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Chronique   

Rival Sons – Great Western Valkyrie


C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures (ou jams, en anglais), qu’on retrouve les bonnes saveurs d’antan qui donnent des frissons en rappelant une jeunesse lointaine ou une époque qu’on n’a pas vécue. C’est ce qu’a su démontrer la vague hard rock « revival 70’s » de ces dernières années, avec parfois un sens de la reproduction de cette âme ancienne touchant au génie, quand on ne remercierait pas poliment certains groupes d’exister seulement pour jouer les copies (plus ou moins bonnes) le jour où, dans dix ans, on aura perdu les originaux. Et Rival Sons cristallise l’idée du groupe rock revival, faisant rejaillir à l’écoute des images de The Doors ou Led Zeppelin, usant comme leurs aînés d’une gamme blues parcourue en tous sens au cours des décennies passées, distordant tous les riffs déjà distordus, faisant groover tout ce qui peut faire naître un groove, chantant à leur tour l’amour, la vie, les voyages (réels, rêvés ou hallucinés)… Mais dans les vieux pots, ce qu’on découvre le plus souvent, c’est qu’ils sont vieux.

Rival Sons a toujours plus battu au rythme de la fin des Sixties que comme le cœur des Seventies, et Great Western Valkyrie montre un groupe qui s’enlise dans ce premier âge du hard rock… au point de paraître s’adresser à un public du troisième âge. Pas de bousculade ! En mode train-train dès le départ (prévisible « Electric Man »), sur une batterie plan-plan cherchant à se faire la plus discrète possible, à côté de claviers plus là (à l’instar des bretelles des musiciens) pour leur côté rétro que pour leur intérêt esthétique, la guitare n’offre de sursauts que par des solos convenus, le tout masqué sous les cris de Buchanan ne compensant pas le manque d’énergie pure de l’ensemble. Ainsi passe-t-on par un « Good Luck » au refrain se voulant allègre mais dépeignant aussi bien la joie de vivre qu’un bal dans une maison de retraite ; ou un « Play The Fool » réinventant la roue, ou le riff kinksien, en enfilant les perles de banalités. A mi-chemin le meilleur arrive enfin avec « Good Things » tapant autant dans le Brit-blues de The Animals (ce qu’on retrouvera dans « Rich And The Poor ») que du côté d’un « Just Dropped In » de Kenny Rogers (oyez fans de The Big Lebowski !), enchaîné avec le single « Open My Eyes » qui ramène enfin à ce que Rival Sons sait faire de mieux (comme dans le précédent opus Head Down), avec un chanteur habité, ces petits instants acoustiques zeppeliniens, et surtout un titre qui donne à taper du pied.

Mais la suite ne fait que faire rimer lysergique avec léthargique et seule la disto laisse croire que l’électrocardiogramme vibre encore. Ce n’est qu’à la fin que le groupe dégaine sa magie : l’ultime récompense « Destination On Course », de l’amour en gamme, avec chanteur au bord de l’extase, chœurs angéliques, une légère retenue dans les instruments laissant sourdre l’émotion au travers et ces étirements de distorsions en un va-et-vient érotique, qui s’éteint doucement en fade-out comme lâchant délicatement un voile chaste sur cet instant hautement sensuel. Mais qui ne cache pas la sensation d’avoir entendu un groupe qui a tenté d’enfermer, de mettre en flacon ce qu’il maîtrise : une musique de liberté qui a besoin de respirer, pas d’être ainsi conditionnée pour seulement offrir une prod’ neuve à des compos qui accusent leur âge.

Ci-dessous le titre « Electric Man » et le clip de « Open My Eyes » :

Album Great Western Valkyrie, sortie le 6 juin 2014 chez Earache Records.



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  • Philippe Gerbier dit :

    Une critique de merde ! Une vraie, une bonne ! Peut être un pseudo journaleux déjà pute ou futur chômeur, qui se croit à la hauteur d’un Blum ou d’un Ducray, ou d’un musicien frustré par un cerveau malade avec les oreilles bouchées ! Les Rival Sons si vous avez l’occasion de les voir en concert, souvenez vous: « ces « Gars » là sur scène et comme on dit dans le métier: ça JOUE ! Zut j’en ai trop dis, je voulais les garder pour moi tout seul…

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  • Je pense que le critique avait passé une mauvaise nuit avant de faire son rapport… Les ayant vus six fois je confirme qu.ils montent en puissance d’album en album. Ce sont justement les seuls qui me font vibrer depuis les années 70. Il faut quand même reconnaître qu’ils n’imitent pas ces groupes des années 70. Ok ils sont influencés par cette génération. Cela dit c’est quand même de la très bonne zig…..

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  • Critique facile (faut arrêter avec le « c’était mieux avant » ou le « c’est déjà entendu »)…on peut ne pas aimer mais qu’un groupe nous ressorte un album comme celui-là en 2014 me fait énormément plaisir ! Libre à l’auteur de cette critique de replonger dans sa discothèque des années 70 et de ré-écouter les originaux, mais nous boudons pas notre plaisir…du bon gros rock qui envoi, dans le paysage musical actuel, j’en redemande !!!

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  • Sgt_Barnes dit :

    Effectivement, la dernière fois que l’on a vibrer comme ça, c’était avec Led Zep et les Doors fin des sixties, plus récemment avec un certain Appetite for Destruction aussi, et aujourd’hui avec Rival Sons. Vivement conseiller à tout le monde, vive Rival Sons!

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  • Twisted Brother dit :

    Perso, les titres mis en ligne sont excellents et j’attends ce nouvel album avec grande impatience. Etant donné que l’originalité en musique est de plus en plus rare, voire inexistante (pour de la musique audible, je ne parle pas des nouvelles musiques bruitistes/expérimentales), je trouve votre critique inutilement vache.
    J’espère qu’on me passera de la bonne zique comme celle-ci quand je serai en âge d’aller à l’hospice 🙂

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  • Je ne suis pas d’accord avec la critique mais cela ne regarde que moi. J’ai découvert ce groupe il y a peut et je trouve ca ENORME ! Il s’agit ici du dernier album que je n’ai pas eu l’occasion d’écouter dans son intégralité mise à part les deux singles ‘Open My eyes » et « Good Things » que je trouve superbe et j’attend la suite avec impatience…

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