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Chronique   

Sacred Reich – Awakening


Sacred Reich est l’un des groupes majeurs de la scène thrash américaine, formé en 1985 à Phoenix en Arizona. Si la notoriété de la formation n’a pas atteint celle de ses confrères tels que Testament, c’est en partie parce que Sacred Reich a accusé un coup d’arrêt en 2000 après avoir sorti quatre albums. Le groupe s’est retrouvé en 2006 mais seulement pour s’illustrer sur les scènes, pas pour un retour en studio. Depuis, Jason Rainey et Greg Hall, deux des membres fondateurs, ont quitté la formation qui s’est enrichie d’un autre côté par l’arrivée du guitariste de 22 ans Joey Radziwill et de l’ex-Machine Head derrière les fûts, Dave McClain (déjà membre de Sacred Reich entre 1991 et 1995). Awakening se veut donc symbolique, métaphorique même : il célèbre justement le réveil de Sacred Reich après vingt-trois ans sans album, fort d’un nouveau line-up et d’un nouvel entrain. Le goût retrouvé de faire les choses qui nous sont familières.

La perte de deux membres fondateurs n’a pas altéré la philosophie de Sacred Reich. Awakening reste un album de thrash extrêmement classique, bénéficiant néanmoins d’une certaine musicalité apportée par le jeu de Dave McClain. La batterie a d’ailleurs une place prépondérante dans la production, assurée par Arthur Rizk (Power Trip, Cavalera Conspiracy). Ce dernier réussit à forger un son avec suffisamment de cachet pour donner l’impression d’une production old-school, de quoi ne pas tromper sur l’identité de Sacred Reich sans le rendre obsolète, et ce sans aucun trigger ou son artificiel. « Awakening » introduit justement le propos (long de trente minutes, comme à la belle époque) avec la rythmique martelée de McClain. Phil Rind ne tarde pas à démontrer qu’il possède toujours une certaine versatilité pour un chanteur de thrash, capable d’alterner phrasés grandiloquents et timbre plus aigu et écorché. « Awakening » joue le rôle de l’uppercut, ouverture pertinente pour un opus sans fioritures. Mention spéciale au riff binaire heavy de l’outro qui rendra nostalgiques les amateurs de tout un genre. « Divide & Conquer » ou « Manifest Reality » empruntent un tempo thrash plus classique et un riffing très similaire (parfois trop) et illustrent parfaitement le dessein initial de la formation : livrer une musique qui leur laisse retrouver toutes leurs marques.

C’est peut-être la grande limite d’Awakening. Sacred Reich s’ancre dans sa zone de confort et assure sans aucun éclat. Si le refrain de « Killing Machine », par exemple, reste en tête et bénéficie grandement du jeu de toms de McClain, il faut attendre les moins de trois minutes de « Revolution » pour percevoir une fougue que les autres titres ne possèdent pas, ce potentiel de futur hit en live. « Revolution » possède sans doute le refrain le mieux arrangé et le plus percutant de l’opus et rend compte paradoxalement de la tonalité positive d’Awakening dans son ensemble : prôner un réveil des consciences qui passe d’abord par l’introspection et la remise en question au niveau personnel avant d’en venir aux effusions de violence contestataire. Sacred Reich nous gratifie en outre d’un léger écart par rapport à sa recette : « Death Valley » et ses influences stoner qui transforment le temps d’un titre Sacred Reich en émule de Corrosion Of Conformity. « Death Valley » a ainsi le mérite d’offrir un havre de repos au milieu d’une dévotion au thrash intangible.

Awakening entérine le retour de Sacred Reich en tant qu’entité créative, toujours à même de composer dans la pure tradition thrash, mais ça personne n’en doutait vraiment. Un album sans prétention et vite avalé. Il se parcourt aisément et se laisse apprécier, sans vraiment provoquer d’excitation singulière (mis à part « Revolution » et « Death Valley »). Il n’en reste pas moins un vibrant retour aux armes dont, au final, on ne peut que se réjouir lorsqu’on accorde de l’importance à l’histoire d’un genre.

Clip vidéo de la chanson « Manifest Reality » :

Clip vidéo de la chanson « Awakening » :

Album Awakening, sortie le 23 août 2019 via Metal Blade. Disponible à l’achat ici



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