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Live Report   

Rival Sons aurait dû faire partie des Grands


Si certains se plaignent du contraire, nous vivons malgré tout dans une ère de grande diversité musicale. Tout simplement parce que ce qui a déjà été fait n’est pas oublié. Le vintage reste à la mode, et c’est le cas aujourd’hui plus que jamais, alors qu’on parle d’une reformation de Black Sabbath, alors que les instruments « vintage » se vendent plus que jamais, alors que Roger Waters fait toujours tourner The Wall, alors que Dave Grohl ressort les vieilles méthodes d’enregistrement – et il n’est pas le seul. S’il y avait un débat il y a quelques semaines, lors de l’émission Are You Experienced, spécialisée dans la musique des Seventies, à propos de l’essence du vintage, il pourrait être difficile de décrire Rival Sons, formés en 2008, comme étant « vintage ».

Pourtant ils ont tout pour : la dégaine, les amplis, les instruments, le son, la musique et sa qualité transcendante, ils ont tout – sauf l’age. Mais un bon vin doit-il nécessairement être vieux pour être apprécié? Ne peut-on le savourer simplement parce qu’il est bon et/ou qu’il nous rappelle un autre temps?

Rival Sons tourne pour défendre son troisième disque, deuxième album, première sortie avec le soutien d’un label, Pressure & Time, et ils étaient pour l’occasion à la Flèche d’Or en compagnie des jeunes Parisiens de Blackfeet Revolution.

Artistes : Rival SonsBlackfeet Revolution
Date : 11 avril 2012
Salle : La Flèche d’Or
Lieu : Paris

Blackfeet Revolution qui sera la première bonne surprise de la soirée. Ce duo surprenant partageant le chant entre guitariste et batteur, uniques membres du groupe, joue un délicieux blues-rock groovy avec un son à tomber par terre. Si les deux musiciens ne sont pas absolument transcendants au chant, l’instrumental excelle dans la subtilité, le feeling et les arrangements. Mais parlons d’abord du son – car ce groupe en comporte, des éléments sonores intéressants bien que sobres. A commencer par un son riche et chaleureux de guitare, sortant d’une très jolie ES rouge passant par un vieil ampli Fender, pour les connaisseurs.

Autre élément intéressant et même plutôt surprenant : un énorme son de basse ; lourd, plein et rond. « De basse ? » me dis-tu, « Mais il n’y a pas de bassiste ! » Bien vu ! Tu es bien perspicace, cher lecteur. Il n’y a effectivement pas de bassiste dans ce duo, mais cela ne les a pas empêchés de brancher la guitare sur un ampli basse (avec certainement beaucoup de réglages et de travail en résidence, entre autres) pour obtenir quelque chose de réellement intéressant. Car qui n’a jamais pris part à ce débat futile au sujet de l’utilité du bassiste dans un groupe ? Clairement, si Blackfeet Revolution n’avait pas fait un effort conscient d’enrichissement sonore en essayant d’émuler une basse, leur prestation aurait sans doute sonné creux. Or ce n’est pas le cas ici. Cependant, si cet artifice leur a permis de se passer d’un membre supplémentaire dans le groupe, cela présente le désavantage scénique qu’ils ne sont que deux. Bien qu’ils s’en sortent tout à fait honorablement, le groupe manque malheureusement d’un réel frontman, rôle que l’un ou l’autre des musiciens pourrait assumer – et ils le font tous les deux dans une certaine mesure mais semblent se retenir dans un souci d’égalité. Cela ne nous empêchera pas d’apprécier ce set, notamment le dernier morceau « Little Suzie » avec cette lourde pulsation de basse – justement – sur la fin du morceau, cette modulation de volume sur un tempo lent, vous prenant aux tripes et vous faisant vibrer pour conclure cette belle entrée en matière qu’était Blackfeet Revolution.

Setlist de Blackfeet Revolution :

Intro
Charrette
Blackfeet Boy
Mitraillette
Frog On Fire
Scandal
Little Suzie

Rival Sons : à l’ancienne, jusque dans la dégaine.

La salle est donc désormais chaude et prête à accueillir Rival Sons et ils ne se feront pas prier, attaquant rapidement avec le morceau « Torture », percussif, franc, direct, et quelle claque ! Ce morceau fait instantanément taper du pied si ce n’est plus et la présence simple des musiciens est imposante en elle-même. Leur dégaine sortie directement des années 80 fait sourire, plus par nostalgie que par moquerie, car ils sont loin d’être ridicules. Et le mur de son qu’on se prend dans la tronche suffirait à convaincre n’importe qui que ce groupe ne s’est pas limité au folklore visuel. Les gros amplis Orange nous balancent ce lourd son british à foison tandis que la batterie se fait matraquer, tout en rythme et en groove. Le chanteur, quant à lui, a une voix digne d’un Robert Plant au sommet de sa forme et n’hésitera pas à en faire étalage, notamment lors d’un duel tantôt avec la guitare, tantôt avec la basse.

Si le son de guitare était d’abord un peu noyé, il sera remonté au fur et à mesure du set pour finalement se laisser parfaitement apprécier… Et quel son ! Quel guitariste ! Alternant entre rythmiques à l’ancienne et solos bien sentis, souvent aidés d’un bottle-neck, il sait toucher de son instrument sans jamais en faire trop : nous ne sommes pas ici dans un groupe de démonstration, tout repose sur l’équilibre entre différents éléments, l’alchimie entre les membres du groupe, tout se combine pour donner une prestation faisant réellement vibrer le public.

Jay Buchanan, digne héritier de Robert Plant.

Si le groupe semble avoir une préférence pour les mid-tempos, le batteur parvient à développer une réelle diversité dans le type de groove abordé au sein du set, des agressions percussives vous obligeant à bouger la tête en rythme (« Torture », « Get What’s Coming », « Pressure and Time ») aux accompagnements plus en retrait (« Gypsy Heart », « Sleepwalker ») pour laisser plus de place aux autres musiciens. Nous aurons également droit à quelques balades, dont « Face Of Light » et « On My Way » lors desquelles monsieur Buchanan au chant pourra nous confirmer qu’il a réellement un instrument hors du commun. Il nous fera également un occasionnel solo d’harmonica pour agrémenter le tout.

La soirée avance et le charismatique frontman finit par nous dire « Certains groupes aiment faire semblant de quitter la scène pour se faire désirer. Nous, c’est pas notre style. On joue tout ce qu’on a et on reste jusqu’à la fin. » Ils finiront donc avec « I Want More », rallongeant largement la fin en impro blues afin de laisser tous les musiciens se vider de tout ce qu’ils ont pour la dernière date de cette tournée européenne d’un mois. Le morceau « On My Way » parlait de rentrer chez soi, nous disait-il. Nous leur souhaitons donc un bon retour et nous espérons les revoir rapidement : Rival Sons aurait dû faire partie des grands il y a 30 ans et ils méritent une longue carrière !

Rival Sons : percussif, franc, direct !

Setlist de Rival Sons :

Torture
Burn Down Los Angeles
Gypsy Heart
Face of Light
Tell Me Something
Sleepwalker
Get What’s Coming
On My Way
All Over The Road
Young Love
Pressure and Time
Soul
I Want More

Photos : Julien Perez

A voir également : galerie photos du concert de Rival Sons.



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