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Interview   

Saxon : l’énergie d’un bélier


Biff Byford - SaxonDepuis bientôt quarante ans, Saxon trace sa route, telle une voiture bélier à laquelle rien ne résiste. Toujours là, fidèle au poste pour venir nous abreuver d’une nouvelle salve de heavy metal, dans un fin équilibre de tradition et de modernité. Et vingt-et-un albums après ses débuts, être en mesure de pouvoir revenir avec des opus de la trempe de ce Battering Ram, il y a de quoi se dire que les vieux briscards du metal ont encore de beaux jours devant eux, au plus grand bonheur des fans qui s’agglutineront encore et encore contre les crash barriers, dégoulinants de sueur, les poings levés… C’est à eux que cet album est avant tout dédié. Car l’une des forces de ces Anglais, c’est aussi cette relation d’échange d’énergie qu’ils peuvent entretenir avec leurs fans, n’hésitant pas à leur consacrer certains de leurs hits.

Nous avons récemment rencontré Biff Byford qui nous parle du nouvel album, de sa conception, de l’implication du producteur Andy Sneap, de certaines thématiques, etc. Il fait aussi avec nous le point sur son album solo, dont certaines chansons sont finalement passées dans le camp Saxon. Mais tout d’abord, quelques nouvelles plus que rassurantes du batteur Nigel Glockler…

Saxon

« Je suis plutôt surpris, quand j’écoute l’album, qu’il sonne si bien. Vraiment ! »

Radio Metal : Avant toute chose, Nigel Glockler a donné une peur bleue aux fans il y a quelques mois avec ses problèmes de santé, peux-tu me donner des nouvelles de lui ? Comment va-t-il ?

Biff Byford (chant) : Il va vraiment mieux maintenant. Sa santé est bonne, il n’était pas spécialement mal en point donc les médecins ont pu le soigner. Il vient juste de faire une longue tournée aux Etats-Unis, donc tout va plutôt bien !

Ses problèmes ont-ils eu un impact sur la conception de Battering Ram ?

Pas vraiment. Il a dû aller chez le médecin pas mal de fois pour se faire soigner. Nous avons répété les chansons avant l’album avec quelqu’un d’autre, donc quand il est venu pour faire les parties de batterie, les morceaux étaient plus ou moins prêts. Donc ça s’est très bien passé ! Nous avons juste fait ce que l’on fait avant d’entrer en studio, mais juste sans lui pour qu’il puisse se reposer.

Battering Ram est votre vongt-et-unième album. Comment comparerais-tu l’enthousiasme de sortir un vingt-et-unième album avec la sortie du tout premier album ? Est-ce toujours un moment magique pour vous ?

Absolument, c’est toujours magique quand un album sort, plus particulièrement quand c’est un bon album, étant donné tous les problèmes que nous avons eu avec Nigel et aussi Lemmy, nous avons dû annuler des tournées et autres au début de l’année… Je trouve que nous avons fait un chef d’œuvre ! C’est un album très focalisé. Les quatre premiers morceaux sont définitivement des morceaux de metal dans ta face.

Tu as dit que « cet album est une progression naturelle par rapport à Sacrifice. Il y a un peu moins de rock’n’roll et un peu plus de ‘heavy‘ dessus ». Tu as aussi dit que vous « vouliez rester focalisés sur un style plutôt que de trop bouger ».

En effet. Je voulais me concentrer sur les riffs de guitare, en somme. Je voulais qu’ils soient tranchants, que les parties de guitare ne soient pas trop rock’n’roll. Le titre bonus, “Three Sheets To The Wind (The Drinking Song)”, est un morceau rock’n’roll, évidemment, mais ce n’est pas sur l’album, c’est un truc bonus. Donc oui, je voulais juste faire en sorte que tout le monde se concentre sur le fait que nous sommes un groupe de heavy rock, un groupe de metal, il n’y a aucun intérêt à se le cacher, et je voulais quelque chose pour 2015 tu vois ? Juste être focalisé ! Je trouve que Sacrifice et Call To Arms étaient bons. Je ne dis pas que je n’aimais pas la manière dont nous bougions stylistiquement. Nous sommes Saxon, nous pouvons le faire. Je voulais juste que cet album soit un peu plus focalisé, tu vois ? D’un point de vu stylistique, c’est tout ce que je dis. Ca consiste juste à avoir le style des guitares et de la voix focaliséS sur une direction plutôt que de balayer un peu tout.

Et pourtant l’album sonne plutôt diversifié et possède quelques sonorités rock’n’roll…

Absolument ! Mais elles sont déguisées ! [Rires]

Est-ce important pour toi, même si tu choisis une direction particulière, de faire des albums diversifiés ?

Non, je pense que nous avons été diversifiés dans les albums précédents donc le public est habitué à ça. Je voulais juste faire un album qui était plus orienté metal anglais typique. J’ai écrit avec Nibbs une bonne partie de l’album à la base. Donc les riffs de guitare plutôt modernes viennent de Nibbs, et quand les gars ont commencé à les jouer, ils les ont fait sonner plus années 80, comme « Battering Ram » où la guitare est plutôt brutale mais, d’un autre côté, est assez années 80 également.

Tu as dit que le producteur, Andy Sneap « s’est occupé de tout ». Peux-tu nous en dire plus sur son rôle dans cet album ?

Nous avons choisi ensemble les morceaux – il y en avait dix-sept – et quelques-unes étaient rock’n’roll [rires]. Donc il a choisi ses morceaux, j’ai choisi les miens, et nous avons seulement utilisé les morceaux que nous avions tous les deux choisis. C’était le critère de sélection. C’est pour cette raison que l’album est ce qu’il est, par mon choix de chansons. Je crois qu’il y avait quatre chansons sur lesquelles nous n’étions pas d’accord, et nous ne les avons pas utilisées. Donc concrètement, il est bien impliqué dans l’album.

Saxon - Battering Ram

« [‘Battering Ram’ est une] chanson sur le public rock, se tenant à la barrière en attendant le groupe […]. Je trouve qu’il y a une force là-dedans, comme un bélier. »

Tu as déclaré que tu travailles souvent à deux, avec un des guitaristes ou Nibbs. Peux-tu nous dire quel est le but de cette méthode de travail ?

Je pense que, pour la plupart des chanteurs/compositeurs comme moi, on travaille toujours avec un guitariste ou un claviériste. Parce que nous sommes un groupe de guitare, donc ça fonctionne toujours mieux quand je travaille avec un guitariste ou deux. Je peux même être moi-même le guitariste ; dans ce cas je travaille seul, en jouant de la guitare. Je crois que « Battering Ram » avait les paroles avant les riffs. « Queen Of Hearts » était à la base une chanson que j’écrivais pour mon projet solo, et je l’ai prise pour Saxon, même chose pour « To The End ». Je l’écrivais pour moi, et elle a fini pour Saxon… C’est juste que Saxon est plus important que mon album solo. Du fait que quelqu’un d’autre l’a produit et que je me sois concentré sur les voix, je suis plutôt surpris quand j’écoute l’album qu’il sonne si bien. Vraiment !

Apparemment c’était très important pour toi et Andy d’avoir une musique et un son qui gardent l’essence des années 80 mais qui sonnent moderne. Comment fais-tu pour trouver l’équilibre, au niveau musical et sonore, entre la nostalgie des années 80 et la modernité ?

Je pense que Sacrifice avait probablement une approche plus actuelle sur les chansons. Ecrire les chansons dans le style des années 80, c’est ça qui donne le sentiment des années 80. Le son des guitares est assez moderne, j’imagine, assez nerveux. Mais ça reste des amplis et enceintes Marshall, ça reste du Saxon organique, si tu vois ce que je veux dire. Nous n’utilisons pas beaucoup de samples là-dedans. En somme, c’est un album organique avec quelques parties live, enregistrées dans une cabine, et d’autres qui sont des overdubs. C’est donc un mélange de différents styles de la vieille école et de la nouvelle, c’est comme tous nos albums aujourd’hui. Mais je pense que celui-ci en particulier est un mélange.

Tu as dit que tu voulais trouver « l’espace sonore et l’équilibre pour que les riffs et mélodies de Battering Ram aient l’espace frontal et central nécessaire ». Comment as-tu fait pour y arriver ?

Je pense que Andy est le gars qui a réussi à faire ça, pas vraiment moi. Tu sais, le son de batterie est tel quel, il n’y a aucun sample dessus. Il a permis que tout reste uni et il s’est focalisé dessus. Il n’a rien cherché à faire avec un clavier ou ci ou ça. Tout ce qu’il fait dessus, ce n’est que du fun, vraiment. On s’est vraiment amusés à faire l’album ! Tu peux l’entendre dans les morceaux ! C’est très énergique, ils capturent vraiment l’essence de Saxon. Ça nous a pris cinq semaines pour tout enregistrer, donc c’était assez rapide.

Les chansons à tempo moyen et les ballades de cet album, comme « Queen Of Hearts » ou la dernière chanson, « Kingdom Of The Cross » sont assez sombres. Qu’est ce qui a inspiré le ton plus sombre pour ces chansons ?

« Queen Of Hearts » est assez brumeuse au niveau des paroles. J’imagine que c’est une sorte de texte intellectuel car c’est très profond, si tu vois ce que je veux dire. C’est à la base à propos d’un jeu d’échecs, comme dans Alice Au Pays Des Merveilles. J’adore Lewis Carroll, j’aime les trucs qui tournent autour du rêve, du cauchemar, j’adore ça. Donc je voulais que ça soit un peu comme King Crimson ; c’est inspiré de ça dans le style. Je trouve que ça donne un bon rendu ! « Kingdom Of The Cross » était une expérience. J’ai écrit un poème sur la première guerre mondiale, et je l’ai publié sur internet. Et je voulais juste écrire une chanson sur le centenaire de la fin de la première guerre, qui sera l’année prochaine, je crois. Je ne voulais pas qu’il y ait des guitares dedans, je ne voulais pas que ce soit une ballade, en faire une sorte d’Era à l’américaine ou autre. Je voulais juste que ça soit très ambiant, avec la voix. Nous avons vraiment expérimenté et ça a marché, donc nous nous sommes dit : « Est-ce qu’on le met sur l’album ? Est-ce qu’on ne le met pas ? » Et nous avons dit : « Et puis merde, on le met sur l’album ! » Et les gens ont aimé ! Je suis vraiment surpris que le public apprécie.

Musicalement, « Kingdom Of The Cross » n’est pas une chanson typique de Saxon, elle a une structure très répétitive et des textes parlés sur tous les couplets. Comment en es-tu arrivé à une telle structure ?

Par accident, j’avais un CD que Nigel m’avait envoyé il y a trois ans avec des parties de synthés, et je me suis dit : « Est-ce que je dois chanter le poème ? Le parler ? » Et puis je me suis dit : « On va le faire d’une manière plus théâtre classique et demander à un acteur de s’en occuper, de le lire avec le soutien des claviers ». Je voulais qu’un acteur s’en charge. J’avais trois personnes en tête et Dave (NDLR : David Bower, du groupe Hell) en faisait partie. J’ai quelques amis acteurs, l’un d’eux était dans le nouveau Mad Max, donc il était en Australie et ne pouvait pas le faire, un autre gars était ailleurs, donc Dave a essayé car je sais que c’est un acteur avec une formation classique, et je voulais qu’il le fasse dans un dialecte nordique. Il a donc joué le rôle d’un commentateur. Nous avons découpé les synthés ici et là pour que ça ait plus de sens. Doug a ramené un motif de refrain dessus. J’ai écrit les paroles du refrain un soir où nous travaillions sur la chanson. Donc nous n’avons pas vraiment enregistré la chanson en studio, le clavier vient de la démo de Nigel ! C’est donc juste assemblé ; différentes parties collées ensemble comme une expérimentation où je fais un peu l’idiot. Mais ça a vraiment marché, donc nous l’avons mis sur l’album.

Saxon

« Apparemment, nous avons un don pour écrire une chanson sur un sujet et deux ou trois mois après un film sort sur le même sujet, ce qui est fou. Je ne sais pas pourquoi ! »

Comme tu l’as dit, tu as demandé à David Bower de se charger des parties parlées. As-tu ressenti le besoin de t’éloigner des paroles de cette chanson ?

Je l’ai fait moi-même à l’origine. Mais je me suis dit que ce serait mieux si quelqu’un d’autre le lisait comme un poème, pas comme ses paroles. Je trouve que ça a bien marché, ça donne une sorte de ressenti extérieur. C’est juste quelqu’un qui lit un poème sur un fond de musique. Je pense que si je l’avais fait, ça aurait impliqué bien plus de travail, et les gens auraient reconnu ma voix. Je voulais juste quelqu’un qui lise mes mots, c’est tout.

Dans l’album, comme la plupart de vos albums, tu as des paroles qui parlent de thèmes réels et historiques, de mythes et contes fantastiques et aussi des sujets plus rock’n’roll. As-tu une satisfaction particulière à toucher un si large panel de thèmes dans les paroles ?

Je pense que si tu es un conteur d’histoires, ce que je suis évidemment, tu es juste à la recherche d’histoires, la plupart du temps. Beaucoup de chansons ont des paroles qui parlent de voitures, de trucs de rebelles rock’n’roll, etc. Mais c’est assez important pour moi de faire ça, d’être un conteur d’histoires, d’essayer d’amener cette dimension dans la structure mélodique et les paroles de Saxon, exactement comme le font, je suppose, Bruce Dickinson ou Lemmy, qui sont aussi des conteurs d’histoire.

La chanson « Destroyer » est à propos d’un personnage de comics Marvel. Pourquoi as-tu choisis ce personnage en particulier ?

Je trouve juste que c’est super méchant ! Il n’a aucune émotion, c’est juste une putain de machine à tuer. Donc c’était un bon sujet d’écriture. Je lisais beaucoup de comics quand j’étais un jeune étalon. Tu peux à nouveau te les procurer maintenant en Angleterre, car avant, les gens les copiaient. Il y a une version anglaise de Marvel, je suis sûr qu’il y en a une version française aussi. Donc oui, j’en lisais auparavant, en même temps, ils sont géniaux ! J’avais pour habitude de lire des comics sur la guerre, ou tout autre chose qui me permettait de m’évader. J’aime les comics Marvel mais aussi les films. Je ne crois pas que le Destructeur ait été dans un des films encore, à moins qu’il soit dans le dernier Thor ? Je ne sais pas ce que c’était que ce truc, mais ça pourrait être le Destructeur. Apparemment, nous avons un don pour écrire une chanson sur un sujet et deux ou trois mois après un film sort sur le même sujet, ce qui est fou. Je ne sais pas pourquoi ! Nous avons écrit une chanson sur l’Everest, « Top Of The World », et il y a un nouveau film sur l’Everest, c’est dingue ! Ils auraient pu utiliser la chanson, non ? C’est un don que nous avons pour être dans l’air du temps, j’imagine.

D’ailleurs, que penses-tu de cette profusion de films Marvel et DC Comics que l’on voit maintenant ?

Je trouve ça cool. Ils font ça bien. Je crois que les comics Marvel sont ceux qui ont le plus de succès, non ? Mais les DC comics vont prendre de l’ampleur je pense bientôt. Je suis fan de science-fiction, donc ça me plaît. Vraiment. Je suis plus fan de science-fiction que de films d’horreur, par exemple. Enfin, j’aime un bon film d’horreur. C’est cool à regarder, spécialement dans le bus de tournée. Mais je suis un grand fan de science-fiction. J’aime tous les films d’action aussi, comme Mission Impossible, j’aime vraiment ça ! J’aime les films d’homme, comme qui dirait.

Le titre de l’album Battering Ram fait référence aux fans qui se déchaînent à la barrière lors des concerts. Voulais-tu leur dédier cet album ?

J’écris toujours à propos de nos fans et de notre audience. Je trouve ça cool. Même si certains groupes ne le font pas, moi je le fais souvent. C’est une chanson sur le public rock, se tenant à la barrière en attendant le groupe, pas particulièrement le mien, n’importe quel groupe. Je trouve qu’il y a une force là-dedans, comme un bélier.

Les fans de metal sont connus pour être très loyaux et dédiés à leurs groupes préférés. Après 21 albums, je suis sûr que tu as beaucoup d’histoires marquantes concernant le dévouement des fans…

Je pense que le dévouement c’est comme…. Je veux dire, on a des gens qui viennent depuis la Chine en avion. Récemment on a eu un gars qui est venu en avion de Chine, depuis Pékin, il a regardé le concert et est reparti le lendemain matin, ce qui est… Ça a dû lui couter des milliers et de milliers d’euros de faire ça ! [Rires] Je pense que, particulièrement la musique rock, quand ça frappe quelqu’un et qu’il devient un fan de, par exemple [pointe le T-Shirt du journaliste] Lamb Of God, ou Saxon, ou n’importe quel vieux ou nouveau groupe, certaines personnes deviennent vraiment, vraiment dévouées. Et c’est un honneur d’avoir des gens qui voyagent sur de longues distances pour voir un groupe jouer en live, pour moi c’est un énorme honneur que des gens fassent ça. La dernière tournée que nous avons faite en France était probablement celle qui a remporté le plus de succès depuis un bon moment. Je ne sais pas pourquoi, d’un coup, les gens viennent te voir. C’est un mystère pourquoi tu affiches complet sur tous les concerts français cette année, alors qu’il y a deux ans ce n’était pas le cas. Je ne sais pas ! C’est juste comme ça. Tout le rock’n’roll est une bête sauvage, n’est-ce pas ? C’est une grande famille et en même temps une petite famille. On aime tous les mêmes groupes, les même genres de musique, tu vois ce que je veux dire ? Si tu vas à un festival aujourd’hui, un gros festival en France comme le Hellfest, ou si tu vas au Wacken, il y a différents genres de rock et beaucoup de fans veulent tout regarder. C’est une super époque. Mais c’est aussi une époque difficile, tu sais [Rires].

Saxon

« Récemment on a eu un gars qui est venu en avion de Chine, depuis Pékin, il a regardé le concert et est reparti le lendemain matin, ce qui est… Ça a dû lui couter des milliers et de milliers d’euros de faire ça ! [Rires] »

« Hard And Fast » parle de conduire vite. Comparerais-tu le frisson de conduire vite avec le frisson de chanter du metal en face d’une foule ?

J’ai eu beaucoup de bolides, des motos comme des voitures, et conduire vite est vraiment palpitant. Tu n’as plus beaucoup d’occasions de connaître cette sensation aujourd’hui, ou alors en violant la loi… Violer la loi est ce qu’il y a de mieux, tu te sens mieux mais évidemment c’est assez dangereux. Je trouve que conduire vite est quelque chose que les gens ne font plus de nos jours. Je cherchais à faire ça quand j’étais plus jeune et c’est un sentiment génial de conduire vite, sur n’importe quoi.

Si on remonte aux origines, le groupe a été formé en 1976, l’année prochaine marquera donc les 40 ans du groupe. Comptez-vous célébrer ça ?

Non, car en fait, nous célèbrerons les 40 ans dans quatre ans, le groupe a vraiment commencé en 1979. Le groupe d’avant n’était pas le même. Le batteur originel a rejoint le groupe en 1978, avant que nous ayons notre premier contrat d’enregistrement. Donc le groupe a vraiment commencé en 1979. Paul Quinn et moi étions ensemble bien avant ça, mais c’était un groupe de rock progressif, ce n’était pas Saxon. Donc j’imagine qu’avec Paul on fêtera notre 40e anniversaire, mais le groupe ne le fêtera pas avant 2019. 2019 sera notre véritable anniversaire.

Que retiens-tu de cette longue carrière ?

La musique vraiment ! Je pense que c’est l’héritage que tu laisses. Le bon et le mauvais, tu vois, ça reste. Nous avons 21 albums studio désormais. Avec les albums live, on doit être au-dessus des 30, mais les gens pensent que les albums studio sont la crème de la crème, donc on va dire ça [glousse]. Enfin oui, 21 albums, c’est super d’en être là. Espérons aller jusqu’à 22 !

Qu’est-ce qui selon toi fait que Saxon est encore un groupe d’actualité en 2015 ? Quel est le secret ?

La musique je pense. Je pense que nous avons écrit des chansons qui sont actuelles et compétitives. Beaucoup de groupes écoutent nos albums et regardent ce que nous faisons ensuite, beaucoup de fans viennent jeter un coup d’œil, voir où nous en sommes, qu’est-ce que nous faisons. Est-ce que nous maintenons l’avion en vol ? Est-ce que nous faisons du surplace ? Est-ce que nous avons l’air de nous ennuyer ? Est-ce que nous faisons ça juste pour l’argent ? Alors qu’absolument pas, nous essayons juste de faire un super album, c’est tout. Et c’est ça la clé.

A propos de ton album solo, pourquoi avoir attendu si longtemps avant de le faire ? N’as-tu jamais ressenti le besoin de le faire avant ?

Eh bien, j’imagine que j’avais l’idée en tête depuis un moment, mais c’est difficile de trouver le temps de faire un album solo dans ce groupe parce que t’es tout le temps occupé ! C’est un des problèmes : tu es de plus en plus occupé ! C’est donc difficile d’écrire de la musique qui sorte un peu du style de Saxon quand tu es dans Saxon. Mais bon, j’ai six chansons de prêtes, donc…

Qu’est-ce qu’on peut attendre de cet album ?

Du rock, du heavy metal, à peu près la même chose en somme. Mais un peu différent, un peu plus vocal, peut-être. Je ne sais pas vraiment. « Queen Of Hearts » était destinée à être sur mon album solo, et je l’ai déplacée. Donc je ne sais pas, ça pourrait être du rock progressif. Ça pourrait être du rock’n’roll. Je ne sais pas. J’irai où le courant m’emporte. J’ai parlé à Mickey Dee pour peut-être faire de la batterie dessus, ça serait bien. Nigel fera peut-être un morceau. Juste quelques amis joueront. Je veux dire, évidemment, Andy Sneap sera dessus, il fera quelque chose. Mon fils sera peut-être dessus pour jouer de la guitare ; il a 17 ans et joue de la guitare, donc il sera peut-être dessus. On verra. J’espère que ça sortira l’année prochaine, fin d’année prochaine serait bien, si je peux trouver le temps de l’enregistrer.

Depuis deux ans maintenant tu fais aussi partie de The Scintilla Project qui fait de la musique un peu plus progressive inspirée par des films de science-fiction. Comment ce projet est-il arrivé et que représente-t-il pour toi ?

Un producteur de film est le batteur (NDLR : Lionel Hicks), et un ami à lui est compositeur et ils ont écrit quelques chansons ensemble pour un autre groupe, un peu dans le style de Dream Theater. Et ils m’ont demandé si je serais intéressé de faire cet album pour le film, pour The Scintilla Project. Donc j’ai dit « Oui, c’est cool, j’aime bien le prog. » J’ai écouté toute les chansons, j’ai amené Andy avec moi, on a fait quelques changements, mais de manière générale j’ai juste chanté les chansons et ai mis ma force dedans. Mais c’était vraiment amusant ! J’aime beaucoup ça. Il n’y a aucune pression.

Interview réalisée en face à face le 29 septembre 2015 par Valentin Istria.
Retranscription et traduction : Valentin Istria.
Fiche de questions : Philippe Sliwa.
Introduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Saxon : www.saxon747.com.



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