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Rock En Seine : Balade au Parc en toute liberté


Cette année, point de groupe directement metal dans la programmation de ce beau festival parisien de la fin août qu’est Rock En Seinen et pour autant de belles surprises sont au rendez-vous, pleines de cette énergie et de cette électricité qui font vibrer. Quelques noms attirent tout de même l’oreille. Frank Carter And The Rattlesnakes, vu au HellFest, The Pretty Reckless, Cypress Hill ou encore The Kills dont certains peuvent se rappeler l’accueil que leur aura réservé une partie du Stade de France lors de leur passage en première partie de Metallica version Black Album. Sacré esprit ouvert des metalleux qui inspirera cette phrase à Alison « There ain’t no joy in an easy ride ». Vous voyez, quand on cherche un peu, il y a bien un peu de metal dans cette cuvée 2017 de Rock En Seine !

Nous vous invitons donc à une balade ciblée au gré de quelques guitares bien senties et nous nous permettrons tout de même quelques écarts. Prêts pour une balade au parc ?

Evénement : Rock En Seine
Dates : 25-27 août 2017
Lieu : Domaine National de Saint-Cloud
Ville : Saint-Cloud [92]

Frank Carter & The Rattlesnakes

Un premier mot sur une actrice essentielle du festival : la météo. Nombreux sont ceux qui devaient faire triste mine vendredi matin en voyant la pluie tomber ! Les prévisions annonçaient certes une accalmie pour l’après-midi mais quand même. Et de constater que les prévisions étaient justes ! Pas de pluie l’après-midi. Samedi était éclatant et la météo jouait une nouvelle fois sur les nerfs dimanche matin avec de beaux orages qui ont eu la bonne idée de laisser le festival tranquille l’après-midi. Le festival est donc passé entre les gouttes !

Les retardataires ou les travailleurs n’ayant pas pu se libérer manquent assurément un des moments forts de ce festival : l’Anglais Frank Carter et ses Rattlesnakes décochent la première cartouche de l’édition 2017 du festival clodoaldien. L’homme, veste blanche et lunettes de soleil, ne s’embarrasse pas d’un quelconque tour de chauffe et profite dès le premier morceau de l’avancée de scène pour aller voir le public de plus prés. « Are you ready Paris? ». Il y a encore peu de spectateurs mais ceux qui sont là répondent présents. Dès « Lullaby », le deuxième titre, Frank va directement sur les barrières de sécurité au plus près des fans et comme à son habitude, monte sur le public, debout sur la foule tout en continuant de chanter pour le plus grand bonheur des fans et des photographes. Et de faire le poirier de surcroît ! Comme début accrocheur, on a rarement vu mieux. Sur « Vampires », le groupe s’immobilise quelques instants, tous figés comme des statues. Effet connu mais sympa. Et Frank de toujours garder le public sous pression en lui faisant chanter des « oh ! oh ! oh ! ». L’Anglais que certains d’entre vous ont pu voir à Clisson sur la Warzone ou au Mainsquare explique que c’est un honneur et un privilège d’ouvrir ce festival, remercie le public et raconte que maintenant qu’ils sont amis – il utilisera « best friends » en anglais – ils vont faire ce que les amis font, à savoir un circle pit.

Et comme Frank ne fait pas dans la demi-mesure, il demande un énorme circle pit, « Eiffel tower big » selon sa propre expression. Il arrêtera même le morceau « Jackals », trouvant le premier circle pit de taille moyenne. Et de fait il arrivera à obtenir un sacré large circle pit. Sûrement le plus grand que le festival ait connu. Pour le premier concert du premier jour, pas mal ! « Paradise » ramène un peu moins de fun comme Frank rappelle qu’ils ont écrit ce titre il y a longtemps et qu’il n’a jamais été aussi pertinent. Il le dédie à quiconque est allé à un concert célébrer la liberté sans avoir la chance de pouvoir revenir à la maison. Il évoque le Bataclan, Manchester – le concert d’Ariana Grande – traitant les terroristes de lâches et de lie de l’humanité. Le titre est rageux, porté par cette voix éraillée, aux limites. Musicalement, cela tient sacrément la route, les rythmes sont variés et quelques mélodies vous caressent l’oreille dans un emballage plutôt brut et punkoïde. « Paradise » verra Dean Richardson, à la guitare, se poster à son tour sur l’avancée. L’homme ira même lui aussi au contact des fans sur les barrières de sécurité.

Frank Carter & The Rattlesnakes

« Snake Eyes » démarre sur un court solo de batterie et le groupe enchaîne sans souffler sur « Devil Inside Of Me » et comme le soleil pointe un timide rai sur le festival, Frank, toujours très porté sur l’humour, fait remarquer que c’est un anglais qui ramène le soleil ! Et de continuer à agiter son public qu’il fait asseoir et filme. « Every single time we play in France we feel so much love, thank you! ». Le chanteur en profite pour annoncer leur concert à l’Olympia en première partie de Papa Roach. Grosse date en perspective avec deux groupes aux performances scéniques explosives ! [NdA : depuis Frank Carter a annoncé l’annulation de sa tournée européenne]. Mais les meilleurs choses ont une fin et Frank annonce leur dernier titre provoquant quelques déceptions dans le public. Toujours avec son humour, il explique qu’il est contrarié lui aussi par ce fait mais qu’il y a encore plein de bons groupes qui doivent jouer et demande aux fans de faire du bruit pour tous ceux qui bossent, ingénieurs, sécurités, etc et plaisante en indiquant qu’il aimerait bien être à nouveau là l’année prochaine…mais plus tard dans la journée. C’est tout le mal que nous pouvons lui souhaiter ! Frank présente le groupe qui lance l’ultime « I Hate You », titre qui s’adresse au trou du cul que nous avons tous en tête – Frank n’omettant pas de préciser avec humour que nous sommes tous le trou du cul de quelqu’un. Ce premier concert totalement rock’n’roll se termine ; il a placé la barre sacrément haute. Tous n’arriveront pas forcément à la franchir.

Il est 16h50 et le site est encore calme, peu de monde se tient devant la Grande Scène. 17h00, des cloches résonnent dans le parc de Saint-Cloud. Et les Américains de The Pretty Reckless d’investir à leur tour la Grande Scène, avec leur rock hard, leurs hommes en noir et leur blonde chanteuse, lunettes de soleil de rigueur. Ben Philips, tout de noir vêtu, crinière noire et miroirs de lunette noirs donne une touche assez sombre au combo. La crinière blonde de Taylor Momsen évitera le tableau 100% noir peut-être excessif. Éculé ? « Follow Me Down » lance les hostilités, suivi de « Since You’re Gone » avant que le très « acdcien » « Prisoner » ne lance une triplette de titres du dernier album. Côté public, un groupe de fans hardcore accueille ses idoles avec force cri et alors que le soleil revient nous saluer, un premier circle pit se forme spontanément sur le titre « Prisoner ». Le public est donc là pour ce second concert très rock sur la Grande Scène. C’est plus sur scène que le bât blesse. En effet, la troupe menée par Taylor est très très statique et ne dégage pas un énorme charisme. La chanteuse est souvent tête baissée, accrochée à son micro. L’ensemble manque de chaleur, et ce même sans la comparer à l’explosif concert de Frank Carter. La chanteuse se mettra bien à genoux prés de Ben mais cela reste très furtif. Il faut attendre la deuxième partie de concert où le classique « Make Me Wanna Die » voit enfin la chanteuse solliciter des spectateurs que le titre fait déjà sauter. Les fans sont là pour bouger, danser, chanter. Pour preuve, il reprend le refrain et chante quand Taylor leur tend enfin le micro. Là, cela devient intéressant !

The Pretty Reckless

« Rock En Seine, it was awesome » dira-t-elle avant d’expliquer que le groupe va calmer un peu le jeu avec « Who You Selling For ». Côté public, la pelouse est désormais plus honnêtement garnie ; le festival se remplit. La meneuse sollicite une nouvelle fois le public pour « Heaven Knows » et son introduction où planent les Pink Floyd. « We need your help, come on, join us! ». Sacré morceau, truffé de solos de guitares très metal. Porté par un excellent son, ce qui sera souvent le cas sur le festival, le titre a tout du morceau de bravoure. Dommage que la chanteuse ne profite pas plus des bonnes dispositions du public à son égard ; il faut attendre « Going To Hell » pour qu’elle descende enfin sur l’avancée de scène et harangue sérieusement un public qui ne demande qu’à participer. « You’ve been an amazing audience, thank you for comin’! ». « Take Me Down » et ses allures stoniennes de « Sympathy For The Devil » clôture cette prestation saluée par les spectateurs qui comme toujours restent les seuls juges.

At The Drive In est là ! Pour combien de temps ? Au moins le temps de ce concert à Rock en Seine ! Les hommes en bleu n’auront certainement pas fait de la figuration. Mené par le déjanté Cedric Bixler-Zavala, très MC5, les Américains ont délivré une prestation débridée, sonique, avec jet de micro et renversement de matériel. Cedric glissera sa tête sous une espèce de grosse boîte issue de leur décoration, se roulera par terre, se collera sur le visage un autocollant Rock en Seine chipé sur un des retours. L’homme saute partout pour le plus grand plaisir des photographes. Pas communiquant pour deux sous mais sa fougue parle pour lui.

At The Drive-In

A ses côtés, les deux guitaristes, plus calmes, offrent quand même une belle présence ; le bassiste est lui plus en retrait. Musicalement, c’est âpre, ça joue du larsen, de guitares aiguës et il y a cette voix criarde qui vous prend à la gorge. Pas de doute possible, le rock est bien présent à Rock En Seine. Côté public, les slams s’enchaînent dans un flux quasi continu donnant un peu de boulot aux hommes de la sécurité. On verra même un circle pit spontané se former, preuve que les spectateurs apprécient la prestation avec une setlist très orienté RelationShip Of Command saupoudrée de quelques morceaux du récent IN.TER A.LI.A. La fin sur un larsen clôt le déluge sonore qui vient de passer sur la Grande Scène. The Jesus And Mary Chain qui se produisent sur la scène Cascade devraient permettre de redescendre agréablement sur des plages musicales plus clémentes même si nostalgiques.

The Kills prouvent qu’il ne suffit pas d’être nombreux pour occuper l’espace. Le duo fait effectivement preuve d’entrée de jeu d’une grosse présence. Jamie Hince, avec son blouson flanqué d’une carpe dans le dos, et Alison Mosshart dont la crinière blonde ajoute une indéniable touche visuelle occupent tout de suite l’espace. Les très bons « Heart Of A Dog », « U.R.A Fever » ou le plus suintant « Kissy Kissy » sur lequel Alison prend une guitare lancent ce concert de belle manière. C’est âpre, efficace, bien exécuté, sobre dans la prestation. La communication est réduite à son minimum, un merci par ci, un « thank you so much, I love you baby » par là, mais le duo ne manque pas de charisme et, curieusement, la prestation ne manque pas de chaleur. Un point essentiel à ce ressenti : Jamie et Alison ont l’air heureux d’être sur scène, sourient souvent. C’est très agréable à voir et constater. « Black Balloon » calme le jeu et la prestation retrouvera son mordant avec « M.E.X.I.CO » même si « Tape Song » avait fait lever les bras, remportant un gros succès auprès d’un public enthousiaste et qui remplit largement la fosse de la Grande Scène. En termes de style, le contraste est saisissant après Jain.

The Kills

Jamie profitera de l’avancée de scène sur « Doing It To Death » par exemple et voir Alison évoluer est un vrai plaisir tant la chanteuse a un côté animal, sauvage. Avec un parcours équilibré de leur discographie, le duo américano-anglais aura offert une belle prestation, habitée, même si la percussion du démarrage se sera un peu essoufflée à mi-parcours avant de terminer en beauté. Un détail, les détails peuvent avoir leur importance : les musiciens ont quand même eu tendance à garder leur côté de scène. Pas idéal pour que les fans profitent tous des deux musiciens. Mais ne faisons tout de même pas la fine bouche ! Il y a eu des guitares (et des bonnes !) sur de très bons titres avec des artistes manifestement heureux d’être présents.

Dernier jour du festival, derniers concerts, dernier dimanche du mois d’août, la rentrée se rapproche à grand-pas d’après certains, alors pourquoi refuser la grosse bouffée… d’oxygène offerte par Cypress Hill qui arrive sur la Grande Scène ou plutôt la prend d’assaut ! Ce qui frappe d’entrée est la taille du joint que tient B-Real, joint qu’il allumera plus tard dans le concert. Dans l’immédiat, les chanteurs haranguent les spectateurs avec des « everybody jump in the air! » et le concert démarre dans un mélange de « Shoot’Em Up », « Step The Fuck Off » et « Hand On The Jump ». L’ambiance est excellente, avec un public nombreux et un groupe comptant bien passer un agréable moment ensemble. Pour preuve, l’échange entre les fans et les Américains… « when I say Cypress, you say Hill! » qui précède « When The Shit Goes Down ». « The Phuncky Feel One » nous ramène au début des années quatre-vingt dix et aux débuts de la carrière des Californiens. A deux, Sen Dog et B-Real occupent l’espace, captent l’attention de la foule qu’ils mettent dans leur poche. Sans fioritures, juste deux chanteurs aux avant-postes et deux musiciens derrière, Eric Bobo aux percussions et DJ Julio G aux platines. Face à eux, une foule réceptive qui répond « Phuncky » quand on lui demande « Do You Feel? »

Cypress Hills

Les deux chanteurs s’avancent tranquillement sur l’avancée de scène pour mettre en compétition les deux côtés du public pour un excellent « How Could I Just Kill A Man ». Gros succès ! Côté spectateurs, l’espace devant la Grande Scène est sacrément bien rempli, pas beaucoup d’herbe libre. B-Real se place désormais seul sur l’avancée de scène, allume sa cigarette qui fait rire, la présente à la foule et scande un « Legalize It! » que Peter Tosh n’aurait pas renié. Et le groupe d’enchaîner sur un medley contenant du « I Wanna Get High », du « Dr Greenthumb », saupoudré de « Hits From The Bongo » et son sample du très « puplfictionnien » « Son Of A Preacher Man ». Facétieux, B-Real récupère un chapeau rouge distribué en nombre par un des partenaires de Rock en Seine et le troque contre sa casquette. Rejoint par Sen Dog, les deux acolytes lancent un grand moment du concert. Une nouvelle opposition entre les deux côtés du public. Plus longue, plus poussée que la précédente. B-Real prend un côté de la foule, Sen-Dog l’autre, le but étant de crier des « Fuck You » ou autres « Fuck That Side » sur un zeste de Sugar Hill en fond sonore. Les chanteurs jouent, le public aussi, ambiance potache et plutôt amusante. B-Real fait asseoir ses spectateurs qui se lèvent sur de galvaniseurs « Jump! ». Sen Dog remercie ironiquement et amicalement ceux de son côté qui ont joué le jeu de son acolyte. « Fuck you very much, you hurt my feelings ». Un zeste de Nirvana sort des platines. Énorme !

« That was the Cypress Hill live test and both sides get A+» conclut B-Real avant d’expliquer qu’il faut de toutes les façons terminer tous ensemble, car là réside l’essentiel, dans l’unité, pas dans la séparation. « Are you feeling the vibe, the energy?” demande-t-il ensuite avant le très bon « Insane In The Brain ». Intéressant de voir le public réagir positivement face à cette prestation et surtout de constater que les Américains rassemblent différentes générations. Étonnant aussi ce public de Rock En Seine qui peut saluer George Ezra tout comme Cypress Hill. Il apprécie la diversité et a bien raison. « Have you a good time with Cypress Hill? ». La réponse est sans équivoque. « Latin Thugs » qui suit est présenté comme du Los Angeles California latino hip hop. B-Real s’installe aux percussions, Sen Dog fait chanter des « Oh Shit ! » au public qui agite les mains en l’air ; la communion entre un groupe et son public est bien là. Les titres s’enchaînent sans temps mort, les spectateurs sont pris à la gorge par les rappeurs qui ne lâchent rien. Interviennent ensuite la présentation des musiciens par B-Real et un solo de percussions et un solo de platines. Moment sympa de ce solo : B-Real rejoint DJ Julio G resté seul pour un quatre mains aux platines. Eric revient à son tour et donne des airs latin à l’ensemble. Le public est enthousiaste !

Le concert connaît alors une légère baisse de régime, la fête se calme, la pure folie délaisse le Parc de Saint Cloud un court instant comme les deux chanteurs sont moins aux avant-postes, moins percutants. Mais le groupe retrouvera son mordant avec « I Ain’t Going Out Like That » et B-Real qui fait remarquer que ce mois-ci, ils célèbrent vingt-six ans de carrière. Le chanteur remercie les fans pour leur accueil chaleureux, indique que c’est en France que le groupe rencontre les meilleurs publics. « 100% true » précise-t-il. Pourquoi ne pas le croire ? Il évoquera aussi un nouvel album de Cypress Hill, dira un mot sur Prophets Of Rage et Powerflo, le projet metal de Sen Dog. Autre moment sympathique de ce concert : le public est invité à fêter l’anniversaire d’Eric Bobo. Et le groupe de finir en beauté, ayant remis les gaz, sur « Rock Superstar » face à des spectateurs dont la motivation n’aura jamais faibli. Les Américains auront délivré une excellente prestation, basée sur un florilège de leurs meilleurs titres. Attendons la suite…et aussi de voir les Prophets en concert !

Cypress Hills

Avant de se quitter, complétons notre promenade au Parc par quelques autres concerts intéressants de ces trois jours. Rien de metal, mais assurément de la bonne musique et de bien agréables concerts : The Jesus And The Mary Chain, statique et habité, King Khan, déjanté, festif, hybride bien sympathique entre New York Dolls et soul, Lee Fields And The Expression à propos de soul. Côté français, Thérapie Taxi et Frustration, l’un pop, l’autre plus punk new wave, auront porté haut les couleurs de notre belle Nation. De même que les jeunes pousses de Lysistrata. Pour conclure cette balade, le festival devra quand même trouver des têtes d’affiche poids lourd et fédératrice pour la suite et peut-être repenser sa scénographie. Il y a l’expo Harcourt, l’espace Street Art, le Village du Disque, le stand où vous pouvez créer votre tee-shirt, pas mal de choses intéressantes, le cadre du Parc de Saint-Cloud aussi mais il est vrai que les stands aux enseignes commerciales peuvent finalement laisser une impression de galerie marchande plus que de festival rock. Avec 110 000 spectateurs cette année, chiffre intéressant, et un samedi complet (PJ Harvey la grande gagnante de cette édition ?), la cuvée 2017 reste une belle cuvée. A l’année prochaine donc.

Reportage et photos : Loïc « Lost » Stephan.



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