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Chronique   

Sabaton – Heroes


« Cette nouvelle épopée se conclut prématurément… »

Hommage rendu à l’empire Suédois sur « Carolus Rex » en 2012, Sabaton, qui a enregistré les départs de plusieurs membres historiques du groupe puis les arrivées des guitaristes Chris Rörland et Thobbe Englund ainsi que du batteur Hannes Van Dahl, revient ce mois-ci avec « Heroes », thématisé sur le vingtième siècle et les différentes guerres qui l’ont ponctué, et délibérément déroulé dans un format très (trop ?) court, soit 37 minutes pour dix pistes. Si la Guerre demeure le thème de prédilection des Suédois, les projecteurs sont tournés ici plus spécifiquement sur des hommes et des femmes que le groupe considère comme les véritables héros, anonymes ou non, de ces drames humains, et que les livres d’histoire citent rarement.

Parmi les titres, « No Bullets Fry » enflamme l’oreille dès les premières notes avec une entrée heavy, déclamatoire et moderne dans la veine d’un Herman Frank (Accept, Victory). Sur un petit air enjoué mi-irlandais mi-western, « To Hell And Back » raconte l’histoire d’un jeune texan enrôlé comme GI en vue de l’Opération Shingle par laquelle les Alliés en Janvier 1944 débarquèrent à Anzio (Italie) et dont l’avancée militaire fut décisive dans la libération de Rome. Fort d’un refrain rassembleur, « Resist And Bite », répète à plusieurs reprises une ligne de guitare voisine de celle d’AC/DC sur l’ouverture enchanteresse de « Thunderstruck ». En plein cœur de l’album, « The Ballad Of Bull » cisaille le tempo pour une douce ballade au piano, qu’on se surprendrait à entonner à l’unisson à l’instar d’Eric Adams sur « The Crown And The Ring ». Cet instant intimiste narre l’histoire de l’aviateur Richard Bull, qui s’est distingué par plusieurs exploits pendant la guerre du Pacifique entre les Etats-Unis et le Japon. « Inmate 4859 » rend hommage à une autre figure méconnue, en la personne de Witold Pilecki, militaire polonais qui se fit volontairement interner comme détenu sous le matricule 4859 dans le camp d’Auschwitz dès 1940, y collecta des informations et fut le premier à avertir les Alliés du génocide en projet. Enfin, « Far From The Fame » enchaîne des mélodies cristallines mémorisables et des harmonisations de guitares quasi « maideniennes » pour conter le destin de Karel Janousek, successivement soldat tchèque de la première guerre mondiale, résistant face à la Wehrmacht élevé au rang de Marshall par les forces britanniques puis prisonnier du régime communiste.

En dépit de tout ça, qui ravira avant tout les fans purs et durs de l’univers et la musique de Sabaton, l’épopée musicale de ce septième opus s’avère légère, classique, pour ne pas dire scolaire. Si le groupe redouble d’effort pour proposer des thématiques différentes au niveau des paroles d’un album à un autre, force est de constater en revanche que sa musique reste aussi figée qu’Excalibur dans son rocher, et que les trois nouveaux preux chevaliers présentés plus hauts ne parviennent pas à lui imprimer une once de mouvement. L’orchestration semble si immuable et convenue, avec ses ouvertures homériques, ses guitares perchées et harmonisées, son petit synthé un peu cheap en écho et ses sempiternels vrombissements des chœurs et du chant principal, que « Heroes » paraît être le clone stéréotypé des précédents « Carolus Rex » (2012) et « Coat Of Arms » (2010). Il n’y a point de crime à répéter ce qui a déjà été fait mais jusqu’à quand le groupe pourra t-il retarder la dégénérescence de cette potion stagnante en brouet insipide ?

Regarder la lyric-vidéo du titre « To Hell And Black » :

Album Heroes, sortie le 16 mai prochain chez Nuclear Blast.



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  • dyingwish dit :

    C’est quand même pas possible un accent aussi pourri quand on chante en anglais !

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  • PzKpfwIIDiablo dit :

    C’est vrai que 37 minutes ça fait un peu court pour 10 pistes , mais tous leurs albums étaient très bon , alors pourquoi changer ça ? M’enfin , de ce que j’ai déjà pu entendre ( « To Hell and Back » et « Resist and Bite » ) ça commence très fort !

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  • Idharn Mac Bennack dit :

    Oui c’est vrai que cet album ne semble pas apporter gtand chose de neuf. Mon principal reproche concerne la durée, 37 minutes c’est bien trop court.

    Mais, j’adore toujours autant, le fait qu’ils continuent à recycler les albums précédents ne me gêne pas trop, on est sur des bases sûres et solides qui me ravivent à chaque fois.

    Et puis avec l’arrivée du prochain Wolfenstein, un album faisant l’apologie d’hommes et femmes ayant lutté contre l’Axe est clairement bienvenu !

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