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Interview   

Satan Jokers : l’inarrêtable Renaud Hantson en a assez


Rien ne semblait plus arrêter Renaud Hantson. Depuis le retour de Satan Jokers en 2009, le groupe semblait sur-motivé et enchaînait les albums sans répit. Il y a tout d’abord eu deux albums en 2009, puis un album-concept réalisé en compagnie du psychologue Laurent Karila en 2011, puis un nouveau disque qui, après les addictions, semble continuer sur la thématique des maladies de l’esprit humain. L’album s’appelle Psychiatric et est disponible dans les bacs depuis le 5 janvier. Un album où chaque musicien semble s’être fait plaisir, ce qui a particulièrement inspiré le chanteur.

Renaud était notre invité téléphonique le 7 février dernier à l’antenne d’Anarchy X. L’homme est revenu sur la thématique psychiatrique de l’album, sur sa conception, sur son travail avec les musiciens aguerris qui l’entourent et sa collaboration avec le décidément prolifique Laurent Karila, en termes d’inspiration. Satan Jokers est désormais un groupe formé d’un chanteur, d’un guitariste, d’un bassiste, d’un batteur et d’un « médecin fou ».

Une interview fleuve au cours de laquelle Renaud a exprimé sa fatigue, son dégoût et sa colère à l’encontre du milieu du metal français. Des sentiments qui le poussent à envisager de mettre un terme à sa carrière. Satan Jokers fera une pause après la tournée pour l’album Psychiatric. Renaud Hantson fêtera en mars prochain son anniversaire et célèbrera l’ensemble de sa carrière musicale, allant de la variété au hard rock. Après quoi il se consacrera à son livre Homme à Failles.

L’inspiration du psychiatre Laurent Karila semble être la raison principale qui donne encore de la motivation au chanteur et qui fera travailler Satan Jokers sur un dernier projet d’envergure d’ici quelques années : un opéra rock sur les addictions et perversions sexuelles avec des invités musiciens et même des actrices porno.

Les propos de Renaud, notamment ses reproches à une scène où l’amateurisme a tué le professionnalisme, ont naturellement soulevé énormément de réactions, souvent négatives. En fin d’entretien, un auditeur fidèle de Radio Metal, Metal Trash, s’est fait le porte-parole des internautes et a souhaité réagir au discours du chanteur. Et nous le remercions pour une intervention salutaire.

Enfin, le chanteur a fait le point sur sa collaboration avec Christian Zouille (Sortilège), un homme qui semble avoir définitivement quitté le monde de la musique. C’est pourquoi, des mots du leader de Satan Jokers, une reformation de Sortilège « ne se fera jamais ».

La retranscription de ces deux heures d’entretien est désormais disponible, avec l’audio, ci après.

Réécouter l’interview : [audio:interviews/Satan Jokers 2013.mp3|titles=Interview Renaud Hantson (Satan Jokers]

« Quand tu es un artiste ouvert d’esprit, tu reçois à un moment ce que tu donnes et j’ai la chance d’avoir un public assez ouvert d’esprit et assez second degré. »

Radio Metal : Tu prépares actuellement une tournée « anniversaire », peux-tu nous en parler ?

Renaud Hantson : Les 29 et 30 mars, je vais fêter mes cinquante ans. Pendant longtemps j’ai essayé d’éviter de dire quel âge j’avais car cela me dérange suffisamment de savoir que malheureusement il y a une chose à laquelle personne ne peut échapper dans la vie, c’est le vieillissement. A cette occasion, je joue dans un club où Furious Zoo (ndlr : son projet Big Rock) est récurrent et où j’organise également le Satan Fest. Je ne me suis mis d’accord avec aucune salle parisienne et d’ailleurs je n’ai pas vraiment cherché à le faire. Le deal que j’ai avec les gens du Pacific est que je peux avoir la salle et en faire ce que j’en veux. Ainsi il y aura un stand de tatouages et tout ce qui agrémente un peu ma vie. Cela se passera sur deux jours. Dans la première partie, il y aura un excellent chanteur du nom de Laurent Bàn, qui a fait de la comédie musicale notamment Zorro et Notre Dame de Paris. Il est très esbroufant vocalement parlant et aime profondément le rock. Ensuite, je vais jouer pendant deux heures quinze, ce qui sera l’un des concerts les plus longs de ma carrière, puis Satan Jokers viendra me rejoindre pour trois titres et enfin Furios Zoo également pour trois chansons. Cela se passera à l’intérieur du show de Renaud Hantson en solo. Ça sera assez particulier. Je vais essayer de synthétiser tout ce que je fais musicalement.

Cela risque de faire plaisir aux fans de Renaud Hantson au sens large.

Exactement. Comme c’est mon anniversaire et que c’est sous mon nom, nous sommes déjà quasiment complet mais je sais très bien que c’est la partie pop rock de mon public qui va venir me voir. Le challenge sera de leur faire découvrir Satan et Furious Zoo sur trois titres chacun, ça va être assez marrant. Pour les rockeurs qui vont s’y prendre à la dernière minute pour venir, ils seront surpris par l’aspect énergique qu’il y a dans mes concerts car même si c’est de la musique populaire on la joue avec une certaine agressivité.

As-tu choisis les morceaux de Satan Jokers et de Furious Zoo pour cette date en fonction du public ?

Effectivement, je les ai choisis un peu plus mainstream. De Satan Jokers j’ai pris trois titres plus FM, on va jouer « Substance Récompense », « Euphorie », mais certainement pas « Reine Cocaïne » ou « Crime Tribal ». Je vais jouer les morceaux qui peuvent parler le plus à des gens qui me connaissent sous un aspect plus mélodique. En même temps, je me demande si je ne vais pas mettre un titre qui saccage la tronche car, pour moi, la synthèse n’existera vraiment que lorsque les deux publics se seront rencontrés. Je suis pressé qu’un public rock découvre ce que je fais en solo mais je suis aussi pressé qu’un public pop rock découvre Satan Jokers ou Furious Zoo même si cela se fait sur l’aspect plus mélodique. Je pense que ça serait intéressant de faire exprès quelque chose de violent sur trois chansons pour voir la tête qu’ils auraient.

Ce serait en effet intéressant de voir leur réaction.

Je pense que je ferais quand même la première chanson du nouvel album qui s’appelle « Crime Tribal » car elle passe super bien sur scène, on voit vraiment la dextérité des musiciens et elle possède un refrain qui accroche l’oreille. Le set de Satan Jokers sera donc sûrement « Crime Tribal », « Substance Récompense » et « Euphorie ». Je sais déjà ce que je vais jouer pour Furious Zoo : « Heal Me », « Rock Messiah » et « I Don’t Want To Lose You » qui est sur le dernier album.

C’est vraiment un coup pour que les personnes qui viennent te voir au départ pour ton projet solo apprécient vraiment car même si le public français est un peu frileux à l’idée du hard rock et du metal, une fois qu’on l’amène à un concert de metal il va trouver ça cool.

Je suis d’accord. Je me souviens avoir pris la tête à certaines de mes ex ou à des copines et d’avoir traîné au show de Judas Priest plusieurs personnes en disant que Robert Halford était un génie de la mise en scène et que je trouvais qu’il y avait un côté très théâtral à ce qu’il faisait. A chaque fois, cela a fait mouche et elles ont accroché alors que ce n’étaient pas du tout des femmes spécialisées dans le metal.

Sais-tu si tu as déjà des fans des deux aspects principaux de ta carrière musicale ?

Oui il en existe et cela me rassure un peu. Très souvent, c’est dans les deux camps, ce n’est pas uniquement ceux du camp de la pop qui viennent me découvrir dans le rock, je suis assez fier de ça. Je pensais qu’au niveau du rock ils étaient beaucoup plus sectaires et beaucoup plus hermétiques à la découverte d’autre chose et, en définitive, il y en a autant dans les deux camps. Samedi dernier nous étions tête d’affiche d’un festival à côté d’Avignon où il y avait des groupes comme Misanthrope ou Mercyless, c’était donc très metal mais je sais qu’il y avait une trentaine de fans d’Hantson en solo qui étaient présents dans les premiers rangs. Ils n’avaient jamais vu le show de Satan Jokers et ils ont pris une baffe. Cependant, j’étais tout aussi content qu’après le spectacle des fans de rock me fassent signer la pochette de mon best-of, celle de Starmania ou la jaquette de mon dernier album La Fissure Du Temps. Quand tu es un artiste ouvert d’esprit tu reçois à un moment ce que tu donnes et j’ai la chance d’avoir un public assez ouvert d’esprit et assez second degré. C’est quelque chose que je pratique sans arrêt, alors si tous les connards devaient en permanence prendre au sérieux tout ce que je dis, ce serait dramatique et je serais déjà mort ou eux auraient disparu. Il peut aussi leur arriver un accident, je suis très bien entouré pour ça. [Rires]

Un accident malheureux…

Oui, un accident malheureux, une maison qui saute, une voiture qui n’a plus de freins…

Ou un type qui glisse sur son fusil à pompe.

[Rires] C’est exactement ça, un type qui n’aurait jamais acheté d’armes et qui serait mort par arme blanche…

« J’essaie de définitivement m’écarter de tout ce qui est substances. C’est très compliqué car quand tu fais un métier comme le mien […] on a forcément accès à des gens qui eux touchent encore à des substances, c’est donc toujours très délicat. »

Le nouvel album de Satan Jokers s’intitule Psychiatric. Il semblerait que tu aimes bien la psychanalyse et la psychiatrie vu que l’album précédent, Addictions, avait été composé en collaboration avec un psychiatre.

C’est surtout Laurent Karila qui nous aime bien ! J’ai fini la partie thérapie avec lui mais on est tellement proches – on est des neurones miroirs comme il le dit – que l’on n’avait pas envie d’arrêter cette collaboration artistique. On a arrêté médicalement parlant car j’arrive à me gérer beaucoup mieux qu’il y a deux ans. J’essaie de définitivement m’écarter de tout ce qui est substances. C’est très compliqué car quand tu fais un métier comme le mien et que tu te trouves dans un circuit musical, on a forcément accès à des gens qui eux touchent encore à des substances, c’est donc toujours très délicat. J’ai une très grande admiration pour les anciens alcooliques ou les anciens très gros fumeurs qui arrivent dans un milieu à risque et parviennent à tolérer que d’autres autour d’eux fument ou boivent de l’alcool. C’est très compliqué avec la drogue car même si c’est caché et interdit, quand tu es dans le circuit de la musique, que tu le veuilles ou non, ça tourne et c’est comme ça. En ce qui me concerne, il me faut à chaque fois expliquer aux gens de mon entourage que ce serait sympathique de ne pas le faire devant moi et de ne surtout plus m’en parler. C’est toute la thématique de mon prochain bouquin où je dis très honnêtement qu’il y a eu des faux pas et des rechutes. Je vais beaucoup plus loin que dans le premier, il sortira en mars pour mes cinquante ans et s’intitulera Homme à Failles. Je balance des choses que je n’ai pas balancées dans le premier parce que c’est comme un exorcisme et qu’il fallait que toute la merde sorte définitivement. Avec l’album Psychatric c’est très différent car il ne s’agit pas d’une espèce d’analyse de ma personnalité ou d’un album préventif pour lutter contre la drogue. C’est un album où l’on parle de douze maladies psychiatriques : la paranoïa, la bipolarité, les serial-killers… C’est vraiment le docteur Laurent Karila qui a pris en charge le fait de me demander, très peu de temps après l’album Addictions, pourquoi on ne remettrait pas ça avec un autre concept portant sur la psychiatrie. Je lui ai donné mon feu vert car quand il m’a envoyé les premiers textes, cela m’a tellement évoqué Satan Jokers, quelque chose de très fusion, metal, très complexe et compliqué, presque hermétique musicalement que je me suis lancé à corps perdu dans le projet avec les mecs et je crois que c’est notre album le plus collectif. Énormément de choses ont été faites avec Pascal Mulot, Michaël Zurita et Aurel est une valeur ajoutée car ce batteur est totalement exceptionnel et même si ce coup-ci il n’a pas écrit de chansons avec nous, les parties de batterie qu’il a amenées sur les titres sont exceptionnelles.

On a l’impression sur cet album que les musiciens se sont lâchés et se sont vraiment fait plaisir.

On ne peut pas reprocher à un groupe français de faire du hard rock intelligent. J’ai chanté les sorcières, les dragons, j’ai baisé ma sœur sur le lave-vaisselle, alors ce n’est pas le problème. J’aime bien toutes les thématiques du metal mais quand tu as la chance d’avoir un cinquième membre qui est psychiatre et fan de hard rock autant que nous et qui donne du sang neuf à l’histoire avec des textes intelligents qui dépassent le cadre du « J’enc… ton père, ta mère » et de toutes les conneries que l’on peut parfois chanter dans le rock’n’roll, c’est un vrai bonheur. Cela te donne une liberté créative et musicale qui fait en sorte que l’on ait envie de se dépasser. Nous sommes vraiment revenus à la base de Satan Jokers, soit un groupe de metal fusion, alors c’est pour cette raison que Zurita, Mulot et Aurel jouent comme des bêtes. Vocalement, tu ne peux qu’être transporté par ce qu’il se passe derrière et c’est assez intéressant. Ce n’était pas un album facile pour moi car vocalement et rythmiquement au niveau des mots ce jargon médical utilisé par Laurent Karila est impossible à débiter. Il y a quelques textes où je me suis immiscé dans l’écriture pour essayer de donner un peu de licence poétique et que ce soit légèrement plus facile à chanter. C’est le premier album où je ne comprends rien à ce que je dis. [Rires]

Y a-t-il des mots sur cet album que tu chantes sans en connaître la signification ?

Je lui demande les définitions à chaque fois mais bien bourré ça passe d’une oreille à une autre, donc il m’explique un terme mais je dois lui redemander dix fois sa signification. Il y a des trucs dans des titres comme « Camisole Chimique » qui sont simplement imprononçables. C’est ça qui est fascinant car l’on se rend compte que cette espèce de manuel de psychiatrie que l’on a fait sonne très rock. Le jargon psychiatrique est en réalité hyper rock ! Cela ne m’étonne pas que Laurent Karila ait deux fascinations : la psychiatrie et le rock’n’roll, cela va très bien ensemble. Je pense que le plus barge du groupe c’est lui.

Tous les rockeurs sont un peu des cas psychiatriques, ce n’est donc pas étonnant que le jargon psychiatrique soit rock’n’roll.

On est tous névrosé mais il faut être réaliste : les toubibs le sont aussi. Laurent a lui-même suivi une psychothérapie de deux années. Ce n’était pas pour des problèmes d’addiction car il n’a jamais touché ce qu’il essaie de soigner, en revanche, comme tous les êtres humains, il a des failles et des doutes. De temps en temps, un thérapeute va voir un autre thérapeute et c’est d’ailleurs un peu le dialogue que l’on a ensemble. Ce qui reste aujourd’hui dans notre relation, au-delà du fait que c’est une relation presque fraternelle, c’est que je l’aide sur des trucs où il se pose des questions et qu’il m’aide sur des trucs où je me pose des questions. Ce n’est pas parce qu’un mec est psychiatre qu’il connaît mieux la vie qu’un mec qui aura bourlingué. Dans la vraie vie, le plus âgé des deux c’est moi, alors c’est moi le grand frère mais lui m’a remis sur des rails autres que des rails de drogues.

« On ne peut pas reprocher à un groupe français de faire du hard rock intelligent. J’ai chanté les sorcières, les dragons, j’ai baisé ma sœur sur le lave-vaisselle, alors ce n’est pas le problème. »

Tu évoquais précédemment le morceau « Camisole Chimique ». A quoi cela fait-il référence, des médicaments ?

Oui, la camisole chimique est ce avec quoi on stone les malades très dangereux. Il n’y a plus de camisole physique, soit cette espèce de truc que l’on te mettait autour des bras et du corps et qui t’empêchait totalement de bouger. C’était dramatique, il faut essayer d’imaginer l’état dans lequel cela mettait les malades… Je devais personnellement passer une IRM il y a quinze jours parce que je récupère toutes les saloperies que je devais récupérer un jour ou l’autre avec ma santé. Je voulais vérifier ce qu’il y avait dans mon ventre mais j’ai été totalement incapable de rentrer dans la machine pour passer l’examen parce que j’étais complètement en crise de claustrophobie mais je ne savais même pas moi-même que j’étais claustrophobe. Alors j’imagine un schizophrène ou un paranoïaque à qui l’on met une camisole de force, c’est quelque chose de totalement inhumain. Je ne dis pas que la camisole chimique est beaucoup mieux mais ce sont des médicaments qui permettent que le mec soit un peu plus calme et ne soit pas dangereux ni pour lui ni pour les autres.

Pourrais-tu associer à chacun des membres de Satan Jokers une des névroses dont tu parles sur l’album ?

[Rires] Je vois bien Pascal Mulot serial-killer car il a une certaine fascination pour certains événements historiques qui le font beaucoup rire. L’époque 39-45 est une époque sur laquelle il aime beaucoup rigoler. Cependant, il ne faut pas venir le chatouiller sur le vrai racisme car ce n’est pas du tout le cas, c’est vraiment du centième degré. Quand on se retrouve en Allemagne et qu’au petit déjeuner la gonzesse lui dit « Bitteschön » et que lui dit « Danke schon » en faisant le salut hitlérien, on se dit que ça ne va pas passer du tout mais il le fait super discrètement pour rigoler.

Michaël Zurita pourrait être « Crime Tribal » car c’est un mec qui cache son jeu. Il pourrait être du genre à commettre des crimes de manière un peu cérémonial. Il ne dit jamais du mal des autres, il ne parle jamais inutilement, quand il s’exprime c’est surtout avec sa guitare, c’est quelqu’un de très discret, très drôle mais en même temps, il a une très forte personnalité donc Crime Tribal pourrait lui aller.

Aurel, quant à lui, je pense qu’il est psycho déréglé car il fait de la batterie comme on est mathématicien, c’est-à-dire qu’il pourrait avoir un côté psychorigide mais en réalité ça n’est pas le cas. Il aime tous les plaisirs de la vie, boire du bon vin, regarder de jolies choses, lire et il aime la vie mais en même temps il a un côté super ordonné dans sa construction des parties de batterie mais aussi dans le planning professionnel. C’est monsieur « telle date, telle heure », il est toujours là à l’heure, voire cinq minutes en avance, alors il pourrait être psycho déréglé mais au sens plutôt positif du terme. Cependant, cela peut être très agaçant pour des personnes comme moi qui sont complètement à l’envers. En ce qui me concerne, je suis un peu paranoïaque et je pense que j’aurais même plusieurs pathologies, alors je ne peux pas tout dire.

« Le jargon psychiatrique est en réalité hyper rock ! Cela ne m’étonne pas que Laurent Karila ait deux fascinations : la psychiatrie et le rock’n’roll, cela va très bien ensemble. Je pense que le plus barge du groupe c’est lui. »

Tu as l’air d’être en forme en ce moment.

Je n’ai pas passé de pacte avec le Diable mais je m’en sors plutôt bien pour un mec qui a vécu autant de conneries. Le fait est aussi que lorsque tu fais une interview avec des gens avec qui tu as déjà eu le plaisir de croiser le fer et tu sais que ça ne va pas être désagréable, ça va. On ne fait pas un métier des plus monstrueux, on passe notre temps à répondre à des questions qui nous concernent, c’est très nombriliste et ce n’est pas ce qu’il y a de plus désagréable à faire. On essaie de partager notre travail et notre passion de la musique aux autres. Il ne s’agit pas de se lever à 6 heures du matin pour aller bosser chez Citroën comme le font certains ouvriers, eux ils en ont vraiment dans le pantalon. Un boulanger qui va se lever à trois heures pour faire du pain ça, pour moi, ce sont des métiers éblouissants et qui me fascinent, ce sont de vrais jobs. Je n’ai pas dit que chanteur était un métier de branleurs puisque je n’ai cessé de répéter que j’avais un planning de fou et que j’avais des horaires qui auraient fait craquer beaucoup de gens nerveusement, mais cela reste très agréable de faire de la création et d’essayer d’en parler.

Sur Addictions, tu avais joué de la batterie sur trois ou quatre pistes…

Alors pourquoi je n’en ai joué qu’une sur le nouveau ? C’est très simple, je suis venu en studio, je l’ai regardé jouer, je devais faire trois titres que j’avais dans mes tiroirs et qui dataient des années 80. Ils étaient prévus pour le quatrième de Satan Jokers avec le premier line-up mais il n’est jamais sorti puisque j’ai arrêté le groupe à cette époque-là en 1985. J’ai donc regardé Aurel jouer tout l’après-midi. Quand je suis arrivé, il avait déjà enquillé trois titres dans la matinée. Je lui ai demandé d’essayer deux titres sur lesquels je devais jouer et c’était tellement bien que je l’ai laissé faire. J’ai juste voulu garder la ballade un peu bluesy qui s’intitule « Panique Hystérique », car la batterie était très simple et que ça ressemble plus à l’extrême limite à un album solo de Renaud Hantson. J’ai accompagné ma voix sans en faire des tonnes. En outre, quand tu as un batteur comme Aurel, c’est une valeur ajoutée, c’est une Rolls. Je ne travaille plus mon instrument, je donne encore quelques cours qui me permettent de rester à niveau mais quand tu as un mec comme Aurélien Ouzoulias, tu laisses le mec jouer.

Pourquoi alors as-tu insisté pour jouer un morceau sur l’album ?

Je n’ai pas insisté, c’est seulement que cela contente certains fans du line-up des années 80. J’ai la chance insensée et inespérée d’être toujours classé vingt-cinq ans après la bataille dans les dix batteurs de metal mondiaux dans des classements du style Batteur Magazine. Cela me semble totalement exagéré mais ça flatte énormément mon ego quant à ce que ce groupe et quant à ce que Laurent Bernat et moi-même avons apporté au niveau du jeu basse-batterie dans les années 80. Je suis ravi d’avoir synthétisé Magma, Rush, Black Sabbath, Led Zepplin et Deep Purple pour en faire un genre qui, à l’époque, était très nouveau mais je n’ai pas plus que ça la sensation d’avoir inventé la fusion, ce n’est pas vrai. C’est très flatteur, j’en suis ravi mais très sincèrement je pense que c’est de la branlette. Mais le fait est que Satan Jokers a commencé avec moi à la batterie. Maintenant, pendant le show, je ne vais même plus deux minutes à la batterie, je l’ai fait au début des concerts avec Satan Jokers où je m’amusais à faire une reprise mais je n’y vais plus, cela ne m’intéresse pas. C’est une période qui est révolue. De plus, quand tu as un mec qui joue comme Aurel, ça n’a plus de sens. En revanche, sur « Panic Hystérique », il n’aurait pas fait mieux que ce que j’ai fait. Sur cette espèce de ballade blues, le truc correspond à ce que je voulais entendre derrière ma voix. J’ai failli jouer sur « Fracture Morale » et « Psychodéréglé » mais quand j’ai commencé à les enregistrer, je n’étais pas satisfait de ce que je faisais. Ainsi, au lieu de perdre quinze minutes, vu que le temps en studio est compté et que l’on a bouclé les prises de batterie en une journée, j’ai demandé à Aurel s’il avait préparé quelque chose et en une prise le résultat était monstrueux !

Est-ce que le côté psychiatrique de l’album peut devenir quelque chose de récurrent chez Satan Jokers ?

Je vais mettre Satan Jokers en sommeil parce que je suis fatigué et agacé par le circuit. Je trouve qu’il y a peu de choses qui ont réellement évolué par rapport aux années quatre-vingt, que certaines mentalités sont encore bas du front et, pour finir, Satan Jokers n’a pas de management ni d’agence pour tourner. D’autres groupes des années 80 tournent parfois dans des conditions que nous ne pouvons pas accepter. Je peux comprendre leur situation, ils ont parfois un métier à côté et font boulanger ou vendeur dans un magasin la journée et de la musique pour le plaisir. Ainsi, ils peuvent accepter un cachet de 400 ou 500 euros. En ce qui nous concerne, nous ne le pouvons pas car nous sommes musiciens professionnels. Nous n’avons pas l’intention de céder à l’ennemi. Alors ce que les jeunes cons qui ont réagi sur la page Facebook de Satan Jokers en disant tant mieux si le groupe s’arrête car cela laissera de la place aux autres, n’ont pas compris, c’est que si nous, nous avons gain de cause et que des groupes comme nous sont normalement rémunérés pour un vrai travail professionnel comparable à des groupes anglo-saxons, les petits groupes seront eux aussi augmentés dans des petits clubs. Le problème est qu’à force d’accepter de jouer pour 200 euros dans des clubs minables tenus par des mecs qui pensent plus au débit de boissons qu’à la qualité de ce qu’ils entendent musicalement, on est en train de tuer le marché de la scène et d’accepter de se faire enculer. Non seulement on a accepté de se faire baiser au niveau de la pop et du rock ce qui a donné des monstres comme NRJ qui possèdent un véritable monopole où l’artiste n’a plus d’importance. On pousse les disques et les maisons de disques financent les campagnes publicitaires. Aujourd’hui, le marché du disque est mort alors pendant un temps on s’est dit que cela allait faire marcher le monde de la scène et que les gens allaient se rabattre sur les concerts, cela a duré deux ans. Maintenant, le marché de la scène est en train de crever aussi. Il y a un moment où il faut forcément des gens pour monter sur les barricades alors je me fous que des bas du front ne comprennent pas mon discours car ils comprendront dans dix ans. Ce n’est pas grave s’ils ne comprennent pas maintenant. Ainsi, Satan Jokers va entrer dans un sommeil et dans deux ans on finira le triptyque par un opéra-rock qui portera sur les obsessions sexuelles, les addictions à la sexualité et les perversions.

« Je vais rendre les armes, je suis fatigué, je ne vais pas y arriver car il y a trop de cons dans ce circuit. Il y a trop de cons qui pensent que c’est génial que l’on soit un ghetto et une niche en réalité c’est loin d’être le cas. »

Tu disais que la situation n’avait pas évolué depuis les années 80, quel est donc selon toi le problème de fond ?

Le problème, c’est qu’en France on n’a pas une culture rock ! Même si les gens aiment le rock, il faut parfois les tenir par la main pour leur faire remarquer qu’ils aiment ce qui pétarade, ce qui a la pêche et donc la musique énergique. Cependant on n’est pas dans le pays du rock’n’roll, on n’est pas dans le pays de Led Zepplin, on n’est pas dans le pays de Black Sabbath ou d’Elvis Presley. A l’origine, notre culture française, c’est la baguette, la poésie, Baudelaire, Brel, Brassens, Édith Piaf, Charles Trénet. Pendant très longtemps, les chanteurs fétiches de notre pays étaient Michel Sardou et Mireille Mathieu. Je n’ai rien contre ces gens-là et je n’ai pas de problème avec ça. J’ai ouvert quinze jours pour Michel Sardou et il fait très bien son boulot. Le fait est simplement que l’on ne fait pas le même métier. Le circuit du rock quant à lui n’a pas tellement changé. Il y a quelques aides supplémentaires au niveau des supports financiers, quelques salles de plus mais pas tant que ça. Quand tu es un groupe qui émane des années quatre-vingt, on te voit arriver comme si tu avais de gros sabots. Satan Jokers est effectivement un groupe qui a existé dans les années quatre-vingt mais c’est un nouveau line-up et je ne reste pas bloqué dans les années quatre-vingt. S’il devait éventuellement y avoir un « maillon faible » dans le groupe, ce serait moi car c’est moi qui viens des années 80. Mulot vient aussi des années 80 mais il joue comme un bassiste qui lorgne vers les années 2020 et non comme un bassiste des années 80. Pascal Mulot est un homme qui crée des choses, c’est l’un des rares bassistes au monde à avoir fait des albums solos. Michaël Zurita ne joue pas comme un mec qui jouait dans les années 80, il joue comme un mec de 2013. Aurel est un batteur d’aujourd’hui, il a trente ans. Ainsi nous ne pouvons pas accepter ce que d’autres groupes de notre génération acceptent, ce n’est pas possible et comme nous n’avons pas de management, on ne peut pas tourner. On ne peut pas présenter la qualité de ce groupe et celle des deux albums récents si ce n’est dans des endroits où les organisateurs nous prennent au sérieux. On mange avec la musique alors on ne va pas accepter comme certains groupes des années 80, de jouer pour 500 euros, ce n’est pas possible. Ces groupes là ont soit un job à côté, soit ils adorent ça et c’est formidable mais l’erreur est de céder. S’ils ont envie de s’amuser et que 500 euros ça leur va, qu’ils aillent jouer à notre place.

Es-tu aussi en train d’accuser les jeunes groupes de ne pas être assez exigeants en termes de cachet ?

Je ne veux pas agresser les jeunes groupes mais je voudrais que mon discours puisse leur servir. Me faire tirer dans le dos ? Depuis 1983, on le fait alors j’ai l’habitude, je suis incassable. Je veux bien jouer les martyrs et aller au front pour les autres et que ce soit moi qui prenne les balles. Ce que les jeunes générations ne comprennent pas, c’est que ce que je suis en train de dire est pour l’intérêt de tout le monde. Cela signifie que soit je m’exprime très mal, mais à preuve du contraire j’ai écrit deux bouquins et je sais à peu près parler français, et à moins d’être terriblement stupide, j’ai la sensation que mes mots sont clairs. Il y a une majuscule, un point à la fin de chaque phrase. Le mec qui ne comprend pas ce que j’explique est soit très con, soit il a un truc contre moi. Je ne critique pas les jeunes groupes français qui acceptent de jouer pour 250 euros dans un bar ou pour certains patrons de certains endroits qui font de la musique plutôt que de faire du karaoké, cependant, à terme, cela risque de devenir une habitude. Furious Zoo, par exemple, est un projet de club, mais Furious Zoo est mieux payé que d’autres groupes dans les endroits où l’on joue. Nous amenons plus de monde, on joue mieux, on est plus sérieux dans l’organisation des choses et on fait une vraie promotion. C’est dans l’intérêt de tout le monde de raisonner comme ça. C’est logique que certains groupes méritent un salaire décent. Si les groupes de qualité ont un salaire décent, tout va être relevé par le haut alors qu’en ce moment tout est tiré vers le bas, c’est ça que je reproche. Je ne dis pas que c’est grave de jouer pour 250 euros quand un groupe veut seulement s’amuser, au contraire qu’ils foncent, qu’ils chantent faux, qu’ils fassent des pains partout, de toute manière, tout le monde sera bourré dans la salle. Cependant ce genre d’endroits où l’on ne prend la musique que pour un accompagnement à la bière me dérange.

Est-ce un manque d’intérêt des décisionnaires généralistes ou est-ce plutôt un manque d’ambition des décisionnaires du circuit rock / hard-rock ?

Je ne peux pas répondre car c’est la question que je me pose actuellement. C’est trop tôt pour moi. Je suis actuellement en train de ruer dans les brancards à ce sujet et je n’ai pas encore assez de recul ni assez de discussions avec des gens sur ce sujet. Je pense qu’il y a une totale inculture et incohérence des tenanciers d’endroits où il y a encore de la musique. Il y a également un certain je-m’en-foutisme de la part des groupes qui veulent avant tout s’éclater. Moi aussi je joue pour m’éclater mais quand tu es un musicien professionnel, tu ne peux pas raisonner de la même manière que quelqu’un qui a un métier à côté. Celui qui a un travail à côté prend 1500 ou 2000 euros en faisant professeur, par exemple. Il va peut-être se lever le matin pour huit heures et terminer sa journée à 17 heures. Il a une valeur des choses qui n’est pas sur la même dimension que nous qui n’avons pas cet apport financier. On se lève, on fait de la musique, ce qui signifie que le compteur tourne comme un taxi. Le taxi qui n’a pas de clients est un taxi qui est mort et il en est de même pour nous. Comme le marché du disque va très mal, il ne reste aux musiciens professionnels que le marché de la scène. Si le marché de la scène est pollué par des mauvais groupes et s’il est pollué par des gens qui acceptent de jouer pour 250 euros, on est baisé.

Connais-tu des groupes du niveau médiatique de Satan Jokers qui ont accepté de jouer pour des cachets miséreux ?

Bien sûr. D’ailleurs je ne connais que ça, des groupes qui viennent des années 80 et qui acceptent des choses que nous n’acceptons pas.

« D’autres groupes des années 80 tournent parfois dans des conditions que nous ne pouvons pas accepter. Je peux comprendre leur situation, ils ont parfois un métier à côté. […] En ce qui nous concerne, nous ne le pouvons pas car nous sommes musiciens professionnels. »

Récemment il y a eu en France un festival rassemblant les groupes de metal des années 80 [Ndlr : Le Paris Metal France Festival] où les groupes étaient peu ou pas rémunérés.

Je n’ai rien contre l’organisateur du PMFF car c’est lui qui a déclenché mon envie de remonter Satan Jokers. J’ai monté le Satan’s Fest en réaction au fait que pendant deux années il m’a voulu en tête d’affiche mais qu’au cours de cette période il m’a pris la tête et n’avons pas réussi à tomber d’accord. J’étais prêt à jouer pour des clopinettes mais il n’était pas question que l’on ne soit pas défrayé et que l’on ne puisse pas se payer un ingénieur du son et un éclairagiste. Que le groupe accepte de jouer pour 400 euros passe encore, on aurait pris un billet chacun pour que l’essence ne vienne pas de notre poche. Néanmoins, je trouve déjà cela scandaleux. Même dans une salle qui a une jauge de trois ou quatre cent places comme le Pacific Rock, à la différence de ce qu’il fait, je défraie tous les groupes que j’engage. La première année où j’ai fait le Satan’s Fest, lui a plongé et a dû annuler. On est ainsi entré dans un climat de guerre stupide que je ne souhaite absolument pas parce que je n’ai rien contre ce mec. La raison en est très simple : pour moi, il n’existe pas. Le fait que j’occupe ses pensées est son problème. La seule chose qui me dérange est que ce mec est un passionné et j’ai de l’admiration et du respect pour les passionnés, j’en suis un également. C’est le soir où je l’ai invité à manger chez moi, où je lui ai ouvert une bouteille de vin d’un autre monde que j’ai décidé de la reformation de Satan Jokers avec Pascal Mulot, je lui dois ça. En parallèle, nous ne sommes jamais tombés d’accord et il a fini par me chier dans les bottes. Il ne faut pas faire ça. Je ne suis pas le genre de personnage en France dans le circuit du metal où c’est une bonne chose d’être fâché avec moi, ce n’est pas bien, il a eu tort. La première année où il a été fâché avec moi il a été obligé d’annuler son festival. Cette année, il a annoncé la dernière édition mais c’est tellement bête tout ça. Il a été capable de prendre deux fois son téléphone pour me demander d’être tête d’affiche de son festival, pourquoi n’a-t-il pas été capable de le prendre au moment où il est entré en guerre ? Pourquoi faire ça par des gens extérieurs qui vont déformer nos propos ? C’est tellement stupide mais c’est tellement ça le circuit du hard-rock, c’est ça qui me rend malheureux. Tout cet aspect ne va pas me manquer pendant les deux années qui viennent. Je vais m’occuper un peu de moi, de la sortie de mes bouquins et de mes albums solo car je suis fatigué de ça. Parfois un bon poing dans la gueule d’un mec est plus efficace qu’un long discours, c’est vraiment ce que tu finis par te dire à cause de certains cons du hard-rock. Tu as envie de leur demander pourquoi ils ne t’en ont pas parlé plus tôt, pourquoi ils parlent dans ton dos et t’insultent par derrière au lieu de le faire en face de toi. Le problème est que ce circuit est pollué de gens comme ça. Je tiens néanmoins à préciser que je n’ai vraiment rien contre Phil [Em All] au contraire, je trouve que c’est un passionné et c’est formidable d’avoir des gens comme ça dans ce circuit. Cependant, l’ego des gens et les problèmes qu’ils rencontrent avec d’autres personnes qui ont un ego tout aussi fort qu’eux mais avec un peu plus de talent, mériterait que l’on laisse la place à un peu plus de respect. Je ne demande que le respect.

Lorsqu’on a eu Phil à l’antenne, il reconnaissait que les groupes n’étaient pas payés très cher parce que lui-même ne pouvait pas le faire mais il précisait que cet aspect-là était vu avec les groupes dès le départ et qu’ils étaient d’accord. Néanmoins il disait qu’il acceptait parfaitement le fait que l’on refuse de jouer gratuitement et que lui-même trouvait ça regrettable de ne pas pouvoir payer les groupes qui venaient jouer à son festival.

Quand tu fais un billet d’entrée qui est entre 25 et 30 euros, à la différence du Satan’s Fest qui coûte entre 8 et 10 euros, il y a bien de l’argent qui rentre, alors cet argent il va où ? Quand tu fais entre trois cent et quatre cent entrées, ça fait bien au moins trois cent multiplié par vingt-cinq, alors il va où cet argent ? C’est ça que je ne comprends pas bien. La discussion pour moi est close, je ne préfère pas m’aventurer sur ça car ce sont deux visions totalement différentes du métier. Il y a l’amateurisme profond et il y a un professionnel, moi, je suis dans le rôle du professionnel, désolé. J’ai choisi mon camp, cela fait trente-deux ans que je fais ça, cela fait trente-deux ans que cela va très bien pour moi au niveau de mon métier financièrement parlant.

Cette partie du circuit me fatigue car ce sont à peu prêt les mêmes que dans les années 80, ce sont des clans. Tout cela est réaliste et sincère, je l’ai déjà écrit et je le réécris dans le prochain bouquin. J’ai cité Phil parce que c’était nécessaire car il faut qu’il sache qu’en vérité j’ai plutôt de la considération pour ce qu’il essaie de faire. Cependant le fait de prendre les gens pour des cons est un autre sujet et il ne faut pas faire ça avec moi. C’est pour cette raison que nous n’avons pas joué une seule fois dans son festival, il aurait pourtant fait beaucoup plus de monde. La bonne idée aurait été de s’acoquiner mais il a pensé qu’il pouvait gagner la guerre… Quelle guerre ? Pour qu’il y ait une guerre il faut déjà qu’il y ait deux opposants or je ne m’oppose à rien, je m’en fous. Cela ne me touche pas. On a déjà organisé quatre Satan’s Fest, à chaque fois, on a fait quatre cent personnes. Pour moi ce sont des enfantillages et je voudrais que ça se sache. En vérité, Satan Jokers continuera, on fera un dernier album. Cependant, le fait de me battre avec les mêmes armes que les autres ne m’intéresse pas. J’ai connu autre chose, j’ai joué dans toutes les salles de France, j’ai même fait le Stade de France grâce à mon ami Jean-Marie Bigard. J’ai joué dans tous les Zénith de France, dans tous les Palais des Sports de France, j’ai participé aux plus grosses comédies musicales. Quand il y a des discours en face de moi où je me rends compte que les personnes sont des bas du front sans expérience et que ça parle uniquement avec de la jalousie, de la rancœur, de l’aigreur, de l’envie, je suis saoulé. Il y a un moment où cela m’a amusé que Satan Jokers attire autant de mange-merde et de critiques. Ça m’excitait parce que j’avais envie de bosser et d’être meilleur. Aujourd’hui, j’ai 50 ans et je pense que le metal français va perdre l’un de ses plus fidèles défenseurs, cela me fatigue. A l’origine, je voulais faire découvrir cette musique au maximum de gens, c’est très présomptueux, c’est très Renaud Hantson et Satan Jokers. Cela peut passer pour de l’arrogance et de la prétention pour toutes les personnes qui ne comprennent pas le discours mais ce n’est absolument pas le cas. Mon ambition naïve de gosse était de faire découvrir le metal à un maximum de gens et à un public très large de façon à prouver que les meilleurs chanteurs, que les meilleurs guitaristes sont souvent dans le hard-rock. Je vais rendre les armes, je suis fatigué, je ne vais pas y arriver car il y a trop de cons dans ce circuit. Il y a trop de cons qui pensent que c’est génial que l’on soit un ghetto et une niche, en réalité, c’est loin d’être le cas. Ce qui serait génial c’est qu’il n’y ait pas que AC/DC et Iron Maiden et quelques-uns comme ça qui remplissent des stades mais qu’il y en ait plein et que le grand public trouve que le hard rock est une musique géniale. Ça, ce serait super, pas le fait de se faire des guéguerres pour quatre cent personnes, ça n’a pas d’intérêt.

Tu disais qu’il y avait trop de cons dans ce circuit-là mais penses-tu vraiment qu’il n’y a pas de cons dans les autres circuits ?

Il ne faut pas se méprendre sur ce que je suis en train de dire. Il y en a très largement autant dans la variété française avec des gens qui se prennent encore plus au sérieux. Dans le circuit du rock, tu bois un coup avec un mec, tu lui serres la main, tu lui parles les yeux dans les yeux et tu règles le problème. Dans la variété cela se passe à coup d’avocats, c’est du grand n’importe quoi, c’est faux-culs et compagnie. Je ne suis pas en train de dire que le monde du rock est un monde d’imbéciles, ce n’est pas ça. C’est juste qu’il y en a un peu trop parfois dans le metal français. Il faudrait faire un peu de nettoyage, appeler Léon, après on se sentira beaucoup mieux et tout fonctionnera mieux. Il y aura moins de on-dit du style : « J’ai entendu un mec à qui on avait dit qu’un autre mec lui avait dit – en fait c’était son cousin – que les mecs de Satan Jokers étaient super désagréables ». N’ont-ils que ça à faire ?

Ton discours laisse penser que tu reproches au monde du metal et du hard rock en France leur grand amateurisme. Comme si les gens de ce public-là ne comprenaient pas ce qu’était véritablement un groupe.

Je voudrais que le circuit du metal soit aussi professionnel que celui de la variété et il ne l’est pas. Il ne l’est que pour les Anglo-saxons.

Crois-tu que c’est un problème de volonté ?

Non, je crois que c’est un problème d’intelligence et de décisions. Au niveau de la promo, par exemple, il n’y a que Replica, l’agence que l’on utilise, qui sait bosser. Les deux ou trois autres bureaux de presse qui existent sur le hard bossent beaucoup moins bien que Roger Wessier et Olivier Garnier mais ils ont aussi leurs ennemis. Même quand tu es bon tu as aussi des ennemis alors il y a tout à faire. Il y a bien quelques producteurs comme Drouot etc. qui essaient de placer des groupes français en première partie de gros trucs anglo-saxons mais ils restent très rares. De plus, comme les Anglo-saxons sont plus malins que nous, ils amènent directement leur première partie. A la limite, ils vont prendre une troisième partie qu’ils vont mettre au bout de la scène à gauche pendant vingt-deux minutes pour racoler deux cent cinquante personnes de plus. En réalité, tout est une question d’organisation. Je reproche un peu l’amateurisme du circuit du rock français car quand tu as connus les structures que j’ai connues, tu te dis que ça ne bosse pas pareil. Il n’y a pas de régisseurs pareils, il n’y a pas de tour manager aussi costauds que ceux que j’ai pu connaître chez Gilbert Couiller ou Jean-Claude Camus. Tu te dis donc qu’en France on est bien définitivement le pays de la variété.

Un auditeur nous écrit qu’il a l’impression que tu parles de manière générale pour parler de Satan Jokers parce que le groupe bat de l’aile et que, par conséquent, tu rejettes la faute sur tout le monde. Qu’aurais-tu à répondre à ça ?

Le mec ne doit pas être très au courant. On est en rupture de stock et on est parti pour faire un score avec Psychiatric. On vient également de participer au festival Forum Fest à Laudun, c’est leur meilleur score sur cinq festivals. Il y a deux ou trois mange-merde qui nous ont dit qu’à Lille on n’avait fait que quarante-deux personnes mais je leur rappelle qu’il s’agissait d’un show case pour une école de musique et non d’un concert. Dans toutes les conneries du Net il y a à boire et à manger. Je pense que le mec n’a pas tout compris, dans le cas présent, j’exclue Satan Jokers de la discussion. Satan Jokers va là où l’on nous rémunère, là où l’on nous prend pour un groupe sérieux, c’est aussi simple que ça. Pour l’instant, la seule chose que cet internaute sait est qu’il rêve de faire autant de disques que moi et de jouer devant autant de spectateurs car cela chiffre maintenant autour de quelques millions. Alors, travaillez les gars ! J’essaie de défendre une situation pour tout le monde et non uniquement pour Satan Jokers puisque j’arrête.

« A force d’accepter de jouer pour 200€ dans des clubs minables tenus par des mecs qui pensent plus au débit de boissons qu’à la qualité de ce qu’ils entendent musicalement, on est en train de tuer le marché de la scène et d’accepter de se faire enculer. »

Une des solutions face à cette situation ne serait-elle pas d’aller conquérir l’international pour revenir après en France ? C’est un peu ce qu’ont fait Gojira malgré eux.

J’ai beaucoup d’admiration pour le travail de Gojira mais notre situation est différente. Premièrement, nous chantons en français ensuite, il faut être réaliste, aucun groupe des années 80 n’intéresse le marché international et même le vieux truc légendaire sur Sortilège, c’est absolument faux. Cela ne va toucher que cinq cent ou six cent personnes alors ça n’est pas avec ça que tu vas faire des ventes. On ne peut pas aller démarcher à l’étranger, on n’est pas en position de force. A l’export, on vend quelques disques mais cela reste anecdotique. Pour travailler sur les pays étrangers, les États-Unis ou les pays Anglo-saxons, il faut chanter en anglais. Je ne fais même pas ce travail avec Furious Zoo qui est un projet en anglais. J’ai toujours le fantasme de pouvoir placer une compile à Frontiers parce que ce serait un label qui correspondrait à Furious Zoo étant donné que c’est un hard assez « big rock » mais je n’ai pas le bon contact. Je connais leur direction mais ils n’attendent pas après moi et j’ai fini par me mettre en tête que je n’attendais plus après eux.

Gojira est un groupe qui a réussi en France parce qu’ils ont d’abord réussi à l’international. C’est ça qui est peut être un peu triste en France.

Le rêve américain, je l’avais dans les années 80 mais je ne l’ai plus du tout. Aujourd’hui, la seule chose qui m’intéresse est de laisser une trace de mon passage dans la musique. De plus, l’industrie du disque va mal quel que soit le pays. Satan Jokers chantant en français, je n’ai aucunement l’ambition d’aller faire trente dates en Hollande, vingt dates en Allemagne, vingt-cinq dates aux États-Unis et dix dates en Angleterre. Ils ne nous attendent pas et moi je ne rêve plus d’eux. En outre, la réalité fait que je n’ai pas le staff qu’a Gojira. Gojira a su créer un staff et créer des rencontres que je ne sais absolument pas faire et le fait est que cela ne m’intéresse pas. Je n’ai pas ce rêve de la réussite à l’étranger déjà parce que j’ai peur en avion. [Rires]

Il est vrai que je me plains du fait que ça ne va pas très bien dans notre pays mais, en parallèle, je ne fais pas d’effort pour essayer de me bouger. Je suis fatigué, j’ai presque dix-huit ans d’addiction derrière moi alors je récupère la fatigue, les conneries que j’ai faites pendant cette période et, par conséquent, je n’ai pas la motivation pour tout ça. Je n’y crois pas. Je préfère travailler sur ce que j’ai appelé moi-même un ghetto et une niche afin d’essayer déjà de laisser une trace dans ce ghetto-là. Je crois que c’est chose faite. Qu’ils le veuillent ou non, les trolls doivent savoir que Satan Jokers restera dans l’histoire du metal français.

Est-il possible que le prochain album de Satan Jokers qui conclura ce triptyque sur la psychiatrie soit le dernier ?

Je voulais qu’AddictionS soit le dernier. Si Laurent Karila ne m’avait pas convaincu d’enregistrer Psychiatric, le groupe aurait pour moi été terminé avec le succès d’AddictionS. Ce fut un beau succès, les ventes ont été correctes mais qui dit ventes correctes aujourd’hui signifie malgré tout quelque chose de dérisoire. Satan Jokers en 1983 sur Les Fils du Metal avait quasiment fait disque d’or mais aujourd’hui on en est très loin. A l’époque, pour être disque d’or, il fallait vendre cent mille albums, aujourd’hui, je crois qu’ils ont redescendu le nombre à quarante mille ou cinquante mille.

Quels sont approximativement les chiffres de ventes ?

Ce sont des chiffres dérisoires, ça ne peut pas dépasser les dix mille exemplaires. Quand tu t’approches des dix mille tu peux déjà te dire que c’est formidable et tu peux faire péter une bouteille de champagne parce qu’à l’heure actuelle lorsqu’un groupe de metal français vend six cent albums il est content. Il en est de même pour les albums étrangers. Il y a un wagon de groupes étrangers qui ne vont pas vendre plus de sept cent cinquante disques alors que l’on en entend parler et qu’ils ont de la promo. La grosse différence c’est que j’ai aussi vingt-cinq ans de carrière dans la pop et il y a donc un double public qui vient vers Jokers.

Du coup, tu n’as pas répondu à la question. Le prochain album sera-t-il le dernier ?

Oui. Ce devrait être le dernier album puisque dans ma tête AddictionS devait déjà l’être. Le problème est que l’on a un médecin qui est fou. Ainsi comme Karila est encore plus cinglé que nous, ça continuera tant qu’il aura envie de pousser cette histoire. Même s’il ne monte pas sur scène avec nous, on a un cinquième membre du groupe qui est un jobard, alors tant qu’il aura des idées, on continuera. En outre, l’idée d’un sex opéra est un sujet pour lequel j’ai une certaine expérience. Me payer le luxe d’appeler des mecs comme Stéphane Buriez pour qui j’ai beaucoup d’estime et qui accepteront la proposition afin de m’offrir des duos improbables dans un contexte d’écriture d’opéra rock me permettra de boucler la boucle. Le grand public m’a connu à travers Starmania. Cela m’éclaterait de faire un album cinglé sur les perversions sexuelles et les addictions au sexe en invitant deux chanteuses de metal ainsi que deux ou trois chanteurs de metal en agrémentant le tout de clips où il y aurait des actrices et acteurs porno. Il y a quelque chose de fascinant et ça peut être du vrai Satan Jokers. Cependant, à l’heure actuelle, ai-je vraiment envie de le faire ? La réponse est non. En revanche, je sais que je vais me laisser convaincre par Laurent, et les autres membres du groupe en ont également très envie.

Laurent semble être celui qui fait que Satan Jokers est encore là alors que le groupe aurait pu s’arrêter depuis quelques années.

Mon but était que le groupe tienne un peu plus longtemps que le premier line-up pour faire taire quelques camarades trolls. Comme la mission est largement accomplie, puisque le premier line-up a tenu trois ans et que là nous en sommes déjà à quatre ans, je trouve que l’on fait du rab et bientôt on va passer pour un vieux groupe. [Rires] Le premier line-up a sorti trois albums officiels plus deux compilations dont un album live et un autre composé de restes de fond de tiroirs totalement inaudible. Il faut vraiment être très fan pour apprécier l’album Hardcore Collectors. Cela ne reste pas comparable avec le Satan Jokers 2009 avec lequel on a sorti SJ 2009, Fetish X, AddictionS et Psychiatric.

« Parfois un bon poing dans la gueule d’un mec est plus efficace qu’un long discours, c’est vraiment ce que tu finis par te dire à cause de certains cons du hard-rock. »

Metal-Trash Michael [auditeur de Radio Metal] : Tu disais précédemment que les jeunes groupes qui acceptaient de jouer pour 200 ou 300 euros cassaient le marché. Le fait est que ces groupes sont aussi passionnés que toi mais qu’à l’heure actuelle l’offre et la demande n’est pas du tout la même que celle qui existait quand toi tu commençais à jouer. Les années 80 constituent l’âge d’or du hard-rock et du heavy. Les groupes actuels se crèvent pour pouvoir faire des dates, pour pouvoir jouer et se faire connaître. J’admire la notoriété et la carrière de Satan Jokers et il y a des groupes qui donneraient tout pour avoir ton parcours. Cependant, la façon de faire n’est plus la même qu’avant et tu as maintenant de très bons groupes qui jouent pour 200 euros ou seulement en échange d’un défraiement voire même pour rien.

Renaud Hantson : C’est ce que j’ai fait parfois avec Furious Zoo en première partie de Freak Kitchen il y a quatre ans. On a pris zéro sur Paris et zéro sur Lyon. C’est un deal que tu fais avec le groupe avec lequel tu joues. Tout ce que tu as dit est exact. Quand j’exagère le phénomène pour l’amplifier et que je parle de ces groupes qui eux sont parfois très mauvais, je ne fais pas référence à ce groupe qui joue bien et qui, parce qu’il a besoin de se faire connaître et de jouer, se fait découvrir en acceptant une misère. Cependant si l’on n’avait pas tous cédé devant ça, la situation n’en serait pas là. Cela va être très difficile de remonter la pente quand les mecs acceptent tous de venir prendre un doigt dans le c.. par les tenanciers de clubs et autres organisateurs de festivals, ce n’est pas acceptable. Néanmoins, je comprends que des groupes qui ont envie de se faire connaître acceptent de jouer le jeu. Je l’ai fait et je le ferai encore si c’est nécessaire. Si on nous proposait d’ouvrir pour Iron Maiden devant vingt-cinq mille personnes, je jouerais gracieusement avec Satan Jokers car je sais que j’y trouverais un intérêt et un retour pour le groupe. J’ai un peu exagéré mes propos quand j’ai parlé des mauvais groupes mais comme les patrons de pubs ne se soucient pas du niveau musical des groupes qu’ils engagent puisqu’ils ne souhaitent qu’une animation musicale pour vendre de la bière, ça nivelle le général par le bas. Je connais aussi des groupes qui sont très bons, j’en ai toutes les trois semaines qui ouvrent pour Furious Zoo et qui acceptent de jouer gracieusement devant nous parce qu’ils savent qu’ils vont jouer dans une salle remplie et je les remercie. Je suis entièrement d’accord avec ce que tu as dit mais je pense qu’il faut comprendre ce que je viens d’expliquer.

Metal-trash Michael : Il y a eu un amalgame dans ce que tu as dit parce que tu as beaucoup appuyé sur l’aspect négatif. A titre personnel, je suis dans une association où je ne gagne rien mais où l’on se tue pour faire jouer des groupes et on essaie de faire en sorte que ces groupes ne viennent pas pour rien. Concernant le cachet on touche seulement de quoi rentrer dans nos frais.

Renaud Hantson : En France, il n’y a plus que les associations, les bénévoles et les passionnés qui savent faire tourner les groupes. Je suis admiratif du travail qui est fait. Il y a quatre jours après notre venue au festival de Laudun, organisé par une association, j’ai publié un statut pour témoigner de ma réelle affection envers les associations alors je n’ai pas de malaise avec ça.

Radio Metal : Ce qui te gêne est donc plus le comportement de certains grands organismes que celui des petites associations.

Renaud Hantson : Bien sûr !

Metal-trash Michael : Avant que Satan Jokers n’ait cette notoriété cela a dû déjà t’arriver de te vautrer devant vingt-cinq personnes en proposant quelque chose de mauvais alors que le lendemain tu auras cartonné devant soixante-quinze personnes. Ces mecs-là, s’ils arrivent à faire quarante dates dans l’année sont super contents.

Radio Metal : Il faut reconnaître qu’il y a aussi des groupes qui montent sur scène sans savoir jouer de leur instrument et le problème est que l’on laisse trop de groupes de ce genre jouer.

Metal-trash Michael : Dans la masse il y a énormément de bons groupes qui sont mélangés à du mauvais. Dans un concert on va voir la prestation scénique, on va écouter la musique alors quand pour un groupe il ne se passe rien, je ne vais personnellement pas aller les voir une deuxième fois. Il ne faut pas se dire que sur disons deux cent mille groupes il n’y aura que des mauvais, ce n’est pas vrai.

Renaud Hantson : Tu viens de donner un chiffre effrayant mais qui n’est pas loin de la vérité. Il y a deux cent mille groupes et c’est de là que vient le problème. Je suis partisan de l’idée que la musique soit à tout le monde. Je ne suis pas non plus contre l’amateurisme mais il ne doit pas tuer les professionnels. Je n’ai rien contre les grandes chaînes de magasins mais je préfère un très bon artisan. Si je dois aller acheter de la bonne charcuterie ou du fromage, je préfère aller chez un bon artisan que dans une grosse chaîne de magasins et ce même s’ils peuvent être eux-mêmes livrés par des artisans. Au moins, chez un artisan, la personne va prendre le temps de me conseiller et de m’expliquer les choses. Comme tu le disais, il y a au moins deux cent mille groupes différents sur lesquels il y en aura facilement cent quatre-vingt-dix-neuf mille de pourris.

Metal-trash Michael : Je ne suis pas d’accord.

Renaud Hantson : Pour te faire plaisir, je vais dire cent quatre-vingt-dix mille. Le fait est qu’ils prennent une place considérable et que le public ne s’en rend pas toujours compte tout de suite et les groupes non plus ne s’en rendent pas compte tout de suite. Cependant, tout ça prend du temps, de l’énergie, de l’argent mais surtout de la place. Je me retire très gentiment en essayant juste de créer un débat qui va arriver. A un moment ou à un autre, vous aurez cette discussion avec d’autres musiciens. Je n’ai rien contre l’amateurisme, je pense que la musique est destinée à tout le monde et que tout le monde peut avoir envie de faire de la musique et en a le droit. Il y a néanmoins une différence entre avoir le droit de faire de la musique et avoir la présomption de faire des disques et de monter sur scène. Quand des groupes qui assurent moyennement acceptent des cachets moyens, on se dit que c’est logique. Je n’ai ni rancœur ni agressivité mais de la tristesse pour ceux qui ont un certain niveau et qui pour arriver à se montrer ou pour laisser croire qu’ils existent acceptent des dates dans des conditions misérables.

Metal-trash Michael : Si les mecs n’acceptent pas, ils n’auront rien. Si tu n’acceptes pas de manger de la merde au début tu n’arriveras pas à monter l’échelle.

Renaud Hantson : Même quand tu es haut tu manges de la merde. Je suis d’accord qu’il faut parfois accepter des choses, mais seulement parfois. Que des groupes qui ont pétaradé dans les années 80 acceptent aujourd’hui de jouer pour 500 euros est dramatique.

« En France, il n’y a plus que les associations, les bénévoles et les passionnés qui savent faire tourner les groupes. Je suis admiratif du travail qui est fait. »

Radio Metal : Tu dénonces en réalité le fait que l’amateurisme et le professionnalisme soient complètement mélangés ce qui a pour conséquence que les organisateurs et promoteurs vont traiter un groupe professionnel de la même manière qu’un groupe amateur.

Renaud Hantson : Tu as des groupes où les mecs vont jouer de la musique le samedi et le dimanche et ils ont un métier la semaine, donc ce n’est pas un problème qu’ils touchent 250 euros. Il y a à côté de ça des musiciens qui ont tout lâché pour se consacrer à la musique. Il y a quand même une forte différence de niveau entre Pascal Mulot, Michaël Zutita, Aurel Ouzoulias et Renaud Hantson et pas mal de groupes ici en termes de technicité, de musicalité et d’expérience. Ce n’est ni de la présomption ni de la prétention que d’essayer d’expliquer que ça n’est pas normal que certains groupes dont nous faisons partie acceptent de jouer pour des cachets misérables alors que le marché du disque est déjà en train de dégringoler. En disant cela, je cherche à défendre les intérêts même des plus petits.

Metal-trash Michael : Tes propos ont été compris comme si tu ne prônais que les prestations des groupes professionnels sur scène. Tu as beaucoup parlé de Satan Jokers et de la scène des années 80 où les groupes étaient et sont encore énormes aujourd’hui. Cependant la nouvelle génération existe et elle évolue constamment. Je suis sûr que certains groupes que j’ai pu voir en concert cette année auront une véritable notoriété d’ici dix ans.

Renaud Hantson : Je crains malheureusement que dans dix ans on se contacte par téléphone et que tu me donnes raison. J’ai déjà vu le film. Le fait que l’on ne comprenne pas mon discours aujourd’hui portera je pense préjudice aux groupes que tu as trouvés énorme cette année. Ils ne pourront pas manger avec la musique. Un groupe qui ne peut pas vivre de sa musique est mort.

Metal-trash Michael : A ce compte-là, tu n’as plus que des groupes qui ont un nom qui vont pouvoir manger avec la musique. Dans dix ou vingt ans, ces groupes ne seront plus là alors, on fera quoi ?

Renaud Hantson : C’est là qu’est le problème ! Même des groupes avec un nom ont parfois des difficultés. C’est un constat réaliste et humble, la situation est très compliquée. On arrive à s’en sortir parce que l’on vend des disques et les dates que l’on fait attirent du monde et nous sommes payés correctement. Je cherche simplement à élever le débat et que cela serve les groupes qui vont arriver. Je connais l’envers du business : un groupe qui ne peut pas vivre de sa musique et qui est nivelé par le bas au niveau des cachets, de l’accueil qu’on lui fait, des ventes de disques est condamné à crever à moins d’avoir un mécène derrière mais il n’y en a pas beaucoup. Je ne souhaite qu’une chose, c’est que cette musique soit reconnue par le plus grand nombre. Le seul débat qui mériterait d’être discuté est là. Les groupes qui jouent pour rien ne m’intéressent pas puisque j’ai dit précédemment que si Black Sabbath se reforme clairement et qu’ils viennent faire Bercy, et qu’on me dise qu’il faut que Satan Jokers joue en première partie, j’y vais pour zéro !

Metal-trash Michael : Combien de groupes en dehors de Satan Jokers iraient pour zéro ?

Renaud Hantson : Je ne paierai pas mais je sais quel show l’on proposerait par rapport à tout ces groupes dont tu sembles parler. Ceux qui ne sont pas convaincus ou qui restent à l’image du groupe des années 80 qui était un peu bancal n’ont pas vu Mulot, Hantson, Zuritas et Ouzoulias. Je parle de qualité, de niveau, du fait d’être prêt ou non, d’être professionnel ou amateur. Cette discussion ne m’intéresse plus, une chose est sure, à un moment la crise du marché du disque va se reporter sur le marché de la scène et les choses vont empirer. La seule chose qui importe est que l’on comprenne que les musiciens doivent être respectés. Je veux que les organisateurs et les patrons de salle aient de la considération et du respect pour les musiciens de hard-rock français.

Radio Metal : A force de suivre ton discours, un auditeur écrivait qu’il avait envie d’arrêter son groupe.

Non, il faut qu’il continue mais il doit travailler car cela va devenir de plus en plus compliqué.

A propos de son projet avec Christian Zouille de Sortilège : « Je n’ai pas beaucoup communiqué sur ce disque pourtant on nous a proposé de faire le Hellfest mais Christian ne veut pas. »

Il semblerait que tu aies un projet avec Zouille , l’ex-chanteur de Sortilège.

Ce n’est pas vraiment un projet. J’avais dans mes tiroirs l’enregistrement des titres que l’on avait joués lors des trois concerts que l’on avait donnés avec Satan Jokers et Zouille au chant et où l’on reprenait une chanson de Sortilège. Je n’aime pas garder des trucs dans mes tiroirs surtout quand ils sont de qualité. Comme Christian ne souhaite plus chanter, je voulais qu’il ait une sortie décente et que la fin de son aventure vocale dans le metal français se termine avec un album où on l’entend chanter à la perfection des titres avec la production d’aujourd’hui. On a essayé de faire un album qui lui ressemble et où l’on peut trouver en même temps des goodies pour les vrais fans. Il y a deux raretés qui viennent des années 80, deux ou trois chansons de Furious Zoo qu’il avait faites avec moi en 1992 et ce n’est que du bonheur ! L’album fonctionne rien que sur le bouche à oreilles. Je n’ai pas beaucoup communiqué sur ce disque pourtant on nous a proposé de faire le Hellfest mais Christian ne veut pas. Il est dans un trip très spirituel. La période où l’on aurait dû faire le Hellfest cette année correspond à son départ dans trois semaines de jeûn. Il va boire de l’eau, des tisanes et se nourrir du soleil.

Vous étiez prévus au Hellfest 2013 ?

Oui. On devait en plus le faire en bonne position mais Zouille a refusé. Olivier Garnier était très fan de Sortilège. Il m’a dit que cette année Satan Jokers ne pouvait pas le faire parce que Ben Barbaud engageait Attentat Rock qui, même s’ils n’ont pas d’actualité discographique, représenteront le groupe « années 80 ». De plus, nous avons déjà fait le Hellfest en 2009. On aurait pu le refaire mais on arrive un peu après la bataille. Olivier voulait essayer de trouver une place vers 17, 18 heures pour un projet comme Renaud Hantson Tribute Sortilège. J’étais près à faire une dernière fois le show avec une double batterie où je me prendrais pour Tommy Lee. Christian n’a pas voulu parce qu’il a gardé un souvenir un peu mitigé. En outre, envoyer des notes aussi aiguës quand tu ne travailles plus ta voix c’est très compliqué. Par conséquent, si c’est pour le faire en demi-teinte, il n’a pas envie de le faire. Il a 54 ans, il est professeur de gym, coach sportif et il est actuellement dans un trip très spirituel. Je ne comprends pas vraiment sa vie mais lui ne comprenait pas que je puisse avoir très envie de le faire alors que je lui avais dit que je ne le ferai plus parce que j’en avais marre de faire de la batterie. Cependant, la proposition d’Olivier était vraiment intéressante parce que c’était en bonne position, c’était également l’occasion de jouer une dernière fois dans un très gros festival où je n’aurais fait que la batterie. J’avais vraiment envie de faire un show comme je l’ai fait dans les années 80. Je pense que j’aurais gaspillé cent cinquante baguettes mais ça m’aurait amusé d’avoir le gros matos.

Il n’y aura donc pas de reformation de Sortilège ?

Non, ça ne se fera jamais. Il y a un moment où la pression sur les musiciens via l’appât financier suffirait à décider les gens mais Christian est dans un autre trip. Il est en dehors de ce que nous qui mangeons de la viande pouvons comprendre. Je lui en veux car en tant que producteur de l’album mon intérêt est que cet album se vende un peu mais, dans le cas présent, il va me faire perdre de l’argent. Je me moque du pognon, j’en ai mais j’ai produit un album pour lui, par amitié, alors je ne trouve pas ça cool. De plus, le Hellfest ne se refuse pas. Cela prouve cependant qu’il n’en a vraiment plus rien à faire. C’est pour cette raison que je pense pouvoir te dire que je vois difficilement Sortilège se remonter dans la configuration que vous avez connue dans les années 80. Il faut également noter que l’un des cinq membres est bloqué aux États-Unis, s’il revient en France il ne pourra plus remettre les pieds là-bas.

Tu dis que le Hellfest ne se refuse pas pourtant des groupes l’ont déjà refusé par le passé.

Oui, Aerosmith parce qu’ils veulent un million de dollars et que Steven Tyler ne peut plus supporter Joe Perry. Le Hellfest ne peut pas payer ça donc, en dehors de ces raisons-là, ça ne se refuse pas. Ces groupes-là mettent la pression sur les organisations puis, au bout d’un moment, disent que finalement ils ne vont pas le faire. Sont-ils encore passionnés à 66 ans ? Je ne sais pas. Je ne sais pas comment je serai à cet âge-là. La vraie passion se juge sur ça. Quand tu sais que tu vas jouer devant quinze à vingt-cinq mille personnes aux meilleures horaires, tu ne refuses pas. Quand on me demande quel est mon meilleur souvenir avec Satan Jokers, je réponds très honnêtement : la reformation au Hellfest devant quatre mille personnes. J’avais trouvé ça extraordinaire. Je pensais que l’on serait accueilli avec des fusils dans les yeux et à l’arrivée cela aura été l’un des cartons de la journée avec Suicidal Tendencies et Europe. Ce sont ces trois contre-pieds qui ont marqué les gens en 2009. Tout le monde pensait que Jokers allait être naze, que Europe c’était des fiottes et que Suicidal Tendencies avaient grossi, ça m’a fait rigoler car ce sont les trois groupes qui ont bourriné la gueule des gens et où tout le monde ou presque s’est accordé à dire que c’était top.

Pourquoi alors ne pas malgré tout reprogrammer Satan Jokers cette année ?

Ils ont engagé Attentat Rock et Ben Barbaud essaie de garder la politique de n’avoir qu’un groupe français qui vienne des années 80. Je sais que Roger Wessier est encore sur le dossier pour que Satan Jokers le fasse parce qu’on a une actualité mais je pense que c’est mort.

Interview réalisée par téléphone lors de l’émission Anarchy X le 7 février 2013
Retranscription : Isa

Site internet officiel de Renaud Hantson : www.hantson.com

Album Psychiatric sorti le 5 janvier 2013



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  • Je n avais pas lu la réponse de creation rock! Bref peu importe, le manager de l époque m avait expliqué la réaction de Hantson a Taratata et m avait dit qu il passait a autre chose et qu il était la pour vendre des disques point final! Donc il ne voulait plus entendre parler de métal et encore moins de Satan Jokers! Cela dit, cher création rock, tu fais partie de ces pauvres individus qui ont pour seul charisme de prendre les discours des autres et d esperer que cela leur donne une personnalité! Si le fait d avoir un avis sur les albums de Satan Jokers ou de Renaud Hantson dont certains sont très bons ,qui n est pas la tienne fait de moi un has been, ta facon de défendre quelqu un qui n’ a visiblement ni jamais eu besoin de toi pour exister et pour qui tu n existes pas vraiment fait de toi un lèche cul inexistant! Bravo pour tes belles réponses de redresseur de tort et pour ta « personnalité »?

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  • Cher Ben, tout a été dit auparavant dans ma réponse à tes stupides constats alors relis et relis encore si tu n’as pas tout compris! Pour ce qui est de la phrase qu’il faut t’expliquer , il me semble évident qu’elle signifie que Renaud pense que la musique exposée sur disque à des fins de commercialisation , qu’on achète donc , et que la scène avec places payantes à la clé , et donc paiement pour les artistes , se doit d’être d’un niveau supérieur à un truc bassement amateur , point barre …  » Magnanime « ? Non , tu es un juste un petit branleur de fouteur de merde qui cherche l’accrochage à tout prix via Internet comme le font quelques autres alors que tu n’as juste rien pigé à la démarche du travail d’Hantson et de Karila … Un fouteur de merde qui je l’espère finira par se souvenir de la définition du mot respect!… Parfois je me dis que c’est vraiment dommage que je sois une femme , ça te va ce coup-ci au niveau des insultes ou je fais plus en phase encore avec ce que je pense vraiment du type de troll que tu es? La prochaine fois tu continueras à jouer seul parce qu’avec tes attaques minables on ne frôle plus le risible , on y est , pourtant je ne doute pas que tu vas remettre ça alors que tu devrais simplement te rappeler de sages paroles:  » un troll devrait toujours avancer masqué alors passe ton chemin car tu vas encore prendre un vent , regretter tes paroles et finir par les bouffer un jour ou l’autre  » …

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    Ben

    Je précise pour les curieux, que c’est cette réponse que Renaud considère comme « un camouflet »pour moi dans ses diatribes répétées.
    Je vous laisse lire mes posts précédents, la teneur des réponses de Créations Rock pour voir qui tente d’avoir un peu de dignité et qui n’en est manifestement pas capable !

  • Geri Khan dit :

    …hmm… Un peu facile de cracher dans la soupe une fois qu’on a le ventre plein…

    Et puis quand on a bouffé à tous les râteliers, on doit faire preuve d’un peu plus d’ouverture d’esprit et de tolérance…

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  • Si quelqu’un peut m’expliquer le véritable sens de cette phrase :

    « Je n’ai rien contre l’amateurisme, je pense que la musique est destinée à tout le monde et que tout le monde peut avoir envie de faire de la musique et en a le droit. Il y a néanmoins une différence entre avoir le droit de faire de la musique et avoir la présomption de faire des disques et de monter sur scène.  »

    Ce que j’en comprends est infiniment … (je suis magnanime, je ne vais pas dire ce qui me vient à ‘esprit !)

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  • Merci Créations Rock mais je pense ce que je veux, et puisque tu sembles en savoir beaucoup, je te propose d’aller chercher des propos insultants venant de moi, ce qui va t’être extrêmement difficile contrairement à ce que je peux trouver sur toi ou Renaud.

    Je trouve juste (et depuis le début, je ne fais que ça !) complètement ahurissant qu’un artiste ne puisse pas, ne serait-ce que concevoir, que tout le monde n’est pas en adoration devant son travail ! Je n’ai dit que ça, et ça a tout de suite était pris pour l’agression ultime !

    De la même manière que la chronique qui a déclenché tout cela (celle de Christophe Darras pour Hard Force) n’était pas exclusivement négative et n’exprimait l’opinion que D’UNE personne !

    Quant à savoir si je vais enlever mes écrits du net, regarde bien la photo de Renaud et Laurent, hilares le majeur tendu fièrement lors de la première journée promo, tu auras le fond de ma pensée concernant ta suggestion. Il se trouve que j’ai enlevé pas mal de posts suite à un mail de Laurent Karila disant à Roger que je relançais tout le temps (pas forcément vrai mais bon, passons). Dans un souci d’apaisement, et conformément avec des « engagements similaires » côté Renaud (tu noteras que je distingue complètement de Satan Jokers), j’ai « fais le ménage dans les commentaires ». … J’attends toujours la même élégance de la part du chevalier blanc du metal qui, ici même dans l’interview se fend de jolis termes comme enculés, connards etc.

    Que tu aies de bonnes relations avec Renaud, tant mieux pour toi. Que je ne partage pas ton avis, il me semble que c’est mon droit (à moins que vous ne revendiquiez clairement la censure des opposants)

    Que Renaud Hantson se permette d’insulter à tout va en se cachant derrière « l’ironie », « la provoc », « le second degré », c’est aussi mon droit de considérer que c’est juste de la lacheté !

    Et je finis par dire que dans l’interview de Radio Metal, il dit plein de choses très bien auxquelles j’adhère…dommage qu’il y ait tout l’emballage !

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  • Quant à Ben Melin , on passera sur ton cas n’est-ce pas puisque tu ne fais plus illusion pour qui que ce soit quant à la sincérité de tes allusions tant tu tâches d’inonder diverses pages du Net de ton fiel via à vis d’Hantson , Karila ou Satan Jokers … C’est tellement grotesque après avoir pondu par écrit pour un site de metal ta réelle pensée vis à vis du groupe quelques années auparavant où tu encensais leur travail que je te conseille d’enlever des écrits d’Internet tant tu passes pour un con à être passé dans le camp des « faux adversaires »! Comme le dit Hantson , un troll devrait toujours avancer masqué alors passe ton chemin car tu vas encore prendre un vent , regretter tes paroles et finir par les bouffer un jour ou l’autre …

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  • Mon petit Dave , le problème avec les trolls dans ton genre comme les qualifie Renaud Hantson (dont , si tu es musicien et cela expliquerait ton message ridicule , tu rêverais d’avoir la carrière et un quart de son talent de « has been »!) c’est qu’on sait très bien que globalement leurs écrits sont uniquement générés par la jalousie et le manque de connaissance réelle de sa carrière (écoute sa dernière interview sur France Inter ou revois Taratata où est évoqué le nom de Satan Jokers et relis parallèlement la définition de ce qu’est le 2ème degré!)… Ces agressions écrites que vivent tous les artistes connus qui durent dans le temps sont en fait essentiellement dictées par l’envie de faire chier son entourage , ses nombreux fans (tu ne dois pas être très au courant de ce qu’est un « has been » car il n’a jamais autant créé , travaillé , sorti de disques , donné de concerts et à la différence de ton petit commentaire merdique , lui , laissera une trace de son passage artistique! 😉 mais en tout cas pas Renaud à qui ça passe complètement au dessus de la tête et qui se contrefoutrait mortellement de ton insipide avis passéiste concernant Sortilège ou encore ton opinion risible sur la reformation de Satan Jokers (que tu dois être un des rares à dénigrer ce qui prouve bien soit un petit problème d’oreille ou un gros problème de goût) s’il venait à le lire! Essaie encore si tu veux faire mal car là tu es juste complètement à côté de la réalité et plutôt ridicule non franchement?…

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  • Triste de voir un has been qui a broyé le nom de Satan jokers en reformant le groupe par pur egocentrisme! Aucune des carrières de Renaud n a réellement marché alors il crache sur l amateurisme en jouant sur son professionnalisme! Mais quand on ecoute l abum qu il a refait avec Zouille, on se rend compte qu il est completement largué allant meme jusqu a rendre les morceaux de Sortilege qui étaient excellents a l origine a la limite du moyen, bref Renaud a eu la carrière qu il mérite! D autant qu il y a quelques années , il ne se genait pas pour casser Satan Jokers a Taratata!

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  • « Quand il y a des discours en face de moi où je me rencontre que les personnes sont des bas du front sans expérience et que ça parle uniquement »

    => je me rends compte

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    Isa

    Oups… Oui c’est mieux en effet ^^’

    Je suis quand même assez satisfait que sur une interview aussi longue on ne trouve qu’une seule faute. En tout cas, c’est corrigé. Merci.

  • Hallucinant ! Pendant trente minutes, tout va bien et puis d’un seul coup, c’est reparti, ça part en live ! J’adore sa demande de respect quand il balance des insultes dans tous les sens et que par derrière, il fait faire pression par le « milieu » pour faire taire les voix contradictoires (et qu’il considère systématiquement comme insultantes ce qui n’est pas toujours le cas)

    Pour info, le Divan du Monde est une salle qui se loue…

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    Ben

    Le PMFF c’était vachement bien…malgré l’absence de Satan Jokers
    (et avec Aurel qui a accepté de »se prendre un doigt dans le cul » avec Gno, tout comme il y a quelques années, Pascal Mulot en avait fait de même avec Triple FX)

    Ben

    Correctif : Aurel c’était bien sûr avec Mörglbl au pmff5 !

  • Metal'O Phil dit :

    Le podcast de l’interview est désormais disponible. Bonne (ré)écoute !

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