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Chronique   

Saxon – Carpe Diem


Il était difficile de prédire l’arrivée du vingt-troisième album studio de Saxon. Son frontman Biff Byford a subi une crise cardiaque en septembre 2019, ce qui l’a évidemment obligé à reléguer le groupe au second plan. Une convalescence suivie de l’arrivée de la pandémie qui a – comme tant d’autres – forcé Saxon à réviser tout son emploi du temps. Des aléas qui, malgré leur magnitude, n’ont jamais remis en question la volonté des vétérans du heavy britannique de continuer à honorer le culte du riff. Saxon a profité du temps libre pour s’offrir une parenthèse avec l’album de reprises Inspirations et Biff Byford a réalisé Heavy Waters, son album solo avec son fils. Une dynamique de production à laquelle répond Carpe Diem (« Profite du moment présent » en latin), dont les parties de batterie ont heureusement été réalisées avant la pandémie. Un opus qui se concentre sur une seule chose : la mise en valeur des plans de guitare dans la plus pure tradition heavy. Un credo simple présenté par Biff : « tout commence avec le riff ».

Le titre éponyme – inspiré par une visite du mur d’Hadrien – de l’album se dévoile par un effort d’orchestrations fait de percussions martiales, de nappes éthérées et de cuivres lointains avant de dévoiler la caractéristique principale de l’effort : la mise en avant des guitares à tous les instants. Saxon s’est appuyé avec raison sur l’expertise d’Andy Sneap (Judas Priest, Accept, Exodus) en matière de guitares typées eighties et « Carpe Diem (Seize The Day) » applique la formule sainte à la lettre. Le timbre aigu et chaleureux de Biff Byford s’impose tout juste sur les guitares et les articulations rythmiques ont pour principale vocation d’être des rampes de lancement pour les soli. « Age Of Steam » témoigne d’une volonté d’accentuer l’épique de certaines mélodies. Le titre profite d’un lead grandiloquent et de roulements de percussions : Saxon en revient à la théâtralité de l’ère glorieuse du NWOBHM. Il est même enclin à s’appuyer sur certains clichés, à l’instar des pseudo-cantiques religieux qui ouvrent le mid-tempo de « The Pilgrimage ». Ce sont parmi les seuls accents « progressifs » présents sur Carpe Diem, une évolution extrêmement fluide qui permet aux guitaristes quelques monologues moins effrénés et à Biff Byford de faire vibrer notre corde sensible. « Lady In Gray » respecte un procédé similaire : le frontman profite d’un pont pour déployer tout son talent en la matière. Quand Saxon lève le pied, il gagne à la fois en puissance et en émotion (le solo de « Black Is The Night » est l’un des moments phares de l’opus), même si certains arrangements sont d’une facture intrigante pour ne pas dire obsolète.

Les réminiscences des eighties sont sans surprise l’un des intérêts majeurs de Carpe Diem. « Remember The Fallen » et son introduction à la Judas Priest en est l’archétype parfait, une succession des codes appliqués à la lettre pour tous les instruments. On pourrait reprocher à Saxon une certaine monotonie en raison d’un jeu de batterie qui se contente du fonctionnel. Il y a néanmoins quelques accélérations qui évoquent le thrash des premières heures, à l’image de « Super Nova » et de son riffing de gymnaste chevronné. La conclusion « Living On The Limit » entretient quant à elle une parenté avec l’énergie d’un Motörhead sans ses accents crasseux. Au terme de l’écoute de Carpe Diem on ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine satisfaction, celle d’avoir rencontré un témoin d’une époque révolue qui s’efforce d’en entretenir le souvenir. Une entreprise à laquelle Saxon s’adonne sans paresse, déterminé à proposer une musique qui fera date dans le registre. Certes, Carpe Diem ne peut pas prétendre à un niveau d’inspiration homogène – « Dambusters » et « All For One » ont peut-être moins d’emprise sur l’auditeur en raison d’un développement trop convenu –, il s’en sort néanmoins par quelques élancées mélodiques endiablées qui donnent envie de parcourir les Highlands sous la pluie à moitié nu (ou de pratiquer l’air-guitar devant sa glace pour les moins ambitieux).

Carpe Diem a raison de prétendre être issu du riff. Saxon ne nous donne que pratiquement l’essentiel de sa musique et sa vingt-troisième réalisation se présente comme la somme la plus complète de ses talents. Oui, Saxon sonne comme un groupe qui a empilé les années et oui, Carpe Diem ne réserve aucune surprise. C’est justement tout l’intérêt : Carpe Diem est parfaitement en phase avec l’imaginaire que l’on a de Saxon. Les guitares s’entremêlent et les mèches longues flottent à l’air libre. Pour ça, on peut bien tolérer le cuir brillant à la taille douteuse.

Clip vidéo de la chanson « Remember The Fallen » :

Clip vidéo de la chanson « Carpe Diem (Seize The Day) » :

Album Carpe Diem, sortie le 4 février 2022 via Silver Lining Music. Disponible à l’achat ici



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  • au début était le riff , top, Saxon est de retour… »Remember the fallen » Super morceau de Saxon.

    [Reply]

    Spaceman

    Bonjour Kebra,

    Nous avons édité ton commentaire car ça n’a rien à voir avec le sujet et tu avais déjà posté exactement le même texte dans un autre article. Attention de ne pas tomber dans le spam…

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