a aidés à apprendre à vous connaître ?

Nous nous connaissions déjà, surtout avec Giacomo, car j’étais déjà en contact avec lui avant l’enregistrement d’Into The Legend, car je l’avais vu à la télé et j’ai voulu qu’il s’occupe des chœurs d’Into The Legend – je l’explique également dans le livret, soit dit en passant. Normalement, je ne regarde pas la télé, et encore moins des émissions telles que The Voice. Je n’ai pas le temps pour ça même si je le voulais. Mais il se trouve que j’étais en train de zapper sur la télé et, par hasard, j’ai vu ce gars qui arrivait pour chanter une chanson de Led Zeppelin, et j’ai été surpris de voir sur une chaîne de télé nationale italienne un gars chantant du rock et du metal. J’ai pensé : « Wow, quelle superbe voix ! » C’était la première fois que je le voyais. J’ai immédiatement ouvert Facebook et je lui ai écrit, et je l’ai invité à faire les chœurs de l’album. C’était le chef du chœur épique durant les enregistrements. Il connaissait plein de chanteurs de rock, certains étaient ses étudiants, d’autres étaient des chanteurs d’autres groupes qu’il connaissait, et il a amené tous ces gens au studio, donc nous avions un magnifique et puissant chœur pour Into The Legend. C’était la première fois que je l’ai rencontré et que j’ai travaillé avec lui. Legendary Years était plus une présentation, une carte de visite pour le présenter aux fans. C’était quelque chose de marrant à faire. C’était aussi parce qu’après ça, nous sommes partis en tournée avec Orden Ogan, donc les fans avaient l’occasion d’entendre Giacomo sur les anciennes chansons. Tout ça faisait partie du plan. Mais nous pouvons enfin présenter de nouvelles chansons.

Tu as déclaré que « Giacomo représente une bouffée d’air frais pour le groupe et sa voix expressive a été une grande inspiration pour [vos] compositions ». En quoi Giacomo a-t-il apporté un renouveau d’inspiration ?

Tout d’abord, il ne s’agit pas que de musique, de prestation ou de technique. Tout d’abord, il s’agit de la personne, et de l’entente que tu as avec elle. Je n’ai plus vingt ans. A mon âge, je veux quelqu’un avec qui je peux vivre et partager des moments de plaisir, parler, communiquer, avec qui je peux être transparent. Le principal était vraiment le caractère, et le fait de me retrouver à travailler avec des gens que je respecte et qui me respectent. Voilà pourquoi j’ai immédiatement aimé Giacomo, car il était tellement humble, tellement sympa, tellement positif. Pour moi, c’est le plus important. Je n’ai pas envie de ressentir des frictions et devoir discuter, avoir des conflits et des problèmes. Je n’ai plus envie de ça dans ma vie. Je veux éviter ça, surtout avec un chanteur. Non seulement Giacomo est une personne fantastique à vivre, c’est aussi un chanteur incroyable, et il est aussi très jeune. Le résultat obtenu sur The Eighth Mountain est spectaculaire, si j’en juge par mes oreilles de producteur. Je ne dis pas ça parce que j’ai composé de nombreuses chansons sur l’album, mais en tant que producteur, j’essaye de regarder ça sous une perspective extérieure et je pense qu’il a fait un boulot fantastique. Je suis certain qu’il va même s’améliorer dans le futur proche.

« Nous n’étions pas prêts techniquement à jouer les chansons que nous composions en 1989. […] Je ne connais pas beaucoup de musiciens, surtout des batteurs, qui tiendraient deux heures à jouer la musique de Rhapsody Of Fire. C’est très exigeant physiquement, crois-moi ! »

On peut entendre du chant un peu typé black metal dans « Seven Heroic Deeds » et « Tales Of A Hero’s Fate ». C’est quelque chose qu’on a déjà entendu de la part de Rhapsody Of Fire par le passé, mais est-ce quelque chose qui était nouveau pour Giacomo ou avait-il déjà l’habitude de chanter du chant extrême ?

Je pense qu’en tant que coach vocal et ayant des étudiants, il doit être prêt pour différentes techniques et différents styles. Donc ouais, je ne pense pas que ce soit quelque chose qu’il ferait au quotidien, mais si c’est la bonne chanson et le bon moment, ça a du sens et il est content de le faire. Giacomo est un chanteur très polyvalent. Il peut être doux, il peut être puissant, il peut crier… Il est fantastique. Il adore la musique, et pas seulement le heavy metal mais tout type de musique où la voix a une présence. C’est donc une grande inspiration pour moi en tant que compositeur et pour lui en tant que chanteur. Aussi, pour The Eighth Mountain, nous avons pris le temps nécessaire pour expérimenter, essayer différentes options, différents styles vocaux, jusqu’à ce que nous soyons contents. C’est une merveilleuse façon de travailler.

Dirais-tu que le jeu de batterie de Manuel Lotter a été tout aussi inspirant ?

Ouais. Absolument. La première fois que j’ai entendu les démos sur lesquelles il jouait de la batterie, j’étais très impressionné. J’étais impressionné par nombre des batteurs qui ont candidaté, nous ont envoyé des démos et tout, mais Manuel m’a vraiment donné l’impression d’être la bonne personne. Il est jeune, expérimenté et très motivé. C’est quelque chose qui donne beaucoup d’énergie aux autres membres du groupe et moi en particulier, car tu vois le plaisir, l’excitation… Ça me donne l’impression de ne pas être tout seul ; je ne porte pas tout le groupe sur mes épaules. J’ai une équipe qui est excitée de travailler pour Rhapsody Of Fire et d’amener ce groupe au palier suivant.

Beaucoup de batteurs et chanteurs ont candidaté ?

Pas pour les chanteurs, car je savais déjà que je voulais Giacomo. Nous envisagions différentes options, mais au final, le choix était évident. Pour les batteurs, oui, nous avons eu des gens qui étaient très motivés. C’est sympa de voir qu’il existe plein de bons musiciens. On ne croirait pas toujours, mais c’est le cas !

Avec ses atmosphères plus optimistes en mode majeur, The Eighth Mountain semble être un retour aux racines de Rhapsody Of Fire. Penses-tu que vous vous soyez trop éloignés de ça sur les derniers albums ? Ce côté positif t’avait-il manqué ?

Oui. Je n’aurais pas dit « oui » il y a quelques années, car cinq ans en arrière, je n’aurais pas fait ce type d’album avec ces chansons plus orientées mode majeur, car j’étais intéressé par les atmosphères sombres de Dark Wings Of Steel, par exemple. Et puis en sortant de From Chaos To Eternity, qui était un album vraiment intense… Je surfais sur cette vague. Puis, tout d’un coup, j’ai dit : « Oui, Rhapsody est né en composant des pièces dramatiques en mode mineur inspirées du classique, mais on composait aussi des chansons comme ‘Emerald Sword’, ‘Wisdom Of The Kings’, ‘Land Of Immortals’, qui étaient des hymnes très positifs. » Soudainement, j’ai réalisé que ça me manquait beaucoup. Aussi, quand nous jouons ne live, je vois les réactions du public quand nous jouons des chansons plus joyeuses, l’implication des gens est différente, quelque chose s’ouvre et il y a une grande vague d’émotion qui se crée quand ils chantent ces hymnes. Donc j’ai dit : « Ouais, c’est le bon moment de faire ça. » J’ai toujours envie que ce soit orchestral, intense et dramatique mais je veux aussi que des chansons ressortent et soient plus positives. C’est une décision que j’ai prise avant même de commencer à composer.

Dirais-tu que la tonalité des albums reflète l’humeur du groupe ? Ce qui voudrait dire que le groupe est dans une position plus positive aujourd’hui qu’il ne l’était sur des albums plus tristes et sombres tels que Dark Wings Of Steel ou From Chaos To Eternity ?

On parle de line-up différents, en fait. Sur From Chaos To Eternity, c’était encore le line-up [avec Luca Turilli et Fabio Lione], donc c’était la bonne chose à faire et je ne regrette pas la moindre note. Ce que nous avons fait était parfait. Mais ouais, je dois dire que le line-up actuel reflète la musique également. Vous verrez, j’espère, pour ceux qui auront la chance de nous voir en concert, que quand nous sommes sur scène, nous apprécions vraiment jouer de la musique ensemble. Le fait que nous allions jouer de nouvelles chansons sur cette prochaine tournée est très palpitant. Nous sommes tous très excités de voir tous les commentaires sympas de la part de fans, de médias, de journalistes… Les réactions sont fantastiques. Nous avons simplement hâte d’aller à la rencontre de nos fans et de jouer les nouvelles chansons. C’est tout ce qui compte pour nous à l’heure actuelle.

« J’ai vraiment envie que la batterie, la basse et la guitare sonnent massifs, mais en faisant ça, tu réduis l’espace pour le reste et c’est toujours un grand dilemme de trouver la bonne combinaison. […] Si on veut plus de guitare, il faut perdre autre chose. C’est toujours une bataille entre l’orchestre et le côté metal du groupe. »

Comparerais-tu l’enthousiasme actuel qui règne dans le groupe avec celui de vos premières années ?

Je dirais que oui. L’enthousiasme reste l’enthousiasme, mais au début c’était différent car nous ne jouions jamais en live, donc c’était comme une grande aventure. A l’époque, nous n’étions pas prêts, je dois dire, tout le monde le sait. Nous n’étions pas prêts techniquement à jouer les chansons que nous composions en 1989. Mais nous nous sommes lancés et, quoi qu’il en soit, nous nous sommes amusés. Maintenant c’est une autre histoire, l’excitation est vraiment authentique. Avec l’expérience que nous avons, nous montons sur scène en ayant une approche différente. Nous montons sur scène confiants. Je suis content que nous puissions transmettre de l’énergie à nos fans et qu’ils nous transmettent la leur en retour. C’est l’une des meilleures choses à vivre en tant que musicien, cet échange d’énergie.

Tu viens de dire qu’au début de Rhapsody, vous n’étiez « pas prêts techniquement à jouer les chansons que [v]ous composi[ez] en 1989 ». Dirais-tu que vous étiez trop ambitieux au départ ?

Non, pas vraiment, mais nous n’avions pas encore de salle de répétition. En fait, quand nous sommes entrés en studio pour enregistrer Legendary Tales, nous avions déjà des chansons pour Symphony Of Enchanted Lands, nous avions déjà écrit beaucoup de musique. Donc à un moment donné, nous avons dit : « D’accord, sortons Legendary Tales, et tout de suite après, sortons un autre album. Ainsi, après ces deux albums, on pourra tourner en tête d’affiche. » Ça ne s’est pas passé comme ça. Nous étions en 1999, nous sommes partis en tournée avec Stratovarius pendant deux mois, nous avons ouvert pour eux, c’était une chouette expérience, mais techniquement, nous aurions pu être mieux préparés parce que nos chansons sont très exigeantes. Je ne connais pas beaucoup de musiciens, surtout des batteurs, qui tiendraient deux heures à jouer la musique de Rhapsody Of Fire. C’est très exigeant physiquement, crois-moi ! On peut jouer deux ou trois chansons, mais quand il faut jouer seize chansons comme ça, c’est difficile.

Une rumeur prétend même que sur ces deux premiers albums, vous avez utilisé une boîte à rythme…

Non, ce n’est pas vrai. Nous avons utilisé des samples, mais le jeu et tous les overheads sont réels. A l’époque, notre batteur était Daniele Carbonera, il était dans le groupe pour Legendary Tales et Symphony Of Enchanted Lands, et précisément parce que la musique que nous écrivions était si exigeante techniquement, il avait besoin d’un peu d’aide, surtout avec la double pédale, c’était très dur pour lui de jouer. Malheureusement, c’est pour cette raison qu’il a dû partir. Malgré ses efforts, au final, il n’était pas capable d’assurer un concert et de maintenir le niveau d’énergie et de technique requis par les chansons. C’était très triste, car je suis toujours très ami avec Daniele. Donc ouais, ce sont des choses que les gens disent, mais non, le jeu de batterie était réel. C’est juste que c’était trop difficile pour lui [alors nous avons utilisé des samples]. En tant qu’amis, nous devions lui donner une chance de s’améliorer autant que possible avant de partir en tournée. Puis Alex Holzwarth est arrivé, il avait un autre niveau, c’était évidemment déjà un batteur professionnel, et le problème était réglé, même s’il a fallu que nous nous séparions d’un très bon ami.

Pour revenir à The Eighth Mountain, est-ce que le fait d’avoir réenregistré d’anciennes chansons pour Legendary Years a pu avoir un quelconque impact sur la direction de l’album ?

Pas vraiment, non. En général, je n’écoute même rien d’autre que des BO et de la musique classique, donc pas vraiment. Ce que je fais est ce que j’adore faire. Comme je l’ai dit, je voulais des chansons qui soient plus positives, et il se peut que ça ait créé un lien avec le passé, mais au final, ce ne sont que des gammes qu’on utilise [petits rires]. Si tu utilises plus des gammes majeures, évidemment, tout sonne plus joyeux, et au début de notre carrière, nous composions ainsi. J’avais besoin de m’éloigner un peu des atmosphères sombres, de cette musique contractée. Il fallait que nous libérions davantage d’énergie. Voilà pourquoi l’album sonne ainsi.

Pour The Eighth Mountain, vous avez fait appel à l’Orchestre Symphonique National de Bulgarie, connu pour leur contribution à plus de six cents BO de films, mais aussi deux chœurs de plus de vingt chanteurs, ainsi qu’un certain nombre de solistes jouant des instruments médiévaux. On dirait que vous ne vous êtes rien refusé. Malgré tout, il y a quand même un subtil équilibre entre la base metal du groupe et les éléments orchestraux, et je sais, comme tu nous l’as dit à l’époque de Dark Wings Of Steel, que tu as « vraiment besoin de plus de guitares et de plus de punch dans le son ». Comment parviens-tu à cet équilibre ? N’est-ce pas tentant, quand on travaille avec un orchestre aussi prestigieux et un tel chœur de charger la musique avec ?

Je sais, c’est très dur ! C’est l’une des choses les plus dures à faire : décider des niveaux. J’ai vraiment envie que la batterie, la basse et la guitare sonnent massifs, mais en faisant ça, tu réduis l’espace pour le reste et c’est toujours un grand dilemme de trouver la bonne combinaison. Si tu remontes le temps et écoutes un album comme Symphony Of Enchanted Lands Part II, ça sonne fantastique, le mix est parfait, mais ce n’est pas assez puissant. Tu peux entendre l’orchestre et tout, mais ce n’est pas si puissant. Si on veut plus de guitare, il faut perdre autre chose. C’est toujours une bataille entre l’orchestre et le côté metal du groupe. Mais je suis très content de ce que Seeb a fait pour le mix. C’est frais, c’est heavy, mais ce n’est pas écrasant ou trop compressé, on peut tout entendre. Donc je pense que c’est l’équilibre parfait pour la musique du nouveau line-up.

« C’est étrange parce que dans la vie, je suis souvent incertain de ce que je dois faire dans certains domaines, mais avec la musique, je n’ai jamais eu le moindre doute, je savais que je devais faire ça. »

Ça fait maintenant plusieurs années que tu es le compositeur principal dans Rhapsody Of Fire, mais travailles-tu toujours avec ton frère Manuel ?

Dernièrement, moins. Il n’était pas du tout impliqué dans le nouvel album. Enfin, il a joué. Evidemment, il est venu à Trieste et a joué de la flûte, du hautbois et autre, mais niveau composition, il n’était pas impliqué. Mais nous avons prévu de rattraper un peu le temps perdu avec des idées sur lesquelles nous sommes en train de travailler. Il est très occupé car désormais il enseigne au Conservatoire – il est enfin au Conservatoire de Trieste en tant que professeur –, et il a de nombreux concerts et une jolie famille, donc il a moins de temps pour composer. Mais nous trouverons le bon moment pour refaire quelque chose ensemble.

The Eighth Mountain marque le début d’une nouvelle histoire, développée par toi et Roby De Micheli, intitulée la Nephilm’s Empire Saga. Dark Wings Of Steel et Into The Legend étaient tous les deux des albums indépendants, niveau histoire, du coup, qu’est-ce qui vous a motivés pour vous lancer dans une nouvelle saga aujourd’hui, huit ans après avoir refermé la dernière avec From Chaos To Eternity ?

Je ne voulais pas que Dark Wheels Of Steel ou Into The Legend fassent partie d’une saga, connectant plusieurs albums, pas par principe, mais parce que si je faisais une nouvelle saga, il fallait que j’en sois convaincu, et pour moi, l’emploi des mots doit être parfait. Je suis très pointilleux par rapport à ça. Souvent, quand je lis des paroles, je suis déçu par la façon dont les textes et les mots sont utilisés. Mais avec Roby, nous avons fini par écrire quelque chose de très cool et Giacomo a écrit de super textes que j’aime. Donc je trouve que ça en fait une super expérience, d’écouter la musique tout en lisant les textes. J’étais fier du travail que nous avons accompli sur l’histoire et les textes que Giacomo a écrits. J’étais enfin convaincu que c’était le bon moment de commencer une nouvelle histoire qui pourrait être développée sur au moins trois album. Il y aura donc deux albums après The Eighth Mountain.

Par le passé, Luca Turilli était responsable de l’écriture des sagas, et quand il est parti, Fabio Lione a pris le rôle de parolier. N’étais-tu pas anxieux à l’idée de prendre en charge cette responsabilité et d’être à la hauteur de ces grandes histoires épiques pour lesquelles Rhapsody Of Fire était réputé ?

Oui, tu as raison. Comme je l’ai dit, je ne voulais pas que ce soit juste une saga avec de jolis mots, je voulais vraiment qu’un message se dessine entre les lignes, quelque chose qu’on puisse lire et comprendre. J’aime les textes mystérieux et énigmatiques, mais c’est aussi important que ce que l’on raconte soit accessible et clair. A mon âge, on veut transmettre un message qui soit clair. C’est important que l’auditeur soit impliqué dans ce qu’on raconte. Il ne s’agit pas seulement de la musique, il s’agit également du message.

Comment as-tu travaillé avec Roby sur cette nouvelle saga ?

Nous vivons dans deux villes différentes, donc ce n’était pas évident [petits rires], mais nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises. En fait, les discussions sur l’histoire ont démarré il y a de ça de nombreuses années. Je n’étais pas content de ce que nous avions, Roby non plus, donc nous avons persévéré, à chercher différentes solutions, et enfin nous avons trouvé ce qu’il fallait et nous étions prêts à nous lancer. En fait, ce processus de réflexion sur l’histoire à raconter avait déjà démarré en 2011, quand Roby a intégré le groupe. Nous gardions toujours un œil ouvert sur ce que pourrait être la prochaine histoire. Mais nous voulions aussi vraiment que ce soit parfait, et que ce soit le bon moment, afin d’être à cent pour cent convaincus.

A propos de l’histoire, tu as déclaré que « ça parle du chemin qu’on choisit de prendre dans la vie. L’histoire est peut-être fictive mais elle renvoie vraiment à la réalité telle qu’on la vit au quotidien. » A quel point est-ce inspiré de ta propre vie et du chemin que tu as choisi ?

C’est très inspiré par ça. Déjà, quand tu lis certains des titres des chansons… Si tu prends une chanson telle que « The Courage To Forgive », ce titre est lourd de sens. Soit tu le vois juste comme un titre lambda, soit tu rentres dans sa signification et tu t’y identifies : as-tu le courage de pardonner ? As-tu le courage d’affronter des sentiments intenses que tu as peut-être oubliés ? C’est éprouvant. Peut-être que certaines personnes, quand elles sont jeunes, n’ont pas encore vécu beaucoup de difficultés, mais d’autres personnes si. Je trouve ça super quand tu es motivé par une musique que tu apprécies, évidemment, et puis tu lis les textes et tu peux en retirer le message dont tu pourrais avoir besoin en ce moment. Tout le monde n’est pas toujours prêt, et ce qui est marrant, c’est que je crois que tout le monde connaît les réponses, car les réponses nous viennent constamment mais notre cœur n’est pas prêt à les assimiler. En faisant ce que nous faisons, nous retransmettons ces messages et peut-être que la personne sera alors prête à cet instant précis. C’est quelque chose de magique et de spécial qui se produit avec la musique. La musique nous ouvre le cœur, et les mots arrivent et on peut vraiment les ressentir, et enfin on comprend ce qu’on doit faire ou ce qui est le mieux à faire. On le savait déjà, mais il fallait attendre le bon moment pour prendre la décision. Je pense qu’en tant que musiciens, c’est sympa d’avoir cette possibilité, d’essayer de prendre quelque chose qui nous est arrivé, l’emballer dans une histoire fantastique, avec une musique fantastique ; c’est intéressant la façon dont ça peut faire réagir les gens.

« J’étais surpris, surtout par le fait que Fabio quitte le groupe via Facebook au beau milieu de la nuit. Je veux dire que c’est le mec avec qui je travaillais ! Peut-être que certaines personnes comprendront les difficultés qu’on peut avoir à travailler avec cette personne. […] Nous sommes restés ensemble parce que nous croyions que la musique était importante, mais après tant d’années de frictions, au final, ça n’était plus supportable. »

As-tu déjà remis en question le chemin que tu as choisi dans la vie, que ce soit poursuivre Rhapsody Of Fire ou, plus généralement, le fait d’être un artiste ?

Non. Je n’ai même pas décidé de faire ça, je l’ai juste fait. C’est étrange parce que dans la vie, je suis souvent incertain de ce que je dois faire dans certains domaines, mais avec la musique, je n’ai jamais eu le moindre doute, je savais que je devais faire ça. J’y pensais depuis que j’étais gamin. Quand j’ai commencé à jouer du piano, c’est venu tout seul : j’ai commencé à m’intéresser à certaines technologies et aux claviers, à composer, puis j’ai rencontré Luca et nous avons immédiatement commencé à travailler, sans nous poser de questions sur ce que nous devions faire. Evidemment, il faut les années, et il faut une vision, c’est le plus important : former nos idées, obtenir une vision et commencer à travailler. C’est ce que j’ai fait et je n’ai jamais regardé en arrière. C’est ce que j’adore faire. J’aime le heavy metal combiné aux éléments classiques : c’est la meilleure musique que je puisse faire.

L’album se conclut sur une narration de l’acteur Christopher Lee sur la chanson finale « Tales Of A Hero’s Fate ». Christopher Lee est malheureusement décédé en 2015, quand Fabio Lione était toujours dans le groupe. Du coup, d’où provient cette narration ? Est-ce que ça veut dire que vous aviez déjà développé cette nouvelle saga il y a quatre ans ?

Non, pas vraiment. Le truc incroyable qui s’est passé est que lorsque Roby et moi étions en train d’écrire la nouvelle saga, un ami à moi, qui est en fait le réalisateur qui a fait un tas de clips pour nous et celui pour qui j’ai composé ma première BO, Neil Johnson, m’a contacté et a dit : « Ecoute ça. » Il m’a envoyé ce fichier avec le texte. C’était un enregistrement studio indépendant de ceux que nous avions faits pour les précédentes sagas. C’était pour autre chose ; je n’étais pas présent quand ça a été fait, c’était un autre truc que Neil a fait avec lui. A l’époque, Neil Johnson s’occupait aussi des prises vidéo que nous faisions, pour le clip de « The Magic Of The Wizard’s Dream », et tous les contenus bonus sur DVD. Donc il a pensé à faire cette narration peut-être pour l’un de ses films ou autre, donc il a fait ça en marge. Et j’étais choqué, car c’est exactement ce dont nous rêvions, car ça se liait parfaitement, au niveau du texte, à la saga que nous étions en train d’écrire ! Nous étions bénis. C’était un signe du destin, le fait que cette petite narration colle parfaitement à notre histoire. Ce qui est bien est que cette narration n’a rien à voir avec la précédente saga, que ce soit clair. Donc Neil Johnson m’a donné les droits pour l’utiliser afin d’avoir ce petit bout de narration et de la présenter au monde, comme un petit cadeau pour notre musique et pour nos fans.

La nature a toujours été une grande source d’inspiration pour de nombreux romanciers fantastiques. Vu que ce nouvel album s’intitule The Eighth Mountain et qu’évidement, Rhapsody Of Fire est un groupe italien, j’imagine que les Alpes et la nature italienne ont dû être une grande source d’inspiration pour toi en tant qu’artiste…

Oui, ça l’a toujours été. Trieste, tu n’as qu’à regarder sur Google et tu verras que c’est une ville merveilleuse, entourée par la mer, les collines et les montagnes. Il y a plein de rivières, de grottes, etc. C’est un lieu fantastique où vivre, vraiment. La nature est partout. Tu peux conduire pendant une heure et te retrouver très haut dans les Alpes. Quand on vit là-bas, on est complètement connecté à la nature. Ça a donc toujours été une part importante de mon background. En écrivant la musique, j’ai toujours imaginé ces paysages épiques. J’avais même pour habitude d’aller dans la nature par le passé pour m’inspirer. Quand je le peux, je vais toujours dans la nature. J’aime aller dans la montagne l’été ou l’hiver, j’aime la mer, et j’aime différentes situations impliquant la nature. C’est super. Ceci combiné au cinéma fantastique et épique, ça coule dans mes veines, c’est une grande inspiration pour la musique que nous faisons.

Aujourd’hui, avec le recul, que ressens-tu par rapport à la décision de Fabio Lione et Alex Holzwarth de quitter le groupe en 2016 ?

C’est du passé désormais, vraiment. J’étais surpris, surtout par le fait que Fabio quitte le groupe via Facebook au beau milieu de la nuit. Je veux dire que c’est le mec avec qui je travaillais ! Peut-être que certaines personnes comprendront les difficultés qu’on peut avoir à travailler avec cette personne. Malgré les très belles choses que nous avons faites ensemble pendant vingt ans, il y avait beaucoup de frictions, un grand manque de communication, et il y avait d’incessantes discussions pendant des années. Nous sommes restés ensemble parce que nous croyions que la musique était importante, mais après tant d’années de frictions, au final, ça n’était plus supportable. Probablement que s’il n’était pas parti, j’aurais moi-même fait en sorte que ça change. Ma patience était arrivée à sa limite depuis déjà une décennie, mais pour la musique, j’étais prêt à continuer, car j’ai toujours fait de mon mieux pour maintenir la cohésion, car j’ai toujours cru dans la musique. Même en 2011, j’ai toujours cru que c’était la bonne chose à faire, de continuer et travailler encore et encore. Mais avec certaines personnes, arrive un moment où ça devient impossible de ne serait-ce que leur parler. Donc pour moi, c’est fini, ça fait partie du passé, la page est tournée. Je suis tellement content de ce nouveau line-up, avec Manuel, Giacomo, et évidemment Roby – je le connais depuis les années 90 –, et Alessandro Sala. Quand nous montons sur scène, nous sommes à cent pour cent là, sur scène, nous apprécions la musique que nous faisons, nous avons une vision et nous aimons être ensemble. Pour moi, ce line-up est important parce que, tout d’abord, les personnes sont faciles à vivre. Il s’agit vraiment de profiter des moments passés ensemble en dehors de la musique ; c’est quelque chose qui m’avait vraiment manqué auparavant. Aujourd’hui, je suis vraiment heureux.

« Depuis 2011, tout ce que je sais est que j’ai sans cesse travaillé sur Rhapsody Of Fire, j’ai continué, sans temps mort, et je n’ai pas déconné avec les fans. »

Avec tous ces grands changements de line-up que le groupe a connus ces dernières années, depuis 2011, en tant que seul membre originel restant, je parie que les gens se tournaient vers toi, essayant de comprendre ou de trouver quelqu’un à blâmer…

Tout le monde était un problème dans le groupe. Ce qui faisait que nous restions ensemble était la musique parce que celle-ci était très appréciée des fans et nous étions contents de faire ce type de musique, mais à un moment donné, c’est devenu incontrôlable. Nous n’avons jamais eu de véritable dispute ou de moments que nous aurions pu regretter. C’est juste que c’était très difficile de travailler ensemble. Avec Luca, c’était différent. Avec Luca, nous nous sommes rencontrés quand il avait seize ans, moi dix-huit, nous avons grandi ensemble, c’est une histoire totalement différente. Avec Fabio, déjà en 97, quand il est venu pour la première fois en studio, il a commencé à chanter « Land Of Immortals », et à un moment donné, il a juste pété un câble, il a balancé son casque par terre et a dit : « C’est de la merde cette chanson. Je ne l’aime pas, je n’en veux pas. » Nous nous sommes regardés et nous nous sommes demandé : « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » [Petits rires] Il a fallu que nous apprenions quel type de personne était Fabio et quel était son caractère. Au final, nous avons résolu le souci, il a chanté sur tout l’album, il était très content et a dit : « Ah, ‘Land Of Immortals’ est ma chanson préférée maintenant. » Donc il y avait toujours des drames. Je veux dire qu’au final, c’était du travail, c’était sympa à faire, nous le faisions depuis le départ pour la musique, mais c’était toujours une relation difficile. Ce n’était pas évident. Il y avait toujours tout un foin, des problèmes, des trucs à discuter et des débats sans fin. Donc après vingt ans, des choses arrivent, et puis on a le droit de faire autre chose. Je leur souhaite à tous le meilleur mais je n’ai plus envie de ce genre de problème.

Il se trouve que Fabio et Alex ont désormais rejoint Luca dans un nouveau Turilli / Lione Rhapsody, ce qui peut surprendre vu qu’ils ont quitté Rhapsody Of Fire pour retrouver… une autre incarnation de la même entité. As-tu également été surpris par cette décision ou y vois-tu un lien logique avec leur décision de quitter Rhapsody Of Fire ?

Ça n’a absolument rien de logique à mes yeux ! Soit dit en passant, plus rien ne me surprend parce que… Je ne sais pas, je n’ai même pas envie de faire de commentaire là-dessus. Ça n’a aucun sens. Ça aurait eu du sens s’ils avaient été dans la pièce avec moi là tout de suite, afin que tout le monde puisse dire ce qu’il a à dire. Je suis seul ici, donc je n’ai pas envie de parler de gens qui ne sont pas présents. Je ne sais pas ce qu’ils ont en tête, je n’en ai aucune idée. Disons juste que j’ai été très surpris parce qu’après plusieurs années de friction, maintenant ils s’entendent bien, c’est un miracle.

Turilli / Lione Rhapsody est constitué de plusieurs membres de longue date de l’univers Rhapsody, alors que Rhapsody Of Fire est constitué de membres relativement nouveaux. N’es-tu pas inquiet que les gens voient Turilli / Lione Rhapsody comme étant davantage Rhapsody Of Fire que Rhapsody Of Fire ? Ressens-tu un besoin de prouver la légitimité de ton groupe ?

Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, je m’en fiche, car depuis 2011, tout ce que je sais est que j’ai sans cesse travaillé sur Rhapsody Of Fire, j’ai continué, sans temps mort, et je n’ai pas déconné avec les fans. Ce que j’ai prévu de faire, je l’ai fait. C’est un profond respect pour la musique de Rhapsody Of Fire. Nous avons une page Facebook et c’est tout. Les autres, ils ont changé de nom trois fois, ils ont fait plein de choses différentes ; d’abord ils ont dit qu’ils feraient des choses différentes, puis ils sont revenus, ils se sont reformés, ils se sont séparés, le chanteur est parti, l’autre gars est arrivé… Ce n’est pas stable. Ce que je veux offrir, c’est de la stabilité car c’est ce dont j’ai besoin, en tant que musicien et en tant que personne. Donc ce que je fais est vraiment ce que j’aime faire. Je ne change pas d’avis tous les deux jours. Ce que nous faisons, c’est combiner le heavy metal, la musique classique et la musique de films, nous nous faisons plaisir et continuons cette aventure. Nous ne pensons même pas à ce que les autres groupes font, car ce que nous faisons est ce que nous aimons faire. Tout simplement.

Les changements majeurs que Rhapsody Of Fire a connus depuis 2011 t’ont forcé à réadapter la dynamique du groupe : quand Lucas est parti, tu as dû revoir le processus de composition et Fabio a dû prendre en charge l’écriture des textes. Maintenant que Fabio est parti, l’écriture des textes a dû de nouveau changer de main. Est-ce que cette flexibilité que tu as dû développer t’a aidé à te développer en tant qu’artiste ?

En tant que compositeur, le processus est toujours le même parce que je suis mon instinct et ma passion pour la musique. Depuis que je travaille avec le line-up actuel, je me sens très libre, et les idées musicales ne cessent de venir. J’ai des idées où que je sois. Donc j’organise les choses dans ma tête, je pense à ce que nous devons faire, aux idées pour les prochaines chansons ; ça ne m’arrivait jamais avant ! Ma passion pour la musique a toujours été très forte, mais maintenant je suis en mesure d’organiser les choses dans ma tête. Généralement, ça n’était pas le cas. Avant, je suivais mon instinct. Maintenant, je mets sur papier des choses, des idées, je planifie tout, mais sans que ce soit forcé. Je ne fais que suivre la passion pour la musique. L’approche est toujours la même, mais avec une nouvelle énergie. Et à ceci, tu ajoutes ce tout nouveau line-up, qui est frais et enthousiaste à l’idée de parcourir le monde, jouer de la nouvelle musique : je ne peux rien demander de mieux.

Est-ce que le fait d’avoir survécu à tous ces coups durs a renforcé ta détermination ?

Oui, absolument. Comme je l’ai dit, l’enthousiasme est dix fois, cent fois plus fort. J’ai déjà commencé à composer pour un nouvel album, pour le prochain. Maintenant, en fait, il faut que je me prépare pour la tournée [petits rires]. Il se passe plein de choses. Et quand tu as de l’enthousiasme pour la musique et que tu es content des gens avec qui tu travailles, il n’y a aucune limite.

Interview réalisée par téléphone le 11 février 2019 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Adrien Cabiran.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Rhapsody Of Fire : www.rhapsodyoffire.com

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