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Chronique   

Riverside – Love, Fear And The Time Machine


Riverside - Love, Fear And The Time MachineRiverside change légèrement de visage. Le plus subtilement possible. Anno Domini High Definition (2009) est le témoin d’une époque révolue pour le groupe polonais. Rien de radical cependant, au contraire Riverside continue d’explorer des territoires à peine découverts au sein de Shrine Of New Generation Slaves (2013). Love, Fear And The Time Machine, sixième album du groupe, fait fi des influences metal au profit de compositions plus « lumineuses ». Riverside donne désormais dans l’optimisme.

Toujours produit au Serakos Studio de Varsovie, le son de Riverside reste aisément reconnaissable. Une propreté irréprochable et un cachet de rock progressif des années 1980 rapproche ce Love, Fear And The Time Machine des opus solo de Steven Wilson, en particulier Insurgentes (2009) et Grace For Drowning (2011). Pour être parfaitement honnête, Riverside suit une évolution qui a de nombreux parallèles avec ledit artiste, allant de compositions à fortes consonances metal au sein de Porcupine Tree à un rock progressif à la King Crimson. La ligne de basse et les arrangements de guitares de « Caterpillar And The Barbed Wire » et son final enivrant ne tromperont personne, Colin Edwin n’est pas très loin. En outre, la volonté du chanteur Mariusz Duda de créer des titres plus concis sans délaisser l’exploration mélodique entretient une parenté avec ce que souhaitait The Pineapple Thief pour Magnolia (2014). Les mélodies très pop de « #Addicted » en sont le vibrant exemple, ainsi que les lignes acoustiques de « Time Travellers », sans doute l’un des titres les plus mélancoliques de l’album. Pour ce qui est de la concision en revanche, Riverside n’en est pas le parangon. La majeure partie des morceaux excède les six minutes et l’ensemble peut créer une impression de surplus malgré la maîtrise dont fait preuve le groupe, à l’image de « Towards The Blue Horizon », au noyau plus heavy prog 70s, rappelant fortement Opeth. En réalité la désagréable impression de longueur que laisse l’album s’estompe en partie au fur et à mesure des écoutes, mais jamais totalement. Love, Fear And The Time Machine est parfois apathique.

La principale évolution de Riverside est due à la volonté de relayer les claviers en arrière-plan, ce qui a pour effet de souligner la section rythmique et le chant de Mariusz Duda, beaucoup plus suave qu’à l’accoutumée avec de forts accents pop bienvenus. Le titre d’ouverture « Lost (Why Should I Be Frightened By A Hat ?) » est d’ailleurs l’un des refrains les plus marquants à cet égard. Surtout, la réussite de Riverside est de parfaitement soutenir son concept, à savoir le processus qui mène à des décisions qui changent nos vies et la réflexion rétrospective (« machine à remonter le temps »). La musique et les paroles de Love, Fear And The Time Machine ont à cet égard un dessein qui se distingue des précédents opus : Riverside veut positiver en avançant que ces décisions difficiles nous rendent meilleurs. « Discard Your Fear » incarne cette légèreté régnante tout au long de l’album jusqu’à sa conclusion par le très éthéré « Found (The Unexpected Flaw Of Searching) » et son refrain limpide « It’s a lovely life… ».

Élégant, délicat, intelligible et lumineux définissent à propos le dernier effort de Riverside. Il est aussi languissant. Certes, Riverside est capable d’entretenir cette dualité entre mélancolie et joie naissante mais il manque fondamentalement une solide emprise émotionnelle pour l’auditeur. La légèreté se transforme à certaines reprises en défaut : le manque de consistance. Là est le principal écueil de l’opus. Selon l’humeur, Riverside peut ici émouvoir autant qu’il peut ennuyer.

Ecouter « Discard Your Fear » :

Album Love, Fear And The Time Machine, sortie le 4 septembre 2015 chez InsideOut.



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