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Rock en Seine 2015 : Une bien belle balade au Parc


thQSIA7ZZDRock En Seine, situé dans le Parc de St Cloud, dans la proche banlieue ouest de Paris, marque la fin de la saison pour les gros festivals d’été. Gohellefest et RaismesFest côté nord ou Fall Of Summer pour l’Ile de France permettent encore aux plus metalleux d’entre vous de prendre une dernière dose de son estival. Mais nous sommes loin en dimension évidemment du festival clodoaldien (eh oui, ça ne s’invente pas). Car Rock En Seine sur 2015, c’est 66 groupes, 3 jours annoncés complets avec 120 000 spectateurs ! Des données qui imposent le respect. Et même si 40 000 personnes peuvent faire peur, sur place aucun sentiment d’étouffement, d’être écrasés. A Saint-Cloud, ces 28, 29 et 30 août, chacun aura eu la liberté de respirer. Alors, prêt pour une balade en musique dans un cadre bucolique à souhait ? Suivez le guide.



Événement : Rock En Seine
Date : 28, 29 et 30 août 2015
Salle : Parc de Saint Cloud
Ville : Saint Cloud [92]

Fans_2015_08_29_01

Girls ! Girls ! Girls !

Bucolique, sûrement mais pas seulement. Dessiné par le paysagiste de Louis XIV, Le Nôtre, auquel nous devons aussi le parc du Château de Versailles et le réaménagement du jardin des Tuileries, le domaine est classé Monument Historique. Plutôt prestigieux, non ? Et respecté. Ce qui frappe effectivement est la propreté du site même après trois jours de festival. Les poubelles sont nombreuses et utilisées par les festivaliers. De plus, une équipe est chargée de remplacer régulièrement les poubelles pleines. Très agréable cette propreté. Mais tout aussi prestigieux et propre qu’il soit, le site n’échappe pas pour autant à la boue. Pour cette première journée, en effet, attention à la gadoue ! La pluie tombée en abondance ces derniers jours et particulièrement la veille du festival a évidemment trempé le sol. Mais les Dieux de la musique réunis ont arrangé la météo et dès vendredi le ciel reprenait des couleurs, avec retour d’un soleil éclatant et d’une chaleur caniculaire samedi et dimanche. Heureusement les points d’eau sont là – celui hors service en fin de samedi est à nouveau fonctionnel le dimanche, l’organisation veille au grain – et les tuyaux d’arrosage sont de sortie dimanche pour rafraîchir qui veut. A noter aussi la vigilance des hommes chargés de la sécurité des scènes qui donnent largement à boire aux spectateurs. A propos de sécurité et de chaleur, une pensée particulière pour les hommes de la sécurité de la scène Cascade, exposée en plein soleil, qui restent stoïques alors qu’ils cuisent littéralement !

Pour gérer cette chaleur, les festivaliers peuvent profiter entre deux concerts des espaces ombragés offerts par les arbres ornant le parc qui proposent décidément un cadre bien agréable pour écouter un peu de musique. Il y a aussi la boisson et les nombreux bars, offrant évidemment de la bière, des boissons sans alcool. Un autre stand propose des jus de fruit et quelques bars sont centrés sur le vin. Le bar metal offre quant à lui de la Guinness – pas la meilleure qui soit. Quoi qu’il en soit de quoi étancher toutes les soifs et vider les porte-monnaies puisque les tarifs restent élevés. 3 à 4 euros le demi de bière, 7 euros la pinte (sans consigne, consigne de un euro qui ne se récupère pas aux bars mais à l’entrée du site). Nous sommes en festival, que voulez-vous ! Par contre, point à creuser pour l’année prochaine, le festivalier assoiffé doit quand même faire un peu la queue, le débit du service n’étant pas le plus rapide possible.

Puisque nous en sommes aux considérations alimentaires, notez que de nombreux stands de nourriture existent, du burger au sandwich corse en passant par l’aligot. Avec un peu de patience, tout le monde est nourri. Mais le festivalier peut aussi s’amuser ou découvrir. Un espace disquaire par ci, un espace « jungle » dédié au parc Zoologique de Paris par là, ou encore un stand où tout un chacun peut ressortir coloré (à la mode « color run »). Comme d’habitude le festival propose des activités « Autour du Rock » qui lui donnent un air sympathique et convivial de fête foraine ou de kermesse.

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Ghost : Nouveaux masques !

Et la musique dans tout cela ? Patience, encore un tour du site et nous parlerons de Ghost, des (faux ?) punks d’Offspring et de Kadavar pour nos furieux « metalfreaks ». Et de plein d’autres artistes car Rock En Seine est aussi terre de mélange avec une offre variée allant du metal au rap en passant par un zeste de pop variété avec Etienne Daho (qui a dit « beurk » ? La musique de l’homme est surprenante en concert !) et avec évidemment une énorme dose de rock !

Mais avant cela passons par les toilettes. Avec toute cette bière, physiologiquement, vous ne pouvez pas y couper. Au vu des files d’attente, les toilettes semblent ne jamais être en nombre suffisant et, assurément, il vaut mieux être un garçon qui peut se soulager un peu n’importe où, même si nous verrons quelques filles le faire aussi. Aspect peu ragoutant, l’espace autour des trèfles urinoirs homme se transforme parfois en pataugeoire. Gageons que cela soit dû à un tuyau d’eau qui fuit ! Il y a donc matière à amélioration sur ce point pour la prochaine édition. Mesdames et Messieurs de l’organisation pensez à votre public féminin ! Car à Rock en Seine, la gent féminine est bien présente dans un public varié, qui vient en couple, entre potes et copines mais aussi en famille. Toutes les générations sont là, dans une mixité homme femme agréable et divers styles, du Parisien branché au festivalier décontracté. Et tout ce beau monde se mélange dans une ambiance festive et conviviale appréciable. Et circule de manière plutôt fluide dans les allées du parc. En effet, les espaces devant les scènes se vident puis se remplissent en fonction des groupes, impliquant des vases communicants de fans sans aucune bousculade. Nous sommes loin d’une WarZone clissonnaise !

Et la musique dans tout cela ? La voici avec Ghost qui ouvre le vendredi sur la Grande Scène. Belle entrée en matière pour cette édition 2015 avec les Suédois et les nouveaux masques très réussis des Goules Sans Noms. Les fans sont présents et malgré un son un peu sourd, ce concert est très agréable. Evidemment, en plein jour, Ghost perd un certain impact. Offspring rassemblera comme d’habitude une foule de spectateurs pour un concert somme toute…un peu mou. Les spectateurs resteront présents et mobilisés pour la tête d’affiche, Kasabian. Dommage tout de même que Tom Meighan soit aussi peu expressif et donne l’impression de s’ennuyer ferme ! Pourtant du haut des côteaux qui bordent la plaine devant la Grande Scène, la liesse de cette immense foule fait plaisir à voir.

Finalement, même si l’on pouvait trouver que la programmation de cette année ne tenait pas une tête d’affiche « poids lourd », les fans ont répondu présent au rendez-vous. Et ont pu apprécier en ce premier jour, l’énergie et le charisme du John Butler Trio qui se fendra même d’un court extrait d’un riff de Black Sabbath, la pop rythmée de Franz Ferdinand and Sparks et la prestation toute en projection de Fauve qui propose un univers visuel assez élaboré et des concerts toujours dynamiques.

Terminons ce tour non exhaustif des artistes par Benjamin Clementine dont le début du concert se sera déroulé face à une foule immense…de photographes, adeptes qui plus est du mode rafale. Un vrai vacarme de déclenchements ! Pour un artiste restant assis devant son piano, l’utilisation de ce mode peut paraître exagéré mais à chaque photographe sa manière de travailler. En tous les cas, le chanteur suscite assurément l’intérêt des medias !

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Kadavar : Watch out the Tiger !

Le samedi sera moins metal mais des artistes comme Marina And The Diamonds et sa pop rythmée et métissée ou encore Balthazar dans un registre plus rock alternatif auront montré des choses intéressantes tant musicalement que scéniquement. Bizarrerie scénique, Bianca Casady &The CIA se présente avec un artiste clown pour une performance mélangeant diverses formes d’expression avec la danse et la musique. On pourra regretter le statisme des Stereophonics même si l’accueil du public démontre un réel intérêt. Tout de même, sur scène il ne se passe pas grand-chose. Dommage. Les Libertines recevront un accueil magistral pour une performance là aussi plutôt moyenne.

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Marina and The Diamonds : Coloré !

Il faudra se lever un peu plus tôt dimanche, les premiers concerts commençant dès 14h30, soit une heure plus tôt que les jours précédents. Et le peu de public présent montre bien que la grasse matinée était bien tentante. Dommage pour ceux qui loupent Kadavar. Le trio allemand sans trop en faire offre une performance intéressante avec une présence indéniable côté Tiger à la batterie et Lupus Lindemann au chant et à la guitare. Simon « Dragon » Bouteloup à la basse semble plus détaché. Là aussi, on imaginerait presque qu’il s’ennuie !

Autre performance intéressante musicalement et scéniquement et qui peut largement être affilée au metal, le concert de la jeune pousse française Last Train. Jeunes et débridés, fumant sur scène pour faire comme les grands, ils jouent leur carte et la joue bien. Francis Zégut est même sur scène à suivre leur concert, appareil photo en main. Preuve de la valeur de ce groupe ? Allez donc jetez une oreille et faites-vous votre propre avis. Hors sphère metal, des formations comme Jungle ou Fuzz auront offert des prestations originales qui valaient le détour. Loin du statisme dépressif du Mark Lanegan Band qui se produit sur la scène de l’Industrie. L’homme ne doit pas avoir fait plus de deux pas, n’a jamais dû sourire et il reste pourtant intéressant à voir. Dommage que le vieux briscard soit programmé en même temps que la dernière sensation à la mode venue d’Australie, à savoir Tame Impala. Mais dans la vie, il faut choisir !

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The Chemical Brothers

Avant de se quitter après ces trois jours pleins, un mot sur l’organisation. Que cela soit côté Ephélide qui gère les medias ou côté des gars de la sécurité, tout le monde est d’une gentillesse très agréable et, en tant que photographes, nous pouvons évoluer dans d’excellentes conditions avec trois titres par artiste. Quelques exceptions comme Fauve qui n’autorisera que trois photographes ou Offspring qui sera l’artiste qui aura le plus compliqué la tâche des photographes avec un contrôle de chaque instant. Assez ironique ce contrôle pour un combo censé véhiculer (avoir un jour véhiculé ?) un esprit punk ! Certains artistes demandent par ailleurs validation des images avant publication. Mais dans la globalité, tout se passe bien et ces restrictions ne sont pas le fait de l’organisation du festival. Les concerts sont à l’heure, se déroulent dans de bonnes conditions techniques, une belle réussite que cette édition 2015. A l’année prochaine ? Assurément !

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A l’année prochaine !



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