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Chronique   

Saxon – Battering Ram


Saxon - Battering RamEn bientôt quarante années d’existence, Saxon s’est affirmé indéniablement comme l’un des fers de lance du heavy metal britannique. Ces vénérables vétérans sexagénaires du heavy qui n’ont désormais plus rien à prouver de leur savoir-faire et savoir être en matière de musique, semblent pourtant rajeunir au fil des années, en témoigne l’impressionnant album Sacrifice en 2013 par lequel Saxon parvenait au compromis gagnant entre classicisme assumé et modernité. Même les récents problèmes de santé de son batteur Nigel Glockler semblent passés et oubliés, si bien que le groupe débarque cet automne sur des charbons ardents avec un vingt-et-unième album, le deuxième consécutif chez le label UDR Music, et intitulé Battering Ram (« bélier » en français). L’illustrateur Paul Raymond Gregory (Molly Hatchet, Battalion), qui a déjà signé une grande partie des visuels d’albums de Saxon, renoue ici avec un dessin traditionnel sur le concept orthodoxe de château fort médiéval dont l’entrée vole en miettes sous le martèlement d’un bélier de combat, évoquant la scène du Seigneur des Anneaux où les orques parviennent à entrer dans la cité de Minas Tirith, et qui fut déjà immortalisée par l’artiste dans un tableau personnel. L’immédiateté et l’éclat de Battering Ram ne se mesurent pas qu’à l’aune de son artwork, mais également dès les premiers riffs de son morceau éponyme en ouverture. Le groupe a clairement voulu opérer un net retour aux sources, qui sous les manettes du producteur orfèvre Andy Sneap conserve un cachet moderne et classieux.

Ce sont les guitares de Paul Quinn et Doug Scarrat qui crèvent de suite l’écran, la production s’avérant plus que jamais massive et frappante. On y retrouve tous les aspects techniques et mélodiques qui nourrissent le groupe depuis ses débuts. Les gammes chez Saxon continuent sur ce nouveau disque d’allier le heavy des années 80 avec le son incisif allemand que le groupe est allé chercher dans les années 90, cette orientation s’étant particulièrement montrée révélatrice et payante à partir de l’album Unleash The Beast en 1997. Nigel Glockler affiche quant à lui une forme éclatante derrière ses fûts – « même pas mal ! » pour le batteur qui fut hospitalisé à la fin de l’année dernière pour une hémorragie cérébrale. Principal compositeur des parties de claviers pour le groupe depuis plusieurs années, il délivre également d’intéressantes séquences pour parsemer l’opus, avec en point d’orgue « Kingdom Of The Cross », mélancolique et intimiste morceau écrit sur les horreurs de la Première Guerre Mondiale dont les couplets narratifs sont récités par David Bower, acteur de son état, mais aussi chanteur du groupe Hell (dont le leader n’est autre qu’un certain Andy Sneap). Cette dixième piste innove et s‘adapte même plutôt bien en fin de peloton au sein d’un album globalement enjoué et positif. S’agissant de voix toujours, l’expérimenté Biff Byford rayonne comme à son habitude sur l’ensemble du disque, son timbre allant puiser toujours plus loin l’émotion.

Battering Ram forme un tout, bien que plusieurs chansons parviennent à se démarquer. Citons notamment « Top Of The World » dont les premiers pans évoquent « Princess Of The Night » avant que se succèdent des guitares harmonisées typiquement 80’s et des riffs tueurs, « Eye Of The Storm » dont la partie soliste se voit superposée d’un surprenant sample de bulletin météo, ou encore le grand défouloir que représente « Destroyer » du même nom que le super vilain des comics Marvel. À l’instar de « Warriors Of The Road » sur le précédent opus, « Hard As Fast » se déguste sur le guidon d’une cylindrée sportive à haute vitesse, tandis que « The Devil’s Footprint », avec son intro narrative digne de « The Number Of The Beast » des compatriotes anglais d’Iron Maiden, prend racine sur le folklore de l’affaire non élucidée du Diable du Devonshire qui marqua l’Angleterre en 1855. Le groupe va même jusqu’à offrir une hard-rock session avec la virevoltante chanson à boire « Three Sheets To The Wind » qui sert ici de piste bonus, emmenée par une guitare rugissante et tournoyante à la AC/DC. Le démon du rock n’ roll est clairement parmi nous, mais Saxon ne succombe pas à une facilité prévisible, à l’instar d’un « Queen Of Hearts » dont la rythmique saccadée et lourde laisse place petit à petit à une dimension plus sombre et crépusculaire.

En dépit d’un « To The End » légèrement plus en retrait, il faut globalement voir en Battering Ram un nouveau tour de force après celui de Sacrifice il y a deux ans, faisant la part belle à des chansons plus directes, endiablées même, qui opèrent la symbiose de plusieurs époques du groupe. À une période de l’année où la lumière du jour décroît, ce nouveau disque possède bien des arguments pour servir de remède alternatif à la dépression saisonnière qui guette.

Voir la lyric-video de « Queen Of Hearts » et le clip pour la chanson « Battering Ram » :

Album Battering Ram sortie le 16 octobre 2015 chez UDR Music.



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