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Interview   

Rival Sons, descendants des seventies


Tout chez Rival Sons rappelle les années 1970. De la musique à la production au rythme effréné des sorties des albums. Head Down, soit « tête baissée » en anglais, est donc un titre d’album évocateur de cette démarche, de cette spontanéité. Un rythme de travail assumé par le groupe qui affirme fermement : « Nous continuerons à avoir ce rythme. Notre objectif est de sortir un album par an ». Le rendez-vous est donc pris. Nous nous sommes entretenus avec le guitariste Scott Holiday, qui a confirmé le ras-le-bol actuel de certains musiciens quant aux productions actuelles, évoquant par exemple son immense déception quant à la version remasterisée de l’album Ten de Pearl Jam de 2009, qui n’en avait, selon lui, « pas besoin ».

Rival Sons ne se veut ni pro ni anti-religieux, ni engagé, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des choses à dire ou à dénoncer, comme cet important rappel sur la colonisation des territoires américains au dépens des natifs américains. Nous sommes revenus avec lui sur la très réussie vidéo du titre « Keep On Swinging » qui, sans aller jusqu’à condamner la religion catholique, semble dénoncer une exaltation religieuse qui peut faire peur par moments.

Le potentiel du groupe nous avait déjà frappé par ses disques et ses prestations scéniques. Un potentiel sur lequel beaucoup semblent s’accorder et qui a déjà permis à la formation de tourner avec des groupes prestigieux allant d’Evanescence à Judas Priest, convainquant systématiquement des publics pourtant différents. Scott Holiday, avouant que la recette du succès n’est due qu’à une hasardeuse concordance de différents facteurs, aura néanmoins essayé de donner quelques conseils aux jeunes musiciens. Et il se pourrait aussi que cela vienne notamment d’une certaine moustache…

« Notre rock’n’roll est à l’abri de la politique et la religion. »

NDLR : Suite à problème technique, une partie de l’enregistrement de l’entretien a été effacée et n’apparaît pas dans la retranscription ci-après de l’échange.

Scott Holiday (guitare) : … Le fait que les hommes blancs se soient accordés eux-mêmes le droit de venir dominer les Indiens, ce n’est pas tant une question de religion qu’une question de faits historiques. L’aspect humain, social m’intéresse plus que l’aspect religieux. C’est absolument effrayant.

Est-ce que tu penses qu’expliquer de manière trop définie ce qui est bien et ce qui est mal est dangereux, comme on peut le voir dans votre clip ?

Oui, tu parles du clip de « Keep On Swinging »… Les gens vont sans doute totalement le surinterpréter ou s’imaginer qu’on veut faire passer un message religieux avec cette vidéo, mais ce n’est pas du tout le cas. Personnellement, je pense que, globalement, notre rock’n’roll est à l’abri de la politique et la religion. C’est une vidéo marrante qui donne une impression d’exaltation. C’était ça qu’on recherchait, bien plus que faire passer un quelconque message chrétien, religieux ou anti-religieux. On ne veut forcer aucune valeur religieuse sur qui que ce soit. On veut jouer du rock’n’roll, pas prêcher.

Il y a des serpents dans ce clip tout comme sur la pochette de l’album. Est-ce que c’est pour vous la parfaite représentation de la peur ?

[Rires] Oui, c’est ça. La pochette de l’album a son atmosphère propre. Souvent, les serpents symbolisent des choses très positives. Ils peuvent symboliser le changement, la protection, représenter des gardiens et, bien entendu, ils peuvent aussi avoir des connotations négatives, la tentation par exemple. Les serpents dans le clip, c’était plutôt une idée du réalisateur. Je crois qu’il n’avait même pas vu la pochette de l’album quand il y a pensé. Quand il nous a parlé de cette idée du groupe et des serpents dans l’église, on s’est dit : « C’est super intéressant, c’est marrant, visuellement ça va être génial et symboliquement aussi. » Je crois que ce qui lui plaisait, c’était la symbolique de tout ça, la lourdeur générale, et manifestement, le christianisme est pour lui un truc intéressant et visuellement très enthousiasmant.

« C’est un peu comme l’alignement des planètes. Il faut que la musique tienne le coup, que le groupe soit bon, que tout le monde puisse travailler ensemble, avoir un bon label, et encore, là, ce n’est que le début. Il y a tellement d’éléments fluctuants… « 

Ce n’a pas été trop effrayant de tourner avec ces serpents ?

Non [rires]. Aucun membre du groupe n’a peur des serpents, donc non. Personne n’appréhendait spécialement ça et les serpents étaient dressés, donc il n’y avait rien à craindre.

OK. Cette vidéo me fait penser à celle de « Black Hole Sun » de Soundgarden. Est-ce qu’elle vous a influencés ?

Non. J’adore ce clip, je le trouve formidable. Ils ont probablement dépensé un million de dollars de plus que nous pour la faire [rires], mais c’est sans doute leur meilleur clip. Cela dit, ce n’est pas moi qui ait scénarisé la vidéo, mais je ne vois de toute façon pas tellement de similitudes entre les deux. Leur clip évoque une destruction totale, il a un côté apocalyptique très étrange. Le notre est bien plus simple. L’histoire d’église et de baptême est sans doute un peu similaire, mais leur clip est nettement plus apocalyptique. Ce n’est pas vraiment une influence pour nous, mais j’aime beaucoup ce clip et ce groupe.

Deux chansons sont liées sur votre album, « Manifest Destiny Pt. 1 » et « Pt. 2 ». Quelle est leur histoire ?

Oui, on en parlait un peu plus tôt. Jay a écrit cette chanson, ou du moins ces paroles, en s’inspirant d’un journaliste du XIXe siècle appelé John O’Sullivan qui a inventé ces termes de « Manifest Destiny » [Destinée Manifeste]. Ils désignent ces hommes blancs qui ont traversé les États-Unis à cheval pour monter leur camp et commencer une nouvelle vie. Ça a l’air très innocent vu comme ça, très excitant et très romantique ; le terme lui-même est très romantique, « Manifest Destiny », ça sonne vraiment bien. Mais dans la réalité, maintenant nous savons tous que ça allait conduire à beaucoup de sang versé parce que des gens vivaient déjà ici, et que, en gros, ils allaient s’emparer du territoire des Amérindiens qui étaient pourtant là depuis des centaines et des centaines, peut-être des milliers d’années, peu importe. Ils avaient toute leur vie là-bas, ils vivaient en harmonie avec la nature et en prenaient grand soin. Ils étaient en complète symbiose avec ce territoire et, ensuite, comme tu le sais, les hommes blancs ont débarqué et se le sont approprié, causant beaucoup de guerres, de sang versé et de tristesse.

Vous avez tourné avec Evanescence en 2011 et en 2012. Evanescence est un groupe très moderne. Comment votre style plus old-school a été perçu par leurs fans ?

Tu sais quoi ? Vachement bien ! Leurs fans ont été formidables et chaque soir où on a joué avec ce groupe, on a eu un accueil formidable. Chaque soir, on a vraiment eu un public qui tue. J’aurais plutôt pensé qu’on serait moins bien reçus, mais en fait, ça a été super, ça a vraiment fonctionné. On a rencontré des fans géniaux avec le groupe, et on s’en est fait un paquet de nouveaux.

« Il faut jouer en live le plus souvent possible parce que de nos jours, c’est là qu’on trouve son public et c’est donc là que se joue ta carrière. »

Vous êtes un groupe plutôt jeune mais vous avez déjà du succès : vous tournez avec des groupes comme Judas Priest, Evanescence ou Black Stone Cherry et vous jouez dans les plus grands festivals du monde. Comment est-ce que tu expliques ça, et quel conseil donnerais-tu à de jeunes musiciens ?

Tu sais, il faut que tellement de choses aillent dans le bon sens au même moment… C’est un peu comme l’alignement des planètes. Il faut que la musique tienne le coup, que le groupe soit bon, que tout le monde puisse travailler ensemble, avoir un bon label, et encore, là, ce n’est que le début. Il y a tellement d’éléments fluctuants… Je ne peux pas vraiment expliquer comment ça s’est passé pour nous, c’est assez magique. Les gens entendent parler de ton groupe et tout d’un coup ils veulent t’aider et ont l’opportunité de le faire. Le conseil que je donnerais à un jeune musicien, c’est de vraiment aimer ce qu’il fait. La seule expression qui me vient à l’esprit quand j’en parle, c’est « eating crow » [en payer les conséquences] : au début, tu t’éclates, mais ensuite tu n’es pas nécessairement payé, tu n’as pas toujours les meilleurs concerts, le meilleur appartement, il faut faire beaucoup de sacrifices… Mais si c’est ce qui te plaît, alors c’est ce qu’il faut faire, il faut aller jusqu’au bout. Si tu es certain que tu aimes ce que tu fais, si tu y crois, alors ne fais pas de compromis et joue. Il faut jouer en live le plus souvent possible parce que de nos jours, c’est là qu’on trouve son public et c’est donc là que se joue ta carrière.

Tu as remarqué que sur Facebook, ta moustache avait une fan-page. Comment est-ce que tu le prends, surtout maintenant que tu l’as en partie rasée ?

Oui, j’ai vu ça, pendant un instant, j’allais me la laisser pousser à nouveau, et puis cette page est apparue et je l’ai rasée à nouveau, c’était complètement ridicule [rires]. Ça m’a vraiment fait rire. Quelqu’un a crée une fan-page pour ma moustache, même pas pour moi, je trouve que c’est hilarant, je sais pas ! [rires]

Ça doit être un truc propre à Facebook parce que j’ai déjà vu des fan pages absurdes pour la barbiche de Scott Ian ou pour la coupe mullet de Luca Turilli par exemple…

… Et maintenant pour ma moustache. Oui, j’ai dit à notre manager que la page de ma moustache avait sans doute plus de fans que la mienne, mais c’était drôle.

Interview réalisée par téléphone le 11 septembre 2012
Retranscription et traduction : Chloé

Site internet officiel de Rival Sons : www.rivalsons.com

Album Head Down sorti le 17 septembre 2012 chez Earache Records



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  • Bonne interview, moi aussi j’ai écouté RIVAL SONS lors du Hellfest 2012. Un coapin ma dit il faut absolument aller écouter ce groupe tu vas ADORER (je suis fan de Led Zeppelin). Plaffff !!!! Quel claque, super génial j’ai vraiment pris un pied pas possible. J’ai hate de les revoirs en concert. Vont-ils passer dans la région stéphanois ou lyonnaise en 2013 ?

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  • Merci pour cette interview ! Ce groupe était vraiment un pur rafraîchissement lors du dernier Hellfest, j’y avais pris une grosse claque. C’est bon de voir un revival des 70s déjà amorcé à l’époque par The Answer

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