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Chronique   

Rhapsody Of Fire – Glory For Salvation


Alex Staropoli continue dans la construction d’une narration où il est un « survivant ». Le claviériste compositeur et cofondateur de Rhapsody se sert des épreuves traversées pour louer la force du groupe. Le guitariste et deuxième fondateur Luca Turilli avait effectivement quitté le navire en 2011, passant le témoin à Roberto De Micheli, puis Alex Staropoli a dû prendre le risque d’engager un nouveau chanteur en la personne de Giacomo Voli suite au départ Fabio Lione en 2016. Des péripéties qui ont abouti à la naissance d’une nouvelle saga amorcée par The Eighth Mountain (2019), la toute première œuvre où la voix de Voli illustre le récit. Fort d’une réception enthousiaste, notamment grâce à un certain retour aux fondamentaux, Alex Staropoli a entrepris très rapidement de composer le deuxième volet intitulé Glory For Salvation.

Glory For Salvation est donc le deuxième chapitre de la saga de l’Empire Nephilim. Un volet qui se concentre sur la rédemption de son héros, sa volonté de reconnaître ses erreurs et de se battre pour ce qu’il estime juste. Une saga d’heroïc-fantasy qui s’assimile à une quête personnelle et par extension à notre développement en tant qu’êtres humains. Tel est le dessein d’Alex Staropoli assisté par Roby De Micheli pour établir le concept. Rien qui ne justifie de s’écarter de ce metal symphonique qui reste tributaire de son passé. « Son Of Vengeance » inaugure l’épopée comme il se doit : des orchestrations épiques très vite rejointes par le riff solennel de guitare qui annonce l’imminence de grandes élancées vocales. Rhapsody Of Fire n’entend pas modifier son approche qui vise à conforter l’auditeur des premières heures à tout prix. « The Kingdom Of Ice » développe davantage de rythmiques enlevées qui viennent heurter les mid-tempo où Giacomo Voli s’illustre avec davantage d’aisance. Rhapsody Of Fire aime abuser de ces constructions à suspense au sein de ces compositions où le batteur sert de baromètre cathartique. Il y a toujours quelques plages dédiées aux prouesses techniques, à l’instar de « Maid Of The Secret Sand » et ses atours néoclassiques ou bien des dix minutes homériques d’« Abyss Of Pain II ». Alex Staropoli y verse toutes ses connaissances en matière d’écriture musicale, que ce soit des orchestrations pompeuses, des rythmiques accrocheuses qui accompagnent les chœurs – véritable gage de puissance du titre – ou des leads de claviers et de guitare qui ajoutent l’« héroïsme » à la théâtralité. « Abyss Of Pain II » se suffit amplement à lui-même, jusqu’à laisser envisager que le reste ne soit pas tout à fait de cette trempe.

Glory For Salvation n’a effectivement pas toujours un contenu respectant les enjeux de sa narration et de son imagerie. Le titre éponyme de l’opus, malgré une double grosse caisse qui pédale à toute allure, accuse un manque de vigueur, où les nappes de clavier poussives masquent une guitare timide et une rythmique d’une autre ère. Même lorsque les chœurs grandiloquents surviennent, ils échouent à lui donner de la consistance. « Glory For Salvation » est un développement parodique de ce que peut produire Rhapsody Of Fire et ses élucubrations guitaristiques ne suffisent pas à lui donner davantage de crédibilité. En outre, il est parfois difficile de savoir si Rhapsody écrit de la musique pour servir sa narration ou si cette dernière doit se forcer sur les idées musicales. Si l’interlude « Eternal Snow », et sa mélodie de flûte et de violon au cachet « Braveheart », ouvre parfaitement le folklorique « Terial The Hawk », il est l’un de seuls exemples d’une musique qui peut pénétrer l’imaginaire de l’auditeur par sa construction. Au-delà de l’entrain martial et des élans Halfordiens de Giacomo Voli sur « I’ll Be Your Hero » et des envolées héroïques entraînantes de « Chains Of Destiny » rappelant au bon souvenir de Dawn Of Victory (2000), Rhapsody Of Fire peine par moments à étancher notre soif de fresques épiques. Quant à la ballade « Magic Signs », que l’on retrouve à la fin en deux autres versions – italienne et espagnole –, l’émotion laisse place à une forme de sensiblerie qui ne rend pas justice à la puissance que peut déployer le groupe.

Glory For Salvation est dans la droite ligne de son prédécesseur en accusant néanmoins un développement plus larmoyant. Rhapsody Of Fire ne communique plus l’énergie inhérente au début d’un nouveau cycle : sa suite semble manquer de relief à maintes reprises, à l’image de la production des guitares reléguée au second plan. Il y a des risques à la complaisance dont fait preuve Rhapsody Of Fire, elle supporte très mal les faiblesses d’écriture et l’absence d’ardeur. L’exubérance ne peut pas tout camoufler.

Clip vidéo de la chanson « Chains Of Destiny » :

Chanson « Terial The Hawk » :

Chanson « Magic Signs » :

Clip vidéo de la chanson « Glory For Salvation » :

Clip vidéo de la chanson « I’ll Be Your Hero » :

Album Glory For Salvation, sortie le 26 novembre 2021 via AFM Records. Disponible à l’achat ici



Laisser un commentaire

  • Et bien moi, je le trouve excellent ce nouvel album, varié, prenant. Légèrement supérieur au déjà très bon premier album de la saga.
    Je ne croyais pas cela possible il y à quelques années mais je préfère ce que fait Staropoli à ce que nous propose Turilli.

    [Reply]

    Thorpedo

    Il y a bien sûr !
    Écriture intelligente mon œil.

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    Pogo Car Crash Control @ Chaville
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