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News Express   

SATI (avec David Andersson et Tabris) dévoile la vidéo de la nouvelle chanson « IV »


SATI est un nouveau projet musical et conceptuel mené par David Andersson de SOILWORK et THE NIGHT FLIGHT ORCHESTRA au chant et à la composition ainsi que la parolière, poète et vidéaste française Tabris. Le duo de doom progressif sortira 10 chansons, chacune sous forme d’un épisode hebdomadaire avec une vidéo et un texte d’accompagnement en français et en anglais. La première vidéo a été dévoilée le 5 janvier.

Les deux membres ont fait connaissance par le biais d’une interview et ont rapidement réalisé qu’ils avaient beaucoup d’idéaux musicaux, visuels et lyriques en commun. Ils sont restés en contact et ont eu l’idée de créer SATI. Leur vision était celle d’un nouveau monde mystique, basé sur les émotions et le sens de l’émerveillement, mais aussi d’un exutoire au profond désespoir qui frappe inéluctablement l’esprit humain.

A propos de ce nouveau projet, David Andersson déclare : « C’était vraiment libérateur de créer quelque chose de complètement spontané et expérimental, de pouvoir suivre toutes mes lubies et mes idées, et de créer ces paysages sonores suggestifs pour les merveilleuses paroles de Tabris, qui sont toutes en français, bien sûr. Ce n’est peut-être pas pour tout le monde, mais je pense que si vous le comprenez, vous l’aimerez. C’est merveilleux de pouvoir laisser toutes ces sonorités sortir de ma tête et entrer directement dans ces chansons« .

Voici l’histoire de Sati racontée par Tabris :

Sati… Qui est-elle ? Un corps de nacre immolé sur un cruel bûcher alors que la vie s’offre encore à son regard si jeune ? Est-elle juste cette condamnation ? Ce petit tas de cendre, balayé par le vent ? Condamnée à suivre l’âme d’un défunt ? Et puis plus rien ? L’oubli ? Tout de blanc tissé ? Ou bien est-elle ce mot qui brûle les lèvres? Véracité. Toutes ces vérités que nous condamnons à l’évanescence. La vérité de nos êtres. Nos soifs, nos folies, immenses ou ridicules, nos rêveries plus ou moins insensées, nos espoirs déchus. Toute l’ingéniosité de nos esprits étouffés, fatigués, cerclés… l’envie de créer, de grandir à la faveur de chaque idée, de chaque sensation, de chaque désir et de chaque aspiration… Autant de cendres que nous parsemons dans nos vies tristes, autant de bûchers que nous allumons lorsque nous renonçons. Sati est tout cela. Cette envie de créer la beauté absolue autant que celle de goûter la simple jouissance de tous ces petits rêves volés d’un instant. Qui accepte de saisir sa main sait qu’elle est audace, rébellion, beauté farouche, dans chaque souffle, dans chaque mot, dans chaque note… Rien ne devrait être abandonné au profit du jour, de la mécanique du quotidien, de la routine froide. Se laisser tourmenter par les idées, porter par le rêve et oser franchir le pas, pour prétendre créer… Sati est cette déesse que nos vœux d’invention ont recréée pour vous offrir de flirter avec la ligne crépusculaire, cet étrange entre deux mondes, un ailleurs où l’essentiel est redéfini et où la pensée oublie toutes barrières. Mots, notes et images se mêlent ici dans un ballet que nous avons voulu libéré de tout coda de genres. Sati est notre allégorie de l’inspiration libre, de la créativité par essence, démon bleu gouvernant les sens, esprit avide de renouveau, de beauté autant que de mélancolie. Elle est notre soif d’infini. Car lorsque l’on franchit la ligne, il n’est plus de finalité à rechercher, tout au contraire. Seul le mouvement fait sens.

Vidéo de la chanson « IV » :

Texte de la chanson « IV » :

« Douze crépuscules et douze aurores…

Je ne comprend pas immédiatement. Alors que ces âcres fumées s’élèvent tout autour de moi pour m’encercler, me priver d’air et troubler ma vision… Je ne comprend pas que ces pensées faite d’opium noir qui se dessinent soudain sous mes rétines sont les miennes, à moi seul. Ou plutôt, je refuse tout simplement de les reconnaître. Je les avais enfouies trop loin, espérant les dissoudre à jamais. Elle ne sont que douleur à couvrir d’un voile de pudeur. J’avais choisi cette fuite, oui, et je ne veux plus revenir en arrière. Mais elles sont soudain si cruellement nettes. Je pourrais m’en saisir à pleine main, les tourner et les retourner, comme des objets fait de marbre. Lisses, froides, sans âme, je redécouvre en cet instant tout ce dont j’avais enveloppé mes espoirs déçus, mes rêves tâchés de suie, mes appétits avilis et mes désirs éteints. Les composantes de toute l’insanité de cette vie qui attend encore mon retour. Dans douze jours. Comme un couperet final destiné à trancher net mes ultimes velléités de rébellion comme on condamne une folie jugée trop dangereuse.

La fumée qui s’élève autour de moi n’est pas blanche. Elle est bleue. D’un bleu qui n’existe pas sur Terre. Ni celui du ciel. Ni celui de l’océan. Et la fine et gracieuse créature des charmes desquels je n’arrive plus à me défaire, se mue soudain en une puissance dévastatrice, d’une beauté bien supérieure à sa simple enveloppe charnelle, et qui se lance à l’assaut de ma mémoire tue, telle un souffle vengeur plongeant à corps perdu dans toute la vacuité de mon univers. Et je la sens, entrer en moi, explorer chaque strate de mon être. Je la sens me fouiller, déroulant chaque fil du tissu structurant ma vie. Brisant les marbres. Forçant les verrous. Franchissant les barrières. Déchirant les silences. Et je ne peux m’en défendre. Parce que je ne veux tout simplement pas qu’elle se retire. A aucun prix. Je suis trop fasciné. Autant que pétrifié. A l’idée qu’elle ne découvre rien, absolument rien. Que tout le vide de mon être ne se fasse que plus éclatant encore et que son regard si beau, si noir, ne se couvre du voile de la pure déception. Et qu’elle ne finisse par m’abandonner sur le seuil d’une découverte que je serais tout simplement incapable de mener.

Douze crépuscules et douze aurores… c’était mon horizon bien net, ma limite posée à l’échappée qui devait être aussi belle que factice. Mais à présent, je ne sais plus. Car il n’y a soudain plus d’aurore, ni de crépuscule. Je suis suspendu sur la courbe du temps. Et doucement, elle m’attire vers elle, me conduit sur une ligne sise entre deux mondes. Elle m’emporte là où est son règne, à elle. Et m’offre de contempler un paysage que je n’aurais du que rêver, et qui n’a plus rien de mortel. Une terre qui n’aurait du n’être qu’un mirage et qui soudain se découpe en un horizon flamboyant. Elle m’offre ce que j’avais renoncé à chercher, trop abattu, vaincu par la vie. Et tout devient limpide. Comme au premier jour et au dernier. Un bref instant, je la vois me sourire. A travers les nappes de cet étrange Soma dont elle m’a baigné. Et cet énigmatique sourire prend alors enfin tout son sens. Je peux enfin le cueillir comme une plume délicate tombée de quelque manne céleste. Et de me dire que je si suis devenu fou et j’aspire à l’être cent fois plus encore. »

Vidéo de la chanson « III » :

Texte de la chanson « III » :

« Sati parle :

Il était mon opium. Dans ses bras faits de cendres, j’avais le pouvoir de me disperser dans l’air et de danser avec le vent. J’étais libre. Il était ma source d’eau pure autant que mon poison, dont chaque goutte instillée dans mes veines, me propulsait vers un ailleurs merveilleux et sans définition. Il était mon rêve, fait dieu. Et il m’avait offert la plus belle des couleurs pour orner mon cœur, fou d’amour. Mais de ses bras j’ai été arrachée. D’anathème on m’a frappée. De blanc on m’a parée, symbole de ma condamnation et de ma solitude. Et jusqu’à mon nom, tout a été barré du sceau de l’oubli. Les flammes du bûcher du désespoir ont léché mon corps, mais il n’est pas devenu cendres. Et au temps, j’ai osé dérober les clés. Ma jeunesse s’est évaporée, et il me semble avoir vécu plusieurs vies, mais mon corps ne souffre étrangement pas le poids des ans. Refusant de supplier le noir de la pureté originelle de venir m’enlacer et m’emporter vers la délivrance, sans doute ai-je j’ai défié les lois de ce monde. Pour souffrir encore et mesurer à chaque seconde toute la beauté de ce que j’ai perdu. Pour vivre encore, un fol espoir d’ultime extase.

De ce monde, je recueille désormais les offrandes. D’elles, toute mon existence dépend. Mais ce sont de mots dont je me nourris, de chants et de visions. Je m’abreuve d’idées, d’émois, de passions. Je cherche dans les pages du passé et dans celles de l’avenir, dans les créations, les inventions, toutes les beautés de ce monde qui me sont offertes, à retrouver cette essence vitale dont j’ai été vidée. Parmi tous ces êtres qui peuplent le monde, parmi toutes ces âmes emportées dans ce qui n’est déjà plus qu’une course frénétique effroyable, se pourrait-il que je trouve celle, précieuse, qui saura faire renaître toute la béatitude que la transe divine de Shiva m’avait insufflée ? Mais rien de ce que je découvre n’égale jamais cette splendeur perdue. Et si souvent le monde ne m’apparaît plus que comme un paysage de ruines, un entrelacs d’abstractions promptes à m’étrangler l’esprit, ou un simple néant sans espoir de lumière. Alors, cette âme, cette âme emplie de doute, cassante comme du verre, qui en cet instant est assise face à moi et me dévore du regard sans pourtant jamais troubler mon silence… dois-je me décider à la contempler vraiment? Elle qui m’a émue lorsque je l’ai découverte sur les abords du fleuve sacré ? Dois-je tenter de la révéler ? Ou bien me faut-il, d’espoir las, enfin rendre au temps les clés que je lui ai dérobé ? Ne serais-je désormais plus que folie ? »

Vidéo de la chanson « II » :

Texte de la chanson « II » :

« Aurais-je pu l’imaginer ? Lorsque j’étais encore dans l’avion qui m’emportait vers cette destination improbable ? Mais qu’étais-je alors? Un de ces touristes occidentaux, fatigué du ronron quotidien, en quête d’une expérience mystique de carte postale ? Les tour opérators sont si généreux en offres. Et l’Inde, un cliché aux couleurs chatoyantes. Il ne me fallait que cette touche d’exotisme pour composer la parfaite fausse consolation d’une vie sans saveur. Aurais-je pu l’imaginer ? Alors que je tentais, tant bien que mal de fendre la foule phénoménale de la Kumbha Mela pour espérer m’approcher des berges et prétendre vivre au plus près possible la cérémonie hashtaguée de toutes part et rapporter la preuve de ma conversion du dimanche aux mystères d’une autre culture sur mes médias sociaux ? Sous ce ciel chargé de nuages noirs et fendu d’éclats d’or d’un soleil n’ayant de cesse de se battre pour rappeler sa toute puissance, au cœur de cette foule composée d’un nombre incalculable de saris aux couleurs éclatantes, de Sadhu Naga Baba dansant nus, et de tout ces visages uniformes tournés vers des déités et démons dont la signification n’avait juste aucun sens dans mon quotidien fait de valeurs numériques et de considérations terre-à-terre… Les pieds plongés dans cette eau aussi sacrée qu’empoisonnée, dans toute cette fange magnifique… Elle s’est soudain trouvée là, devant moi. Et rien ne me l’avait prédit. Et ma vie rangée, cadrée, puant l’orgueil, tout à la fois molle et impérieuse, attendant mon retour dans douze jours, me commandant de n’être rien d’autre qu’un bien heureux touriste, comme des millions d’autres, ne m’y avait pas préparé. Moi, l’étranger, l’esprit gonflé de prétentions factices, je me suis soudain senti ébranlé. Et la photographie parfaite que j’étais venu prendre comme des millions d’autres, n’a plus eu aucun sens.

Le ballet de couleurs fantastiques qui se déversait comme une vague de fièvre dans ces eaux sacrées est soudain devenu monochrome et silencieux. Elle n’était drapée que d’une simple soie bleu pâle, sans le moindre ornement, mais rien ne pouvait rivaliser avec le rayonnement de son visage. Il n’y avait pourtant rien, rien d’extraordinaire dans cette apparition. Nul éclair de foudre ne m’a frappé, elle n’avait pas jailli des eaux du Gange et nul cercle de lumière ne composait une aura mystique autour d’elle. Elle se tenait simplement là, devant moi, le visage fendu d’un énigmatique sourire. Mais la masse impressionnante et compacte des « autres » n’existait soudain plus pour moi. Pourquoi s’est elle tournée vers moi ? Pourquoi m’a-t-elle regardé de ces yeux si noirs dans lesquels je voudrais désormais juste me noyer ? Et pourquoi, dans un geste d’une simplicité enfantine, m’a-t-elle entraînée dans son sillage, comme si c’était là une évidence ? Je ne saurais le dire. Le simple contact de sa main dans la mienne m’a bouleversé… Je l’ai suivie. Je ne pouvais déjà plus me détourner d’elle. Sur son passage, les guerriers de Shiva au corps couvert de cendre, se sont écartés. Je n’ai pas alors cherché à le comprendre. Je ne me suis pas plus préoccupé de leurs étranges regards. J’étais trop fasciné par cette inconnue qui m’emportait avec elle dans un mouvement infiniment gracieux de soieries bleues. »

Vidéo de la chanson « I » :

Texte de la chanson « I » :

« Veda 1

Je la contemple, assise devant moi, plongée dans l’étude de ces Veda dont j’ignore tout. Je ne me lasserais sans doute jamais de cet instant volé au temps. Volé à sa vie. A quel point elle ignore pourtant ma présence en cet instant. Je ne suis qu’une ombre pour elle, qui gâte la lumière de sa lampe. Je me sens comme un intrus. Même lorsqu’elle daigne soudain lever les yeux et me demander, dans un sourire, encre, buvard ou plume. Ce sourire, si énigmatique… Je ne suis rien d’autre qu’une chimère. Ai-je seulement le droit de la contempler ainsi? De regarder ses fines mains blanches parcourir ces ouvrages avec avidité ? De l’admirer passivement dans cette curieuse quête qu’elle mène vers un secret que je ne saurais lui offrir? Ces pages, cette encre vieillie, ce langage, qui semble lui offrir tant de bonheur et la parer de cet éclat qui la rend si désirable, j’en ignore tout. Pourtant, combien en cet instant je voudrais en être le maître pour pouvoir faire partie de son univers ? Son regard, si noir, ne s’éclaire que pour ce monde étrange et hors de ma portée. A quel point je voudrais être l’unique objet de son adoration. Assise devant moi, si proche et pourtant si inaccessible, elle s’offre à mes yeux comme une apparition merveilleuse. Je suis fou d’elle, elle qui m’ignore en cet instant. Je suis fou d’elle, elle qui respire la magie pure. Mais que sais-je d’elle ? Si ce n’est son nom ? Son nom qui résonne comme l’écho d’un mythe ? Ce nom qui résonne comme un destin cruel. En silence, je la regarde, lire et écrire. Respirer. Exister. Et tracer une étrange ligne entre les mondes.
Sa passion est plus absolue que la mienne et mon propre univers m’apparaît soudain bien trop pâle pour prétendre la mériter, elle. Je ne suis qu’un trait de stylo, lorsqu’elle est inspiration. Dans ma folie, je rêve pourtant d’inventer pour elle bien des mondes extraordinaires, des univers sans lois, mais mes pensées ne sont jamais que des gouttes de poison dans mon sang. Les siennes, je les sens plus absolues. Quelles sont-elles ? Dans quel passé et quel avenir plongent-elles ? Je voudrais qu’elle me laisse contempler ses rêves, ses inventions, ses vœux et ses fragilités. Je ne suis qu’un fou, car je crois les voir s’écouler d’elle comme une rivière faite d’or. Et je tend la main, essayant vainement de les saisir. Elle est simplement belle, assise en cet instant face à moi, plongée dans l’ombre de ses livres. Et je suis un fou qui va trop loin. La menace qui plane sur nous ne semble nullement la troubler. Et je ne peux que rêver. Rêver de la sauver, elle qui ne veut pas l’être. Rêver qu’elle me sauve, moi, l’inutile.
Le temps est compté, je le sais, mais il semble que je sois le seul à le souffrir. Pour elle, douze jours ou douze ans, peu importe. Alors, je bois chaque seconde de cet instant, comme un assoiffé qui compte les moments qui le séparent encore du néant. Je bois chaque seconde que la simple vision de Sati envoûte, me demandant pourquoi elle m’a choisit.
 »

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