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Rockstorm Festival 3 : la bonne surprise


Depuis sa première édition en 2010, le Rockstorm Festival a considérablement pris de l’ampleur. Ayant commencé à la MJC Le Totem de Rilleux-La-Pape, il se déroulait pour cette troisième édition au Transbordeur de Lyon, aux ressources pleinement utilisées pour l’occasion. Les deux scènes (grande scène et Transclub) étaient en effet mobilisées et une tente extérieure avec du merchandising a même été installée. Côté têtes d’affiche, à Stereotypical Working Class et Sybreed succèdent Punish Yourself, Anti-Flag et Parkway Drive. En ouverture, une série de groupes de hardcore et de metalcore tous plus énergiques et enthousiastes les uns que les autres pour ravir un public jeune qui avait, ce 14 avril 2012, une énergie impressionnante à revendre.

Festival : Rockstorm Festival
Artistes chroniqués : Parkway DriveAnti-FlagPunish YourselfMiss May IThe Ghost InsideConfessionThe Young Guns
Dates : 14 avril 2012
Lieu : Villeurbanne
Salle : Le Transbordeur

L’alternance des concerts se fait sans temps morts entre les deux scènes jusqu’au concert de Punish Yourself inclus. Le temps de pause avant les sets d’Anti-Flag et de Parkway Drive seront donc franchement appréciés.

Adhésion immédiate à The Young Guns

Quelques heures plus tôt, nous découvrons The Young Guns, qui incarne tout ce qui est appréciable dans le metalcore, à savoir l’énergie juvénile pour un show dynamique, le plaisir d’être sur scène et de communiquer avec le public et, musicalement, des refrains pop qui font mouche. L’adhésion est immédiate et là où certains groupes feignent leur aisance scénique par l’excès, l’aisance de The Young Guns semble naturelle.

Confession, hardcore pour jumper quelque peu répétitif

Les Australiens de Confession, sur la petite scène, se veulent plus agressifs. Les parties de chant clair, réalisées par le bassiste, sont plus rares et poussives. C’est dans un hardcore lourd, aux rythmiques simples et qui donnent envie de sauter que Confession est plus à l’aise. Cela dit, le set s’avère répétitif. La musique du groupe est, certes, par nature propice à la scène et fait son effet au sein du public qui ne demande que ça. Les musiciens se dépensent, incontestablement, mais on sent déjà plus ce côté forcé évoqué plus haut. Fait amusant, les prises de parole du chanteur sont quasiment incompréhensibles tant il mange ses mots. Une prestation globalement appréciée, notamment sur la reprise de « Break Stuff » de Limp Bizkit qui aura fait crier jusque dans les gradins.

The Ghost Inside

Dans un registre équivalent, mais peut-être un poil moins primaire et plus mélodique (sans qu’il y ait pour autant ces refrains pop caractéristiques du metalcore), The Ghost Inside fait une solide impression. A l’instar de The Young Guns, les Américains sont à la fois dynamiques (c’est le moins qu’on puisse dire) et décontractés. Ce sont eux qui lanceront les premiers circle-pits massifs de la soirée dans la grande salle.

Miss May I : intense

Miss May I est le dernier groupe à investir la petite scène du Transclub. Ce jeune groupe anglais, évoluant dans un hardcore véloce, effectue l’une des prestations les plus intenses de la soirée. Pas de temps morts, que des compos rapides, des musiciens déchaînés, suant à grosses gouttes et un chanteur quasi possédé. Mention spéciale au batteur et à sa gestuelle, garnie en acrobaties de baguettes, très visuelle. Une intensité qui se traduit assez logiquement dans la fosse, le public comme pour répondre solidairement à la musique, se déchaînant jusqu’à l’épuisement autant que Miss May I.

Punish Yourself : la cerise ET le gâteau

A ce stade, le principal bémol de la soirée est la forme de « Metalcore fest » qu’elle prend, enchaînant sans le moindre temps de pause des groupes qui évoluent, dans l’absolu, dans des registres identiques. Punish Yourself arrive donc à point nommé pour offrir une respiration. Entendons nous bien, une respiration stylistique, leur prestation n’étant pas moins intense. Et ce n’est pas qu’une question d’artifices. Car oui, il y a les magnifiques lasers, les maquillages fluorescents originaux, la danseuse sciant son costume avec une disqueuse et éclaboussant, au passage, d’étincelles les musiciens. Autant de cerises sur un gâteau déjà indécemment bon. Car il y a déjà de quoi se gaver. Sans jamais vraiment adresser la parole au public ni même le regarder, Punish Yourself réussit pourtant à le fédérer. Il y a tout d’abord cette prestance de base grâce à laquelle la mise en scène est un bonus et non de la poudre aux yeux.

Punish Yourself m’a scier

Mais il y a surtout ces chansons, fusion parfaite entre rock et électro apportant le meilleur des deux mondes. Le groove de l’électro et la puissance du rock pour un résultat physiologiquement incontestable. Impossible de ne pas danser, c’est physique. Côté setlist, c’est l’occasion pour le groupe de présenter à l’audience un nouveau titre, « Cult Movie (redux) », morceau mid-tempo qui a déjà tout d’un tube. L’atmosphère, quant à elle, est indécente. C’est le plaisir coupable de la désinhibition que l’on ressent durant une telle prestation. Et au sortir du concert, on se sent comme au sortir d’une relation adultérine. Et sans le moindre scrupule.

Anti-Flag : « Je (ne) suis (pas) trop vieux pour ces conneries ! »

Anti-Flag, c’est un de ces groupes à succès commercial très relatif et pourtant vus comme cultes par une scène donnée. Groupe de punk rock revendicatif de plus de vingt-cinq ans d’existence, les Américains semblent n’avoir jamais vieilli et expriment une énergie juvénile équivalente si ce n’est supérieure à celle des représentants actuels du style. Bluffants, ils le sont ne serait-ce que physiquement : à l’exception du batteur « Pat Thetic », on a l’impression d’avoir affaire à des gamins de 25 ans. Et la prestation est un feu d’artifice de jeu de scène entre speechs efficaces, poses, sauts… Le groupe remportera d’ailleurs la palme du circle-pit le plus impressionnant de la soirée, allant des premiers rangs au bas des gradins.

Un jeu de scène feu d’artifice

Après un titre qu’on croit être le dernier, des techniciens démontent la batterie et commencent à la ranger… en descendant de scène ! Nous ne prêterons pas plus attention à cette curieuse manière de changer le plateau et détournerons le regard, persuadés que le concert est terminé. Ce jusqu’à entendre une nouvelle chanson démarrer, Pat s’étant fait installer son set dans le public ! Il fallait le faire. Il y avait bien longtemps que nous n’avions pas regardé un concert et dit : « Non ?! ».

Setlist de Anti-Flag (source setlist.fm) :

The Press Corpse
Fuck Police Brutality
The Economy Is Suffering…Let It Die
If You Wanna Steal (You Better Learn How To Lie)
I’d Tell You But…
Fuck The Flag
Underground Network
Sodom, Gomorrah, Washington D.C.
One Trillion Dollars
1915
Turncoat
This Is The End (For You My Friend)
Die For the Government
Death Of A Nation
Power To The Peaceful

Parkway Drive : « Sauvons Willy ! »

Après la risible « cérémonie » visant à élire Miss Metal – on y reviendra plus tard – arrive sur scène la tête d’affiche de la soirée, Parkway Drive. L’accueil du public est des plus triomphaux et il est émouvant d’assister à la communion qui s’opère entre le groupe et la salle. Toute la salle. Le chanteur Winston McCall semble presque surpris. Il se dégage du public du Transbordeur une joie telle qu’on a l’impression que le groupe est de retour devant les siens après un long périple. Arrêtons nous à ce titre quelques instants dans la description purement scénique de cette soirée et parlons de ce public admirable. Un public qui n’a pas été seulement receveur, mais bien un public généreux, qui s’investit pour que les musiciens aussi passent une bonne soirée. Certains avaient même amené des bateaux et des dauphins gonflables pour que la foule et le groupe puissent s’amuser avec. Arrivé plusieurs fois sur scène, le dauphin sera systématiquement remis « à l’eau » par Winston, insistant sur l’importance de « sauver Willy ». Tout au long de cette soirée, le jeune public a montré une énergie impressionnante et fait preuve d’une dévotion remarquable pour donner du cœur à l’ouvrage aux artistes. Fin de la parenthèse.

Parkway Drive n’est pas un groupe de lycéens

Sur scène, Parkway Drive a déjà la prestance des plus grands, une prestance combinée à une énergie dans la continuité de celle dégagée par les groupes précédents. Souvent le groupe profite longuement des pauses entre les morceaux pour simplement regarder son public, s’émouvoir de ses réactions ou communiquer avec lui. Musicalement, le groupe fait preuve d’une forte personnalité avec un Metalcore travaillé, certes empreint de son image jeune intrinsèque, mais détaché de toute connotation immature. Parkway Drive n’est pas un groupe de lycéens mais bien un groupe mature, techniquement avancé, qui n’en n’abuse pas pour autant et qui a un sens profond de la musicalité. Une prestation forte en émotions, tant dans la musique que sur scène qui se terminera néanmoins de manière abrupte, le groupe ne revenant pas faire de rappel.

Setlist de Parkway Drive (source setlist.fm) :

Unrest
Boneyards
Idols and Anchors
Sleepwalker
Karma
New Song
Romance Is Dead
Deliver Me
Home Is For The Heartless
Carrion

Miss Metal : Stacy, la gagnante

Avant de conclure sur la note positive que mérite cette soirée, arrêtons nous quelques instants sur le flop mérité qu’a inspiré l’élection de Miss Metal 2012. « Élection » est d’ailleurs un bien grand mot pour cette farce qui donnait l’impression de n’avoir été aucunement préparée. Certes charmantes, les deux participantes semblaient n’avoir aucune idée de quoi faire sur scène et n’arboraient pas de tenue particulière, comme si elles avaient été sélectionnées à la dernière minute au sein du public. La pilule aurait pu passer – après tout, il s’agissait de regarder deux jolies filles faire la compétition – sans l’animation poussive et primaire d’un chauffeur de salle de circonstance pour qui faire preuve de charisme semblait se résumer à hurler le plus de grossièretés dans un temps limité. Un peu de misogynie humoristique ne fait pas de mal, c’est de bonne guerre, mais de nombreuses personnes du public s’accordaient sur le fait qu’il y avait de quoi être franchement mal à l’aise pour les deux participantes.

L’animateur, dont on se serait bien passé

Inutile d’en dire plus, cet extrait de sa prestation parle de lui même : « Montrez moi que vous êtes metal, montrez moi que vous êtes sexe. Oh oui, oh oui, oh ouiiiiiii [imitation de cris de jouissance] ! Lèche mon b*te, suce mon ch*tte, fais moi jouiiiiiiiiir ! […] Alors que nous dit le bitomètre ? […] Stacy l’emporte, Stacy, tu pars à Paris pour aller bouger tes BOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOBS » (En vidéo ici)

Une prestation au cours de laquelle on aura entendu quelques huées s’élever de part et d’autre de la salle.

Mais comme il aurait été injuste de finir ce compte-rendu par cet épisode décevant, concluons par ce qu’il faut retenir de cette soirée. A savoir quelques bonnes, voire excellentes découvertes musicales, une bonne énergie globale, une organisation réussie (bien qu’on aurait apprécié un peu plus d’éclectisme sur la première partie de soirée) et surtout un public déchaîné et volontaire que n’importe quel groupe rêverait d’avoir plus souvent.

Photos : Nicolas « Spaceman » Gricourt

Voir également :

Galerie photos de Parkway Drive.
Galerie photos de Anti-Flag.
Galerie photos de Punish Yourself.



Laisser un commentaire

  • C’est vrai que klinb821 à raison mais je pense qu’ils étaient vraiment crevés, cela se voyait, Winston étant à chaque fin de morceau complètement essoufflé.
    Excellente prestation mine de rien !

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  • Miss May I n’est pas un groupe anglais mais américain.
    Quant au set de parkway drive, totalement d’accord, bizarre qu’une tête d’affiche joue moins de morceaux que le groupe précédent.
    Mais une ambiance de folie!!!!!!

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  • Oh, putain, le cadrage de la photo d’Anti-Flag !!! 😉

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