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Interview   

Royal Thunder : Mlny Parsons vend la mèche


Royal Thunder revient avec un nouvel album, Wick, qui, du point de vue des paroles, signe un retour aux habituelles métaphores de la compositrice principale Mlny Parsons, après un Crooked Doors plus direct et personnel. Bien qu’il soit facile de faire le lien entre les paroles de Crooked Doors et les événements concomitants dans la vie personnelle de la frontwoman – et même si elle-même a pu être à l’origine de certains de ces liens lors d’interviews passées -, celle-ci s’y refuse désormais, et fustige ceux qui pourraient faire ces rapprochements, qu’elle considère un peu hâtif. Le retour de son style d’écriture habituel est donc aussi pour elle un retour à l’écran de fumée qu’elle souhaite préserver entre sa vie et son art, tout en reconnaissant que le second est toujours le reflet du premier, à un instant donné.

L’équilibre, et même la lutte intérieure, entre son honnêteté et sa transparence naturelles, et le recul qu’elle s’impose dans l’écriture est donc un des sujets principaux de cet entretien, réalisé en toute franchise bien entendu !

« Je n’ai pas l’impression que ce soit plus créatif lorsque tu traverses des moments difficiles, je pense que peut-être j’ai parfois plus de choses à dire, ou rien à dire, tu vois, car j’ai vécu les deux côtés, ou ça te tue et tu deviens muet, ou alors ça te donne vie. »

Radio Metal : Tu as déclaré que « de tous les albums, Wick était le plus dur à faire. C’était une lutte. » Pourquoi ? Contre quoi as-tu dû te battre ?

Mlny Parsons (chant & basse) : En fait, ils sont tous très durs à faire, mais je pense que celui-ci était vraiment très dur à faire parce que le dernier album que nous avons fait a été interprété par des gens qui ne nous connaissaient pas vraiment et… Je suppose que ça arrivera toujours, mais c’était assez dur d’avoir un album étiqueté d’une certaine manière, être qualifié et défini, et quelque part, c’était un peu décevant. C’est comme peindre un tableau et quelqu’un le regarde et raconte à tout le monde « ça là, ça symbolise ci ou ça… » Donc c’était une lutte pour moi, personnellement, parce que, par exemple, au niveau des paroles, je voulais dire tellement de choses, mais ça donnait l’impression d’être étouffé ; c’était comme si je voulais le dire mais si je le disais, la même chose allait se produire, avec des gens qui auraient pensé : « Oh, maintenant ça veut dire ça. » Donc je luttais contre moi-même et non seulement ça, mais simplement le fait d’avoir ce sentiment de vouloir dire quelque chose sans savoir comment le dire, et je pense que c’était ainsi parce que j’étais trop dans ma propre tête. D’un autre côté, c’est sorti, donc ça a fonctionné.

A quel point c’est un soulagement lorsque tu termines un tel album ?

Ça fait du bien parce que tu passes tellement de temps, et quand nous enregistrions, nous devions prendre la route pendant presque une heure tous les jours pour nous rentre au studio, et tu passes dans les huit, douze, quinze heures rien qu’à travailler sur quelque chose, à essayer de trouver des idées et ensuite, tu es tellement fatigué et tu as encore une heure de route pour rentrer chez toi, ensuite tu te lèves, tu vas au travail et puis tu pars du travail, et ta vie change pendant un bon moment, et tout ce que tu veux, c’est être libre, tu commences à te sentir comme un animal en cage, donc dès que l’album sort… Je me souviens de ce dernier soir où je prenais la route pour rentrer, j’étais là : « Oh mon Dieu, c’est la dernière fois que j’aurais à conduire pendant une heure avant longtemps, c’est super ! » Ca fait tellement du bien, et puis tu te sens perdu pendant une minute, tu es là : « Hmm, tous mes amis m’ont attendu pendant des mois. » Mais ce sentiment est vraiment bon, le simple fait de laisser ça derrière toi, le libérer, le laisser être ce qu’il est.

Etant donné les difficultés que t’a posées cet album, est-ce que tu en as une perception différente par rapport aux autres albums ?

Pas vraiment, car ils donnent tous un peu un sentiment similaire… Il y a toujours une lutte, c’est un genre de lutte différent et pour différentes raisons, et c’est dur pour différentes raisons, mais l’essence est que c’est un travail difficile et il faut le faire.

Es-tu capable d’apprécier l’album maintenant ?

Ouais. Enfin, je ne l’écoute pas ; je l’écoute pour pouvoir apprendre certains trucs mais… Je veux dire que je le vois maintenant et je l’apprécie, et je vois et ressens tout le dur labeur que nous avons tous investis dedans, et ce qu’il a fallu pour y arriver, et lorsque tu commences à faire cet album, sans vraiment savoir si tu vas faire quelque chose de beau ou si ce sera un bazar, et au final tu parviens à le terminer et tu es là, « oh, c’est fini ! », et je l’aime, et je suis contente, je suis fière de moi, je suis fière de mes collègues, que nous ayons persisté et travaillé aussi dur que possible, et il s’est avéré… Je voulais qu’il débarrasse le plancher et qu’il fasse ce qu’il avait à faire, mais je suis reconnaissante qu’il soit terminé et j’en suis contente.

Penses-tu que vous avez grandi en tant que groupe et artistes grâce à cet album et son processus ?

Je pense qu’à chaque album qui passe et que nous jouons… En fait, ça se fait un peu tout seul et j’espère que ça arrivera toujours, car je ne veux pas… Je veux constamment m’améliorer, car autrement, quel intérêt ? Tant que nous l’apprécions, que nous évoluons, que nous bougeons et que nous ne stagnons pas, je pense qu’effectivement ça te rend plus fort, ça nous rapproche, ce qui je pense est très important dans un groupe. Lorsque tu as toutes ces tensions et égos, tout, être dans la boue à te débattre, ce genre de choses détruisent le groupe, mais nous avons toujours protégé les relations que nous entretenons les uns les autres, et nous sommes une famille, nous faisons de la musique ensemble et ça a été une expérience positive, une bonne expérience.

D’après Josh Weaver, vous avez tous traversé plein de changement dans vos vies, avec des gens qui sont décédés pendant la réalisation de cet album. Est-ce que ça a influencé la musique et ce que l’album est devenu ?

Pour certaines chansons ouais, car certaines d’entre elles parlent de ça. [Réfléchit] Ouais, je pense que ça a influencé la musique et, tu sais, la tension, se rendre compte que ces personnes ne sont plus à nos côtés, c’est genre, comment en parler tout en les honorant ? Ca a influencé certaines chansons, mais globalement, par apport à l’album, ça ne l’a pas influencé directement, ce n’était pas ce qui définissait l’album, mais c’était un petit morceau du puzzle.

Etait-ce important pour toi d’avoir un album comme exutoire dans ces moments-là ?

Oh ouais, il est clair que, pour nous tous, la musique a beaucoup aidé. C’est comme une thérapie, de bien des façons, et tu peux avoir vécu la pire journée qui soit, et même si c’est en répétition ou en concert, lorsque tu vas jouer de la musique, pour nous tous, c’est ce… quelque chose se produit, c’est comme une forme de méditation pour nous, de bien des façons, ça guérit. Donc ouais, il est certain que ça a aidé.

« C’est un peu le but de ma vie d’être transparente, honnête et vraie avec les gens, et je pense que je ne peux pas faire autrement que de faire ressortir qui je suis dans la musique. »

Toi et Josh connaissez bien l’adversité, avec votre divorce, le fait que vous vous soyez échappé d’une secte chrétienne à laquelle vous apparteniez, etc. Dirais-tu que tu n’es jamais aussi créative que lorsque tu fais face à l’adversité ?

Eh bien, je pense que lorsque tu as affaire à des défis, quelque chose de beau peut sortir de quelque chose de tragique, ou de n’importe quelle épreuve, mais je ne me sens pas plus créative, je ne crois pas. Je pense que tu es soit un type de personne créative, soit pas. Je ne pense pas que ça inspire vraiment quoi que ce soit mais ça t’affecte et te pousse à pencher d’un côté ou de l’autre, mais je n’ai pas l’impression que ce soit plus créatif lorsque tu traverses des moments difficiles, je pense que peut-être j’ai parfois plus de choses à dire, ou rien à dire, tu vois, car j’ai vécu les deux côtés, ou ça te tue et tu deviens muet, ou alors ça te donne vie.

Tu as déclaré que pendant la confection de Wick, des fois tu te retrouvais à danser dans la cabine de chant et d’autres fois où tu te sentais frustrée. Pourquoi ressentais-tu de la frustration à ces moments-là ? Et comment tu gérais ça ?

Je me sentais frustrée parce que c’était difficile de m’exprimer, pour une raison ou une autre, je me sentais simplement congestionnée, émotionnellement et mentalement, certains jours. Mais je le surmonte simplement en continuant, en insistant. Tu peux sois laisser tomber, soit continuer, et je ne suis pas du genre à abandonner. Je me sépare de certaines choses si c’est nécessaire, mais je ne suis pas là [avec une voix plaintive] : « Je laisse tomber, je vais m’allonger… » Tu sais, je persévère, c’est ça que je fais, c’est comme ça que je m’en sors.

D’après ce que j’ai lu, lorsque vous êtes allés en studio cette fois, vous avez réécouté des trucs que vous aviez faits au début de votre carrière et vous êtes moqués de vous-même. Pourquoi avoir fait ça ? Et qu’est-ce qui était si drôle dans cette vieille version du groupe ?

C’est juste que nous avions vraiment besoin de rire un bon coup. Nous y accordons de l’importance, je ne ressens pas le besoin de débiner ce [premier] album, il signifie beaucoup pour nous, mais c’était ce genre de moment où tu passes en revue de vieux enregistrements, tu écoutes des trucs, pour te changer les idées, te rafraichir, reprendre du début et oublier la musique que nous étions en train d’essayer de faire dans le studio. Je trouve que c’est une version tellement jeune du groupe, même si ce n’est pas si jeune, ça a quelque chose comme dix ans, mais je ne sais pas, c’est comme écouter des cassettes de ta propre voix ou autre, et j’avais simplement l’impression que ma voix était toute petite et pure, et… En dehors du fait de crier dans des groupes de metal durant la majorité de ma jeunesse, ceci était vraiment la première fois que je chantais dans un groupe, et je ne voulais même pas le faire, à l’origine, mais il a fallu que je le fasse, c’était comme : « Bon, tu sais jouer de la basse et tu sais chanter, donc tu vas le faire, vas-y ! » Donc j’étais encore un peu timide, à certains égards, mais tu sais, à l’époque, je me disais : « D’accord, ceci est clairement qui je suis et je comprends ma voix. » Maintenant, je peux revoir ça et j’ai encore… En fait, c’était authentique, c’était vrai, c’était là où j’en étais, mais ça donne l’impression d’une version toute petite fille de moi, ou quelque chose comme ça, je trouve ça mignon et rigolo. Ce n’est pas une insulte envers l’album, mais j’étais tellement terrifiée, et je peux l’entendre, comme les petits [avec une voix aigüe] « oooooh-ooooooooh-oooooh »… Je ne sais pas, ça sonnait un peu stupide parfois. Et mon jeu de basse était calamiteux [rires], c’était vraiment mauvais.

La chanson « Plans » est essentiellement faite de chant avec un peu de guitare et de batterie. C’est une chanson très émouvante et poignante, et elle n’aurait clairement pas été la même sans une telle prestation vocale. Qu’est-ce que ça te demande de mener avec ton chant une chanson aussi épurée ?

C’était une chanson un peu difficile pour ce qui était d’y placer ma voix, car c’était… tu sais, je faisais un peu de piano, et puis Matt Jarrad est venu faire du violoncelle et Will a écrit cette chanson sur une guitare acoustique et sur l’album, il joue aussi de la basse sur cette chanson. Mais la partie de chant, je me suis sentie très, très vulnérable et vraiment nerveuse. En fait, j’ai chanté un peu à l’instinct, mais c’était un défi parce que c’était un peu embarrassant, c’était comme [avec une voix gênée] : « Hmm, ne me regarde pas à travers la vitre, dans l’autre pièce, parce que je ne sais pas ce qui va sortir. » Et puis je me suis dit : « Et merde, allons-y, balance l’enregistrement. » J’ai envoyé la première prise et Joey, le producteur, était là : « Hey, si c’est ce que tu ressens, alors vas pour ça. » Et nous avons continué et continué, et je me suis sentie plus à l’aise avec la chanson, mais c’est un défi parce que la vulnérabilité dans ces contextes est… C’est juste complètement différent.

Avec Crooked Doors, tu n’as pas cherché à être trop mystérieuse avec les paroles. Alors que cette fois, avec Wick tu reviens à quelque chose d’un peu plus allégorique et métaphorique. Penses-tu avoir été trop ouverte et directe sur les sujets intimes dans Crooked Doors ?

De façon générale, je crois dans le fait d’être… pas seulement dans la musique, c’est ma personnalité d’être… C’est un peu le but de ma vie d’être transparente, honnête et vraie avec les gens, et je pense que je ne peux pas faire autrement que de faire ressortir qui je suis dans la musique. Donc j’étais juste en train d’être moi-même et puis, j’étais également moi-même dans… Tu sais, parfois, je peux dire des choses et les gens disent : « Mais c’est quoi ce bordel ? » Je peux me retrouver là, posée avec toi, à prendre un café, et je dis quelque chose et parfois, les gens me regardent et sont là : « Mais bordel, qu’est-ce que ça veut dire ? » Je vais parler avec des métaphores mais c’est simplement ainsi que mon esprit fonctionne, c’est juste… Je ne sais pas, parfois c’est assez noir et blanc et d’autres fois, c’est : « Je suis tellement embrouillée, qu’est-ce qu’il se passe ? » Mais, tu vois… C’est comme ça, je ne le regrette pas, je vois ce que ça fait d’être trop honnête, dans la vie normale, tu sais, même dans les relations, ce n’est pas bon de toujours être trop ouvert et honnête, tu dois te protéger à un certain niveau, car c’est important, tu ne peux pas tout dévoiler. J’y ai pensé en faisant Wick, et puis j’ai commencé à y réfléchir, et j’ai commencé à faire des compromis, donc j’ai dû me battre avec ça, comme : « Tu sais quoi ? Je vais dire ce que je veux dire et si je veux l’expliquer, je le ferai, et si je ne veux pas, alors je n’y suis pas obligée. »

« Pour chaque album, je peux regarder l’illustration et me souvenir comment la vie était pour chacun de nous. J’ai de la chance d’avoir ça dans ma vie, une petite frise chronologique. Lorsque je serai vieille et que je ne pourrai plus me souvenir, peut-être que ça m’aidera [rires]. »

Crooked Doors était un album très personnel, avec beaucoup de chansons qui apparemment parlaient de ta séparation avec Josh. Malgré le côté plus métaphorique, est-ce que Wick est aussi personnel que l’était Crooked Doors au niveau des paroles ? Comment as-tu abordé ça cette fois ?

Eh bien, sur Crooked Doors, une bonne partie des chansons ne parlaient pas de moi et Josh. Je pense que les gens ont supposé des choses et ont dit des choses, genre, tu sais, « vous avez divorcé », ou « vous vous êtes séparés », ou peu importe, mais aucun de nous n’a dit quoi que ce soit de cent pour cent solide sur notre situation, ou ce qu’il se passe dans notre vie. Mais, au niveau des paroles, pour comparer, sur Wick, j’ai dit beaucoup de choses mais je reviens au fait que je me suis rendue compte que ce n’était pas nécessaire de tout dire. J’ai vraiment envie que Wick soit un album que les gens peuvent voir comme une peinture, et la regarder et si ça leur fait ressentir quelque chose, alors qu’ils continuent à regarder et l’interpréter pour eux-mêmes, et si au contraire ça les fait dire « cette peinture ne me fait rien ressentir », alors qu’ils s’en éloignent. Mon but était juste d’être plus… Je faisais ce que je faisais mais, je crois qu’inconsciemment, je voulais que ça reste ouvert à l’interprétation, et je pense que c’est naturellement ce qu’il s’est produit. Il n’y avait pas comme une stratégie, ce n’était pas intentionnel.

L’album étant intitulé Wick (« mèche » en français, NDT), qu’est-ce que cette mèche représente ?

Ça représente le fait de tenir un cierge et il y a une mèche mais il n’y a pas de flamme, cette agitation qui vient avec… Un peu comme l’illustration qui est en noir et blanc mais il y a de la couleur dans la lumière. Je l’ai appelé Wick parce que j’avais souvent l’impression d’être là et j’avais le cierge, fixant la mèche, et j’avais besoin de quelque chose, j’avais besoin d’allumer le feu, je le savais, et dès que j’ai allumé la mèche et que la flamme est apparue, il y a ce sentiment de « laisse-là sortir ! », « fais briller ta lumière ! », ce n’est pas aussi sombre qu’on peut le penser.

Avant l’album Crooked Doors, tu t’es échappée d’une secte chrétienne. Est-ce que cette église a essayé de te faire revenir ?

Non, j’ai clairement tourné la page. C’est loin derrière moi, c’est comme se séparer avec quelqu’un, et maintenant il est marié et a des enfants. Je ne sais rien d’eux, ils ne savent rien de moi, nous sommes passés à autre chose. En fait, sur Wick, il n’y a pas une seule chanson qui en parle, c’est fini, et j’ai exprimé mes sentiments à ce sujet et je pense qu’en le faisant, ça m’a permis de libérer cette partie de ma vie ; ça ne m’affecte ou ne me change pas, ou ne m’émeut pas, de quelque façon que ce soit.

Tu as déclaré que c’était en fait dans cette église que tu as appris à chanter et jouer de la guitare avec le gourou qui t’as formé. N’est-ce pas ironique que ce soit cette église que tu as fui qui a, en partie, fait de toi l’artiste que tu es ?

Eh bien, je pense que je suis née pour faire de la musique, et depuis cette époque où j’étais une petite fille, même avant que cette église n’entre dans ma vie, c’est ce que je faisais. Je ne peux pas dire, et je ne le dirai jamais, que cette église à fait de moi qui je suis aujourd’hui parce que ce n’est clairement pas le cas. Tu sais, il fut un temps où, ouais, je faisais des choses là-bas, mais je chantais et jouais de la guitare avant ça, et je faisais toutes ces choses par moi-même et dans des groupes pendant des années avant même que je rejoigne cette église, je jouais du metal et tout, donc ça n’a pas fait de moi une artiste, mais c’est marrant de passer de cette scène à la scène d’un club, c’est différent mais en aucun cas cela n’a… [Réfléchit] Ca n’a rien à voir avec ce que je fais maintenant, ceci dit ouais, c’est ironique.

Où en es-tu spirituellement dans ta vie ?

Je garde ça pour moi parce que je pense que la spiritualité, pour moi, c’est… [Réfléchit] J’en suis arrivé à un stade où je suis là : « Tu sais quoi ? Ca dépend de chaque personne et de son expérience et tu dois trouver ta propre voie, et la définir. » Et tout ce que je peux ressentir ou ne pas ressentir spirituellement ou croire, je ne pense pas que je puisse me poser là et te dire de le faire, parce que je ne te connais pas, qui tu es et comment tu es, donc je pense que tout le monde doit trouver son propre chemin, que ce soit en lien à une religion ou spirituellement, ou peu importe ce que c’est, nous devrions simplement nous respecter les uns les autres, et faire notre propre truc.

Crooked Doors était une étape importante pour Royal Thunder. Penses-tu que Wick sera une étape tout aussi importante ?

Je pense que c’est une étape importante, mais que c’est ni plus ni moins important, nous avons notre propre escalier à monter qui… Pas que nous montions plus haut ou que « plus » soit plus important ou quoi, mais je ressens la croissance comme : « Oh, on grandit ! » Nous vieillissons, nous apprenons davantage et comprenons davantage. Donc nous suivons ça, et c’est ce que nous voulons faire, simplement créer et continuer, en espérant que ce soit encore meilleur à chaque fois.

Votre musique évolue à mesure que vous évoluez personnellement…

Oh ouais, et j’espère que ce sera toujours le cas. Ton art est ton reflet et le reflet de ce qui se passe [dans ta vie] et de tes pensées et sentiments sur les choses. Je pense que ce sera toujours mis en évidence dans notre musique, c’est certain. C’est un peu comme des tatouages, je peux regarder mes tatouages et être là : « Oh je me souviens, oh celui-là est idiot, oh c’est marrant. » Ce sont juste de petites histoires et morceaux du puzzle et parties du voyage, et pour chaque album, je peux regarder l’illustration et me souvenir comment la vie était pour chacun de nous. J’ai de la chance d’avoir ça dans ma vie, une petite frise chronologique. Lorsque je serai vieille et que je ne pourrai plus me souvenir, peut-être que ça m’aidera [rires].

Interview réalisée en face à face le 22 février 2017 par Aline Meyer.
Retranscription : Thomas Pennaneac’h.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Page Facebook officielle de Royal Thunder : www.facebook.com/RoyalThunderMusic

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