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Live Report   

Rival Sons : énigmatique plongée dans les Seventies


Après la Flèche d’Or l’année dernière à la même époque, Rival Sons investit cette fois-ci le Trabendo pour une soirée indéniablement vintage qui prouve que les Californiens aiment la scène – et le printemps parisien accessoirement. Les fans venus en nombre, de tous âges et de tout sexe, prouvent que ces Américains ont raison de leur donner de si fréquents rendez-vous pour savourer leur hard rock bluesy empreint des sonorités des années 70. Avec un nouvel album à défendre, Head Down, nos quatre hippies modernes ont de plus de nouveaux morceaux à proposer par rapport à leur dernier passage dans la capitale. Que demander de plus ?

Dans leurs valises, Rival Sons a amené un jeune groupe canadien, de Toronto précisément, The Balconies. Vous ne les connaissez pas ? Pas de panique, eux non plus ne vous connaissent pas ! Il s’agît là de leur première incursion sur le Vieux Continent. La réaction favorable du public à leur égard laisse penser que cela ne sera pas la dernière. Mais voyons cela dans les détails sans plus attendre.

Artistes : Rival SonsThe Balconies
Date : 30 mars 2013
Salle : Trabendo
Ville : Paris

Jacquie O Neville (The Balconies)

20h00, l’œil du public est forcément attiré par Jacquie, chanteuse et guitariste des Balconies. Son statut de leader centralise naturellement les regards mais elle est aussi le seul membre du groupe à soigner à ce point son look. Chevelure brune éclatante, lèvres rouge flamboyant, cuir blanc et noir sur les épaules, fuseau noir moulant, la belle rayonne. A côté, le guitariste et le bassiste, en jeans et tee-shirts, surprennent moins ! Forcément, la chanteuse ainsi mise en valeur est plus agréable à regarder, d’autant qu’elle est plutôt mignonne.

Après ces considérations visuelles de première impression, intéressons-nous à des considérations plus auditives. La musique des Canadiens se situe plus dans un registre plus pop rock que metal et Jacquie s’avère être une très bonne vocaliste, débordante d’énergie. Elle est d’ailleurs la seule à bouger et à assurer le spectacle, les autres musiciens se faisant plus discrets. Encore un élément qui différencie la chanteuse du reste du groupe. Du coup, on pense à une fille accompagnée par des musiciens, un peu à la Juliette & The Licks en un peu moins rock’n’roll. Voilà, The Balconies sont une espèce de Juliette & The Licks pop.

Les derniers morceaux sont plus enlevés, attirent plus l’oreille. Même si le groupe ne montrait pas de signe extérieur de crispation, peut-être se décontracte-t-il après les premiers titres et joue-t-il plus libéré. Se produire à Paris pour la première fois doit être une sacrée expérience. En tout cas, sur scène l’enthousiasme de la chanteuse fait plaisir à voir. Peut-être la réaction très favorable du public la met-elle à l’aise.

Un moment assez frais et spontané intervient quand la chanteuse prend une photo du public, expliquant que le groupe garde un souvenir de chacun des soirs de ce premier périple européen. Mais la fin approche et, après avoir invité les fans à les retrouver après le concert pour un « hug » ou acheter un CD à leur stand de merch’, The Balconies attaquent un dernier titre à la fin duquel les Canadiens n’ont pas le temps de s’éterniser. En effet, ils quittent la scène à peine la dernière note de leur demi-heure de concert terminée.

Une nappe de blues électrique vient recouvrir la scène avec Rival Sons.

Le Trabendo est désormais bien rempli et le public réagit dès que les lumières s’éteignent. Déjà dans l’ambiance ! Rival Sons a investi la scène et attaque avec ‘You Want To’ dans des lumières bleutées. Premier constat immédiat : Jay Buchanan est un énorme chanteur. Quelle voix live ! Quelle puissance vocale ! Réellement impressionnant. Une vraie claque d’entrée de jeu.

Le public est chaud, très présent et le groupe enchaîne ses morceaux à un bon rythme. Sur le très efficace ‘Wild Animal’, les fans applaudissent spontanément. Le son, forcément vintage, est excellent. Il l’aura été aussi pour la première partie. C’est donc possible ! Les membres du groupe sont, sans surprise, ultra-lookés années 70 et très introvertis, finalement cachés derrière des éclairages tamisés. Scott Holiday décoche ses solos tantôt bluesy tantôt psychédéliques sans jamais se mettre dans la lumière. A la basse, Robin Everhart vêtu d’un grand costume à rayures reste en retrait caché derrière ses lunettes et sa casquette. L’animation scénique repose uniquement sur Jay, croisement entre Morrison et Plant avec un soupçon de Coverdale. Ces comparaisons ne sont pas futiles, loin de l’exercice obligé qui chercherait à tout prix à rattacher le chanteur de Rival Sons à des figures des 70’s. Il y a vraiment dans ses attitudes quelque chose du Roi Lézard et un peu du leader du Serpent Blanc, dans sa voix énormément de Plant et du chanteur des Doors. Nous aurons l’occasion d’y revenir. Restons concentrés sur ce qui se passe au Trabendo.

Jay Buchanan (Rival Sons) : un chanteur habité, et pas qu’un peu.

‘Gypsy Heart’ a été applaudi et le chanteur dit un court mot sur The Balconies avant d’aborder ‘Torture’. Un court mot… Jay n’est clairement pas un grand communicant. Une ou deux explications avant certains morceaux et quelques « Thank you so much, merci beaucoup » en fin de concert, les échanges sont très limités. Point de harangue de ce public bouillonnant. Dommage. Le groupe mise tout sur l’impact de sa musique. Choix payant au vu de la réaction des fans mais une plus grande interaction aurait été bienvenue et aurait assurément fait exploser cette audience pour un beau concert. Là, nous assistons simplement à un groupe qui joue – très bien – ses titres devant son public. L’animation scénique se résume aux pas chassés de Jay, le charisme des musiciens est indéniable mais perdu dans des lumières minimalistes. Sur scène, il ne se passe pas grand-chose, le concert se déroule sans surprise, répétitif. Les morceaux se suivent, le public réagit, il y a évidemment de beaux moments comme le passage calme de ‘Torture’, l’introduction de ‘Jordan’ ou encore ‘Sacred Tongue’, titre du premier EP de Rival Sons jamais joué en France, pièce maîtresse saluée comme il se doit par le public. Mais ‘Sacred Tongue’ est très led-zeppelinienne. Trop. Comme l’ensemble de ce que propose le groupe. Certes, sa musique est vintage, revival, tout ce que vous voudrez, mais l’influence du Dirigeable, des Doors et même parfois de Joe Cocker, fin des années 60, gâche la fête auditive car ces éléments sont bien trop présents… et donnent envie de remettre ‘L.A Woman’ des Doors sur la platine. Le public présent qui manifeste son plaisir ne partage évidemment pas cet avis et c’est très bien ainsi. Après tout, le public reste seul juge de ce qu’il a envie de voir et d’entendre.

Funky Robin Everhart (Rival Sons)

22h15. Le groupe quitte la scène pour la pause rappel qui, rompant enfin avec les codes des concerts en général et la routine de celui-ci en particulier, s’avérera ne pas être réellement une pause puisque Mike reste derrière ses fûts pour un court solo de batterie. Agréable surprise car cet intermède propose intelligemment un solo court et donc attractif qui permet de sortir de l’éternelle attente de quelques minutes alors que tout le monde sait que le groupe va revenir. Robin à la basse est le premier à rejoindre son acolyte suivi de près par Scott et Jay pour que le groupe enquille sur un ‘Burn Down Los Angeles’ soutenu par des stroboscopes.

Jay demande ensuite au public de couper toutes les caméras, souhaitant que tout le monde soit avec le groupe. Excellente initiative ! Eh oui, un concert se regarde avant de se filmer ! Eh oui, la vie s’apprécie avec ses propres sens, sans l’interférence d’un quelconque équipement aussi indispensable croit-on qu’il est devenu !

Les lumières sont minimales et l’introduction bluesy à souhait de ‘Soul’ résonne dans le Trabendo. Le final se fait sur un ultime solo de guitare. Que nenni ! Le solo de guitare ne conclut absolument pas le show puisque Jay nous montre une dernière fois quel grand vocaliste il est en entamant une vocalise où une seule poursuite l’éclaire, laissant le reste dans la pénombre. Effet garanti. Et le groupe de replonger dans ce final qui s’étire à l’envi en une transe gospel pour la plus grande joie de ce public qui a adoré la prestation.

Les meilleures choses ont une fin et à 22h30, Rival Sons termine son concert. Jay et Scott quittent rapidement la scène tandis que Mike et Robin restent quelques minutes pour serrer les mains des fans.

Il est certains groupes énigmatiques – Airbourne en fait partie – qui répètent des recettes archi-connues et qui ont la faveur du public. Surement la sincérité de ces combos est-elle pour beaucoup dans cette rencontre avec les fans. Entre ‘The End’ et ‘Starway to Heaven’, Rival Sons est bien un rejeton des Seventies propulsé au XXIe siècle. Le public répond présent, alors ne soyons pas bégueules et souhaitons aux uns et aux autres de procurer et d’éprouver encore beaucoup de plaisir, sans prise de tête, loin de toute analyse… Head down !

Setlist de Rival Sons :

You Want To
Get What’s Coming
Wild Animal
Gypsy Heart
Torture
Memphis Sun
All The Way
Until The Sun Comes
Jordan
Manifest Destiny Part 1
Keep On Swinging
Pressure and Time
Face Of Light / Sacred Tongue

Rappels :
Burn Down Los Angeles
Soul

Photos : Lost

A voir également :

Galerie photos du set de The Balconies
Galerie photos du concert de Rival Sons



Laisser un commentaire

  • J’ai vue pour la 2ième fois en concert RIVAL SONS (1e fois au Hellfest 2012) et mardi 4 avril 2013 au Kao de Lyon. Vraiment super groupe trés bonne musique trés Led Zep mais j’adore, les compos, le son, le look, la voix, les solos, la frappe du bateur (a la Bonham) bref un super groupe pour un super concert … Quel pied !!!

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  • J’étais au concert des Rival Sons au Kao à Lyon, qui s’est déroulé sur la même trame … et avec les mêmes qualités et défauts (si on considère ça comme des défauts) . Bref, une célébration 70’s avec parfois c’est vrai le côté déjà vu (entendu) mais des musiciens brillants (et des coeurs super en place) dans leur style et un vocaliste d’un niveau incroyable…Je pense que ce qui fait la différence c’est le feeling incroyable de cette voix, l’émotion qui se dégage de cette musique qui en fait quelque chose de très personnel et du coup qui l’éloigne de l’idée du Tribute band… Et puis que les mecs misent autant sur la musique et n’essaient pas de nous faire croire qu’ils sont nos amis ou les rois de l’entertainment, ça change un peu du cabotinage habituel.
    Par contre, ce qui ressort sur la durée du concert c’est la construction souvent très similaire des morceaux au tempo assez lent… Du coup les Keep on swinging ou wild animal tranchent vraiment…
    Un concert d’un très haut niveau quand même…Et une super publicité pour les amplis ORANGE…

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