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Live Report   

Rockalies : Une huitième édition réussie


Artistes : Pretty MaidsFatal SmileRevengeS.I.N.A.P.S.E
Date : 30 octobre 2010
Lieu : Saint-Martin-de-Fontenay (14)
Salle : Espace Cloisel
Public : 700 personnes

Un festival comme celui des Rockalies se prépare au minimum un an à l’avance, entre le choix des groupes, le matériel à prévoir, la promotion à mettre en place, etc. Depuis 2002, l’équipe du festival a su offrir des concerts sympathiques aux fans des quatre coins de la France, le tout avec une logistique performante.

Le contexte économique qui a entouré la préparation de cette huitième édition a dû donner des sueurs froides tant aux organisateurs qu’aux fans. A peine quelques jours avant le festival, trouver de l’essence ou prendre un train relevait du défi social. Puis, tout doucement, les choses se sont décantées et ce sont environ 700 fans qui ont fait le déplacement pour soutenir la scène française et scandinave avec notamment les rockeurs de longue date que sont les Pretty Maids.

Le petit village de Saint-Martin-de-Fontenay, à une dizaine de kilomètres de Caen, cache bien son jeu. Rien ne laisse à penser qu’une salle des fêtes capable d’accueillir 700 personnes dans des conditions plus qu’acceptables se trouve dans ce petit coin au bord de la vallée de l’Orne. Une longue file attend déjà l’ouverture des portes promises à 18h30 et nombreux sont ceux qui ont réservé leur billet collector pour la modique somme de 10 euros.

P’tit Jo (Revenge)

S.I.N.A.P.S.E, groupe de Caen, est en charge d’ouvrir la soirée. Déjà présent sur l’édition 2009, l’accueil qui leur est réservé dénote un bon esprit et la petite demi-heure de leur metal/rock passe sans trop de mal. L’énergie et la bonne humeur sont bien présentes, ce qui compense la faiblesse des soli. Le concert se termine par un morceau au refrain moderne, « Rise Up », qui achève de bien chauffer le public.

Pour ce qui est de chauffer une salle, les Lyonnais de Revenge s’y connaissent bien. Ce soir encore, ils vont le prouver et délivrer leur set avec une pêche d’enfer et une bonne humeur sans faille. P’tit Jo, au chant, échange sans cesse avec le public, grimace régulièrement et va jusqu’à se rouler par terre ! Ses acolytes ont le sourire collé aux lèvres et se donnent sans compter. Les morceaux aux riffs d’inspiration Kiss, AC/DC et Accept sont repris par le public conquis (« Keep The Fire Burning », « Stick To Your Back », « I Need Your Lips », « I Just Wanna Rock »).

Familier de l’élément scénique, Revenge a ses petites chorégraphies à la Accept/Scorpions en s’avançant sur le devant de la scène avec les deux guitares qui entourent le bassiste. P’tit Jo aime également faire participer le public sur « I Just Wanna Rock ». Il divise l’audience en deux avec d’un côté ceux qui crieront « Rock ! » avec Thierry (guitare) pour les encourager et de l’autre côté ceux qui hurleront « Roll ! » avec Philippe (guitare) en animateur. La confrontation est efficace et le chanteur réunit les deux clans avec un « I Just Wanna Rock » dynamique !

Alors que le show est bientôt terminé, les aficionados du groupe attendent la reprise d’Accept avec impatience. Les premières notes de « Metal Heart » résonnent dans l’Espace Cloisel pour un bon moment de fraternité métallique. Non content d’avoir réveillé le public des Rockalies, Revenge a par-dessus tout donné un concert pêchu empreint d’une réjouissance contagieuse.

Place au glam énergique des Suédois de Fatal Smile

Après le metal burné de Revenge, on passe au glam énergique des Suédois de Fatal Smile. Le groupe emmène les accessoires qui vont bien entre machine à fumée, pyrotechnie sur les refrains et trois beaux drapeaux en fond. Il ne reste plus qu’à balancer la sauce ! Le groupe a envie d’en découdre et l’audience va les suivre progressivement sur cette voie. Cependant le soufflé va redescendre d’un cran. Les morceaux ont des refrains imparables (« Run For Your Life », « Crash & Burn », « Learn-Love-Hate »…) pourtant les riffs ne sont pas toujours très percutants et la plupart des metalleux présents dans la salle profitent uniquement de Fatal Smile pour se divertir avant Pretty Maids. La preuve en est qu’on trouve toujours quelques fans de glam déguisés selon les codes du style dans un tel concert mais ce n’a pas vraiment été le cas ce soir. Pourtant Blade, au chant, affirme que nous sommes un bon public et qu’il aimerait bien rester ici ! L’état d’esprit d’entraide est de rigueur, le public soutient suffisamment Fatal Smile pour qu’ils se sentent à l’aise, et on notera le moment émotion sur la ballade « For The Last In Line » en hommage à Dio.
Fatal Smile n’oublie pas de remercier le public

Le moment tant attendu arrive enfin. Après un retour en France l’été dernier au Hellfest en remplacement de Ratt, Pretty Maids retrouve un public survolté et bien décidé à se montrer supporteur. Le dernier album des Danois, Pandemonium, nous montre un groupe qui a su garder son style avec un son résolument moderne. Le premier extrait, « Pandemonium », fait donc mouche ; ce premier morceau est accueilli à bras ouverts. Et pour fêter ça, un flot de confettis déferle sur le public et ce à plusieurs reprises durant le concert. L’ambiance est électrique, et Ken Hammer (guitare) sourit à de nombreuses reprises.
Ronnie Atkins (Pretty Maids)

Les lights et le son sont excellents, ce qui ne gâche donc en rien la fête. Ronnie Atkins nous avoue s’être levé très tôt pour être présent ce soir mais que le résultat en vaut la chandelle surtout avec l’intention de faire la fête (« We Came To Rock »). Il a quelques difficultés pour monter dans les aigus et reprendre son souffle mais ce genre d’incident se résoudra de lui-même durant la soirée, progrès lisibles sur le visage du chanteur, assez concentré sur les passages en hauteur, et pourtant décontracté sur le reste des lignes de chants. Comme quoi, un professionnel ne renonce jamais !

Après quatre premiers titres relativement récents, le chanteur nous rappelle que leur premier album, Red Hot And Heavy a déjà vingt-six ans ! Ce moment de nostalgie nous emmène donc vers le répertoire 80’s du groupe. Et même si ces morceaux sont dans le sang des musiciens, Ken Hammer pond un solo assez « décalé » par rapport à l’original sur le titre « Waitin’ For The Time To Come », ce qui a pour effet de bien le faire marrer ! Heureusement la troupe se rattrape sur la magnifique ballade « Savage Heart » et son intro simple et belle aux claviers et en acoustique.

Happy Birthday Ken !

Vient ensuite un moment fort sympathique pour le guitariste qui fêtait son anniversaire quatre jours plus tôt. La petite fille du chanteur, accompagnée par un crew member, emmène un gâteau agrémenté de bougies rapidement soufflées par le guitariste. Le duo chant/guitare étant d’une complicité tenace depuis le début du groupe, voilà le genre d’intention qui fait bien plaisir ! Après cela, on reste sur le premier album studio avec le classique « Queen Of Dreams ». S’ensuit le morceau phare du dernier album, « Little Drops of Heaven » qui ne dépareille pas à côté des tubes précédents. Son refrain est irrésistible et déjà connu des fans.

Après cette incursion dans les années 2000, le reste de la setlist retournera du côté des 90’s et 80’s. Ronnie Atkins présentera le groupe après le morceau « Rodeo », c’est ainsi qu’on découvre l’identité de l’excellent bassiste, à savoir Hal Patino qui a déjà officié dans King Diamond et Force Of Evil. Son niveau technique est excellent et il se permet quelques improvisations pertinentes.

Vas-y Ken ! (Pretty Maids)

La soirée passe à une vitesse hallucinante, ce qui est plutôt bon signe. Il reste deux titres à jouer, et ils ne seront pas trop difficiles à reconnaître. Les fans sont alors aux anges, notamment lorsque Ken Hammer mime un super héros sur l’intro de « Future World ». Le public s’approprie le refrain et les confettis reprennent de plus belle. Le concert ne saurait être complet sans l’inéluctable « Red, Hot and Heavy ». Ronnie Atkins se laisse aller à paraphraser quelque peu le dernier couplet sur un rythme saccadé et une fois de plus Ken Hammer éclate de rire. Après plus de vingt ans de carrière, la preuve est faite qu’on peut encore prendre du plaisir sur scène de même que les fans ne comprendraient pas que ce morceau ne soit pas joué.

Une heure trente après le début du concert, les Danois tirent leur révérence, réjouis de l’accueil exalté des fans après leur avoir prodigué une dose bien chargée de metal aux mélodies FM comme eux seuls ont le secret. Les gros classiques ont été joués même s’il en manquera toujours quelques-uns plus ou moins récents (« Carpe Diem », « Snakes In Eden », « Lethal Heroes »…), mais pour ce retour en France, Pretty Maids a marqué des points.

Pretty Maids sait aussi remercier son public

Le succès de cette soirée est également dû au public qui a su montrer son engouement à chaque occasion et à l’équipe des Rockalies, professionnelle et passionnée à la fois. Si un tourneur pouvait avoir écho de ce succès et faire venir les Danois en France, à l’instar de l’affiche Uriah Heep/Blue Öyster Cult, cela montrerait une fois de plus que ce genre de musique n’est pas morte et qu’un public existe, désireux de crier sa passion.

Setlist de Pretty Maids :

Pandemonium
I.N.V.U
Wake Up To The Real World
We Came To Rock
Walk Away
Waitin’ For The Time To Come
Savage Heart
Queen Of Dreams
Little Drop Of Heaven
Back To Back
Rodeo
Please Don’t Leave Me
Love Games

Rappels :

Future World
Red Hot And Heavy (intro solo Ken Hammer)



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